jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1804615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PARME |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée le 17 mai 2018 sous le n° 1804615, et des mémoires, enregistrés le 24 novembre 2022, le 5 juin 2023, le 11 septembre 2023 et le 27 octobre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Société Clichy Energie Verte (CEVE), représentée par Me Girard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Clichy-la-Garenne a implicitement rejeté son mémoire en réclamation du 17 janvier 2018 tendant à ce que la somme de 1 824 529,26 euros hors taxes (HT) lui soit versée ou que la procédure de révision du contrat soit mise en œuvre dans le cadre de la délégation de service public de chauffage urbain conclue à compter du 1er mai 2016 ;
2°) de condamner la commune de Clichy-la-Garenne à lui verser, en réparation de son préjudice, la somme de 5 038 682,18 euros hors taxes (HT), à parfaire et à assortir des intérêts au taux d'intérêt au taux légal à compter du 17 janvier 2018, et de la capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité contractuelle de la commune de Clichy-la-Garenne est engagée en raison de sa méconnaissance de son obligation de révision des conditions financières du contrat, de son obligation de direction et de contrôle du précédent délégataire et de son obligation de délivrer des informations correctes lors de la procédure de passation du contrat ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité sans faute de la commune de Clichy-la-Garenne est engagée en raison des sujétions techniques imprévues et des travaux supplémentaires indispensables à l'exécution du contrat dans les règles de l'art.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 janvier 2020, le 13 mars 2023, le 10 septembre 2023 et le 26 octobre 2023, la commune de Clichy-la-Garenne, représentée par Me Margaroli, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête de la SAS CEVE ;
2°) à la condamnation de la société de distribution de chaleur de Clichy (SDCC) et de la SAS Best Energies à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge des parties perdantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ses appels en garantie sont recevables ;
- la SAS CEVE ne démontre pas la réalité du préjudice invoqué dès lors qu'elle ne justifie pas de l'importance des travaux à réaliser ni de l'absence de bon état des ouvrages ;
- elle ne démontre pas le caractère indispensable des travaux dont elle sollicite l'indemnisation pour rendre les ouvrages conformes à la réglementation et permettre leur bon fonctionnement ;
- elle ne démontre pas que les travaux réalisés ne relèvent pas de l'entretien normal des ouvrages ;
- elle est fondée à appeler en garantie, d'une part, la SDCC, dès lors qu'elles sont juridiquement liées par la précédente délégation de service public et qu'elle a commis des fautes dans le cadre de son exécution, sans qu'un partage de responsabilité ne soit justifié, et, d'autre part, la SAS Best Energies, dès lors qu'elles sont juridiquement liées par sa mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage dans le cadre de laquelle elle a commis des fautes.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 juin 2023 et le 13 octobre 2023, la SDCC, représentée par Me Noël, conclut :
1°) au rejet de l'appel en garantie formé à son encontre par la commune de Clichy-la-Garenne ;
2°) au rejet de la demande indemnitaire formée à son encontre par la SAS CEVE ;
3°) à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'appel en garantie formé à son encontre par la commune est irrecevable dès lors qu'elles n'ont plus de liens contractuels, que cette action est prescrite et que sa garantie décennale ne peut être engagée ;
- l'appel en garantie formé à son encontre par la commune n'est pas fondé dès lors qu'elle n'a pas commis de faute dans l'exécution de la délégation de service public dont elle était titulaire ;
- la responsabilité de la commune de Clichy-la-Garenne ne peut être engagée sur le fondement contractuel, dès lors qu'elle n'a pas méconnu ses obligations contractuelles et que l'article 15.2 du contrat entre la commune et la SAS CEVE faisait peser sur cette dernière un plan d'entretien de l'ouvrage à ses risques et périls, ni sur le fondement de la responsabilité sans faute, dès lors que les travaux dont l'indemnisation est sollicitée ne constituent pas des sujétions techniques imprévues ;
- à titre subsidiaire, un partage de responsabilité avec la commune devra intervenir eu égard au manque de diligences de cette dernière, qui a notamment manqué à ses obligations en termes de direction et de contrôle du service en tant qu'autorité concédante du service public ;
- le rapport d'expertise est inexploitable dès lors qu'il contient des erreurs de calcul, que l'expert n'a pas respecté les missions qui lui étaient confiées par l'ordonnance de désignation, que ses constatations sont lacunaires et que les désordres et préjudices relevés ne lui sont pas imputables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la SAS Best Energies, représentée par Me Roux, conclut :
1°) au rejet de l'appel en garantie formée par la commune de Clichy-la-Garenne ;
2°) à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que l'appel en garantie formé à son encontre par la commune n'est pas fondé dès lors que sa mission a été intégralement payée sans réserve et que le rapport d'expertise n'a pas retenu sa responsabilité en qualité d'assistant au maître d'ouvrage.
