vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1902209 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET VEIL JOURDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2019 et un mémoire enregistré le 28 novembre 2019, M. et Mme N F T, M. U, M. J B, M. et Mme D R, Mme K E, Mme et M. P, Mme H G, Mme O G, M. N A et la société Les érables, représentés par Me Corinne Lepage, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 19 décembre 2018 par laquelle le conseil de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de Boulogne-Billancourt ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe en zone UCc une partie de l'île Seguin et qu'elle crée l'orientation d'aménagement et de programmation n°3 ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir suffisant ;
- la délibération attaquée méconnaît l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le rapport de présentation est lacunaire ;
- elle méconnaît l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, dès lors que la note explicative de synthèse est lacunaire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucune évaluation environnementale n'a été réalisée et que les études d'impact des ZAC " centre-ville " et " Seguin Rives de Seine " n'ont pas été actualisées ;
- elle méconnaît les articles L. 123-1-2, L. 123-1-4 et R. 123-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le classement de l'île en zone UCc et l'OAP n°3 est en contrariété avec le projet d'aménagement et de développement durables ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle classe l'île en zone UCc et qu'elle porte une atteinte manifeste à l'environnement ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que l'OAP n°3 est contraire aux dispositions du schéma de cohérence territoriale du Val-de-Seine et des coteaux ;
- elle méconnaît l'article L. 123-1-4 du code de l'urbanisme en tant qu'elle comporte l'OAP n°3 ;
- elle méconnaît les articles L. 113-3-1 et R. 111-48 du code de l'urbanisme dès lors que l'OAP n°3 n'a pas fait l'objet d'une étude préalable de sécurité publique.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er octobre 2019 et 20 janvier 2020, l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest, représenté par Me D Guillot, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir suffisant ;
- les moyens contenus dans la requête ne sont pas fondés.
Par une intervention enregistrée le 27 novembre 2019, Mme C M, Mme V L et M. S I, représentés par Me Corinne Lepage, demandent que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête par les mêmes motifs que ceux exposés par M. F T et autres.
Par une intervention enregistrée le 20 janvier 2020, la société Val-de-Seine Aménagement, représentée par Me Véronique Prévot-Leygonie, demande que le tribunal rejette la requête par les mêmes motifs que ceux exposés par l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest.
Par un courrier du 21 mars 2023, le tribunal a invité les parties à produire leurs observations, en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, sur la régularisation du vice tiré de l'absence d'évaluation environnementale.
Par un mémoire enregistré le 27 mars 2023, M. T et autres ont présenté des observations en réponse au courrier du 21 mars 2023 mentionné ci-dessus.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2023, l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest a présenté des observations en réponse au courrier du 21 mars 2023 mentionné ci-dessus.
Par un mémoire enregistré le 30 mars 2023, la commune de Boulogne-Billancourt a présenté des observations en réponse au courrier du 21 mars 2023 mentionné ci-dessous.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stéphane Eustache, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Claire Chabrol, rapporteure publique,
- les observations de M. J B,
- et les observations de Me Cuny, représentant la commune de Boulogne-Billancourt.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 19 décembre 2018, le conseil de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de Boulogne-Billancourt. M. F T et autres demandent l'annulation de cette délibération.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Il ressort des pièces du dossier et notamment des constats d'huissier produits, qui ont été réalisés postérieurement à la délibération attaquée mais qui révèlent des circonstances de fait prévalant à la date de son édiction, que l'île Seguin tout entière est visible depuis les coteaux de Meudon où sont situées les habitations de M. A, Mme E, Mmes G, M. R, M. et Mme F T, M. et Mme P, ainsi que les locaux de la société Les érables. Par suite, eu égard à la configuration des lieux et à la nature de la révision litigieuse, qui a notamment pour objet de fixer la hauteur maximale des constructions à 74 mètres selon le nivellement général de la France (NGF), avec un point haut unique à 96 mètres NGF, ces requérants justifient d'un intérêt pour agir suffisant. Dès lors et sans qu'il soit besoin d'examiner l'intérêt pour agir des autres requérants, la fin de non-recevoir opposée par l'établissement Grand Paris Seine Ouest doit être écartée.
