vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2414353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | REYNAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Vassine, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 21 mai 2024 rendue par la commission disciplinaire d'appel de la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées (FFKMDA) confirmant le retrait de sa licence auprès de la FFKMDA pour une durée de deux ans, prononcé par l'organe disciplinaire de première instance de la FFKMDA le 28 mars 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la FFKMDA la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la FFKMDA organise des élections pour renouveler la composition de ses instances dirigeantes, que le calendrier électoral de ces dernières précise que la tenue du scrutin a été fixée au 19 octobre 2024 et qu'en l'absence de suspension de l'exécution de la décision querellée, sa candidature aux élections risque d'être déclarée irrecevable ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que la composition de la commission d'appel de la FFKMDA est entachée d'irrégularités résultant de l'absence de justification de la désignation de ses membres et de l'incompétence de ces derniers, que la visioconférence a été imposée comme modalité de l'audience de la commission susmentionnée sans accord préalable des parties, ce qui constitue un vice de procédure au regard du règlement disciplinaire de la FFKMDA, que cette décision est entachée d'un défaut de fixation de la date d'effet et des modalités d'exécution de la sanction ainsi que d'un défaut de motivation, d'une incompétence de la commission d'appel pour prononcer une sanction du chef de diffamation, d'une absence de base légale dès lors que la charte éthique n'était pas applicable et qu'au demeurant seul le comité d'éthique pouvait être saisi en la matière, d'une absence de grief susceptible d'être sanctionné, dès lors, d'une part, que les propos qui lui sont reprochés pour justifier sa sanction sont dépourvus de caractère diffamatoire ou injurieux, alors qu'en outre les membres du comité directeur ne sont soumis à aucune obligation de réserve et que l'évocation de faits connus n'excède pas le droit à la simple critique, d'autre part, qu'il n'a jamais refusé de communiquer des documents de la Ligue du Grand-Est de kickboxing, muaythaï et disciplines associées, l'absence de communication résultant de circonstances indépendantes de sa volonté, que la commission d'appel ne peut prononcer de sanction sur la base d'un article du code du sport, que la décision querellée est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article 22 du règlement disciplinaire de la FFKMDA en ce qu'elle n'est pas accompagnée d'une interdiction d'exercice des fonctions, qu'elle est disproportionnée, qu'elle méconnait le principe non bis in idem et enfin, qu'elle est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2024, la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées, représentée par Me Reynaud, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête enregistrée le 2 octobre 2024 sous le n° 2414015, tendant à l'annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le règlement disciplinaire de la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024, à 11 h 30, tenue en présence de Mme Goossens, greffière d'audience :
- le rapport de M. Charageat, juge des référés ;
- les observations de Me Vassine, représentant M. B, qui reprend les moyens de sa requête et fait valoir, notamment, s'agissant de l'urgence, que la décision en litige fait obstacle à ce que le requérant se présente aux prochaines élections organisées par la FFKMDA, ce qui constitue une atteinte à atteinte à la fois au droit de l'intéressé et au droit à une expression pluraliste et, s'agissant de la légalité de la décision en litige, que les propos reprochés au requérant se rapportent à des informations connues et à des faits avérés, alors que le défaut de communication de documents de la Ligue du Grand-Est de kickboxing, muaythaï et disciplines associées est exclusivement imputable à cette association, dès lors que le requérant n'a que la qualité de mandataire ;
- et les observations de Me Reynaud, représentant la FFKMDA, qui reprend les éléments figurant dans ses écritures et qui fait valoir, notamment, que les allégations du requérant concernant le fonctionnement de la FFKMDA portent atteinte à la présomption d'innocence, alors qu'au demeurant la comptabilité de cette fédération est contrôlée par un commissaire aux comptes, que, s'agissant de l'urgence, elle n'est pas caractérisée par l'impossibilité pour le requérant de se présenter aux élections organisées par la FFKMDA et que la décision en litige n'entraine aucun préjudice financier, professionnel ou familial et, s'agissant de la légalité de cette décision, que les faits reprochés au requérant sont établis, ainsi que l'a relevé le conciliateur, qui n'a fait que proposer d'amoindrir la sanction.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est le président de la Ligue du Grand-Est de kickboxing, muaythaï et disciplines associées et il est en outre membre du comité directeur de la FFKMDA. Par une décision du 15 février 2024, le président de l'organe disciplinaire de première instance de la FFKMDA l'a suspendu à titre conservatoire de ses fonctions de président de la ligue mentionnée ci-dessus. Par une décision du 28 mars 2024, l'organe disciplinaire de première instance de la FFKMDA a prononcé à son encontre la sanction du retrait de sa licence auprès de cette fédération pour une durée de deux ans. Cette sanction a été maintenue par une décision de la commission disciplinaire d'appel de cette fédération en date du 21 mai 2024. M. B. demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 21 mai 2024.
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En l'état de l'instruction, et eu égard notamment aux fonctions et responsabilités exercées par M. B tant à la FFKMDA qu'à la Ligue du Grand-Est de kickboxing, muaythaï et disciplines associées, les moyens soulevés dans la requête n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la demande présentée par M. B tendant à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision du 21 mai 2024 prononçant le retrait de sa licence auprès de la FFKMDA par mesure disciplinaire doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B, la somme demandée par la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées, au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la fédération française de kickboxing, muaythaï et disciplines associées.
Fait à Montreuil, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
D. Charageat
La République mande et ordonne au ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026