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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1910190

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1910190

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1910190
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantDESBRUERES-ABRASSART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires enregistrés les 9 août 2019, 27 mars 2020, 15 juillet 2020 et 31 août 2020, Mme A D et M. F D, représentés par Me Azoulay, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2019 par lequel le maire de la commune de Sannois a délivré M. E un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 33, rue des Lionnettes à Sannois ;

2°) de rejeter les demandes de dommages et intérêts présentées par M. E sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Sannois et de M. E la somme de 4 000 euros chacun, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de demande de permis de construire n'était pas complet ;

- l'arrêté méconnaît l'article R. 111-20-1 du code de la construction et de l'habitation ;

- il méconnaît les articles L. 442-1, R. 421-19 et R. 421-23 du code de l'urbanisme en l'absence d'autorisation de division parcellaire ;

- il méconnaît l'article UG 3-1 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 3-2 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 4 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 8-1 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 9-1 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois, dès lors que l'autorité administrative a tenu compte, pour apprécier le respect des règles d'emprise au sol, de la division parcellaire qui a fait l'objet d'un arrêté de non-opposition le 12 juin 2018 par la suite annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise dont le jugement n° 1811592 du 9 juin 2020 a été confirmé par la cour administrative d'appel de Versailles, par un arrêt n° 20VE01747 du 23 mai 2022 ;

- il méconnaît l'article UG 11 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 12 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois ;

- il méconnaît l'article UG 13 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois.

Par deux mémoires, enregistrés les 17 octobre 2019 et le 24 août 2020, M. C E, représenté par Me Abrassart, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au sursis à statuer en attente d'une décision de la cour administrative de Versailles concernant l'arrêté de division du 12 juin 2018 et, à défaut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- ils ne démontrent pas avoir notifié leur recours en application de l'article R 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens qu'ils soulèvent ne sont pas fondés.

Par un mémoire distinct enregistré le 9 décembre 2019, M. E, représenté par Me Abrassart, demande à ce que M. et Mme D soient condamnés solidairement à lui verser, au titre de dommages et intérêts sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, une somme de 1 017,69 euros par mois à compter de la date d'introduction de la requête, somme à parfaire à la date du jugement, et une somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral qu'il estime avoir subi.

Il soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- leur recours est abusif ;

- il n'a pas pu débuter les travaux autorisés par le permis de construire contesté et a dès lors subi un préjudice résultat de ce retard ;

- il a subi un préjudice financier puisqu'il a contracté deux prêts pour la réalisation de ces travaux et ne peut percevoir le loyer de la location de la maison d'habitation qu'il envisageait de construire ;

- il a subi un préjudice moral.

Par deux mémoires, enregistrés les 28 janvier 2020 et 27 mai 2020, la commune de Sannois, représentée par Me Ghaye, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- les moyens qu'ils soulèvent ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2023 à 8h.

Par un courrier en date du 8 mars 2023, la commune de Sannois a été invitée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire l'arrêté n° 2018-29 du 17 avril 2018 du maire de la commune de Sannois portant délégation de fonctions aux adjoints et conseillers municipaux.

En réponse, la commune de Sannois a notamment transmis le 9 mars 2023 l'arrêté demandé ; le mémoire et l'ensemble des pièces ont été communiqués.

Par un courrier en date du 3 avril 2023, la commune de Sannois et M. E ont été invités, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 111-20-1 du code de la construction et de l'habitation en vigueur à la date de la demande.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des moyens nouveaux fondés sur la méconnaissance des articles UG 8-1 et UG 9-1 du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois, compte tenu de la cristallisation des moyens intervenue en application du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;

- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;

- et les observations de Me Hauville, avocat de la commune de Sannois.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 juin 2018, le maire de Sannois ne s'est pas opposé à la déclaration préalable portant division parcellaire d'un terrain situé au 33 ter, rue des Lionnettes, à Sannois, en trois lots dont un à bâtir déposée pour le compte de M. E. Cet arrêté a été annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise dont le jugement n° 1811592 du 9 juin 2020 a été confirmé par la cour administrative d'appel de Versailles, par un arrêt n° 20VE01747 du 23 mai 2022. Par un arrêté du 11 juin 2019, le maire de la commune de Sannois a accordé à M. E un permis de construire une maison individuelle sur le lot à bâtir issu de la division parcellaire, situé au 33 rue des Lionnettes à Sannois. M et Mme D demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont, en application des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, notifié leur recours à M. E et au maire de la commune de Sannois, auteur de l'arrêté attaqué par deux courriers distincts du 9 août 2019. Par suite, leur requête est recevable et la fin de non-recevoir opposée par M. E doit être écartée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que les requérants doivent être regardés comme voisins immédiats du projet qui s'implante sur une parcelle, accessible par une autre parcelle, cadastrée AK n° 637, dénommée " passage commun ", contiguë à la parcelle des requérants et dont ils sont propriétaires en indivision avec M. E, sans que la circonstance que la parcelle où se situe leur maison d'habitation ne soit pas contiguë au terrain d'assiette du projet de construction d'une maison d'habitation y fasse obstacle. Ils font par ailleurs état de la démolition du mur situé sur la parcelle AK n° 637, contigüe à leur parcelle, prévue par le projet afin d'élargir le passage commun et de l'augmentation de la fréquentation du passage commun en raison de la construction d'une maison de cinq pièces d'une surface de plancher de 172 m². Dans ces conditions, ils justifient d'un intérêt suffisant à contester le permis de construire litigieux dès lors que ces éléments sont de nature à affecter directement les conditions de jouissance de leur bien. La fin de non-recevoir opposée à ce titre doit, ainsi, être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation du permis de construire :