Par courrier du 12 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 13 octobre 2023.
Une ordonnance de clôture d'instruction immédiate a été prise le 13 novembre 2023.
II- Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2021 sous le n° 2101445, et des mémoires, enregistrés le 5 juin 2023, le 8 septembre 2023 et le 27 octobre 2023, la SAS CEVE, représentée par Me Girard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Clichy-la-Garenne a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable du 15 septembre 2020 tendant au versement de la somme de 86 707,29 euros HT en réparation des préjudices qu'elle lui a fait subir en raison de la non-conformité des installations mises à sa disposition dans le cadre de la délégation de service public de chauffage urbain conclue à compter du 1er mai 2016 ;
2°) de condamner la commune de Clichy-la-Garenne à lui verser, en réparation de son préjudice, la somme de 104 045,17 euros toutes taxes comprises (TTC), à parfaire et à assortir des intérêts au taux légal à compter du 1er octobre 2020 et de la capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la responsabilité contractuelle de la commune de Clichy-la-Garenne est engagée en raison de sa méconnaissance de son obligation de révision des conditions financières du contrat stipulées en son article 15.4.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 avril 2023, le 10 septembre 2023 et le 26 octobre 2023, la commune de Clichy-la-Garenne, représentée par Me Margaroli, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête de la SAS CEVE ;
2°) à la condamnation de la SDCC et de la SAS Best Energies à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;
3°) à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge des parties perdantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ses appels en garantie sont recevables ;
- elle n'était pas tenue de réviser les conditions financières du contrat ;
- le montant de l'indemnisation sollicitée n'est pas justifié ;
- elle est fondée à appeler en garantie, d'une part, la SDCC, dès lors qu'elles sont juridiquement liées par la précédente délégation de service public et qu'elle a commis des fautes dans le cadre de son exécution, sans qu'un partage de responsabilité ne soit justifié, et, d'autre part, la SAS Best Energies, dès lors qu'elles sont juridiquement liées par sa mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage dans le cadre de laquelle elle a commis des fautes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, la SAS Best Energies, représentée par Me Roux, conclut :
1°) au rejet de l'appel en garantie formée par la commune de Clichy-la-Garenne ;
2°) à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que l'appel en garantie formé à son encontre par la commune n'est pas fondé dès lors que sa mission a été intégralement payée sans réserve et que le rapport d'expertise n'a pas retenu sa responsabilité en qualité d'assistant au maître d'ouvrage.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juin 2023 et le 13 octobre 2023, la SDCC, représentée par Me Noël, conclut :
1°) au rejet de l'appel en garantie formé par la commune de Clichy-la-Garenne ;
2°) au rejet de la demande indemnitaire formée à son encontre par la SAS CEVE ;
3°) à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, l'appel en garantie formé à son encontre par la commune est irrecevable dès lors qu'elles n'ont plus de lien contractuel, que cette action est prescrite et que le tribunal a définitivement jugé que sa responsabilité n'était pas engagée ;
- à titre subsidiaire, l'appel en garantie formé à son encontre par la commune n'est pas fondé dès lors qu'elle n'a commis aucune faute dans le cadre de l'exécution du contrat auquel elle était partie ;
- la responsabilité de la commune de Clichy-la-Garenne ne peut être engagée dès lors qu'elle n'a pas méconnu ses obligations contractuelles ;
- les préjudices dont la société requérante sollicite l'indemnisation sont nés de ses propres fautes ;
- à titre subsidiaire, un partage de responsabilité avec la commune devra intervenir eu égard au manque de diligences de cette dernière ;
- le rapport d'expertise est inexploitable dès lors qu'il contient des erreurs de calcul, que l'expert n'a pas respecté les missions qui lui étaient confiées par l'ordonnance de désignation, que ses constatations sont lacunaires et que les désordres et préjudices relevés ne lui sont pas imputables.
Par courrier du 12 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 13 octobre 2023.
Une ordonnance de clôture d'instruction immédiate a été prise le 13 novembre 2023.