Sur les interventions :
3. En premier lieu, Mme M, Mme L et M. I résident à Boulogne-Billancourt et justifient d'un intérêt suffisant pour intervenir à l'appui des requérants.
4. En second lieu, la société publique locale Val-de-Seine Aménagement est chargée de réaliser les opérations d'aménagement de la zone d'aménagement concerté (ZAC) Seguin Rives de Seine sur le territoire de Boulogne-Billancourt. La délibération attaquée modifie les règles d'urbanisme applicables dans cette zone dans une proportion conférant à cette société un intérêt suffisant pour intervenir en défense.
Sur la légalité externe :
En ce qui concerne le rapport de présentation :
5. Aux termes de l'article R. 123-2 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le rapport de présentation : / () / 3° Explique les choix retenus pour établir () les orientations d'aménagement et de programmation ; il expose les motifs de la délimitation des zones, des règles et des orientations d'aménagement et de programmation mentionnées au 1 de l'article L. 123-1-4, des règles qui y sont applicables, notamment au regard des objectifs et orientations du projet d'aménagement et de développement durables. () ; / 4° Evalue les incidences des orientations du plan sur l'environnement et expose la manière dont le plan prend en compte le souci de sa préservation et de sa mise en valeur () ".
6. En premier lieu, le rapport de présentation relève que l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n°3 dédiée à l'île Seguin vise à " favoriser le renouvellement et/ou le développement de secteurs stratégiques tels que la ZAC Seguin Rives de Seine ", à " mener à bien le projet de reconversion de l'île Seguin " et à " poursuivre l'aménagement de la ZAC Seguin Rives de Seine par la valorisation des berges ", conformément aux points 1.1.1 " Améliorer l'accessibilité et la visibilité du pôle économique boulonnais ", 3.1.1 " Ancrer Boulogne-Billancourt au cœur de la vallée de la culture " et 3.1.2 " Tourner les secteurs de projets vers la Seine " du projet d'aménagement et de développement durables.
7. Si les requérants font valoir que la densification urbaine de l'île prévue par l'OAP n°3 n'est pas justifiée au regard de l'orientation du projet d'aménagement et de développement durables visant à maintenir un équilibre entre les zones urbaines et naturelles, cet équilibre doit être apprécié, selon les termes mêmes de cette orientation, à l'échelle du territoire communal et, sur ce point, le rapport de présentation comporte des données chiffrées permettant de vérifier le respect, par le plan local d'urbanisme révisé, de l'objectif d'une variation inférieure à 1% du rapport entre la surface des zones urbaines et celle des zones naturelles.
8. En deuxième lieu, le rapport de présentation justifie la création d'une zone UCc dédiée à l'île Seguin, en se référant aux spécificités de cette partie du territoire communal liées à son insularité et à la nécessité d'une mise en œuvre cohérente et intégrée des objectifs d'aménagement et de développement économique de l'île, tendant à créer " un programme mixte, alliant développement économique et dimension culturelle ", " une composition urbaine mettant en valeur la singularité de l'île en lien avec le paysage du fleuve et ses coteaux " et " la mise en œuvre d'une île à dominante piétonne par l'encadrement strict de la circulation et du stationnement des véhicules motorisés et le développement des mobilités douces et des transports en commun ".
9. Il est vrai, comme le font valoir les requérants, que le rapport de présentation ne précise pas que la nouvelle zone UCc remplace deux zones naturelles existantes " NDb " et " NDd ", ainsi qu'une zone urbaine " UCf " qui avait été créée par une délibération du 10 décembre 2015 mettant en compatibilité le plan local d'urbanisme avec le projet d'aménagement de la pointe amont de l'île et qui avait elle-même fusionné des zones UCc, NDb et NDd dans cette partie de l'île. Toutefois, le rapport de présentation comporte en annexe l'évaluation environnementale réalisée à l'occasion de cette mise en compatibilité, qui explicite les choix ayant présidé à la création de cette zone UCf et qui annonce la suppression des zones NDb et NDd dans le reste de l'île au profit d'un zonage unique.
