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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2511390

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2511390

mardi 16 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2511390
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TEISSONNIERE-TOPALOFF-LAFFORGUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par Mme D... veuve C... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le rejet de sa demande d’indemnisation par le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante. Par une ordonnance du 16 septembre 2025, le tribunal a rejeté cette requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent. En application de l’article 53 de la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000, le juge judiciaire est seul compétent pour connaître des actions en justice contre le Fonds après rejet d’une demande d’indemnisation. La solution retenue est donc un rejet pour incompétence de la juridiction administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2025, Mme B... D... veuve C..., représentée par Labrunie, demande au Tribunal :

1°) d’annuler la décision du 6 janvier 2025 par laquelle le A... d’indemnisation des victimes de l’amiante a rejeté sa demande d’indemnisation, ensemble la décision implicite du 6 mai 2025 rejetant son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre au A... d’indemnisation des victimes de l’amiante de réexaminer sa demande, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner le A... d’indemnisation des victimes de l’amiante à lui verser les intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2024 et de prononcer leur capitalisation ;

4°) de mettre à la charge du A... d’indemnisation des victimes de l’amiante une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000 de financement de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2000-963 du 23 octobre 2001 relatif au fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante institué par l’article 53 de la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000 de financement de la sécurité sociale pour 2001 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents des tribunaux administratifs peuvent, par ordonnance, « rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni convocation d’une audience.

2. L’article 53 de la loi du 20 décembre 2000 a créé, sous le nom de « A... d'indemnisation des victimes de l'amiante », un établissement public national à caractère administratif chargé d’assurer à toutes les victimes d’une exposition à l’amiante une réparation intégrale de leur préjudice. Aux termes du V de ce même article : « Le demandeur ne dispose du droit d'action en justice contre le fonds d'indemnisation que si sa demande d'indemnisation a été rejetée (…). Cette action est intentée devant la cour d'appel dans le ressort de laquelle se trouve le domicile du demandeur. ».

3. Il résulte des dispositions précitées du V de l’article 53 de la loi du 23 décembre 2000 que le juge judiciaire est seul compétent pour connaître de la requête de Mme D... veuve C.... Par suite, les conclusions présentées par la requérante, qui sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, doivent être rejetées.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D... veuve C... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... D... veuve C....


Fait à Montreuil, le 16 septembre 2025.


La présidente du tribunal,



I. Dely


La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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