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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1912958

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1912958

vendredi 2 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1912958
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBERNARD-CHATELOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 octobre 2019 et 22 avril 2020, M. G D, Mme C D, née L, Mme N K, née H et M. F E, représentés par Me Lalanne, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2019 par lequel le maire du Plessis-Bouchard a délivré à la commune un permis de construire n° PC 09549119B0004 en vue de la construction d'un espace socio-culturel sur deux niveaux pour une surface de plancher de 330 m2 sur les parcelles cadastrées section AI n°s 396, 443, 456, 468 et situées rue de la Butte aux merles au Plessis-Bouchard ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2019 par lequel le maire de la commune du Plessis-Bouchard a délivré à la commune un permis de construire modificatif n° PC 09549119B0004M01 ;

3°) de mettre à la charge de la commune du Plessis-Bouchard la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir ;

- le dossier de permis de construire n'était pas complet en méconnaissance de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire a été délivré au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance des articles L. 425-3 du code de l'urbanisme et L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation ;

- le maire a commis une erreur de droit en dissociant la décision d'autorisation prévue à l'article L. 111-8 du code de l'urbanisme et la décision de permis de construire ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UF 3 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard ;

- il méconnaît l'article UF 11 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard ;

- il méconnaît l'article UF 12 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard ;

- il méconnaît l'article UF 13 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard ;

- il est illégal en raison de l'illégalité de la modification n° 5 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard approuvée par la délibération du 14 mars 2019 ;

- il est illégal au regard des dispositions antérieures du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard relatives à la zone UG ;

- le permis de construire modificatif est illégal en raison de l'illégalité de la délibération du 26 septembre 2019 du conseil municipal de la commune de Plessis-Bouchard autorisant le maire du Plessis-Bouchard à déposer une demande de permis de construire modificatif ; la délibération méconnait les articles L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales et R. 423-1 du code de l'urbanisme ainsi que les droits des conseillers municipaux.

Par deux mémoires, enregistrés le 26 février 2020 et le 29 juin 2020, la commune de Plessis-Bouchard, représentée par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 12 juillet 2021, Mme O D et M. I D, représentés par Me Lalanne, déclarent reprendre l'instance engagée par M. G D et Mme P décédés respectivement les 2 et 7 mars 2021.

Par une intervention, enregistrée le 15 novembre 2019, Mme M A, née J, représentée par Me Lalanne, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête n° 1912958.

Elle soutient qu'elle a intérêt à intervenir et se réfère aux moyens exposés dans la requête de M. et Mme D et autres.

Par une ordonnance du 15 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2022.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;

- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;

- les observations de Me Lalanne, avocat de M. D, Mme D, Mme K, M. F E et Mme A ;

- et les observations de Me Bernard-Chatelot, avocate de la commune du Plessis-Bouchard.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 juin 2019, la commune du Plessis-Bouchard a obtenu un permis de construire un centre socio-culturel sur un terrain situé rue de la Butte aux merles au Plessis-Bouchard sur les parcelles n°s AI 396, AI 443, AI 456 et AI 468. Par un arrêté du 21 novembre 2019, le maire du Plessis-Bouchard a accordé un permis de construire modificatif en vue de la plantation de quatre arbres devant la face sud du futur bâtiment. Mme D et autres ont exercé un recours gracieux le 9 août 2019 à l'encontre du permis de construire initial, implicitement rejeté par la maire. Ils demandent l'annulation du permis de construire initial, de la décision de rejet du recours gracieux ainsi que du permis de construire modificatif.

Sur l'intervention de Mme A :

2. Mme A, propriétaire d'une parcelle voisine du terrain d'assiette du projet autorisé par le permis de construire, justifie d'un intérêt suffisant à l'annulation de la décision attaquée. Ainsi, son intervention à l'appui de la requête formée par Mme D et autres est recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation du permis initial tel que modifié par l'arrêté du 21 novembre 2019 :

3. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation et de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme :

4. Aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. / Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent () ". Aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 123-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions () ".

5. En l'espèce, le permis de construire litigieux prévoit la construction d'un espace socio-culturel sur deux niveaux qui constitue un établissement recevant du public au sens du code de la construction et de l'habitation. Si le maire de la commune du Plessis-Bouchard a accordé, par un arrêté du 18 juin 2019 distinct du permis de construire, l'autorisation visée à l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation alors que l'arrêté de permis de construire attaqué du 18 juin 2019 valait autorisation, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis de construire. Par suite, le permis de construire attaqué doit être regardé comme ayant été délivré après l'autorisation exigée par les dispositions du code de la construction et de l'habitation. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire attaqué aurait été accordé à l'issue d'une procédure irrégulière et que le maire de la commune du Plessis-Bouchard aurait commis une erreur de droit.

