mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1900002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 janvier 2019, Mme C E, représentée par Me Laurent, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2018 par lequel le maire de la commune de Cergy l'a placée en congé de maladie imputable au service du 20 juin 2017 au 25 juillet 2018 puis en congé de maladie non imputable au service du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cergy la somme de 1 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la signataire de l'arrêté attaqué n'avait pas compétence pour ce faire ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine pour avis de la commission de réforme ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreurs d'appréciation dès lors que ses douleurs lombaires et sa sciatalgie gauche résultent de l'accident de service dont elle a été victime le 20 juin 2017.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 janvier 2020 et 29 novembre 2022, la commune de Cergy conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
Par décision du 22 juillet 2019, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 %.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 25 septembre 2021, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. B.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,
- et les observations de Mme F, représentant la commune de Cergy.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E a été titularisée en qualité d'agent d'entretien et de restauration par un arrêté du maire de la commune de Cergy le 8 janvier 2009. Le 20 juin 2017, elle a été victime d'une chute sur son lieu de travail. L'imputabilité au service de cet accident a été reconnue par un arrêté du 21 août 2017 et l'intéressée a été placée en congé de maladie imputable au service avec plein traitement et prise en charge par son employeur de ses frais médicaux. Par un arrêté du 30 octobre 2018, le maire de Cergy a confirmé l'imputabilité au service de son accident du 20 juin 2017 mais a estimé que l'état de santé de l'intéressée était consolidé à la date du 25 juillet 2018 avec guérison et retour à l'état antérieur et a qualifié la période d'arrêt du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018 en congé de maladie non imputable au service rémunéré à plein traitement jusqu'au 23 octobre 2018 puis à demi-traitement du 24 au 30 octobre 2018. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté attaqué :
2. L'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale disposait, dans sa rédaction applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ". Aux termes de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction alors applicable : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 modifié relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité ". De même, l'article 21 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dispose, dans sa version en vigueur, que : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ". Il résulte de ces dispositions que les éléments de fait sur lesquels l'administration se fonde pour apprécier l'imputabilité au service des arrêts de travail d'un de ses agents, doivent, préalablement à l'adoption d'une décision refusant de reconnaitre le caractère professionnel de ces derniers, avoir fait l'objet d'une appréciation par la commission de réforme, laquelle se prononce selon une procédure qui permet à l'intéressé de faire valoir ses arguments.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'accident dont Mme E a été victime le 20 juin 2017 a été reconnu, le 21 août 2017, comme imputable au service. Par un arrêté du 30 octobre 2018, le maire de la commune de Cergy a estimé, sur la base d'une expertise réalisée le 28 septembre 2018 par le docteur A, que si l'accident de service du 20 juin 2017 avait empêché Mme E d'exercer ses fonctions entre le 20 juin 2017 et le 25 juillet 2018, les arrêts de travail de l'intéressée à compter du 26 juillet 2018 étaient sans lien avec son accident de service et, par suite, relevaient du congé de maladie ordinaire rémunéré à plein traitement pendant trois mois puis à demi traitement pendant neuf mois en application de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984. Il est par ailleurs constant qu'avant d'adopter l'arrêté du 30 octobre 2018, la commune de Cergy n'a pas saisi la commission de réforme pour que celle-ci rende un avis sur l'imputabilité au service de la prolongation des arrêts de travail de l'intéressée. La commune de Cergy ne peut utilement soutenir, face à ce défaut de saisine, que l'arrêté en litige est légal aux motifs, d'une part, que la commission de réforme a émis un avis le 29 mars 2018 sur la demande de Mme E tendant à la reprise de ses fonctions à temps partiel et dans lequel elle a sollicité la réalisation d'une nouvelle expertise et, d'autre part, que la commission de réforme a rendu le 24 janvier 2019 un second avis dans lequel elle a estimé que les arrêts et soins de la requérante à compter du 26 juillet 2018 ne devaient plus être pris en charge par la commune de Cergy. Il s'en suit qu'en adoptant l'arrêté du 30 octobre 2018 sans en avoir au préalable saisi la commission de réforme, la commune de Cergy a méconnu les dispositions de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 précité. Dès lors que ce vice a privé, à la date de l'adoption de l'arrêté attaqué, la requérante d'une garantie, celle-ci est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte, à en demander l'annulation en tant qu'il l'a placée en congé de maladie non imputable au service du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté attaqué :
4. Mme E soutient que ses congés de maladie entre le 26 juillet 2018 et le 30 octobre 2018 sont imputables au service au motif que les pathologies qu'elle a développées découlent directement de son accident du 20 juin 2017 dont l'origine professionnelle a été reconnue par le maire de Cergy. Il ressort toutefois des pièces du dossier et, en particulier de l'expertise réalisée par le docteur B le 22 septembre 2021 que les douleurs lombaires de la requérante, à l'origine de son placement en congés de maladie à partir du 26 juillet 2018, sont uniquement liées à son état antérieur. Dans ces conditions, Mme E n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de ses congés de maladie du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018, le maire de Cergy a commis une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a uniquement lieu d'annuler, pour un motif de légalité externe, l'arrêté du 30 octobre 2018 du maire de la commune de Cergy en tant qu'il a placé Mme E en congé de maladie non imputable au service du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018.
Sur les frais d'expertise :
6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ". Aux termes de l'article 42 du même texte : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle est condamné aux dépens ou perd son procès, il supporte exclusivement la charge des dépens effectivement exposés par son adversaire, sans préjudice de l'application éventuelle des dispositions de l'article 75. / Le juge peut toutefois, même d'office, laisser une partie des dépens à la charge de l'Etat. / Dans le même cas, le juge peut mettre à la charge du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle, demandeur au procès, le remboursement d'une fraction des sommes exposées par l'Etat autres que la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle des avocats et des officiers publics et ministériels ".
7. Par une ordonnance du 25 septembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a alloué à M. B, expert mandaté, la somme de 1 500 euros, qui a été mise à la charge de Mme E. Dès lors que, par décision du 22 juillet 2019, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %, les frais d'expertise doivent être mis définitivement à la charge de l'intéressée à hauteur de 1 125 euros. Le surplus, s'élevant à 375 euros, est mis à la charge définitive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Sur les frais liés au litige :
8. Ainsi qu'il a été précisé au point précédent, Mme E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %. L'avocat de Mme E n'a pas demandé que lui soit versée par la commune de Cergy la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à sa cliente si celle-ci n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Cergy le remboursement à Mme E de la part des frais exposés par elle, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par le bureau d'aide juridictionnelle, dans la limite de 1 500 euros.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : L'arrêté du 30 octobre 2018 du maire de la commune de Cergy est annulé en tant qu'il a placé Mme E en congé de maladie non imputable au service du 26 juillet 2018 au 30 octobre 2018.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros, sont définitivement mis à la charge de Mme E à hauteur de 1 125 euros et à la charge de l'Etat à hauteur de 375 euros, au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : La commune de Cergy versera à Mme E la part des frais exposés par elle, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par la décision du 22 juillet 2019 du bureau d'aide juridictionnelle, dans la limite de 1 500 euros.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et à la commune de Cergy.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère
M. Goupillier, conseiller,
assistés de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
C. D La présidente,
signé
E. Coblence
La greffière,
signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026