jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1910699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | SAINTILAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 août 2019 et 30 septembre 2021, la SARL AU BLE D'OR, représentée par Me Saintilan, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2019 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de lui appliquer la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 7 240 euros, et la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 309 euros, ensemble la décision du 24 juillet 2019 rejetant son recours gracieux ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de la contribution spéciale à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti ;
3°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mise à sa charge des contributions en litige n'est pas fondée dès lors qu'elle a recruté M. D A alias B C de bonne foi, ce dernier lui ayant présenté une carte d'identité française dont elle ignorait le caractère frauduleux ;
- le taux minoré à 1 000 fois le montant du taux horaire du minimum garanti, prévu par le III de l'article R. 8253-2 du code du travail, aurait dû être appliqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bellity, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Riedinger, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle effectué, le 11 février 2019, dans les locaux d'une boulangerie située au 106 voie promenade à Villeneuve-la-Garenne (92) et exploitée par la SARL AU BLE D'OR, les services de police des Hauts-de-Seine ont constaté que M. D A alias B C, ressortissant étranger sans titre l'autorisant à travailler et à séjourner sur le territoire national, se trouvait en situation de travail. L'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a appliqué à la SARL LE BLE D'OR, par une décision du 8 juillet 2019, d'une part, la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-l du code du travail d'un montant de 7 240 euros et, d'autre part, la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-l du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 309 euros. Par une décision du 24 juillet 2019, le recours gracieux formé, le 10 juillet 2019, par la SARL AU BLE D'OR contre cette décision a été explicitement rejeté. Par la présente requête, la SARL AU BLE D'OR demande au tribunal d'annuler les décisions des 8 et 24 juillet 2019 ou, à défaut, de réduire le montant de la contribution spéciale mise à sa charge à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti et doit être ainsi regardée comme demandant la décharge totale ou partielle du paiement des sommes réclamées.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger sans titre de travail, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger sans titre mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de liquider cette contribution. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail et de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les contributions qu'ils prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de sa nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.
4. Il résulte de l'instruction que Mohamed Ali A alias B C a été recruté le 18 avril 2018 par la société AU BLE D'OR par un contrat à durée déterminée d'une durée d'un an, en qualité de boulanger. Il ressort des déclarations du gérant de la société requérante formulées, d'une part, lors de son audition par les services de police, le 11 février 2019, et, d'autre part, dans le cadre de la procédure contradictoire, le 5 avril 2019, puis de son recours gracieux, le 10 juillet 2019, que M. D A, a présenté, au moment de son embauche, l'original d'une carte nationale d'identité française mentionnant le nom " B C " qui s'est en fait révélée être une carte falsifiée. En défense, l'OFII n'établit pas que la société AU BLE D'OR aurait été en mesure, lors de l'embauche de ce salarié, de savoir que ce document d'identité - le dispensant d'effectuer des vérifications auprès des services préfectoraux pour s'assurer de son authenticité - revêtait un caractère frauduleux. Si l'OFII fait valoir, d'une part, que la signature figurant sur la carte nationale d'identité prétendument établie en 2013 et présentée par le salarié à l'employeur était différente de celle apposée sur son procès-verbal d'audition daté du 11 février 2019 - dont il n'est pas contesté que la société AU BLE d'OR n'a pas été destinataire - et de celle apposée sur le contrat de travail signé le 18 avril 2018, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause la bonne foi dont excipe la société requérante. Si, d'autre part, au vu des déclarations du gérant de la société AU BLE D'OR durant son audition, l'OFII fait grief à ce dernier d'avoir su que M. D A alias B C s'exprimait dans un français approximatif et de converser avec lui en langue arabe, cette circonstance n'est pas non plus de nature à remettre en cause la bonne foi de ladite société. Dans ces conditions, la réalité des manquements reprochés à la société requérante ne peut être regardée comme établie. Celle-ci ne saurait, dès lors, être sanctionnée pour avoir employé M. D A alias B C.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que la SARL AU BLE D'OR est fondée à demander l'annulation de la décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 8 juillet 2019, ensemble la décision du 24 juillet 2019 rejetant son recours gracieux et par suite la décharge du paiement des sommes mises à sa charge par ces décisions.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions des 8 juillet 2019 et 24 juillet 2019 sont annulées.
Article 2 : La SARL AU BLE D'OR est déchargée du paiement des sommes de 7 240 euros au titre de la contribution spéciale et de 2 309 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement.
Article 3 : L'office français de l'immigration et de l'intégration versera la somme de 1 500 euros à la SARL AU BLE D'OR en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL AU BLE D'OR et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Bellity, premier conseiller,
Mme Debourg, conseillère,
assistés de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
C. BELLITY
La présidente,
Signé
H. LE GRIEL
La greffière,
Signé
D. BONFANTI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
POUR AMPLIATION, LE GREFFIER
N°1910699
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026