jeudi 30 juin 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1905905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2019, Mme B C, représentée par Me Lalanne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2019 par laquelle le maire de la commune de Nesles-la-Vallée s'est opposé à la déclaration préalable, enregistrée sous le n° 09544619E0001, qu'elle avait déposée le 18 janvier 2019 en vue de l'installation d'une clôture sur la parcelle située au Lieu-dit " les Boudettes ", cadastrée section AM n° 216, ensemble la décision par laquelle le maire de la commune a implicitement rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Nesles-la-Vallée, à titre principal, et pour le cas où le motif d'annulation de la décision en litige serait l'existence d'une décision implicite de non-opposition illégalement retirée, de lui délivrer le certificat attestant de la délivrance à son bénéfice d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans le même délai et sous la même astreinte ; à tout le moins, de réexaminer sa demande dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nesles-la-Vallée la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la décision attaquée, qui doit être regardée comme une décision de retrait d'une décision tacite de non-opposition née le 19 mars 2019, a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été invitée à présenter ses observations préalablement au retrait ;
- à titre subsidiaire, en se bornant à viser le code de l'urbanisme et le règlement national d'urbanisme sans citer expressément les dispositions sur lesquelles il a entendu fonder sa décision, le maire a insuffisamment motivé sa décision en droit ;
- le maire a commis une illégalité en ne respectant pas les délais d'instruction de sa demande ;
- le maire a entaché sa décision d'une erreur de droit en lui opposant un motif qui n'est pas au nombre de ceux énoncés par les articles L. 421-6 et L. 421-7 du code de l'urbanisme et qui est tiré de la méconnaissance par la commune de ses obligations ;
- le maire a entaché sa décision d'une erreur de droit en considérant que la demande d'autorisation était divisible et que la clôture d'une seule partie du terrain litigieux pouvait être autorisée.
La requête a été communiquée à la commune de Nesles-la-Vallée, qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance en date du 24 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juillet 2020 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lienard-Leandry, substituant Me Lalanne, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 janvier 2019, Mme C a déposé une déclaration préalable en vue de l'installation d'une clôture sur la parcelle sise Lieu-dit " les Boudettes " à Nesles-la-Vallée, cadastrée AM 216. Par un arrêté du 8 mars 2019, pris après consultation de l'architecte des Bâtiments de France, le maire de la commune de Nesles-la-Vallée s'est opposé à cette déclaration. Le recours gracieux formé le 27 mars 2019 par Mme C à l'encontre de cet arrêté a été implicitement rejeté par le maire de la commune de Nesles-la-Vallée. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 mars 2019 et la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'existence d'une décision tacite de non-opposition à déclaration préalable :
2. Aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables () ". Aux termes de l'article R. 423-24 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun prévu par l'article R. 423-23 est majoré d'un mois lorsque le projet est soumis, dans les conditions mentionnées au chapitre V, à un régime d'autorisation ou à des prescriptions prévus par d'autres législations ou réglementations que le code de l'urbanisme () ". Aux termes de l'article R. 425-1 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Aux termes de l'article R. 423-42 du même code : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; / b) Les motifs de la modification de délai () ". Il résulte également de l'article R. 423-19 du même code que le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. Enfin, aux termes du a) de l'article R. 424-1 du même code, dans sa version alors applicable : " À défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction () le silence gardé par l'autorité compétente vaut () décision de non-opposition à la déclaration préalable ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du récépissé de dépôt de déclaration préalable de travaux, que Mme C a déposé en mairie sa déclaration préalable pour la pose d'une clôture sur la parcelle cadastrée section AM n° 216 dont elle est propriétaire, le 18 janvier 2019. Ce récépissé indiquait que le délai d'instruction de son dossier était d'un mois, et qu'à défaut de réponse à cette échéance, elle bénéficierait d'une décision tacite de non-opposition. Par un courrier du 11 février 2019, la commune a informé Mme C de ce que le projet en cause était situé dans le périmètre de protection d'un monument historique et d'un site inscrit, et qu'une majoration d'un mois du délai d'instruction était nécessaire afin de demander l'accord de l'architecte des bâtiments de France. Il ressort également des pièces du dossier que le pli contenant l'arrêté litigieux n'a été présenté au domicile de Mme C que le 20 mars 2019, et distribué à cette dernière, le 22 mars 2019. Il s'ensuit que la commune n'a pas notifié sa décision datée du 8 mars 2019 dans le délai de deux mois suivant le dépôt du dossier complet de déclaration préalable par Mme C. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir qu'elle s'est, par suite, trouvée bénéficiaire d'une décision tacite de non-opposition aux travaux objets de la déclaration préalable dès le 18 mars 2019. L'arrêté contesté du 8 mars 2019 doit, dès lors, être regardé comme portant retrait de cette décision implicite de non-opposition.
En ce qui concerne la légalité de la décision contestée du 8 mars 2019 :
4. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative compétente, avant de prendre une décision individuelle entrant dans leur champ, de mettre à même la personne intéressée de présenter des observations.
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision de retrait contestée a été prise sans que le maire de la commune de Nesles-la-Vallée ait informé Mme C de son intention de retirer la décision tacite de non-opposition, décision créatrice de droits, dont elle était titulaire et sans que le maire ait mis l'intéressée en mesure de présenter des observations. Elle a ainsi été prise au terme d'une procédure irrégulière. Mme C, qui a ainsi été privée d'une garantie, est, par suite, fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2019 par lequel le maire de la commune de Nesles-la-Vallée a procédé au retrait de la décision tacite de non-opposition dont elle était titulaire depuis le 18 mars 2019 ainsi que de la décision rejetant son recours gracieux.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation de la décision contestée et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que des éléments de droit ou de fait nouveaux justifieraient que l'autorité administrative s'oppose aux travaux en litige, le présent jugement implique nécessairement que le maire de la commune de Nesles-la-Vallée délivre à Mme C le certificat prévu à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme attestant de la délivrance, à son bénéfice, de cette décision tacite de non-opposition. Il y a lieu, par suite, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de la commune de Nesles-la-Vallée de délivrer ce certificat, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Nesles-la-Vallée, une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E:
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Nesles-la-Vallée du 8 mars 2019 et la décision rejetant implicitement le recours gracieux formé par Mme C sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Nesles-la-Vallée de délivrer à Mme C un certificat attestant de l'obtention le 18 mars 2019 d'une décision tacite de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux déposée le 18 janvier 2019, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Nesles-la-Vallée versera une somme de 2 000 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Nesles-la-Vallée.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente ;
Mme Zaccaron Guérin, conseillère ;
M. Rossi, conseiller ;
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2022.
La rapporteure,
signé
C. Zaccaron Guérin
La présidente,
signé
V. PoupineauLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026