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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2414073

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2414073

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2414073
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantESTEVENY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Dans le dossier n°2413723, par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024 à 15h33 et un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, M. B C, actuellement retenu au centre de rétention n°3 du Mesnil Amelot, représenté par Me Esteveny, demande à la présidente du tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le préfet du Jura l'a maintenu en rétention ;

3°) d'enjoindre à l'autorité administrative à procéder immédiatement à sa remise en liberté et lui délivrer sans délai une attestation de demande d'asile au titre de la " procédure normale " sur le fondement de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile, et de lui fournir les droits matériels d'accueil prévus par la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Esteveny renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'arrêté attaqué :

- l'auteur de cet arrêté n'a pas justifié de sa compétence ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ont été méconnues ;

- il est entaché d'un défaut de base légale de par l'inconventionnalité, notamment au regard de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur de droit à cet égard ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 octobre 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B C ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée au préfet du Jura qui n'a pas produit.

II. Dans le dossier n°2415073, par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024 à 17 h 16, et un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, M. B C, actuellement retenu au centre de rétention n°3 du Mesnil Amelot, représenté par Me Esteveny, demande à la présidente :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le préfet du Jura l'a maintenu en rétention ;

3°) d'enjoindre à l'autorité administrative à procéder immédiatement à sa remise en liberté et lui délivrer sans délai une attestation de demande d'asile au titre de la " procédure normale " sur le fondement de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile, et de lui fournir les droits matériels d'accueil prévus par la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Esteveny renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'arrêté attaqué :

- l'auteur de cet arrêté n'a pas justifié de sa compétence ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ont été méconnues ;

- il méconnaît le droit au recours effectif ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur de droit à cet égard ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 octobre 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Iss, premier conseiller, en application des articles L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Iss,

- les observations de Me Esteveny, représentant M. B C, assisté de Mme A, interprète en langue espagnole,

- les observations de M. B C, assisté de Mme A, interprète en langue espagnole,

- le préfet du Jura n'est ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

1. M. B C, ressortissant dominicain, né le 19 décembre 1983 à San Pedro de Macoris (République dominicaine), actuellement retenu au centre de rétention du Mesnil Amelot 3 à la suite d'un arrêté d'expulsion du 5 juillet 2024 confirmé par le Tribunal administratif de Besançon le 3 septembre 2024. M. B C a déposé une demande d'asile le 26 septembre 2024 et par la suite a fait l'objet d'un arrêté du même jour par lequel le préfet du Jura l'a maintenu en rétention. Ensuite, M. B C a déposé une deuxième demande d'asile le 2 octobre 2024, et a fait l'objet d'un nouvel arrêté du même jour par lequel le préfet du Jura l'a maintenu en rétention, par ailleurs la demande d'asile de M. B C a été enregistrée le 7 octobre 2024, postérieurement à ces deux derniers arrêtés. Le requérant demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés du 26 septembre 2024 et du

2 octobre 2024.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2414073 et 2413723 susvisées présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ". L'article 81 dudit décret dispose que "L'avocat ou l'officier public ou ministériel commis ou désigné d'office, en matière pénale ou en application des articles 1186,1209 et 1261 du code de procédure civile, des articles L. 222-1 à L. 222-6, L. 511-1,

L. 511-3-1, L. 512-1 à L. 512-4, L. 552-1 à L. 552-10 et L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle si la personne pour le compte de laquelle il intervient bénéficie de l'aide juridictionnelle. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les dossiers n°2414073 et 2413723.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur les moyens communs aux arrêtés attaqués :

4. En premier lieu, par arrêté n°39-2024-09-17-00003 du 17 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs en date du 18 septembre 2024 de la préfecture du Jura, Mme Sevenier-Muller, secrétaire générale de la préfecture du Jura a reçu délégation du préfet de ce département à l'effet notamment de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines mesures restrictivement énumérées, dont ne fait pas partie la décision attaquée. Il appartient à la partie qui conteste la qualité de délégataire pour signer la décision attaquée d'établir que l'autorité délégante n'était pas empêchée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci n'était pas absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués manque en fait.

5. En deuxième lieu, les décisions en litige, qui visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables, en particulier les articles L. 754-1 et suivants de ce code, mentionnent également que la demande d'asile de M. B C, qui ne justifie pas subir des menaces graves en cas de retour dans son pays d'origine, n'a été présentée qu'après son placement en rétention administrative et que cette demande doit ainsi être regardée comme n'ayant été introduite qu'en vue de faire échec à son éloignement.

Le préfet du Jura mentionne de même dans ces arrêtés que la présence de M. B C en France représente une menace pour l'ordre public et qu'il a déposé sa première demande d'asile le 26 septembre 2024 soit plus de vingt ans après son entrée sur le territoire français.

Le préfet précise en outre que M. B C n'a jamais fait état des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine et reconnaît être retourné plusieurs fois dans son pays d'origine depuis son arrivée en France. Par suite, la décision attaquée satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Eu égard à ces éléments, le moyen tiré de ce que les arrêtés en litige soient entachés d'un défaut d'examen sérieux de sa situation doit de même être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Ces stipulations s'adressent non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un État membre est inopérant. Il résulte toutefois de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union.

