vendredi 8 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2510654 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | ASSOCIATION FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 21 juin, 25 juin et 8 août 2025, M. A B, représenté par Me Stoffaneller, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2025 par lequel la préfète de l'Essonne a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de cinq ans ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne pour laquelle il n'a pas été produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ;
- la charte européenne des droits fondamentaux ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hégésippe, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour statuer sur le présent litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hégésippe ;
- les observations de Me Stoffaneller, pour M. B, et celles de Me Zerad, pour la préfète de l'Essonne.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré, présentée pour la préfète de l'Essonne, a été enregistrée le 8 août 2025 sans être communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1990, indique être entré en France en 2009. Par un arrêté du 20 juin 2025, la préfète de l'Essonne a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de cinq ans. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son entièreté :
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 3 mars 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne, la préfète de ce département a donné délégation à Mme C D, adjointe au chef du bureau de l'éloignement du territoire et signataire des arrêtés attaqués, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'étaient pas absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, la mesure d'éloignement est assortie de l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement de sorte que l'intéressé était en capacité, à sa seule lecture, d'en connaître les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
6. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'elle puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
7. Il ressort des pièces du dossier que préalablement à l'édiction de la décision litigieuse, les services de la police nationale ont convoqué M. B à une audition et, compte tenu de son incarcération, se sont déplacés à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. Cependant, il ressort des énonciations du procès-verbal, dressé le 17 juin 2025 et dont les mentions font foi jusqu'à preuve contraire, que M. B a refusé d'être auditionné. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse, édictée le 20 juin suivant, est intervenue en méconnaissance de son droit d'être entendu. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
9. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". En vertu du 9° de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice, à compter du 18 avril 2022, les demandes de cartes de résident délivrées aux étrangers auxquels la qualité de réfugié a été reconnue en application de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont effectuées au moyen de ce téléservice.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé un dossier sur le site " Démarches-simplifiées " afin d'obtenir le renouvellement de sa carte de résident. Cette démarche a été entreprise le 26 avril 2022 soit à une date où il lui appartenait, afin notamment de justifier d'une démarche effective, de solliciter ce renouvellement via le téléservice de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF). Par ailleurs, alors que la mesure litigieuse se fonde sur la circonstance que M. B s'est maintenu en France sans être titulaire d'un titre de séjour, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé bénéficiait d'un tel document à la date de la mesure en cause. En outre, si l'intéressé évoque sa qualité de réfugié, il ressort des pièces du dossier, notamment de la fiche Telemofpra produite en défense et dont les mentions font foi jusqu'à preuve contraire, que par une décision du 31 mars 2025 notifiée le 5 avril suivant, le directeur général de l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin au statut dont bénéficiait l'intéressé. Dans ces conditions, les moyens de M. B tirés de l'inexactitude matérielle des faits et de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent être accueillis.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui soutient être entré en France en 2009 soit à l'âge de dix-huit ans, a obtenu le 31 mars 2010 la reconnaissance de la qualité de réfugié. A ce titre, il se prévaut d'une vie privée et familiale sur le territoire français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi que cela a été énoncé, que le directeur général de l'OFPRA a mis fin au statut dont il bénéficiait par une décision du 31 mars 2025. Par ailleurs, si l'intéressé, célibataire, sans charge de famille, se prévaut de la présence de proches en France notamment sa mère, cette circonstance ne lui confère pas, par elle-même, eu égard de surcroît à sa majorité, un droit à demeurer en France. De plus, s'il soutient avoir exercé en qualité de conducteur d'engin, l'intéressé ne justifie d'aucun élément de nature à étayer l'intensité de son intégration dans le tissu économique et social français. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet de plusieurs signalements pour trouble à l'ordre public et d'une condamnation pour exhibition sexuelle et outrage envers une personne chargée d'une mission de service public. Dans ces conditions, tenant à l'absence d'élément significatif y faisant obstacle, M. B n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porte à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point qui précède et en l'absence de tout autre élément, M. B n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est assortie de l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
16. En deuxième lieu, eu égard aux motifs figurant aux points 3 à 14, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui lui a été adressée. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".
18. Eu égard aux signalements effectués à son encontre, à sa récente condamnation et sans qu'ait une incidence la circonstance qu'il justifierait de garanties de représentation, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire la préfète de l'Essonne a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
19. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
20. En deuxième lieu, eu égard aux motifs figurant aux points 3 à 14, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui lui a été adressée. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
21. En troisième lieu, M. B ne peut utilement invoquer une violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination. Par suite, ce moyen, inopérant à l'encontre de cette décision, ne peut qu'être écarté.
22. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Et aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des États Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ". Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
23. En l'espèce, si M. B soutient qu'il encourt des risques de persécution en cas de retour en Mauritanie, l'intéressé dont la qualité de réfugié a été retirée ne démontre pas qu'un retour dans ce pays quinze ans après son arrivée en France l'exposerait personnellement à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou à la convention de Genève et que les autorités de ce pays ne seraient pas en mesure d'assurer sa sécurité. Par suite, les moyens soulevés en ce sens doivent être écartés.
24. En dernier lieu, eu égard aux motifs qui précèdent, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
25. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
26. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Essonne a assorti l'interdiction en litige de l'énoncé des considérations de droit qui en constituent le fondement. Pour autant, cette décision ne fait pas mention d'une prise en compte de la durée de présence de l'intéressé en France, de l'ancienneté et de la nature de ses liens alors au demeurant qu'y réside en particulier sa mère. Dans ces conditions, une telle motivation ne satisfait pas aux exigences de motivation propres au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. B est fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée.
27. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 20 juin 2025 pris par la préfète de l'Essonne à l'encontre de M. B doit être annulé en tant seulement qu'il comporte une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de cinq ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
28. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
29. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui pour l'essentiel n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. B en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2025 pris à l'encontre de M. B est annulé en tant seulement qu'il comporte une interdiction de retour sur le territoire français pendant une période de cinq ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2025.
Le magistrat désigné,
D. HEGESIPPE La greffière,
D. NIANG
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026