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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2514414

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2514414

mercredi 3 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2514414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDESOUCHES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’enregistrer sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, car la demande de M. A... concernait un changement de statut (en qualité de conjoint de Français) et non un simple renouvellement de titre, et qu’il ne justifiait d’aucune circonstance particulière rendant sa situation urgente. La décision rappelle que l’urgence est présumée pour les demandes de renouvellement, mais pas pour les autres catégories de demandes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 août 2025, M. B... A..., représenté par Me Desouches, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, dans le délai d’une journée à compter du prononcé de l’ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction autorisant le séjour et le travail, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour autorisant le séjour et le travail ou tout document provisoire autorisant le séjour et le travail dans l’attente du traitement de sa demande ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que sa demande est urgente, utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » L'article L. 522-3 de ce code dispose que « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

Le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l’article L. 521-3, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

En l’espèce, M. A... sollicite un nouveau titre de séjour par changement de statut en qualité de conjoint de ressortissant français et ne rentre ainsi pas dans le cas des demandes de renouvellement de titre de séjour pour lesquels la condition d’urgence est en principe remplie. Par ailleurs, il résulte des termes et des pièces de la requête que le titre de séjour de M. A... est arrivé à expiration le 21 avril 2025 et qu’il a déposés plusieurs demandes de renouvellement classées sans suite car non conformes avant celle dont il réclame l’enregistrement, qui a au demeurant été enregistrée le 12 juillet 2025 selon la confirmation produite. Enfin, s’il se prévaut d’une longue durée de séjour régulier en France, de ce qu’il se retrouve désormais en situation irrégulière, précaire et angoissante et qu’il est porté atteinte à sa liberté d’aller et venir ainsi qu’à sa vie privée et familiale, il ne fait état d’aucune circonstance particulière propre à caractériser l’urgence de sa situation et justifiant l’intervention du juge des référés.

Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. A... en toutes ses conclusions.

 

ORDONNE :

 

 

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

 

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre d’État, ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 3 septembre 2025.

Le juge des référés,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre d’État, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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