vendredi 9 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1912531 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPLANTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 octobre 2019 et le 9 novembre 2021, Mme C B, représentée par Me Laplante, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2018 de la rectrice de l'académie de Versailles portant retrait d'un arrêté en date du 2 octobre 2018 par lequel elle avait bénéficié d'une prolongation de son congé suite à son accident de travail, pour la période allant du 1er octobre 2018 au 20 janvier 2019.
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de la placer en
congé de maladie imputable au service à plein traitement, dans un délai de deux
mois suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle a été prise sans avoir recueilli préalablement l'avis de la commission de réforme sur l'imputabilité au service de la prolongation de son arrêt maladie ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle méconnaît le caractère imputable au service de la prolongation de l'affection dont elle souffre ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle ne tire pas les conclusions juridiques du fait précédent en la plaçant fautivement en congé maladie ordinaire et méconnaît les dispositions du I de l'article 21 bis de la loi n° 86-634 du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B, représentée par Me Laplante, a présenté un mémoire enregistré le 26 avril 2022 qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier1984 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme. Chabrol, rapporteure publique,
- et les observations de Me Laplante, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1.Mme B, agent titulaire de la fonction publique auprès du rectorat de l'académie de Versailles exerçant les fonctions d'assistante auprès du chef d'établissement du lycée Jean Perrin de Saint-Ouen-l'Aumone, a été victime d'un accident de service le 6 octobre 2016 ayant entraîné une fracture du poignet gauche. Elle a été placée à compter du 7 octobre 2016 en congé maladie imputable au service, position constamment renouvelée par des arrêtés successifs jusqu'au 18 octobre 2018, date à laquelle son état de santé a été déclaré consolidé suite à une expertise médicale. Par un arrêté en date du 10 décembre 2018 portant retrait d'un arrêté du 2 octobre 2018 par lequel Mme B avait bénéficié d'une prolongation de son congé suite à son accident de travail, pour la période allant du 1er octobre 2018 au 20 janvier 2019, la prolongation du congé imputable au service est ramenée à la période allant du 1er septembre 2018 au 18 octobre 2018. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2.Aux termes de l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration: " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ;() ".
3. L'arrêté attaqué, en ce qu'il annule et remplace l'arrêté du 2 octobre 2018 par lequel Mme B avait bénéficié d'une prolongation de son congé à la suite de son accident de service, constitue le retrait d'une décision créatrice de droit dès lors qu'il ramène la durée initiale de congé maladie imputable au service allouée à la requérante de la période du 1er octobre 2018 au 20 janvier 2019 à la période, plus réduite, du 1er septembre au 18 octobre 2018. Ainsi en vertu des dispositions précitées, il devait faire l'objet d'une motivation spécifique et expresse. Or, l'arrêté en litige ne contient aucune motivation en fait permettant à Mme B de connaitre et comprendre le motif pour lequel il est procédé au retrait de la décision créatrice de droit dont elle bénéficiait. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté en litige doit être accueilli.
4.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de la rectrice de l'académie de Versailles en date du 10 décembre 2018 doivent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction
5.L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, aucun moyen de légalité interne n'étant fondé, que la rectrice de l'académie de Versailles procède au réexamen de la position de Mme B sur la période en litige, dans un délai de six mois à compter du jugement à intervenir. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros, au titre des frais liés à l'instance et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE:
Article 1er : L'arrêté du 10 décembre 2018 par lequel la rectrice de l'académie de Versailles a procédé au retrait de l'arrêté en date du 2 octobre 2018 par lequel Mme B avait bénéficié d'une prolongation de son congé suite à son accident de travail, pour la période allant du 1er octobre 2018 au 20 janvier 2019 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles de réexaminer la situation personnelle de Mme B sur la période en litige dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme. Lorin, première conseillère,
M. Dupin, conseiller,
Assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F. A
Le président,
signé
R. FERALLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026