mercredi 16 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2414028 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MERCIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2414184 du 1er octobre 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis la requête de M. A C au tribunal administratif de Montreuil.
Par cette requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. A C, représenté par Me Mercier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 du préfet du Val d'Oise en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays vers lequel il pourra être éloigné d'office et lui interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'une incompétence du signataire en l'absence de délégation de signature ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de renvoi :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2024, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que la requête est infondée.
Par une ordonnance du 3 mars 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 mars 2025 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Baffray a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 29 avril 1987, déclare être entré en France le 20 décembre 2014. Par l'arrêté du 4 septembre 2024 qu'il conteste, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays vers lequel il pourra être éloigné d'office, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, l'arrêté du 4 septembre 2024 a été signé par Mme F D, cheffe de la section éloignement, qui disposait d'une délégation de signature aux fins de signer les décisions attaquées, en cas d'absence ou d'empêchement de M. E B, directeur des migrations et de l'intégration, consentie par un arrêté n° 24-045 du 23 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la signature des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C.
Sur les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les textes qui la fondent, notamment les stipulations de l'article 8 de la convention européenne sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier l'article L. 611-1 de ce même code. La décision mentionne également de manière suffisamment précise les circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale du requérant, notamment ses déclarations d'entrée sur le territoire français le 20 décembre 2014 sous couvert d'un visa sans pouvoir l'établir, son maintien sur le territoire au-delà de la validité de son visa, son défaut de titre de séjour et l'absence d'atteinte disproportionnée que la mesure d'éloignement fait peser à sa vie privée et familiale dès lors qu'il se déclare marié et père de deux enfants sans l'établir. La décision en litige est, dès lors, suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoient que : " 1. Toute personne a le droit au respect sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
6. Si M. C déclare résider en France depuis près de dix ans, être marié religieusement et père de deux enfants nés à Pontoise ainsi qu'avoir sa tante, qui l'héberge, sa cousine et son grand-frère sur le territoire français, il ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ces allégations, sauf l'attestation d'hébergement de sa tante, et à apprécier la régularité du séjour de son épouse en France. Par ailleurs, selon le procès-verbal du 3 septembre 2024, dressé le jour de son interpellation pour des faits de vol à l'étalage, l'intéressé déclare ne pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où réside sa mère. Enfin, s'il soutient également qu'il travaille de manière ininterrompue depuis son arrivée sur le territoire français, les documents qu'il produit à cet égard font état d'une rupture conventionnelle, le 25 juillet 2022, du seul contrat de travail versé au dossier, lequel porte sur un engagement par la société BTPG en qualité d'ouvrier à partir du 12 juillet 2021, soit une durée de travail inférieure à un an sur une période de séjour alléguée de près de dix ans, sans aucune activité salariée depuis plus de deux ans à la date de l'arrêtée attaqué. De tels éléments ne permettent pas de considérer que M. C justifie d'une insertion professionnelle ou sociale, et de liens personnels ou familiaux intenses sur le territoire français. Dès lors, il n'apparaît pas que la décision en litige porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de renvoi :
7. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi vise les textes qui la fondent, notamment les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, c'est-à-dire le Mali. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, M. C n'étant pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par voie de conséquence de son illégalité ne peut qu'être écarté.
Sur les moyens propres à l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " 1. Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.2. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
10. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise les textes qui la fonde, en particulier les articles L. 612-6 à L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et fait état d'un examen d'ensemble de la situation du requérant au regard des critères mentionnés au point précédent. A cet égard, le préfet développe notamment les éléments relatifs à la durée de présence de l'intéressé sur le territoire depuis sa déclaration d'entrée en France en 2014 et le non-respect d'une précédente mesure d'éloignement du préfet de police du 08/09/2016 dont il a fait l'objet. La décision en litige mentionne ainsi avec suffisamment de précisions les considérations de droit et de fait qui la fonde et est, dès lors, suffisamment motivée.
11. En second lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.
12. Par suite, la requête de M. C n'est pas fondée et doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2025, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
Mme Lançon, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2025.
Le président-rapporteur,
J.-F. Baffray
L'assesseure la plus ancienne,
L.-J. LançonLa greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026