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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2605153

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2605153

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2605153
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé-liberté (article L. 521-2 du code de justice administrative), a rejeté la requête de Mme A... qui demandait une injonction au préfet de statuer sur son titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière, nécessaire pour ce type de procédure, n'était pas établie, malgré les risques de perte d'emploi et de précarité invoqués par la requérante. La décision a été rendue selon la procédure simplifiée de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, dans un délai de quarante-huit heures, de statuer sur sa demande ou, à défaut, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction jusqu’à ce qu’il y soit statué.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’en l’absence de tout document, elle risque de perdre son emploi, d’être dépourvue de ressources sans pouvoir percevoir ses droits sociaux, la plaçant ainsi dans une situation de précarité et faisant obstacle à la poursuite de ses études ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l’éducation, à son droit au travail, à son droit à mener une vie privée normale ainsi qu’au principe de sécurité juridique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. La condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Mme A..., ressortissante ivoirienne née le 18 mars 1996, est entrée sur le territoire français le 27 octobre 2024 sous couvert d’un passeport revêtu d’un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d’étudiante, valable du 12 octobre 2024 au 11 octobre 2025. Elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 4 août 2025. Elle s’est vu remettre une attestation de prolongation d’instruction valable du 8 décembre 2025 au 7 mars 2026. Elle demande d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, dans un délai de quarante-huit heures, de statuer sur sa demande ou, à défaut, de lui délivrer, dans l’attente, une attestation de prolongation d’instruction.

4. Pour justifier d’une situation d’urgence particulière, elle fait valoir qu’en l’absence de tout document depuis le 6 mars 2026, elle risque de perdre son emploi et d’être dépourvue de ressources sans pouvoir percevoir ses droits sociaux, la plaçant ainsi dans une situation de précarité et faisant obstacle à la poursuite de ses études. Toutefois, ces circonstances ne sont pas suffisantes, à elles-seules, à établir une situation d’urgence particulière à quarante-huit heures rendant nécessaire l’intervention à très bref délai du juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d’urgence particulière n’est pas remplie.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montreuil, le 12 mars 2026.

La juge des référés,



M. de Bouttemont


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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