mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2413938 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | BOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2412739 du 21 août 2024, enregistrée le 1er octobre 2024 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal, en application de l'article R. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête présentée par M. A B.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 août et 3 octobre 2024, M. B, représenté par Me Boezec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hégésippe, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour statuer sur le présent litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hégésippe a été entendu au cours de l'audience.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant russe né le 31 mai 1987, est entré sur le territoire français en 2014 selon ses déclarations. Par un arrêté du 12 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période d'un an. Par la présente instance, M. B sollicite l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Pour édicter l'arrêté litigieux à l'encontre de M. B, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé entre autres sur l'absence de situation régulière de l'intéressé et sur sa condamnation, par un jugement correctionnel du 24 mai 2023, à une peine de trente mois d'emprisonnement dont douze assortis d'un sursis simple pour des faits de violence suivie d'une incapacité supérieure à huit jours. Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré en France en 2014 soit depuis près de dix ans à la date de l'arrêté litigieux, a bénéficié, à compter de l'année 2016, de cinq titres de séjour régularisant ainsi sa présence sur le territoire français durant une période globale de cinq ans. Si le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir que M. B dispose d'attaches dans son pays d'origine, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est en couple avec Mme C, ressortissante russe, dont il n'est pas contesté qu'elle a obtenu le bénéfice de la qualité de réfugié. Par ailleurs, l'intéressé justifie de sa qualité de parent de deux filles mineures, nées de sa relation avec Mme C, et notamment des reconnaissances de paternité qu'il a effectuées antérieurement à l'arrêté litigieux. En outre, s'il n'est pas contesté que M. B n'a pas sollicité le renouvellement de son dernier titre de séjour, lequel a expiré le 4 juillet 2023, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, dont trois de ses titres de séjour ont été délivrés en raison de son état de santé, souffre d'un kyste sacroccocygien régulièrement suivi au CHU de Nantes et en raison duquel il soutient qu'une intervention médicale est prévue au mois de novembre 2024. Il en résulte, dans les circonstances de l'espèce, que M. B est fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique a porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être accueilli.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation, dans toutes ses dispositions, de l'arrêté litigieux du 12 août 2024.
5. L'exécution du présent jugement implique que le préfet de la Loire-Atlantique ou le préfet territorialement compétent procède au réexamen de la situation de M. B dans un délai qu'il convient de fixer à quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 100 euros à verser à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 août 2024 pris à l'encontre de M. B est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 100 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
D. HEGESIPPE La greffière,
C. LE BER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026