10. En troisième lieu, le rapport de présentation analyse les incidences du plan révisé sur les zones naturelles communales et relève à ce titre que l'OAP n°3 prévoit, en zone UCc, la création d'espaces verts et, en particulier, d'un jardin de 15 000 m² dans la partie centrale de l'île Seguin, dans le respect de l'objectif d'une variation inférieure à 1% du rapport entre la surface des zones urbaines et celle des zones naturelles.
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation doit être écarté.
En ce qui concerne la note explicative de synthèse :
12. D'une part, aux termes de l'article L 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () ".
13. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat.
14. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
15. D'autre part, aux termes de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction applicable au litige : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. / Pour l'application des dispositions des articles () L. 2121-12 (), ces établissements sont soumis aux règles applicables aux communes de 3 500 habitants et plus s'ils comprennent au moins une commune de 3 500 habitants et plus () ". Aux termes de l'article L. 5219-2 du même code : " Dans le périmètre de la métropole du Grand Paris, sont créés, au 1er janvier 2016, des établissements publics de coopération intercommunale dénommés " établissements publics territoriaux ". Sous réserve du présent chapitre, ces établissements publics sont soumis aux dispositions applicables aux syndicats de communes () ".
16. En l'espèce, il n'est pas sérieusement contesté que la note explicative de synthèse produite à l'instance était jointe à la convocation adressée le 13 décembre 2018 aux membres du conseil de l'établissement. Cette note rappelle les étapes de la procédure de révision, énonce les objectifs poursuivis par le nouveau plan local d'urbanisme, indique les modifications qui ont été apportées à l'issue de l'enquête publique pour tirer les conséquences des avis des personnes publiques associées et des observations du public, précise les réserves et recommandations du commissaire enquêteur ainsi que les suites qui y ont été données, relève enfin qu'une procédure de médiation ayant abouti à la signature d'un protocole transactionnel a été conduite avec plusieurs associations locales de décembre 2017 à novembre 2018.
17. Alors que la convocation à la séance du 19 décembre 2018 comportait en annexe, outre cette note explicative de synthèse, le projet définitif de révision du plan local d'urbanisme, le compte rendu de l'avis émis le 11 décembre 2018 par la commission " aménagement de l'espace, équilibre social de l'habitat et urbanisme ", ainsi que le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les membres du conseil territorial n'auraient pas été régulièrement informés avant cette séance. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
En ce qui concerne l'absence d'évaluation environnementale :
18. D'une part, en vertu du premier paragraphe de l'annexe II de la directive 2001/42/CE visée ci-dessus, figurent, parmi les " critères permettant de déterminer l'ampleur probable des incidences mentionnées au paragraphe 5 de l'article 3 ", " l'adéquation entre le plan ou le programme et l'intégration des considérations environnementales " et " les problèmes environnementaux liés au plan ou au programme ". En vertu du second paragraphe de la même annexe, figurent également parmi ces critères " la probabilité, la durée, la fréquence et le caractère réversible des incidences ", " le caractère cumulatif des incidences ", " les risques pour () l'environnement ", " () l'étendue spatiale géographique des incidences () ", " la valeur et la vulnérabilité de la zone susceptible d'être touchée, en raison : / - des caractéristiques naturelles ou d'un patrimoine culturel particuliers () ", " les incidences pour des zones ou des paysages jouissant d'un statut de protection au niveau national () ".
19. D'autre part, aux termes de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration ".
20. Aux termes de l'article R. 104-8 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " Les plans locaux d'urbanisme font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : / 1° De leur élaboration, de leur révision ou de leur mise en compatibilité dans le cadre d'une déclaration d'utilité publique ou d'une déclaration de projet, s'il est établi, après un examen au cas par cas, que ces procédures sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement au sens de l'annexe II de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement () ".
21. Par une décision n°400420 du 19 juillet 2017, le Conseil d'État statuant au contentieux n'a annulé ces dispositions de l'article R. 104-8 du code de l'urbanisme qu'en tant qu'elles n'imposaient pas la réalisation d'une évaluation environnementale dans tous les cas où, d'une part, les évolutions apportées au plan local d'urbanisme par la procédure de la modification et, d'autre part, la mise en compatibilité d'un document local d'urbanisme avec un document d'urbanisme supérieur, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement au sens de l'annexe II de la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001. Ces dispositions demeuraient ainsi applicables à la date de la délibération attaquée au projet de révision du plan local d'urbanisme de Boulogne-Billancourt.
