lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1912636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUGASSAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 octobre 2019 et 23 juillet 2021, M. A C et Mme F épouse C, représentés par Me Bougassas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° ARS-SE 2019.110 du 6 août 2019 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a déclaré l'immeuble (parcelle cadastrale AR n°141), situé au 14, avenue Gabriel Péri à Gennevilliers (92230), insalubre de façon irrémédiable et a immédiatement interdit l'habitation et l'utilisation des lieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure ;
- cet arrêté est fondé sur des faits matériellement inexacts ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juin 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants à l'encontre de l'arrêté en litige ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Weiswald, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C et Mme F épouse C sont propriétaires d'appartements dans un immeuble composé de plusieurs bâtiments au 14, avenue Gabriel Péri à Gennevilliers, les bâtiments A et B étant réservés à l'habitation, le C étant un bâtiment commercial. Par un arrêté du 22 juillet 2003, le préfet des Hauts-de-Seine a déclaré ces bâtiments insalubres de façon remédiable sur le fondement de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique alors applicable et a ordonné la réalisation de travaux de réhabilitation dans un délai de six mois. Par un arrêté du 3 mai 2019, le maire de Gennevilliers, à la suite d'un rapport du service communal d'hygiène et de sécurité ayant constaté la dégradation et la dangerosité de l'escalier du bâtiment A, a fait procéder d'urgence, dans le cadre de ses pouvoirs de police générale prévus par l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, à la réalisation de travaux aux fins de consolidation. Ayant constaté le non-respect des prescriptions de l'arrêté préfectoral du 22 juillet 2003, le préfet des Hauts-de-Seine a, au regard d'un rapport établi le 14 juin 2019 par le service santé environnement de la délégation départementale de l'agence régional de santé (ARS) des Hauts-de-Seine et de l'avis émis par le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST) lors de sa séance du 31 juillet 2019, déclaré, par un arrêté du 6 août 2019, l'immeuble composé des trois bâtiments insalubre de manière irrémédiable, a interdit l'habitation et l'utilisation des lieux de manière immédiate et a ordonné le murage des locaux ainsi que la destruction des bâtiments A et B dans un délai d'un mois. Par la présente requête, M. et Mme C demandent l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment des termes mêmes de l'arrêté attaqué du 6 août 2019, que, pour déclarer insalubre de manière irrémédiable l'immeuble en litige, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique. Par suite, le moyen avancé par les requérants et tiré de ce que le préfet aurait dû, en application de l'article L. 1331-24 du code de la santé publique, édicter des mesures de mise en conformité de l'immeuble préalablement à l'édiction de son arrêté doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, M. et Mme C soutiennent que tous les travaux importants portant sur la solidité de l'immeuble, la sécurité et la santé des habitants ont été réalisés à la suite de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 22 juillet 2003. Toutefois, à supposer même que les travaux prescrits par cet arrêté aient été en partie effectués, ce dont les requérants n'apportent au demeurant pas la preuve, cette circonstance ne permet pas de démontrer que l'arrêté du 6 août 2019 en litige serait fondé sur des faits matériellement inexacts. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique, alors applicable : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier. / L'insalubrité d'un bâtiment doit être qualifiée d'irrémédiable lorsqu'il n'existe aucun moyen technique d'y mettre fin, ou lorsque les travaux nécessaires à sa résorption seraient plus coûteux que la reconstruction. / Le directeur général de l'agence régionale de santé établit le rapport prévu au premier alinéa soit de sa propre initiative, soit sur saisine du maire, du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de logement et d'urbanisme, soit encore à la demande de tout locataire ou occupant de l'immeuble ou de l'un des immeubles concernés. / Le maire de la commune ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale, à l'initiative duquel la procédure a été engagée, doit fournir un plan parcellaire de l'immeuble avec l'indication des noms des propriétaires tels qu'ils figurent au fichier immobilier. Lorsque cette initiative a pour objet de faciliter l'assainissement ou l'aménagement d'un îlot ou d'un groupe d'îlots, le projet d'assainissement ou d'aménagement correspondant est également fourni ".
