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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1903460

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1903460

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1903460
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantARVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. F une requête et un mémoire, enregistrés sous le n°1903460 les 18 mars 2019 et 17 mai 2021, Mme A B, représentée F Me Arvis, demande au Tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 19 novembre 2018, 15 janvier 2019 et 17 janvier 2019 F lesquelles le centre hospitalier de Gonesse a refusé la prise en charge au titre de la maladie professionnelle de l'arrêt de travail prescrit à compter du 20 septembre 2018 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Gonesse de prendre en charge cet arrêt de travail au titre de la maladie professionnelle dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elles n'ont pas été précédées de la consultation de la commission de réforme ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation ;

- elles sont entachées d'une incompétence négative.

F un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2021, le centre hospitalier de Gonesse conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés F la requérante ne sont pas fondés.

II. F une requête et un mémoire, enregistrés sous le n°1915973, les 20 décembre 2019 et 10 mars 2020, Mme B, représentée F Me Arvis, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner le centre hospitalier de Gonesse à lui verser, à titre de provision, la somme de 24 197, 32 euros ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa pathologie ayant été reconnue imputable au service à compter du 28 février 2015 F une décision du 2 juillet 2019, elle aurait dû être rémunérée à plein traitement et obtenir le remboursement de ses frais médicaux, ce qui constitue une obligation non-sérieusement contestable ;

- pour la période du 28 février 2015 au 20 septembre 2018, elle a droit au versement de son plein traitement ;

- elle a engagé des frais médicaux à hauteur de 5 000 euros.

F un mémoire en défense enregistré le 28 février 2020, le centre hospitalier de Gonesse conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune décision de l'administration n'est intervenue à la date d'enregistrement de la requête, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- le montant sollicité correspond à l'intégralité de la somme et non à une provision ;

- les moyens soulevés F Mme B ne sont pas fondés.

III. F une requête enregistrée sous le n° 2111830 le 20 septembre 2021, Mme B, représentée F Me Arvis, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Gonesse à lui verser la somme de 24 197, 32 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable et la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier n'a pris aucune mesure d'exécution de sa décision du 2 juillet 2019 F laquelle il a reconnu l'imputabilité au service de sa pathologie à compter du 28 février 2015, lui ouvrant droit au versement de son plein traitement ainsi qu'au remboursement de ses frais médicaux ;

- elle a subi des préjudices financiers liés à son passage à demi-traitement et à l'absence de prise en charge de ses soins.

La requête a été communiquée au centre hospitalier de Gonesse qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- Le rapport de Mme Debourg, rapporteure ;

- Les conclusions de Mme Riedinger, rapporteure publique ;

- Et les observations de Me Arvis, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est aide-soignante exerçant au centre hospitalier de Gonesse. F une demande du 7 décembre 2015, elle a sollicité la reconnaissance en maladie professionnelle de la pathologie dont elle est atteinte. F une décision implicite en date du 7 février 2016, le centre hospitalier de Gonesse a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie. L'intéressée a été placée en congé de maladie puis en congé de longue maladie ordinaire. F un jugement n°1603308, rendu le 22 novembre 2018, ce tribunal a d'une part, relevé que l'intéressée était atteinte d'une poly-pathologie rhumatismale invalidante incluant notamment une épicondylite fissuraire du coude gauche, a annulé la décision 7 février 2016 et a enjoint au centre hospitalier de reconnaître le caractère professionnel de sa pathologie, et des arrêts et soins y afférents à compter du 28 février 2015. Le 20 septembre 2018, l'intéressée a de nouveau été placée en arrêt de travail et a sollicité la prise en charge de cet arrêt au titre de sa maladie professionnelle l'épicondylite gauche fissuraire et la tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule gauche dont elle est atteinte au titre d'une rechute de sa pathologie. F décision du 19 novembre 2018, le centre hospitalier a estimé que la pathologie dont elle est atteinte évoluait pour son propre compte sans lien avec son activité professionnelle et l'a placée en congé de maladie ordinaire. Puis F décision du 15 janvier 2019, Mme B était placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 21 décembre 2018. F décision du 17 janvier 2019, la directrice des ressources humaines du centre hospitalier a refusé la prise en charge au titre de la maladie professionnelle des soins et arrêts prescrits à compter du 20 septembre 2018. F la requête n°1903460, Mme B sollicite l'annulation de ces décisions. F la requête n°1915973, Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Gonesse à lui verser, à titre de provision la somme de 24 197, 32 euros. F la requête n°21111830, Mme B demande la condamnation du centre hospitalier à lui verser cette même somme en réparation des préjudices subis.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°1903460, 1915973 et 2111830 sont relatives aux mêmes faits et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer F un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n°1903460 :

3. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige, " le fonctionnaire en activité a droit () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission F le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42. Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés F la maladie ou l'accident. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée F la commission de réforme instituée F le régime des pensions des agents des collectivités locales. L'établissement ou la collectivité dont il relève est subrogé dans les droits éventuels du fonctionnaire victime d'un accident provoqué F un tiers jusqu'à concurrence du montant des charges qu'il a supportées ou supporte du fait de cet accident. L'établissement ou la collectivité est admis à poursuivre directement contre le responsable du dommage ou son assureur le remboursement des charges patronales afférentes aux rémunérations maintenues ou versées audit fonctionnaire pendant la période d'indisponibilité de celui-ci F dérogation aux dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 relative aux actions en réparation civile de l'Etat et de certaines autres personnes publiques ; 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an. Les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas du 2° du présent article sont applicables aux congés de longue maladie ; "

4. Il résulte des dispositions précitées qu'un accident survenu sur le lieu ou dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice F un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière les détachant du service, le caractère d'une maladie ou d'un accident imputable au service. Il en résulte F ailleurs que le droit, prévu F ces dispositions, de conserver l'intégralité du traitement est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement ou d'une telle maladie, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.

5. Il ressort des pièces du dossier que F un courrier du 2 juillet 2019, le centre hospitalier de Gonesse a indiqué à l'intéressée avoir reconnu le caractère professionnel de sa maladie à compter du 28 février 2015, et ce F une décision du 29 avril 2016. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de son arrêt de travail à compter du 20 septembre 2018, le centre hospitalier s'appuie sur le rapport d'expertise du Docteur D réalisé le 24 octobre 2018 qui indique que " cette demande de rechute ne nous paraît donc pas directement en rapport avec la maladie professionnelle du 28 février 2015. Elle s'inscrit dans un contexte plus général. La pathologie actuelle doit être prise en charge en maladie ordinaire ". Toutefois, il ressort des documents produits F Mme B que le Docteur E, rhumatologue, certifie F deux certificats rédigés les 28 janvier et 24 septembre 2019, suivre la requérante pour des douleurs des coudes et de l'épaule, en rapport avec sa maladie professionnelle. En outre, il ressort d'une expertise médicale réalisée le 6 décembre 2019 F le Docteur C diligentée à la demande du centre hospitalier que " l'examen clinique et l'imagerie vont en faveur et confirment la présence de la maladie. A la question si les arrêts et les soins depuis le 20 septembre 2018 sont en lien direct et certain avec la maladie professionnelle du 28 février 2015 la réponse est oui ". Enfin, il ressort de cette même expertise que des examens d'imagerie F résonance magnétique (IRM) réalisés en 2018 et 2019 confirment la présence d'une tendinopathie à l'épaule droite et d'une épicondylite au coude gauche. Dans ces conditions, Mme B établit que la tendinopathie à l'épaule droite et l'épicondylite au coude gauche dont elle est atteinte est en lien directe et certaine avec la maladie professionnelle déclarée le 28 février 2015. F conséquent, Mme B est fondée à soutenir que le centre hospitalier a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation en la plaçant en congé de maladie ordinaire, à demi-traitement et en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son arrêt maladie.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation des décisions en litige.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7. Eu égard au motif d'annulation ci-dessus retenu, le présent jugement implique que le centre hospitalier de Gonesse prenne une décision de reconnaissance d'imputabilité au titre de la maladie professionnelle de son arrêt de travail à compter du 20 septembre 2018. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui accorder un délai de deux mois pour s'y conformer.