22. Aux termes de l'article R. 104-28 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " L'autorité environnementale mentionnée à l'article R. 104-21 décide de soumettre ou non à une évaluation environnementale () la procédure d'évolution affectant un plan local d'urbanisme () relevant de la procédure d'examen au cas par cas, au regard : / 1° Des informations fournies par la personne publique responsable mentionnées à l'article R. 104-30 ; / 2° Des critères de l'annexe II de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement () ".
S'agissant des caractéristiques environnementales du site :
23. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'évaluation environnementale réalisée en 2015, dont les conclusions ne sont pas sur ce point sérieusement contestées, que " les coteaux de Sèvres et de Meudon sont pour la majorité des sites inscrits ou classés " et que l'île Seguin, alors même qu'elle ne comporte pas en son sein de site protégé, " est inscrite presque entièrement dans le périmètre de protection de 500 mètres se déployant autour de différents monuments historiques ". A cet égard, plusieurs sites inscrits sur la liste des monuments historiques, notamment l'ancienne cristallerie de Sèvres, le collège arménien, les terrasses et les glacières de l'ancien château de Bellevue, sont situés sur la rive gauche de la Seine et en face de l'île Seguin.
24. Compte tenu de la configuration des lieux et, en particulier, de l'altitude des coteaux dominant le méandre de la Seine où est implantée l'île Seguin, l'ampleur des incidences prévisibles du projet de plan devait être appréciée en tenant compte de la valeur et de la vulnérabilité du " patrimoine culturel " mentionné au point précédent, conformément aux dispositions précitées du paragraphe 2 de l'annexe II de la directive 2001/42/CE, alors même que cette île n'abrite pas en son sein d'espèce protégée de la faune ou de la flore.
S'agissant des incidences prévisibles du plan local d'urbanisme révisé :
25. Par une décision du 5 mai 2017, la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) d'Ile-de-France a estimé que le projet de révision du plan local d'urbanisme n'était pas susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement et l'a dispensé d'une évaluation environnementale. Il ressort des termes mêmes de cette décision que, pour analyser les incidences paysagères de ce projet, la MRAe s'est appuyée, d'une part, sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables visant à protéger le " patrimoine architectural, urbain et paysager " et les dispositions du règlement prévoyant de " favoriser les percées visuelles sur la Seine et d'assurer l'insertion architecturale et paysagère des nouvelles constructions " et, d'autre part, sur les conclusions de l'évaluation environnementale réalisée en 2015 à l'occasion de la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de Boulogne-Billancourt avec le projet d'aménagement de la pointe amont de l'île Seguin.
26. S'il est vrai que le plan local d'urbanisme révisé comporte plusieurs éléments favorisant son insertion paysagère, en particulier la modulation de la hauteur du front urbain, la végétalisation des berges et d'au moins 50% de la superficie des toitures terrasses, la création d'esplanades arborées et d'un parc d'une superficie de 15 000 m² dans l'île Seguin, il n'en demeure pas moins que l'article UCc 10 du règlement révisé fixe à 74 mètres NGF la hauteur maximale des constructions dans cette île, en précisant que, dans sa partie centrale, " le bâti pourra atteindre, en un point unique, la hauteur hors tout de 96 mètres NGF ". Or il ressort des pièces du dossier que des constructions d'une telle hauteur seront nettement visibles depuis les sites patrimoniaux mentionnés ci-dessus.
27. En outre, si l'OAP n°3 prévoit la création d'une surface maximale de plancher de 230 000 m² dans l'ensemble de l'île, il ressort des pièces du dossier que la surface maximale de plancher autorisée en 2015 dans la pointe amont ne s'élevait qu'à 60 000 m² et que l'établissement culturel édifié dans la pointe aval ne présente qu'une superficie de 34 500 m². Il s'ensuit que la partie centrale de l'île, même si elle accueillera un jardin d'une superficie de 15 000 m², concentrera plus de la moitié de la surface maximale de plancher prévue par l'OAP n°3 et que la révision litigieuse augmentera ainsi substantiellement la densité et le front urbains de l'île Seguin par rapport aux constructions édifiées ou programmées avant l'approbation de la délibération litigieuse.
