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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2605157

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2605157

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2605157
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIALLO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande de Mme A... visant à enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'était pas remplie, malgré la situation de précarité et le risque de licenciement invoqués par la requérante. La décision a été rendue selon la procédure simplifiée de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2026, Mme B... A..., représentée par Me Diallo, demande au juge des référés, statuant par application de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou, à défaut, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle est présumée en cas de renouvellement de titre de séjour ; qu’en outre, elle est dans une situation de précarité avec le risque de perdre son emploi, étant convoquée le 20 mars 2026 à un entretien préalable à un licenciement, et de faire l’objet d’une mesure d’éloignement ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté professionnelle, à son droit au travail, à sa liberté d’aller et venir ainsi qu’au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. La condition d’urgence posée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative s’apprécie objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

3. Mme A..., ressortissante ivoirienne née le 8 décembre 1986, a été titulaire en dernier lieu, d’une carte de séjour pluriannuelle valable du 21 octobre 2023 au 20 octobre 2025, en sa qualité de parent d’un enfant de nationalité française, née le 29 novembre 2023. Elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour sur le site de l’administration numérique des étrangers en France. Elle demande à ce qu’il soit fait injonction, sous astreinte, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, dans un délai de quarante-huit heures, une attestation de prolongation d’instruction ou un récépissé.

4. Pour justifier d’une situation d’urgence particulière, Mme A... fait valoir qu’en l’absence de tout document depuis l’expiration de son titre de séjour, elle est dans une situation de précarité, étant convoquée le 20 mars 2026 à un entretien préalable à un licenciement, et risque de faire l’objet d’une mesure d’éloignement. Toutefois, aussi difficiles soient-elles, ces circonstances ne sont pas suffisantes, à elles-seules, à caractériser une situation d’urgence particulière à quarante-huit heures rendant nécessaire l’intervention à très bref délai du juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d’urgence particulière requise par cet article n’est, en l’espèce, pas satisfaite.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montreuil, le 12 mars 2026.


La juge des référés,



M. de Bouttemont


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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