7. Si le requérant soutient qu'il n'a pas été entendu préalablement à l'édiction des décisions de maintien en rétention contestées, et que le préfet n'a ainsi pas pu prendre connaissance de sa situation et de ses craintes en cas de retour, le droit d'être entendu n'implique pas que l'administration mette l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision de maintien en rétention administrative prise à la suite du dépôt d'une demande d'asile en rétention. En tout état de cause, le requérant ne justifie pas d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration depuis son placement en rétention ou la manifestation de sa volonté de déposer une demande d'asile, et avant que ne soient prises les décisions en litige de maintien en rétention, qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à celle-ci, ces décisions de maintien en rétention n'ayant pas pour objet d'analyser les risques encourus par le requérant en cas de retour dans son pays d'origine mais devant être fondée sur des critères objectifs de nature à établir que la demande d'asile présentée en rétention l'a été dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de ce que le requérant aurait été privé de son droit d'être entendu doit être écarté.

8. En quatrième lieu, les dispositions de l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers relatives à l'information et à la remise de documents au demandeur d'asile sont sans influence sur la légalité de la décision de maintien en rétention. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, étant inopérant, ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté du 26 septembre 2024 :

9. En premier lieu, aux termes du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 3. Un demandeur ne peut être placé en rétention que:/ () d) lorsque le demandeur est placé en rétention dans le cadre d'une procédure de retour au titre de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, pour préparer le retour et/ou procéder à l'éloignement, et lorsque l'État membre concerné peut justifier sur la base de critères objectifs, tels que le fait que le demandeur a déjà eu la possibilité d'accéder à la procédure d'asile, qu'il existe des motifs raisonnables de penser que le demandeur a présenté la demande de protection internationale à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour ;/ () ".

10. S'il incombe aux Etats membres, en vertu du paragraphe 4 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, de définir en droit interne les motifs susceptibles de justifier le placement ou le maintien en rétention d'un demandeur d'asile, parmi ceux énumérés de manière exhaustive par les dispositions du 3 de cet article, aucune disposition de la directive n'impose, s'agissant du motif prévu par le d) du 3 de l'article 8, que les critères objectifs, sur la base desquels est établie l'existence de motifs raisonnables de penser que la demande de protection internationale d'un étranger déjà placé en rétention a été présentée à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour, soient définis par la loi. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'incompatibilité des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec les dispositions du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive 2013/33/UE, en tant qu'il ne détermine pas une liste des critères objectifs permettant à l'autorité administrative d'estimer qu'une demande d'asile est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution d'une mesure d'éloignement, doit être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 754-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'asile d'un étranger placé ou maintenu en rétention n'est pas recevable si elle est formulée plus de cinq jours après qu'il s'est vu notifier ses droits en matière d'asile dans les conditions prévues à l'article L. 744-6. Toutefois, cette irrecevabilité n'est pas opposable à l'étranger qui invoque, au soutien de sa demande, des faits survenus après l'expiration de ce délai. () ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que dans le cadre du recours contentieux devant le Tribunal administratif de Besançon, contre l'arrêté d'expulsion du 5 juillet 2024, le requérant, s'il n'a pas fait état de sa volonté de déposer une demande d'asile, a indiqué les risques qu'il estimait encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, il est constant que

M. B C, que ce soit depuis son entrée sur le territoire français en 2004, mais surtout depuis qu'il a été informé par courrier du 22 mai 2024 qu'était envisagée une mesure d'expulsion à son encontre, n'a pas précédemment déposé de demande d'asile avant le

26 septembre 2024. Par ailleurs, Le requérant n'apporte aucun élément concret et sérieux de nature à justifier qu'il ait attendu un tel délai pour présenter sa demande d'asile, en particulier depuis le courrier du 22 mai 2024 de la préfecture du Jura. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B C a lui-même déclaré depuis son entrée sur le territoire français en 2004 s'être rendu à plusieurs reprises en République dominicaine pour des congés et évènements familiaux, dernièrement en 2024. Au regard de ces circonstances, le préfet du Jura a pu estimer, sans commettre d'erreur d'appréciation, que la demande d'asile de

M. B C a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement du 24 août 2024. Dans ces conditions, la décision en litige n'a pas eu pour effet de méconnaître les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur la légalité de l'arrêté du 2 octobre 2024 :

13. En premier lieu, le requérant soutient que la décision méconnaît son droit au recours effectif dès lors que, dans l'hypothèse où l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) rejetterait sa demande d'asile, le recours qu'il déposerait devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) n'est pas suspensif. Cependant, et alors que la décision de maintien en rétention ne fait pas obstacle à la saisine de la CNDA, la circonstance qu'en pareil cas le recours exercé devant la Cour à l'encontre de la décision de l'OFPRA lorsqu'il rejette la demande d'asile présentée devant lui, ne présente pas un caractère suspensif, ne porte pas en elle-même atteinte au droit au recours des demandeurs d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à un recours effectif doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et il résulte de ce qui a été dit au point 12 que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même des conclusions à fin d'injonction et de celles relatives aux frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans les requêtes n°2414073 et 2413723.

Article 2 : Les requêtes °2414073 et 2413723 de M. B C sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B C, à Me Esteveny et au préfet du Jura.

Lu en audience publique le 16 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

A. Iss La greffière,

C. Le Ber

La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2413723

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