28. Dans ces conditions, le projet de plan local d'urbanisme révisé était susceptible d'entraîner des incidences notables sur les sites mentionnés au point 24 et aurait ainsi dû faire l'objet d'une évaluation environnementale.
S'agissant des évaluations environnementales réalisées en 2015 et en cours de réalisation :
29. En premier lieu, il est vrai que l'évaluation environnementale réalisée en 2015 à l'occasion de la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de Boulogne-Billancourt avec le projet d'aménagement de la pointe amont de l'île Seguin a conclu à l'absence d'incidences notables sur le paysage. Cependant, ce projet ne portait que sur une partie réduite de l'île et fixait à seulement 55 mètres NGF la hauteur maximale de la " base bâtie " et à 92 mètres NGF la hauteur maximale des " objets complémentaires " devant s'implanter de manière ponctuelle et discontinue au-dessus de cette base. En outre, ainsi qu'il a été dit, ce projet limitait à 60 000 m² la surface maximale de plancher dans la pointe amont, en prévoyant une végétalisation de 65% de la superficie des toitures terrasses de la " base bâtie ". Il s'ensuit que, par ses caractéristiques propres, le projet déclaré en 2015, qui avait fait l'objet d'une évaluation environnementale, était susceptible d'entraîner des incidences moindres sur l'environnement que la révision litigieuse.
30. De plus, si l'évaluation environnementale réalisée en 2015 a traité des incidences prévisibles de la " phase 2 " concernant la partie centrale de l'île, les orientations d'aménagement de cette partie de l'île, notamment les règles de hauteur et d'emprise maximales, n'étaient pas précisément arrêtées à cette date. Sur ce point, l'évaluation environnementale réalisée en 2015 relève que les incidences de cette phase 2 " pourront s'avérer similaires à celles de la phase 1, en étant toutefois augmentées du fait de la surface plus importante de la zone NDd sur le reste de l'île ", en soulignant que cette phase entraînera " des effets de co-visibilité avec des constructions pouvant être visibles à des kilomètres, engendrant une incidence sur l'insertion paysagère de l'île Seguin ", une " augmentation du trafic et une incidence sur la qualité de l'air " et " une incidence sur les transports pouvant en effet générer un potentiel besoin de déplacements et en stationnement ".
31. Enfin, les éléments fournis par la commune de Boulogne-Billancourt, en réponse à l'avis du 20 août 2015 par lequel l'autorité environnementale avait regretté l'absence d'" une projection de l'insertion future de l'île, illustrée et analysée du point de vue du paysage existant, tant depuis la rive droite que depuis les coteaux ", contenaient certes des vues prises depuis l'intérieur de l'île et des représentations graphiques du " paysage stratifié ", mais n'ont pas permis d'évaluer les incidences des aménagements prévus dans la partie centrale de l'île, ni les effets cumulés de ces aménagements avec ceux prévus dans les pointes aval et amont.
32. Il s'ensuit que l'évaluation environnementale réalisée en 2015 ne saurait pallier l'absence d'évaluation des incidences environnementales du projet de révision du plan local d'urbanisme.
33. En second lieu, si le commissaire enquêteur a relevé que l'étude d'impact de la ZAC Seguin Rives de Seine était en cours d'actualisation et que les projets de construction dans la partie centrale de l'île Seguin feront en outre l'objet d'une étude d'impact, ces études actualisées ou à venir, qui portent sur des projets de nature et de portée différentes de celles du projet litigieux et qui n'ont en tout état de cause pas été mises à la disposition du public lors de la procédure de révision du plan local d'urbanisme, ne sauraient dispenser d'une évaluation environnementale cette révision qui est susceptible, par l'effet de ses propres prescriptions, d'entraîner des incidences notables sur l'environnement.
34. Il résulte de ce qui précède que l'absence d'évaluation environnementale a été susceptible, en l'espèce, de nuire à la complète information de la population et d'avoir exercé une influence sur le sens de la révision approuvée. Par suite, cette lacune entache d'illégalité la délibération attaquée.
