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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2508388

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2508388

mercredi 11 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2508388
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, était saisi par M. C d’une demande de modification d’une précédente injonction faite au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur son droit au séjour. Le juge des référés a constaté que le préfet avait délivré un titre de séjour à M. C le 10 juin 2025, rendant sans objet les conclusions aux fins de suspension et d’injonction. En application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions. La demande de frais de justice a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2025, M. B C, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés statuant, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'injonction prononcée par l'ordonnance n°2414624 du 2 décembre 2024, en la remplaçant par une nouvelle injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur son droit au séjour dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, directement au requérant.

Il soutient que l'inexécution de l'ordonnance du 2 décembre 2024 constitue un élément nouveau au sens de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête, en toutes ses conclusions, au motif que l'ordonnance du 2 décembre a bien été exécutée dès lors que M. C a reçu une autorisation provisoire de séjour le 24 janvier 2025, et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer dès lors qu'il a fait droit à sa demande et qu'un titre de séjour est en cours de fabrication.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. A, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

L'affaire a été radiée du rôle de l'audience du 11 juin 2025.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête, auquel cas le juge peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

4. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 10 juin 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait droit à la demande du requérant et lui a délivré un titre de séjour valable du 28 mai 2025 au 27 mai 2026. Par suite, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. C.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 11 juin 2025.

Le juge des référés,

C. A

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2508388

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