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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2602719

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2602719

lundi 30 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2602719
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en urgence, a annulé l'arrêté préfectoral du 27 janvier 2026 ordonnant l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et les mesures associées (interdiction de circulation, assignation à résidence) à l'encontre d'un ressortissant de l'Union européenne. Le juge a relevé d'office que le préfet avait méconnu le champ d'application de la loi en fondant sa décision sur l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne s'applique pas aux citoyens européens. Les autres conclusions de la requête ont été retirées ou jugées irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 février 2026 et 25 mars 2026, M. E... D..., représenté par Me Debazac, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d’annuler l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois ;

4°) d’annuler le « fichage du système au vue de l’administration » ;

5°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, d’une part, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d’un mois et, d’autre part, de lui restituer son passeport ;

6°) de condamner l’Etat à l’indemniser du préjudice qu’il a subi ;

7°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son avocate de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’une erreur de droit, dès lors qu’étant ressortissant de l’Union européenne, il dispose de plein droit d’un droit au séjour en France et ne peut pas faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation, dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
- elle porte à son droit à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est disproportionnée ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- il n’existe pas de perspective raisonnable d’éloignement.


Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2026, le préfet de la Seine-Saint-Denis, représenté par Me Claisse, conclut au rejet de la requête de M. D....

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.




Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Dupuy-Bardot, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Dupuy-Bardot, magistrate désignée, qui a informé les parties de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur des moyens relevés d’office, tirés de ce que :
- les conclusions à tendant à la condamnation de l’Etat à réparer ses préjudices constituent des litiges distincts qui ne relèvent pas de l’office du juge désigné en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- les conclusions tendant à l’annulation du « fichage du système au vue de l’administration » sont irrecevables faute d’être dirigées contre une décision faisant grief ;
- le préfet a méconnu le champ d’application de la loi en fondant la décision portant obligation de quitter le territoire français sur l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les observations de Me Debazac, représentant M. D..., qui déclare se désister des conclusions indemnitaires et des conclusions tendant à l’annulation du « fichage du système au vue de l’administration » et reprend les autres conclusions et les moyens de la requête ;
- et les observations de M. D....

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.



Considérant ce qui suit :

M. D..., ressortissant de nationalité roumaine et moldave né le 6 septembre 1984, demande au tribunal d’annuler, d’une part, l’arrêté du 27 janvier 2026 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de douze mois et, d’autre part, l’arrêté du même jour par lequel le même préfet l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois.

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président (…) ».

Dans les circonstances de l’espèce, eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. D..., il y a lieu d’admettre provisoirement celui-ci au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur l’étendue du litige :

Au cours de l’audience publique, M. D... a déclaré se désister des conclusions indemnitaires de la requête et des conclusions tendant à l’annulation du « fichage du système au vue de l’administration ». Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, par un arrêté n° 2025-4837 du 2 décembre 2025, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du même jour, le préfet de la Seine Saint Denis a donné délégation à Mme B... C..., cheffe de la mission ordre public, signataire de l’arrêté attaqué, à l’effet de signer notamment la décision attaquée, en cas d’absence ou d’empêchement d’autorités, dont il ne ressort pas des pièces du dossier que ces dernières n’ont pas été absentes ou empêchées à la date de l’arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire des décision attaquées doit être écarté.

En deuxième lieu, la décision en litige comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, permettant ainsi au requérant d’en contester utilement le bien‑fondé. Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.

En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l’arrêté attaqué, qui font état d’éléments de fait propres à la situation de l’intéressé, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n’aurait pas procédé, ainsi qu’il y était tenu, à l’examen particulier de la situation de l’intéressé. Le requérant n’est donc pas fondé à soutenir que l’arrêté en litige serait entaché d’illégalité, faute d’avoir été précédé d’un examen particulier de l’affaire.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / (…) 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / (…) ».

Pour obliger M. D... à quitter le territoire français, le préfet s’est fondé sur les dispositions précitées de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables aux ressortissants de l’Union européenne, visées dans l’arrêté attaqué, et a relevé que son comportement constituait une « menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l’intérêt fondamental de la société française », dès lors qu’il avait été condamné à deux reprises par le tribunal correctionnel de Bobigny, le 26 juin 2023 et le 3 juin 2025, à des peines d’emprisonnement de douze mois avec sursis et douze mois avec sursis de six mois pour des faits de violence par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte de solidarité. Le préfet a également relevé que l’intéressé avait été mis en cause dans de nombreuses infractions, dont il dresse la liste (circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, vol par effraction dans un local d’habitation ou un lieu d’entrepôt, conduite d’un véhicule sans permis, menace de mort réitérée, non-respect d’interdiction imposée par le juge aux affaires familiales dans une ordonnance de protection d’une victime de violences familiales).