En ce qui concerne l'absence d'étude de sécurité publique :
35. Aux termes de l'article L. 114-1 du code de l'urbanisme : " Les projets d'aménagement et la réalisation des équipements collectifs et des programmes de construction qui, par leur importance, leur localisation ou leurs caractéristiques propres peuvent avoir des incidences sur la protection des personnes et des biens contre les menaces et les agressions, font l'objet d'une étude préalable de sécurité publique permettant d'en apprécier les conséquences ". Aux termes de l'article R. 114-1 du même code : " Sont soumis à l'étude de sécurité publique prévue à l'article L. 114-1 : / 1° Lorsqu'elle est située dans une agglomération de plus de 100 000 habitants au sens du recensement général de la population : / a) L'opération d'aménagement qui, en une ou plusieurs phases, a pour effet de créer une surface de plancher supérieure à 70 000 mètres carrés ; () ".
36. En l'espèce, si le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération attaquée comporte une OAP n°3 couvrant l'intégralité de l'île Seguin et fixant des orientations relatives à l'accessibilité de l'île, aux équipements et espaces verts ainsi qu'à l'insertion paysagère du bâti, de telles orientations, qui ne portent pas sur un projet déterminé de construction et ne créent pas de surface de plancher mais se bornent à fixer un plafond en la matière pour la réalisation de la ZAC Seguin Rives de Seine et des autorisations d'urbanisme qui seront le cas échéant délivrées, ne constituent pas une opération d'aménagement au sens des dispositions précitées de l'article R. 114-1 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'étude de sécurité publique doit être écarté comme inopérant.
Sur la légalité interne :
En ce qui concerne la compatibilité avec le schéma de cohérence territoriale :
37. Aux termes de l'article L. 143-16 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le schéma de cohérence territoriale est élaboré par : / 1° Un établissement public de coopération intercommunale ; / 2° Un syndicat mixte () constitué exclusivement des communes et établissements publics de coopération intercommunale compétents compris dans le périmètre du schéma ; / 3° Un syndicat mixte si les communes et les établissements publics de coopération intercommunale compétents compris dans le périmètre du schéma de cohérence territoriale ont tous adhéré à ce syndicat mixte et lui ont transféré la compétence en matière de schéma de cohérence territoriale. (). / L'établissement public mentionné aux 1°, 2° et 3° est également chargé de l'approbation, du suivi et de l'évolution du schéma ou des schémas de cohérence territoriale. / La dissolution de l'établissement public, le retrait ou le transfert de sa compétence emportent l'abrogation du ou des schémas, sauf si un autre établissement public en assure le suivi () ".
38. Il ressort des pièces du dossier que le schéma de cohérence territoriale des coteaux et du Val-de-Seine, qui couvrait le territoire de Boulogne-Billancourt, a été approuvé par une délibération du 26 novembre 2009 du syndicat mixte des coteaux et du Val-de-Seine. Ce syndicat a cependant été dissous à compter du 31 décembre 2016 par un arrêté du 20 décembre 2016 du préfet des Hauts-de-Seine.
39. Si la métropole du Grand Paris est devenue compétente à compter du 1er janvier 2017 pour élaborer un nouveau schéma de cohérence territoriale à l'échelle métropolitaine, aucune disposition législative, y compris celles de la loi n°2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, ou règlementaire, y compris celles de l'arrêté préfectoral du 20 décembre 2016 mentionné ci-dessus, ni aucune stipulation de la convention qui assortissait cet arrêté, ne prévoyait que la métropole du Grand Paris serait chargée d'assurer le suivi de la mise en œuvre du schéma de cohérence territoriale des coteaux et du Val-de-Seine dans l'attente de l'entrée en vigueur du schéma de cohérence territoriale métropolitain.
40. Dans ces conditions, dès lors que la dissolution du syndicat mixte des coteaux et du Val-de-Seine avait emporté, avant la date de la délibération litigieuse, l'abrogation du schéma de cohérence territoriale éponyme en application des dispositions précitées de l'article L. 143-16 du code de l'urbanisme, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir en l'espèce des dispositions de ce schéma. Le moyen doit ainsi être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables :
41. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
42. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
43. En l'espèce, le projet d'aménagement et de développement durables vise, ainsi qu'il a été dit, à " favoriser le renouvellement et/ou le développement de secteurs stratégiques tels que la ZAC Seguin Rives de Seine " en son point 1.1.1 " Améliorer l'accessibilité et la visibilité du pôle économique boulonnais ", à " mener à bien le projet de reconversion de l'île Seguin " en son point 3.1.1 " Ancrer Boulogne-Billancourt au cœur de la vallée de la culture " et à " poursuivre l'aménagement de la ZAC Seguin Rives de Seine par la valorisation des berges " en son point 3.1.2 " Tourner les secteurs de projets vers la Seine ".
