lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1903282 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | JANURA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2019, Mme A B, représentée par Me Janura, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a refusé de faire droit à sa demande du 13 novembre 2018 tendant à l'aménagement de son poste de travail, conformément aux prescriptions du médecin de prévention ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de faire procéder à l'aménagement de son poste de travail, conformément aux prescriptions du médecin de prévention ;
3°) de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la rectrice de l'académie de Versailles a méconnu les articles 6 sexies de la loi du 13 juillet 1983, R. 911-12 et R. 911-15 du code de l'éducation et commis une erreur d'appréciation en refusant d'adapter son poste de travail conformément aux prescriptions du médecin de prévention.
La requête a été communiquée à la rectrice de l'académie de Versailles, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Le 7 avril 2022, la rectrice de l'académie de Versailles a été mise en demeure de produire des observations en défense dans un délai de quinze jours, sur le fondement de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 7 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est professeure certifiée de sciences économiques et sociales dans un lycée. La reconnaissance de sa qualité de travailleuse handicapée a été renouvelée pour une durée de cinq ans le 1er mai 2018. Le 10 avril 2018, le médecin de prévention de la direction académique du Val-d'Oise, au vu notamment de la nécessité pour elle de se déplacer en fauteuil roulant, a préconisé l'adaptation matérielle de son poste de travail en l'affectant dans une salle de cours située au rez-de-chaussée et permettant l'accès au parking en fauteuil roulant d'une part, et en mettant à sa disposition du matériel, notamment numérique, d'autre part. Par un courrier reçu le 19 novembre 2018 et resté sans réponse, Mme B a demandé à la rectrice de l'académie de Versailles de mettre en œuvre les préconisations relatives à la mise à disposition de matériel numérique, restées sans suite malgré plusieurs échanges de courriers électroniques. Par la présente requête, Mme B conclut à l'annulation de la décision implicite de refus opposée à cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du I de l'article 6 sexies de la loi du 13 juillet 1983, désormais codifié à l'article L. 131-8 du code général de la fonction publique : " Afin de garantir le respect du principe d'égalité de traitement à l'égard des travailleurs handicapés, les employeurs visés à l'article 2 prennent, en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail d'accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de développer un parcours professionnel et d'accéder à des fonctions de niveau supérieur ainsi que de bénéficier d'une formation adaptée à leurs besoins tout au long de leur vie professionnelle, sous réserve que les charges consécutives à la mise en œuvre de ces mesures ne soient pas disproportionnées, notamment compte tenu des aides qui peuvent compenser en tout ou partie les dépenses supportées à ce titre par l'employeur. / Ces mesures incluent notamment l'aménagement de tous les outils numériques concourant à l'accomplissement de la mission des agents, notamment les logiciels métiers et de bureautique ainsi que les appareils mobiles. ". L'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique, dans sa rédaction issue du décret du 28 juin 2011, dispose que : " " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. " " et son article 26 prévoit que : " Le médecin de prévention est habilité à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents. () Lorsque ces propositions ne sont pas agréées par l'administration, celle-ci doit motiver son refus et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail doit en être tenu informé. ". Enfin, l'article R. 911-13 du code de l'éducation dispose que : " Un fonctionnaire peut, sur sa demande, bénéficier de l'aménagement du poste adapté auquel il est affecté. ".
3. Pour l'application de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives, qui ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents, d'assurer la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet. A ce titre, il leur incombe notamment de prendre en compte les propositions d'aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents, que les médecins du service de médecine préventive sont seuls habilités à émettre.
4. Il ressort des pièces du dossier que le médecin de prévention de la direction académique du Val-d'Oise a préconisé que, au regard de son état de handicap qui résulte de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, mentionnée au 1° de l'article L. 5212-13 du code du travail, Mme B puisse bénéficier d'adaptation de son poste de travail. Celle-ci consiste en une salle permettant un accès au parking en fauteuil roulant et équipée d'un tableau numérique interactif avec une tablette graphique connectée, de divers matériels informatiques et d'un fauteuil ergonomique permettant à l'intéressée de rester assise durant les cours. Si le fauteuil ergonomique a été remplacé en octobre 2018, il n'a pas été donné de suite aux autres préconisations et aucune autre mesure d'adaptation du poste de travail n'a été mise en œuvre, malgré la demande reçue par la rectrice de l'académie de Versailles le 19 novembre 2018. Il ressort par ailleurs des allégations de Mme B, corroborées par des attestations de ses collègues et non contestées par la rectrice, qui n'a pas produit d'observations en défense malgré la mise en demeure qui lui a été adressée et la clôture de l'instruction, qu'au sein de l'établissement les quelques salles équipées de tableaux numériques interactifs ne sont pas accessibles en fauteuil roulant. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mesures préconisées seraient disproportionnées, au regard de l'état de santé de Mme B, de l'équipement ou de la topographie de l'établissement, ou de leur coût compte tenu des aides disponibles. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la rectrice a commis une erreur d'appréciation en rejetant sa demande d'adaptation de son poste de travail par la mise en œuvre des préconisations du médecin de prévention. Il y a lieu, pour ce motif, d'annuler la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Les motifs du présent jugement impliquent qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles d'adapter les conditions de travail de Mme B en tenant compte des préconisations du médecin de prévention, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision implicite de rejet de la demande de Mme B tendant à la mise en œuvre des préconisations du médecin de prévention en vue d'adapter son poste de travail à son état de santé est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles d'adapter les conditions de travail de Mme B en tenant compte des préconisations du médecin de prévention, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et sauf changement dans les circonstances de fait ou de droit.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie pour information en sera adressée à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme C et M. D, premiers conseillers,
assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
G. DLa présidente,
signé
C. Van MuylderLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026