jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2413737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KORNMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, Mme B A, représentée par Me Kornman, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 12 août 2024 portant clôture de la demande de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation aux fins de délivrance d'une carte de résident et de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant toute la durée du réexamen, ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée remplie dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, que la décision attaquée porte atteinte à son droit de mener une vie privée et familiale normale et l'empêche d'exercer une activité professionnelle ou de s'inscrire à une formation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle est entachée d'un défaut de motivation, d'un défaut de compétence de l'auteur de l'acte, d'une erreur de droit au regard de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient que Mme A a commis un défaut de diligence en ne présentant pas sa requête dans les délais impartis.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 septembre 2024 sous le n° 2413727, tendant à l'annulation de la décision du 12 août 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 à 14h45, en présence de Amzal, greffière d'audience :
- le rapport de M. Tukov, juge des référés ;
- les observations de Me Kornman, représentante de Mme A;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent ni représenté
Considérant ce qui suit :
1. Mme A ressortissante bangladaise née le 15 janvier 1993 à Chardeponi (Bangladesh) est entrée le territoire français le 30 novembre 2022 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour mention " vie privée et familiale " délivré en sa qualité de conjointe de réfugié sur le fondement de l'article R. 311-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable jusqu'au 2 décembre 2023. Le 20 décembre 2022 elle a fait valider ce dernier qui a été enregistré par erreur par les services préfectoraux au motif " famille passeport talent ". Le 15 septembre 2023, elle a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour sur le site de l'administration numérique des étrangers en France. Le 12 août 2024 sa demande de renouvellement de titre de séjour a été clôturée au motif qu'elle n'avait pas sélectionné le bon motif lors du dépôt. Par la présente requête, Mme A demande la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de cette décision.
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, et, l'urgence s'appréciant objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le 15 septembre 2023, Mme A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour " mention vie privée et familiale " sur le site de l'administration numérique des étrangers en France. Le 12 août 2024 sa demande de renouvellement de titre de séjour a été clôturée au motif qu'elle n'avait pas sélectionné le bon motif lors du dépôt. Il en résulte que la situation n'est pas de son fait.
5. Compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète d'un requérant la condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement comme d'un retrait de titre de séjour. De plus, Mme A établit que la décision contestée porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle. L'urgence est dès lors établie.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. Il ressort de l'instruction que le 20 décembre 2022, soit dans le délai imparti de trois mois après son arrivée sur le territoire, Mme A a fait valider son visa long séjour valant titre de séjour mention " vie privée et familiale ", délivré en sa qualité de conjointe de réfugié et valable jusqu'au 2 décembre 2023. Lors de ce processus de validation, les services préfectoraux ont enregistré par erreur le motif " famille passeport talent " au lieu de conjointe de réfugié. En outre, Mme A affirme sans être utilement contestée en défense, avoir déposé le 29 août 2024 via lettre recommandé avec accusé de réception, préalablement à l'introduction de la présente requête, un recours gracieux resté sans réponse de la part des services préfectoraux de la Seine-Saint-Denis. Il en résulte, comme il a été dit au point 4, que cette erreur d'enregistrement n'étant ni imputable ni rectifiable par la requérante, qui démontre avoir fait preuve de diligence précontentieuse, le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en clôturant sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif qu'elle n'avait pas sélectionné le bon motif lors du dépôt.
6. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision attaquée, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation aux fins de délivrance d'une carte de résident, et de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant toute la durée du réexamen dans un délai de 15 (quinze) jours à compter à partir de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, la somme de 1 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : l'exécution de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 12 août 2024 portant clôture de la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de Mme A aux fins de délivrance d'une carte de résident, et de la mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant toute la durée du réexamen, dans les conditions prévues au point 6.
Article 3 : L'État versera à Mme A la somme de 1 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis
Fait à Montreuil, le 12 décembre 2024.
Le juge des référés,
C. Tukov
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026