III- Par une requête, enregistrée le 25 mai 2022 sous le n° 2207916, la SAS CEVE, représentée par Me Girard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette n° 00300 2022 80 1927 du 17 mars 2022 par lequel la commune de Clichy-la-Garenne lui a réclamé la somme de 6 974 077 euros TTC ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme en cause ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recette en litige est entaché d'un vice d'incompétence et n'a pas été régulièrement signé ;
- il ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- il est insuffisamment motivé ;
- la créance réclamée n'est pas fondée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 avril 2023, le 30 juin 2023 et le 12 juillet 2023, la commune de Clichy-la-Garenne, représentée par Me Drai, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que le titre de recette en litige a été retiré.
Par une ordonnance du 4 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 septembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- les observations de Me du Rusquec, substituant Me Girard, représentant la SAS CEVE ;
- les observations de Me Margaroli et Me Bail, représentant la commune de Clichy-la-Garenne ;
- les observations de Me Noël, représentant la SDCC ;
- et les observations de Me Roux, représentant la société Best Energies.
Une note en délibéré a été produite pour la SAS CEVE le 26 février 2024. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par convention du 18 janvier 1965, la commune de Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine) a confié pour une durée initiale de trente ans la construction et l'exploitation de son réseau de chauffage urbain à la Compagnie générale de chauffage à distance, à laquelle s'est substituée la société de distribution de chaleur de Clichy (SDCC). La durée de cette délégation de service public a été prolongée de vingt ans par avenant du 10 décembre 1991, portant ainsi l'échéance de la convention au 30 septembre 2015. Un avenant n° 9 au cahier des charges de la convention initiale, qui avait notamment pour objet l'allongement de la durée du contrat de dix-sept ans, a été signé au début de l'année 2012. Par des jugements n°s 1201456 et 1205220 du 19 décembre 2014, le tribunal a notamment enjoint à la commune de résilier à compter du 1er mai 2016 la convention de délégation de service public de chauffage urbain conclue avec la SDCC. En exécution de ces jugements, la commune de Clichy-La-Garenne a résilié cette convention et subséquemment conclu un nouveau contrat de délégation avec la société par actions simplifiée (SAS) Clichy Energie verte (CEVE) à compter du 1er mai 2016. Dès le 16 juin 2016, la SAS CEVE a constaté le mauvais état des installations et plusieurs dysfonctionnements. Par un mémoire en réclamation du 17 janvier 2018, elle a vainement sollicité auprès de la commune le versement d'une indemnité de 1 824 529,26 euros hors taxes (HT), à parfaire, en réparation des préjudices subis en conséquence. Plus tard, après que par arrêté du 6 août 2019, le préfet des Hauts-de-Seine l'eut mise en demeure de se conformer au rapport d'inspection de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Île-de-France du 5 juin 2019, qui a relevé que l'ouvrage n'était pas en tous points conforme aux dispositions réglementaires en vigueur, la SAS CEVE a vainement saisi la commune de Clichy-la-Garenne d'une seconde réclamation indemnitaire préalable du 15 septembre 2020, sollicitant cette fois le versement d'une indemnité de 86 707,29 euros HT en réparation des préjudices nés de cette non-conformité. Enfin, la commune de Clichy-la-Garenne a émis, le 17 mars 2022, un titre de recette à l'encontre de la SAS CEVE, lui réclamant la somme de 6 974 077 euros toutes taxes comprises (TTC). Par les présentes requêtes, la SAS CEVE demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler les décisions implicites de rejet de ses réclamations indemnitaires préalables, de condamner la commune de Clichy-La-Garenne à lui verser les sommes de 5 038 682,18 euros HT et 104 045,17 euros TTC en réparation des préjudices nés respectivement du mauvais état des installations dont elle a pris possession le 1er mai 2016 et de leur non-conformité réglementaire, d'annuler le titre de recettes du 17 mars 2022 et, enfin, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 6 974 077 euros TTC qui en procède.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 1804615, 2101445 et 2207916 de la SAS CEVE présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.
Sur l'étendue du litige :
En ce qui concerne la requête n° 1804615 :
3. En demandant au tribunal, d'une part, d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence de la commune, refusant le paiement de la somme de 1 824 529,16 euros HT sollicitée dans le cadre de son mémoire en réclamation du 17 janvier 2018, et, d'autre part, de condamner la commune à lui verser la somme de 5 038 682,18 euros, la SAS CEVE a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dès lors, sa demande tendant à l'annulation de la décision liant le contentieux est sans objet.