44. Il vise en outre à " valoriser les berges de Seine comme un espace propice aux mobilités de loisirs " en son point 2.4.2 " Compléter le maillage de cheminements doux et développer l'usage des modes actifs ", à " mettre en valeur les espaces végétalisés () sur l'ensemble du linéaire des berges de Seine " en son point 2.3.1 " Protéger et valoriser le patrimoine architectural, urbain et paysager ", à " permettre la réappropriation des berges et des quais par le public " en son point 3.3.1 " Penser la réappropriation et l'aménagement des bords de Seine de façon cohérente et durable " et à " soutenir les dynamiques de réhabilitation écologique et de confortement des berges de Seine " en son point 3.3.2 " Veiller à la protection des espaces naturels clés de la trame verte et bleue en bord de Seine ".
45. Si le projet d'aménagement et de développement durables comporte un objectif 2.1 visant à " stabiliser la population existante en assurant un développement urbain maîtrisé ", il ressort des termes mêmes de cet objectif qu'il doit être apprécié à l'échelle de l'ensemble du territoire communal, et non à celle réduite de l'île Seguin, et qu'il n'exclut pas de " mobiliser le foncier disponible et mettre en oeuvre des opérations dans des secteurs ciblés nécessitant un renouvellement urbain, en s'attachant à l'insertion architecturale et paysagère des nouvelles constructions ". Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent les requérants, cet objectif, combiné à ceux mentionnés ci-dessus, ne saurait être interprété comme visant à interdire ou à limiter fortement l'urbanisation de l'île Seguin.
46. Enfin, si les requérants soutiennent que le projet méconnaît l'objectif d'un " développement urbain maîtrisé " en ce qu'il prévoit dans l'île Seguin la suppression de neuf hectares de jardin, il ressort des pièces du dossier que le jardin temporaire de la partie centrale de l'île ne présentait à la date de la délibération attaquée qu'une superficie d'environ deux hectares et que les autres parties de l'île étaient à cette date déjà urbanisées ou destinées à l'être. En outre, si le projet autorise une surface maximale de plancher de 230 000 m², il prévoit également, en cohérence avec les objectifs mentionnés au point 44, la création de différents espaces verts, notamment d'un parc public d'une superficie d'au moins 15 000 m², ainsi que de berges, d'esplanades et de toitures végétalisées, en précisant que, dans la partie centrale, au moins 50% des toitures terrasses d'une superficie supérieure à 100 m² devra être végétalisé avec une épaisseur de terre d'au moins 30 centimètres.
47. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne serait pas cohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. Ce moyen doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne l'OAP n°3 :
48. Aux termes de l'article L. 123-1-4 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation comprennent des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports et les déplacements. / 1. En ce qui concerne l'aménagement, les orientations peuvent définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain et assurer le développement de la commune. () / Elles peuvent porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ".
49. En l'espèce, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les auteurs du plan local d'urbanisme révisé ont pu définir à bon droit, dans l'OAP n°3, des orientations relatives à l'accessibilité de l'île, aux équipements et espaces verts ainsi qu'à l'insertion paysagère du bâti et à la mise en valeur de l'environnement. A ce dernier titre, l'OAP n°3 rappelle et précise les dispositions du règlement relatives à la hauteur maximale des constructions et arrête des orientations concernant leur surface de plancher, leur aspect extérieur et leur qualité environnementale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-1-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne le classement de l'île Seguin en zone UCc :
50. Aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ".
51. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet entraînerait la suppression d'un jardin existant de neuf hectares et que les berges seront urbanisées sans végétalisation. S'ils soutiennent en outre que le projet portera atteinte à la biodiversité de l'île et que les évaluations environnementales antérieurement réalisées n'ont pas été actualisées, ils ne font état d'aucune espèce protégée de la faune ou de la flore qui serait atteinte par le projet, alors qu'il ressort des pièces du dossier que la frayère et l'herbier qui ont été répertoriés sur le site feront l'objet de mesure de protection et que le projet permettra de rétablir des continuités écologiques grâce à la végétalisation des berges, des esplanades et des toitures terrasses ainsi que la création d'un parc d'une superficie de 15 000 m² dans la partie centrale de l'île.
52. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que le projet ne comportera pas de voies d'accès suffisantes à l'île, ils ne produisent pas d'élément précis et étayé à l'appui de leurs allégations, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'île sera rendue accessible par trois ponts et deux passerelles piétonnes, que sa pointe amont sera desservie par une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS), qu'une gare de la ligne 15 du réseau du Grand Paris express sera créée à proximité de sa pointe aval, en complément des réseaux existants de bus, tramway et de métro, et que deux parcs de stationnement d'une capacité de 600 places chacun seront implantés sur la rive droite à proximité des ponts Renault et Daydé, en complément du parc existant d'une capacité de 700 places situé à proximité du pont de Sèvres.
53. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que le projet portera une atteinte excessive au paysage environnant et, spécialement, aux sites protégés situés sur les coteaux de Meudon, ils ne produisent pas d'éléments suffisamment précis et documentés pour établir une telle atteinte, alors que l'article UCc 11 du règlement rappelle que les futures constructions ne pourront, par " leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiment ", porter atteinte " au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains " et que son article UCc 13.2.1 souligne que " les espaces libres doivent être aménagés selon une composition paysagère soignée, adaptée à l'échelle du terrain et des lieux environnants ".
54. Il suit de là qu'en l'état du dossier et sans préjudice des éléments qui seraient révélés par une évaluation environnementale, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur les conséquences du vice entachant la délibération attaquée :
55. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre () un plan local d'urbanisme (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant () la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : / () / 2° En cas d'illégalité pour vice () de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour () les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. / Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce ".
56. En l'espèce, dès lors que la décision du 5 mai 2017 dispensant le projet de plan d'une évaluation environnementale a été prise après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables, qui a eu lieu les 22 et 28 septembre 2016, le vice de procédure relevé au point 34 est susceptible d'être régularisé en application des dispositions précitées de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
57. Pour régulariser ce vice, il incombe à l'établissement public territorial de réaliser, dans les conditions prévues par les codes de l'urbanisme et de l'environnement, une évaluation environnementale, dont le contenu devra être proportionné à l'importance du plan, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone concernée. A ce titre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une autre zone du territoire communal que l'île Seguin présenterait un enjeu environnemental particulier. Par ailleurs, les résultats de l'évaluation environnementale devront faire l'objet d'une nouvelle consultation des personnes publiques associées et d'une enquête publique complémentaire, avant de soumettre le projet de plan, le cas échéant modifié pour tenir compte des résultats procédant de l'enquête publique dans les conditions prévues par les articles L. 153-21 et L.153-23 du code de l'urbanisme, à une nouvelle délibération de l'autorité compétente.
58. Dans ces conditions, il y a lieu, pour l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer pendant un délai de quinze mois à compter de la notification du présent jugement, au cours duquel une délibération de régularisation devra être adressée au tribunal.
DÉCIDE :
Article 1er : Les interventions de Mme M, Mme L, M. I et de la société Val-de-Seine Aménagement sont admises.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête de M. F T et autres jusqu'à l'expiration du délai de quinze mois prévu au point 58 du présent jugement.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme N F T, M. U, M. J B, M. et Mme D R, Mme K E, Mme et M. P, Mme H G, Mme O G, M. N A, la société Les érables, à l'établissement public territoriale Grand Paris Seine Ouest, Mme C M, Mme V L, M. S I et la société Val-de-Seine Aménagement.
Copie en sera transmise pour information au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience publique du 14 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Rodolphe Féral, président de chambre,
- MM. Stéphane Eustache et Jean-Baptiste Weiswald, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Eustache
Le président de la 8ème chambre,
signé
R. Féral
La greffière,
signé
M. Q
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026