D’une part, le préfet n’a pas commis d’erreur de droit en se fondant sur les dispositions de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables aux ressortissants de l’Union européenne, ni d’erreur d’appréciation en considérant, compte tenu de la nature des faits mentionnés au point précédent et, s’agissant plus particulièrement des faits pour lesquels M. D... a été condamné, de leur caractère répété, que le comportement de ce dernier constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société.

D’autre part, si le préfet a également fondé sa décision sur le 5° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, inapplicable aux ressortissants de l’Union européenne, méconnaissant ainsi le champ d’application de la loi, il résulte de l’instruction que ce dernier aurait pris la même décision s’il s’était uniquement fondé sur les dispositions de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visées dans l’arrêté en litige, et sur la circonstance que le comportement de l’intéressé constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l’intérêt fondamental de la société française.

En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ». Aux termes de l’article 3‑1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».

Le requérant soutient qu’il vit en France depuis l’année 2019, qu’il est le père de deux enfants résidant en France, nés en Moldavie en 2014 et 2017, et qu’il travaille comme monteur de meubles depuis l’année 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. D..., célibataire, effectue de fréquents allers-retours entre la France et la Moldavie, et est entré en dernier lieu en France le 4 septembre 2025 selon ses déclarations. Il conserve donc des attaches familiales en Moldavie. En outre, il ressort des pièces du dossier que par un jugement du 18 octobre 2023, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Bobigny a accordé la garde exclusive de ses deux enfants résidant en France à son ex-compagne, avec laquelle il a interdiction d’entrer en contact, « compte-tenu du comportement violent du défendeur à l’égard de la mère, de l’impact psychologique de ces violences sur les enfants et de l’interdiction de contact entre les parents empêchant la prise de décision commune pour les enfants ». A... un droit de visite tous les quinze jours a été accordé à M. D..., il ne justifie pas l’avoir exercé et a en outre été une nouvelle fois condamné, postérieurement à la décision du juge aux affaires familiales, pour des faits de violence volontaire sur son ex-compagne. Dans ces conditions, et à supposer même que l’intéressé contribue financièrement à l’entretien de ses enfants résidant en France en versant à leur mère, par l’intermédiaire de la caisse aux affaires familiales, la contribution fixée par le juge aux affaires familiales, le préfet de la Seine-Saint-Denis n’a pas porté au droit de M. D... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue de protection de l’ordre public desquels a été prise la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cet arrêté n’a pas méconnu les stipulations du 1 de l’article 3 de la convention internationale des droits de l’enfant.

En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, en obligeant M. D... à quitter le territoire français, a entaché sa décision d’erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l’intéressé.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

M. D... n’ayant pas démontré l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n’est pas fondé à s’en prévaloir à l’appui de ses conclusions dirigées contre la décision de refus de délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

En premier lieu, M. D... n’ayant pas démontré l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n’est pas fondé à s’en prévaloir à l’appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales n’étant assorti d’aucune précision permettant d’en apprécier le bien-fondé, il ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne l’interdiction de retour sur le territoire français :

Aux termes de l’article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ».

Il ressort des termes de l’arrêté que le préfet n’a pas précisément exposé les circonstances de fait qui constituent le fondement de sa décision interdisant à M. D... de circuler sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par suite, l’intéressé est fondé à soutenir que ladite décision est insuffisamment motivée.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, qu’il y a lieu d’annuler la décision prononçant à l’encontre du requérant une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois.

En ce qui concerne l’assignation à résidence :

En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à soutenir que l’assignation à résidence est illégale du fait de l’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français.

En second lieu, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : (…) ; 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (… ) ».

M. D... ayant fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français sans délai, il pouvait faire l’objet d’une assignation à résidence. Le requérant n’apporte aucun élément de nature à établir que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable alors, au demeurant, qu’il est titulaire d’un passeport roumain en cours de validité. Dans ces conditions, la mesure d’assignation à résidence ne méconnaît pas les dispositions précitées de l’article L. 731‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Il résulte de tout ce qui précède que M. D... est seulement fondé à demander l’annulation de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

Le présent jugement n’implique pas de prononcer les mesures d’injonction sollicitées. Par suite, les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. D... présentées sur le fondement des dispositions de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : M. D... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions indemnitaires de la requête de M. D... ainsi que des conclusions tendant à l’annulation du « fichage du système au vue de l’administration ».

Article 3 : La décision du 27 janvier 2026 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de douze mois à l’encontre de M. D... est annulée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E... D..., à Me Debazac et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2026.


La magistrate désignée,



N. Dupuy-Bardot




Le greffier,



Y. El MamouniLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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