En ce qui concerne la requête n° 2101445 :
4. En demandant au tribunal, d'une part, d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence de la commune, refusant le paiement de la somme de 86 707,29 euros HT sollicitée dans le cadre de sa demande indemnitaire préalable reçue le 1er octobre 2020, et, d'autre part, de condamner la commune à lui verser la somme de 104 045,17 euros TTC, la SAS CEVE a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dès lors, sa demande tendant à l'annulation de la décision liant le contentieux est sans objet.
En ce qui concerne la requête n° 2207916 :
5. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête n° 2207916 de la SAS CEVE, le maire de la commune de Clichy-la-Garenne a retiré, par mandat du 4 juillet 2023, le titre de recette n° 00300 2022 80 1927 du 17 mars 2022, émis pour recouvrer la somme de 6 974 077 euros TTC. Le retrait de ce titre étant définitif, les conclusions tendant à son annulation et à la décharge de l'obligation de payer qui en procède ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la requête n° 1804615 :
S'agissant de la responsabilité contractuelle pour faute de la commune de Clichy-la-Garenne :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 28 de la délégation de service public en litige : " Pour tenir compte de l'évolution des conditions économiques et des techniques d'exploitation du service pour s'assurer que les formules d'indexation sont représentatives des coûts réels, le niveaux des tarifs d'une part, et la composition des formules d'indexation et de variation, y compris les parties fixes d'autre part, seront soumis à réexamen sur production par l'une des Parties des justifications nécessaires dans les cas suivants : / () - en cas de modification du programme de travaux qui ne serait pas du fait du délégataire. () ".
7. Si la SAS CEVE soutient que la responsabilité contractuelle de la commune de Clichy-la-Garenne est engagée pour faute dès lors qu'elle a refusé de réviser les conditions financières de la délégation de service public en litige, en méconnaissance des stipulations précitées de son article 28, il résulte de l'instruction que les installations dont elle a pris possession le 1er mai 2016 n'étaient, dès l'origine, pas dans l'état de fonctionnement annoncé dans les documents de la consultation. Dès lors, la SAS CEVE ne peut se prévaloir d'une évolution des conditions économiques et des techniques d'exploitation du service ou d'une modification du programme de travaux qui auraient justifié la révision des conditions financières du contrat. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la commune de Clichy-la-Garenne a, à cet égard, commis une faute.
8. En deuxième lieu, la SAS CEVE soutient que la commune de Clichy-la-Garenne a manqué à son pouvoir de direction et de contrôle de la SDCC, précédent délégataire du réseau de chauffage urbain, qui n'a pas réalisé les travaux qui lui incombaient pour livrer les équipements en état correct de fonctionnement, circonstance qui l'a conduite à assumer elle-même la charge des travaux en cause à compter du 1er mai 2016. Toutefois, sa qualité de tiers au contrat qui a lié la SDCC à la commune de Clichy-la-Garenne fait obstacle à ce qu'elle puisse se prévaloir de son inexécution s'agissant de clauses non réglementaires. Par suite, la SAS CEVE n'est pas fondée à soutenir que la commune de Clichy-la-Garenne a engagé sa responsabilité contractuelle fautive à ce titre.
9. En troisième lieu, si la SAS CEVE soutient que la commune de Clichy-la-Garenne a engagé sa responsabilité contractuelle pour faute en méconnaissant son obligation de lui délivrer des informations exactes quant à l'état des installations qui lui ont été livrées, elle ne se prévaut à cet égard d'aucune stipulation contractuelle qui aurait prévu une telle obligation. Par suite, les conclusions indemnitaires de la SAS CEVE présentées sur ce fondement doivent être écartées.
S'agissant de la responsabilité contractuelle sans faute de la commune de Clichy-la-Garenne :
10. En premier lieu, la SAS CEVE soutient qu'elle est fondée à engager la responsabilité contractuelle sans faute de la commune de Clichy-la-Garenne en raison des sujétions techniques imprévues dont elle sollicite l'indemnisation pour un montant de 5 038 682,18 euros. Toutefois, à supposer même que ce fondement de responsabilité soit opérant dans le cadre d'une délégation de service public, il ne résulte pas de l'instruction que les difficultés alléguées présentaient un caractère exceptionnel et imprévisible lors de la conclusion du contrat, dont la cause aurait été extérieure aux parties. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées sur ce fondement ne peuvent qu'être écartées.
