jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1901077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2019 sous le n° 1901077, et un mémoire enregistré le 4 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions des 8 janvier 2018, 30 janvier 2018 et 17 mai 2018 par lesquelles le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté ses demandes de remboursement des frais liés à sa maladie professionnelle, exposés pour la période comprise entre le 31 mars 2017 et le 30 novembre 2017 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 16 052, 24 euros, sauf à parfaire, assortie des intérêts de droit, en réparation du préjudice financier qu'elle estime né de l'absence de prise en charge des frais liés à sa maladie professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- les décisions du 8 janvier 2018, 30 janvier 2018 et 17 mai 2018 par lesquelles le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté ses demandes indemnitaires préalables sont signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée dès lors que le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise était tenu de rembourser les frais directement entraînés par sa maladie professionnelle ;
- le préjudice financier qu'elle a subséquemment subi doit être réparé.
La requête a été communiquée au recteur de l'académie de Versailles qui, malgré une mise en demeure adressée le 29 juin 2020 sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, n'a pas produit d'observations dans le délai prescrit.
Par courrier du 15 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 15 septembre 2022.
Une ordonnance de clôture d'instruction immédiate a été prise le 15 septembre 2022.
II- Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2019 sous le n° 1913269, Mme A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2019 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté sa demande de remboursement des frais liés à sa maladie professionnelle, exposés pour la période comprise entre le 1er décembre 2017 et le 31 décembre 2018 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 807,79 euros, sauf à parfaire, assortie des intérêts de droit, en réparation du préjudice financier qu'elle estime né de l'absence de prise en charge des frais liés à sa maladie professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 1901077 susvisée.
La requête a été communiquée au recteur de l'académie de Versailles qui, malgré une mise en demeure adressée le 30 juin 2020 sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, n'a pas produit d'observations dans le délai prescrit.
Par courrier du 15 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 15 septembre 2022.
Une ordonnance de clôture d'instruction immédiate a été prise le 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeur des écoles depuis 1993, a été placée en congé de maladie professionnelle à compter du 25 septembre 2017. Par décisions des 8 janvier 2018, 30 janvier 2018, 17 mai 2018 et 21 mai 2019, le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté ses demandes de remboursement des consultations médicales et frais de déplacement liés à sa maladie, exposés à compter du 31 mars 2015. Par les présentes requêtes, Mme A demande au tribunal d'annuler ces décisions et de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 16 052,24 euros et 1 807,79 euros, sauf à parfaire, assorties des intérêts de droit, en réparation du préjudice financier qu'elle estime né de l'absence de prise en charge desdits frais.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 1901077 et 1913269, introduites par Mme A, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions d'excès de pouvoir :
3. Les décisions des 8 janvier 2018, 30 janvier 2018, 17 mai 2018 et 21 janvier 2019 par lesquelles le directeur académique des services de l'éducation nationale du Val-d'Oise a rejeté les demandes de Mme A tendant à la prise en charge des frais liés à sa maladie professionnelle ont eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet des demandes de l'intéressée, qui a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet de telles demandes, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir les sommes auxquelles elle prétend, ses conclusions tendant à l'annulation des décisions contestées sont sans objet. Elles ne peuvent par suite qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article L. 822-24 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire qui bénéficie d'une reconnaissance d'imputabilité au service d'un accident ou d'une maladie a droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par sa maladie ou son accident. ".
5. Ces dispositions comportent, pour les fonctionnaires, le droit au remboursement non seulement des honoraires médicaux mais encore de l'ensemble des frais réels par eux exposés et directement entraînés par une maladie reconnue imputable au service. Il appartient aux intéressés de justifier tant du montant de ces frais que du caractère d'utilité directe que ceux-ci ont présenté pour parer aux conséquences de la maladie dont ils souffrent.