En ce qui concerne la composition du dossier :

7. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () j) Lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées à l'article R. 111-20 du code de la construction et de l'habitation, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 111-20-1 de ce code () ". Aux termes de l'article R. 111-20-1 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " Le maître d'ouvrage de tout bâtiment neuf ou de partie nouvelle de bâtiment existant situé en France métropolitaine établit, pour chaque bâtiment concerné, un document attestant qu'il a pris en compte ou fait prendre en compte par le maître d'œuvre lorsque ce dernier est chargé d'une mission de conception de l'opération la réglementation thermique définie à l'article R. 111-20 () / Cette attestation est établie sur un formulaire conforme à des prescriptions fixées par arrêté. Elle est jointe à la demande de permis de construire dans les conditions prévues au i de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ".

8. En l'espèce, il est constant que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas d'attestation de la prise en compte de la réglementation thermique. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire au regard des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 3 du plan local d'urbanisme :

9. Aux termes de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif aux accès et à la voirie : " Pour être constructible en cas d'aménagement, de création ou de réalisation de logement, un terrain doit avoir un accès à une voie publique ou privée permettant la circulation automobile ou en état de viabilité. Cet accès doit se faire / - soit directement par une façade sur rue ; / - soit par l'intermédiaire d'un passage privé (appendice accès), d'une largeur minimale de 3,50 mètres s'il dessert jusqu'à deux logements et de 5,50 mètres s'il dessert plus de deux logements () ". Selon les annexes de ce même règlement : " L'accès est un passage privé, non ouvert à la circulation publique, situé sur l'emprise de la propriété ou aménagé sur fonds voisin reliant la construction à la voie de desserte. Il correspond donc selon le cas à un linéaire de façade du terrain (portail), ou de la construction (porche), ou portion de terrain (bande d'accès ou servitude de passage), par lequel les véhicules pénètrent sur le terrain de l'opération depuis la voie de desserte ouverte à la circulation publique ". Enfin, une " voie privée correspond à tout passage desservant au moins deux terrains et disposant des aménagements à la circulation tant des personnes que des véhicules, sans distinction de son régime de propriété (indivision, servitude de passage, etc.) ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est accessible depuis la voie publique par un accès constitué d'un passage commun, desservant aussi la maison des requérants. Cet accès forme un passage privé au sens de l'article précité de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois. Il ressort des mêmes pièces, et notamment du plan de masse joint au dossier de permis de construire, que ce passage privé destiné à desservir la maison appartenant à M. et Mme D, ainsi que la construction envisagée par le permis de construire contesté, ne comporte pas, en tous ses points, une largeur de 5,50 mètres, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être accueilli.

11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'acte attaqué.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de justice administrative :

12. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux.

Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

13. Pour l'application de ces dispositions, un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

14. Il ressort des pièces du dossier que, faute pour le passage privé, desservant le terrain d'assiette du projet, de présenter en tous ses points une largeur de 5,50 mètres ainsi que le prévoit l'article UG 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Sannois, aucun nouveau logement ne peut être construit sur le terrain de M. E. Dans ces conditions, le vice relevé au point 10 nécessite de revoir la nature même du projet. Ce motif d'annulation n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

15. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du maire de la commune de Sannois en date du 11 juin 2019 doit être annulé.

Sur les conclusions de M. E au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

16. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".

17. Par voie de conséquence de ce qui précède, les conclusions de M. E tendant à condamner solidairement M. et Mme D à lui verser sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme la somme de 1 017,69 euros par mois à compter de la date d'introduction de leur recours en réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi ainsi que la somme de 10 000 euros au titre de son préjudice moral doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme D, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. E et la commune de Sannois demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Sannois une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. et Mme D non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E la somme demandée par M. et Mme D au même titre.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Sannois en date du 11 juin 2019 est annulé.

Article 2 : La commune de Sannois versera à M. et Mme D une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Sannois présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Les conclusions de M. E présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à M. F D, à la commune de Sannois et à M. C E.

Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Pontoise.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

Mme Garona, première conseillère ;

Mme L'Hermine, conseillère ;

Assistés de Mme Galan, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.

La rapporteure,

signé

M. L'Hermine

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

M. B

.

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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