5. Ces dispositions permettent à l'autorité compétente de caractériser d'irrémédiable l'insalubrité d'un immeuble et de prononcer, par suite, l'interdiction définitive de l'habiter ainsi que, le cas échéant, de l'utiliser et l'obligation de le détruire. Elles prévoient, comme l'une des deux conditions alternatives du caractère irrémédiable de l'insalubrité, la circonstance que les travaux nécessaires à la résorption de l'insalubrité de l'immeuble présentent un coût plus élevé que celui de la reconstruction du même immeuble. Pour leur application, le coût de reconstruction de l'immeuble doit être apprécié en y incorporant le coût de démolition de l'immeuble concerné.
6. Il résulte de l'instruction que pour déclarer irrémédiable l'insalubrité de l'immeuble situé au 14 avenue Gabriel Péri à Gennevilliers, le préfet des Hauts-de-Seine, qui s'est fondé sur le rapport du service santé environnement de la délégation départementale des Hauts-de-Seine de l'agence régionale de santé Ile-de-France établi le 14 juin 2019, sur l'analyse technique et financière de l'entreprise SOLIHA Paris - Hauts-de-Seine - Val d'Oise ainsi que sur l'avis émis le 31 juillet 2019 par le CoDERST, a estimé qu'en raison du très mauvais état des parties communes des bâtiments, des désordres relevés dans les trois logements non murés, des risques pour la santé des occupants que présente l'état de l'immeuble en raison notamment de la présence de plomb et de l'absence de réhabilitation et d'entretien de la copropriété seize années après la déclaration d'insalubrité remédiable de l'immeuble, le coût de la reconstruction à neuf de l'immeuble d'habitation serait inférieur au coût des travaux de sortie d'insalubrité. Si les requérants soutiennent qu'entre 2003 et 2019, l'état de l'immeuble n'a que peu évolué et que les propriétaires sont en mesure de le remettre en état sans que le coût des travaux ne soit supérieur à celui de sa démolition, ils se bornent à faire valoir que les constats opérés par les arrêtés de 2003 et 2019 sont semblables, sans démontrer l'absence de dangerosité de l'immeuble pour ses occupants, et à affirmer que la démolition de l'immeuble servirait les intérêts de l'un des propriétaires, la société d'économie mixte d'aménagement de Gennevilliers, sans apporter le moindre élément, tels que des devis, rapports ou constats, de nature à étayer leurs allégations. Par suite, eu égard au danger que constitue l'immeuble pour ses occupants, M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir qu'en déclarant insalubre de manière irrémédiable l'immeuble en litige, en interdisant l'habitation et l'utilisation des lieux de manière immédiate et en ordonnant le murage des locaux ainsi que la destruction des bâtiments A et B dans un délai d'un mois, le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique, ni que ces dispositions ne seraient pas applicables à l'immeuble en cause.
7. En quatrième lieu, alors que l'arrêté en litige déclare dans son intégralité l'immeuble insalubre de manière irrémédiable compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, les circonstances que le préfet des Hauts-de-Seine se soit abstenu, préalablement à l'édiction de cet arrêté, de mettre en demeure la commune de Gennevilliers, propriétaire d'appartements au sein de l'immeuble litigieux, d'effectuer les travaux prescrits par l'arrêté du 22 juillet 2003 et n'ait pas distingué, dans l'arrêté attaqué, les biens appartenant à la commune des biens des autres propriétaires sont sans incidence quant à sa légalité. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit dont serait entachée la décision en litige doivent être écartés.
8. En cinquième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement, il ne résulte pas de l'instruction que la procédure d'insalubrité suivie par le préfet des Hauts-de-Seine depuis 2003 ait eu pour but d'influer sur la procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique mise en place en parallèle et que la société d'économie mixte d'aménagement de Gennevilliers ait volontairement laissé l'immeuble se dégrader afin d'acquérir les biens de M. et Mme C à vil prix. Par suite, les moyens tirés des détournements de procédure et de pouvoir dont serait entaché l'arrêté en litige doivent être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 6 août 2019 du préfet des Hauts-de-Seine présentées par M. et Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. B et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
J.-B. D
Le président,
signé
R. FéralLa greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026