6. Il résulte de l'instruction que par décision du 24 juillet 2017, le directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Val-d'Oise a reconnu l'imputabilité au service de la maladie de Mme A, liée aux agissements qu'elle a eu à subir du directeur de l'école maternelle Croix Rouge de Taverny (Val-d'Oise), où elle a été affectée le 1er septembre 2010. Mme A établit le caractère d'utilité directe des consultations réalisées en conséquence de cette maladie auprès d'une psychothérapeute, d'une psychologue du travail, d'une psychologue-clinicienne et d'un médecin psychiatre, à compter du 31 mars 2015, par la production du rapport d'expertise du 26 juin 2017 rédigé par M. B, médecin psychiatre, et de cinq certificats rédigés par M. D, médecin psychiatre, les 20 novembre 2015, 2 février 2017, 7 avril 2018 et 7 mai 2018, prescrivant à l'intéressée un suivi psychologique et psychothérapeutique. Mme A justifie également avoir réalisé, pour la période comprise entre le 31 mars 2015 et le 31 décembre 2018, 31 consultations avec une psychothérapeute, pour un montant de 1 810 euros, 37 consultations avec une psychologue du travail, pour un montant de 1 850 euros, 11 consultations avec une psychologue-clinicienne, pour un montant de 550 euros, et 10 consultations avec un médecin psychiatre, pour un montant restant à sa charge de 60 euros. Elle est ainsi fondée à solliciter le remboursement de ces consultations pour un montant cumulé de 4 270 euros, sous déduction des remboursements déjà intervenus.
7. Par ailleurs, Mme A établit le caractère d'utilité directe de la cure thermale réalisée du 29 juin 2017 au 19 juillet 2017, par la production de la prescription de son médecin traitant. Elle justifie également du montant restant à sa charge au titre du logement réservé pour cette cure, d'un montant de 504,10 euros, et de son déplacement en train pour rejoindre Aix-les-Bains (Savoie) et revenir à Paris, d'un montant de 102,10 euros. Ainsi, Mme A est fondée à solliciter une indemnisation supplémentaire de 606,20 euros.
8. En revanche, Mme A n'établit pas l'utilité directe des consultations réalisées auprès d'une psychothérapeute pendant les années 2019 à 2022, en l'absence de prescription médicale au titre de cette période. Par ailleurs, elle n'établit pas l'utilité directe des consultations réalisées auprès d'une kinésiologue, d'un consultant en méditation et d'une consultante en psycho-traumatologie, pour l'ensemble des périodes en litige, en l'absence de prescription médicale à ce titre. Par suite, elle n'est pas fondée à en solliciter l'indemnisation. Il en va de même des frais kilométriques pour lesquels Mme A se borne à invoquer la distance qu'elle aurait parcourue pour se rendre à ses consultations médicales et à une officine pharmaceutique depuis son domicile, sans toutefois justifier de l'utilisation d'un véhicule personnel, notamment par la production d'un certificat d'immatriculation, de justificatifs de stationnement ou de tout autre élément probant. Par suite, la matérialité de ce chef de préjudice n'étant pas établie, Mme A n'est pas fondée à en solliciter l'indemnisation.
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser la somme globale de 4 876,20 euros à Mme A en réparation de son préjudice, sous déduction des remboursements déjà intervenus.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
10. Mme A a droit aux intérêts au taux légal sur les sommes de 3 570 euros et 606,20 euros à compter du 28 janvier 2019, date à laquelle elle a saisi le tribunal de la requête n° 1901077, et sur la somme de 700 euros à compter du 21 octobre 2019, date à laquelle elle l'a saisi de la requête n° 1913269. La capitalisation des intérêts a également été demandée au tribunal les 28 janvier et 21 octobre 2019 respectivement. Par suite, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts de Mme A à compter des 28 janvier et 21 octobre 2020 respectivement, dates auxquelles ces intérêts étaient dus pour une année entière, et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros dans chacune des deux requêtes, soit 2 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : L'Etat versera la somme de 4 876,20 euros à Mme A en réparation de son préjudice, sous déduction des remboursements déjà intervenus. Les sommes de 4 176,20 euros et de 700 euros seront assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation dans les conditions prévues à l'article 10 ci-dessus.
Article 2 : L'Etat versera la somme de de 2 000 euros à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions des requêtes de Mme A sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mmes E et Gay-Heuzey, conseillères,
Assistées de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
N°s 1901077-1913269
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026