Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501248

lundi 17 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2501248
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTIGOKI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C, ressortissant algérien, qui contestait un arrêté du préfet de police du 8 décembre 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. L'ordonnance, prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a estimé que les moyens soulevés étaient soit manifestement infondés (défaut de motivation, incompétence du signataire), soit insuffisamment précis (défaut d'examen, violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, erreur manifeste d'appréciation). En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire de tenir une audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 15 janvier 2025, le président du Tribunal administratif de Paris a transmis la requête de M. B C au Tribunal administratif de Montreuil.

Par cette requête enregistrée le 14 décembre 2024, M. B C, représenté par Me Tigoki, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 décembre 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, demande l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés () ou des moyens qui () ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

3. En premier lieu, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des dispositions qu'il comporte. Les moyens tirés du défaut de motivation de l'arrêté est ainsi manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, par un arrêté du 22 août 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de police a donné délégation à M. A, attaché d'administration de l'Etat, pour signer, notamment, l'arrêté litigieux. Ces mentions apparaissent de manière lisible sur l'arrêté attaqué. Le moyen tiré de l'incompétence de son signataire est en conséquence manifestement infondé.

5. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le préfet a omis d'examiner la situation personnelle de M. C et s'est cru en situation de compétence liée par la circonstance qu'il entre dans le champ d'application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. En quatrième lieu, les moyens tirés d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, qui ne sont assortis d'aucun élément, ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Dès lors que la requête de M. C ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, elle peut être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Fait à Montreuil, le 17 février 2025.

Le premier vice-président,

Signé

P. Le Garzic

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.