11. En second lieu, la SAS CEVE semble soutenir qu'elle est fondée à engager la responsabilité contractuelle sans faute de la commune de Clichy-la-Garenne en raison des travaux supplémentaires de 5 038 682,18 euros qu'elle soutient avoir été tenue de réaliser pour exécuter la délégation de service public en litige dans les règles de l'art. Toutefois, un tel fondement de responsabilité ne peut être utilement invoqué dans le cadre d'une délégation de service public que le délégataire est chargé d'exploiter à ses risques et périls. En tout état de cause, les travaux dont l'indemnisation est sollicitée n'ont pas été rendus indispensables pour la livraison de l'ouvrage dans les règles de l'art, mais seulement pour permettre aux installations déjà livrées de fonctionner dans un état normal d'entretien. Par suite, il y a lieu d'écarter les conclusions indemnitaires présentées sur ce fondement.
En ce qui concerne la requête n° 2101445 :
12. Aux termes de l'article 14.5 de la délégation de service public en litige : " Les ouvrages et installations qui sont remis aux délégataires à la date de début de l'installation doivent être conformes aux dispositions en vigueur, notamment en matière d'hygiène, de sécurité et d'installations classées. () Les dépenses entraînées par ces travaux de mise en conformité des ouvrages () donnent lieu à une révision des conditions de rémunération du contrat de délégation, sous réserve qu'une étude d'impact soit réalisée par le délégataire () ".
13. Il résulte du rapport de la direction régionale interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE) du 5 juin 2019 que les ouvrages faisant l'objet de la délégation de service public en litige étaient entachés d'une non-conformité notable, de trois non-conformités et de trois remarques quant aux prescriptions en matière d'installation classée pour la protection de l'environnement définies par l'arrêté préfectoral d'exploitation du 8 avril 2015. Par ailleurs, le rapport d'expertise du 29 août 2022 a relevé que la date d'apparition de ces désordres était antérieure au 1er mai 2016. Ainsi, dès lors que la SAS CEVE a réalisé les travaux de mise en conformité réglementaire nécessaires après sa prise de possession des installations le 1er mai 2016, après avoir réalisé une étude d'impact non contestée, elle est fondée à soutenir que la commune de Clichy-la-Garenne a méconnu les stipulations précitées de l'article 14.5 de la délégation de service public en refusant sur ce point de réviser les conditions de rémunération du contrat. Par suite, et dès lors que le rapport d'expertise du 29 août 2022 a évalué le montant de ces travaux à la somme de 86 707,78 euros HT, la SAS CEVE est fondée à demander la condamnation de la commune de Clichy-la-Garenne à l'indemniser de la somme de 104 045,17 euros TTC.
Sur les intérêts moratoires et la capitalisation des intérêts :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 3133-13 du code de la commande publique : " Le retard de paiement ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire et, le cas échéant, à une indemnisation complémentaire versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le contrat de concession, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. () ". Selon l'article 1er du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique : " Le délai de paiement prévu au premier alinéa de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée est fixé à trente jours pour les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entité adjudicatrice. () ". L'article 2 du même décret dispose que : " I. - Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur () ". Selon son article 7 : " Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement () à l'expiration du délai de paiement, le créancier a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée ". Selon l'article 8 du même décret : " I. ' Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse () ".
15. En application des dispositions précitées, le délai de paiement était fixé au 31 octobre 2020, de sorte que les intérêts moratoires ont commencé à courir à compter du 1er novembre 2020 jusqu'à la date de mise en paiement de la somme due. Dans ces conditions, la commune de Clichy-la-Garenne est condamnée à verser à la SAS CEVE les intérêts moratoires au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage, sur la somme de 104 045,17 euros TTC mentionnée au point 13 ci-dessus, du 1er novembre 2020 jusqu'à la date à laquelle elle sera effectivement réglée.
16. En second lieu, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. Dans ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. En l'espèce, la capitalisation des intérêts a été demandée par la SAS CEVE dans sa requête introductive d'instance, le 29 janvier 2021. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande à compter du 29 janvier 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les appels en garantie :
En ce qui concerne les fins de non-recevoir soulevées par la SDCC :
17. En premier lieu, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".
18. Contrairement à ce que soutient la SDCC, l'appel en garantie formé par la commune de Clichy-la-Garenne à son encontre n'est pas atteint par la prescription quinquennale prévue par les dispositions précitées de l'article 2224 du code civil dès lors qu'il a été formé le 3 avril 2023, soit moins de cinq ans après l'introduction le 29 janvier 2021 de la requête de la SAS CEVE, par laquelle celle-ci a sollicité l'indemnisation de ses préjudices auprès de la commune et pour laquelle cette dernière demande à être garantie par la SDCC.