Sur les conclusions indemnitaires de la requête n°2111830 :

8. Il résulte de ces dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 que le fonctionnaire en activité a droit à des congés de maladie à plein traitement, pendant une durée de trois mois, en cas de maladie dûment constatée le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Au-delà de cette période, il a droit à des congés de maladie à demi-traitement, pendant une durée de neuf mois, s'il lui est toujours impossible d'exercer ses fonctions. En cas de congé de longue maladie, ces durées sont portées, respectivement, à un an et trois ans. Toutefois, si la maladie est imputable au service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute et les préjudices

S'agissant du préjudice financier lié à la perte de traitement :

9. Il résulte de l'instruction que le centre hospitalier de Gonesse a reconnu le caractère professionnel de la maladie de Mme B au titre de la période du 28 février 2015 au 20 septembre 2018. Il n'est pas contesté, le centre hospitalier n'ayant pas défendu dans cette instance, qu'elle n'a perçu à plusieurs reprises au cours de cette période qu'un demi-traitement. F suite, alors que l'intéressée avait droit en application des dispositions précitées au maintien d'un plein traitement, le centre hospitalier de Gonesse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Au titre de son préjudice financier, Mme B demande la condamnation du centre hospitalier à lui verser la somme de 19 197, 32 euros correspondant au traitement dont elle a été privée sur cette période. Toutefois, le tribunal n'est pas à même, au regard des pièces versées au dossier, de déterminer les éléments permettant de calculer le montant de la somme due au titre de la perte de traitement de Mme B correspondant à la différence entre le plein traitement qu'elle aurait dû percevoir et ce qu'elle a effectivement perçu entre le 28 février 2015 et le 19 septembre 2018. Il y a lieu dès lors de renvoyer Mme B devant le centre hospitalier de Gonesse pour le calcul le montant de cette somme, dans la limite de la somme de de 24 197, 32 euros.

S'agissant du remboursement des frais médicaux :

10. Mme B fait valoir que pendant la période précitée, aucun de ses frais médicaux n'a été pris en charge au titre de la maladie professionnelle. Elle demande la condamnation du centre hospitalier à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ce chef de préjudice. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée justifie avoir exposé des frais de cette nature. A supposer même que le centre hospitalier aurait commis une telle faute, elle n'établit pas la réalité du préjudice ainsi évoqué. Il s'ensuit que les conclusions tendant à condamner le centre hospitalier de Gonesse à lui verser la somme de 5 000 euros ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

11. D'une part, il y a lieu d'assortir l'indemnité qui est due à Mme B F le présent jugement des intérêts légaux à compter du 18 mai 2021, date de réception de sa demande préalable F le centre hospitalier de Gonesse devant lequel l'intéressée est renvoyée pour liquidation.

12. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 20 septembre 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 18 mai 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur le référé-provision :

13. Dès lors que le présent jugement statue au fond sur les conclusions indemnitaires de Mme B, les conclusions à fins de condamnation présentées dans la requête en référé provision n° 1915973, au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés aux litiges :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement F le centre hospitalier de Gonesse et dirigées contre Mme B, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a en revanche lieu, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge du centre hospitalier de Gonesse le versement à Mme B de la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés F elle dans les instances susvisées et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n°1915973.

Article 2 : Les décisions du 19 novembre 2018, du 15 janvier 2019 et du 17 janvier 2019 sont annulées.

Article 3 : il est enjoint au centre hospitalier de Gonesse de prendre une décision de reconnaissance d'imputabilité au titre de la maladie professionnelle de l'arrêt de travail prescrit à Mme B à compter du 20 septembre 2018.

Article 4 : Mme B est renvoyée devant le centre hospitalier de Gonesse pour qu'il soit procédé à la liquidation de l'indemnité à laquelle elle a droit sur les bases et dans les limites précisées F le présent jugement. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 18 mai 2021. Les intérêts de cette somme échus à la date 18 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes 1903460 et 2111830 est rejeté.

Article 6 : Le centre hospitalier de Gonesse versera à Mme B la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Les conclusions présentées F le centre hospitalier de Gonesse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de Gonesse.

Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

Mme Colin, première conseillère ;

Mme Debourg, conseillère ;

assistées de Mme Pradel, greffière.

Rendu public F mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

La rapporteure,

signé

T. Debourg

La présidente,

signé

H. Le Griel

La greffière,

signé

E. Pradel

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°1903460, 1915973, 2111830

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