19. En second lieu, si la SDCC n'est pas directement partie prenante à la délégation de service public en litige, elle n'a pour autant pas été libérée des obligations contractuelles inhérentes à la précédente délégation de service public, dont elle était titulaire et qui a couru jusqu'au 30 avril 2016, dès lors, ainsi qu'il sera dit ci-dessous, qu'elle se devait de livrer les équipements en état normal d'entretien et que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en ne tenant pas compte de l'expertise qui était pendante jusqu'au 29 août 2022, n'a pas donné autorité de chose jugée à son jugement n° 1607814 du 15 juillet 2021. Quand bien même la commune de Clichy-la-Garenne n'a pas émis de réserves sur l'état des installations lors de leur remise le 30 avril 2016, elle est donc recevable à appeler en garantie la SDCC.
En ce qui concerne l'appel en garantie dirigé contre la SDCC :
20. Aux termes de l'article 28 du cahier des charges de la délégation de service public liant la SDCC et la commune de Clichy-la-Garenne : " A l'expiration de la Concession, le Concessionnaire est tenu de remettre au Concédant en état normal d'entretien, tous les biens et équipements qui font partie intégrante de la Concession quelle que soit leur affectation. () ".
21. En sa qualité d'exploitante des installations jusqu'au 30 avril 2016, la SDCC était tenue de respecter les prescriptions de l'arrêté préfectoral d'exploitation du 8 avril 2015 et de remettre à la commune de Clichy-la-Garenne, en application des stipulations précitées de l'article 28 de la précédente délégation de service public, des installations en état normal d'entretien. Or, en s'abstenant de procéder aux travaux de mise en conformité réglementaire dont la responsabilité lui incombait, comme l'a notamment relevé l'expert dans son rapport du 29 août 2022, la SDCC a manqué à ses obligations. Dans ces conditions, la commune de Clichy-la-Garenne est fondée à demander qu'elle la garantisse à hauteur de 100 % de la condamnation prononcée à son encontre au point 13 du présent jugement.
En ce qui concerne l'appel en garantie dirigé contre la société Best Energies :
22. La société Best Energies a commis un manquement à sa mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage de la commune de Clichy-la-Garenne, dès lors qu'il ne ressort pas explicitement de son audit des installations exploitées par la SDCC, réalisé en avril/mai 2015 et mis à jour le 21 octobre 2015, qu'elle aurait attiré l'attention de la commune sur la nécessité de réaliser des travaux de mise en conformité réglementaire afin que les installations soient conformes aux prescriptions de l'arrêté préfectoral d'autorisation d'exploitation du 8 avril 2015. Toutefois, dès lors que la réalisation de ces travaux incombait à la SDCC en sa qualité de précédent délégataire, ainsi qu'il a été dit au point 21 du présent jugement, les conclusions d'appel en garantie présentées par la commune de Clichy-la-Garenne à l'encontre de la société Best Energies doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Clichy-la-Garenne les sommes de 3 000 euros et 1 000 euros à verser à la SAS CEVE et à la société Best Energies respectivement, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Clichy-la-Garenne et de la SDCC présentées sur le même fondement.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2207916 tendant à l'annulation du titre de recette du 17 mars 2022 et à la décharge de l'obligation de payer la somme de 6 974 077 euros toutes taxes comprises qui en procède.
Article 2 : La commune de Clichy-la-Garenne est condamnée à verser la somme de 104 045,17 euros toutes taxes comprises à la société par actions simplifiée (SAS) Clichy Energie Verte (CEVE), assortie des intérêts moratoires et de leur capitalisation dans les conditions prévues aux articles 14 à 16 du présent jugement.
Article 3 : La société de distribution de chaleur de Clichy (SDCC) est condamnée à garantir la commune de Clichy-la-Garenne à hauteur de 100 % de la condamnation prononcée à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : La commune de Clichy-la-Garenne versera la somme de 3 000 euros à la SAS CEVE au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La commune de Clichy-la-Garenne versera la somme de 1 000 euros à la société Best Energies au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Clichy Energie Verte, à la commune de Clichy-la-Garenne, à la société de distribution de chaleur de Clichy et à la société par actions simplifiée Best Energies.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Gay-Heuzey et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
N°s 1804615 - 2101445 - 2207916
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026