En ce qui concerne l'illégalité du plan local d'urbanisme, par voie d'exception :

6. Aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ". Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés

aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

7. Par une délibération du 14 mars 2019, le conseil municipal de la commune du Plessis-Bouchard a classé en zone UF les parcelles n°s AI 396, AI 443, AI 456 et AI 468 antérieurement classées en zone UG. Les requérants font valoir que la modification du zonage qui permet la construction d'un espace socio-culturel sur ces parcelles où se situe un espace vert remet en cause l'orientation du projet d'aménagement et de développement durables, visant à valoriser et pérenniser les espaces verts existants. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les parcelles auparavant classées en zone UG qui " concerne des quartiers mixtes à destination principalement d'habitat généralement sous forme de maisons individuelles (individuel pur ou individuel groupé) " étaient constructibles et représentent une superficie de 667 m². Dans ces conditions, le classement en zone UF qui " correspond au secteur d'équipement de la commune " ne contrarie pas, à l'échelle du territoire communal, la réalisation de l'objectif de valorisation et de pérennisation des espaces verts existants. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'autorité administrative aurait dû recourir à la procédure de révision du plan local d'urbanisme en application des dispositions précitées de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme.

8. Si les requérants font valoir que la délibération du 14 mars 2019 est entachée de détournement de pouvoir tiré de ce que le classement litigieux ne poursuit pas un objectif urbanistique mais uniquement celui de conclure le contrat de vente des locaux qui accueillaient précédemment les associations de la commune, un tel détournement n'est pas établi.

9. Les requérants ne peuvent dès lors utilement soutenir que le permis de construire litigieux méconnaîtrait les dispositions des articles UG 3, UG 7, UG 8, UG 11, UG 12 et UG 13 du plan local d'urbanisme qui auraient été remises en vigueur à la suite de la déclaration d'illégalité de la délibération du 14 mars 2019.

En ce qui concerne la composition du dossier :

10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme précitées, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ".

12. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas de plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune. Toutefois, outre deux plans cadastraux joints au dossier de demande de permis de construire, la notice de présentation du projet indique que : " Situé au centre-ville du Plessis-Bouchard dans un secteur pavillonnaire, le site sur lequel repose le projet est à l'angle de la rue de la Butte aux merles et de la rue Alexopoulos en face du parc arboré Yves Carric ". Ces éléments ont permis à l'autorité administrative de connaître la situation du terrain d'assiette du projet à l'intérieur de la commune. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire au regard des dispositions de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

13. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

14. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le pétitionnaire a produit à l'appui de sa demande de permis de construire une notice descriptive du projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 ne peut qu'être écarté.

15. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse est coté dans les trois dimensions et que les plans de coupe et les plans de façades sont également cotés. Si les requérants soutiennent que le transformateur électrique n'est pas représenté, ce transformateur est toutefois indiqué tant sur le plan de masse que sur le plan de l'état existant. En outre, cinq documents photographiques, permettant de situer le terrain dans l'environnement proche, ont été joints à la demande de permis de construire. En tout état de cause, le maire de la commune du Plessis-Bouchard a joint à la demande de permis de construire modificatif, déposée le 9 octobre 2019, un nouveau plan de masse répondant aux exigences de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme et cinq documents graphiques permettant de situer le terrain dans l'environnement proche. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 3 du plan local d'urbanisme :

17. Aux termes de l'article UF 3 du plan local d'urbanisme : " () Il peut également être refusé si les accès sont insuffisamment dimensionnés compte tenu du nombre de logements ou du nombre de m² de surface de plancher projetés ou si les accès présentent un risque pour la sécurité des personnes. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Les accès sur la voie publique doivent être aménagés de façon à éviter toute perturbation et tout danger pour la circulation générale. Il est rappelé que ce ou ces accès doivent faire l'objet d'une autorisation spécifique du gestionnaire de voirie. / Nombres d'accès autorisés : / Le nombre d'accès automobile doit être limité à un par terrain. / Si le terrain présente une largeur sur rue supérieure ou égale à 20 mètres, la réalisation de deux accès automobiles peut être autorisée, toutefois la réalisation de deux accès conjoints n'est pas admise (Le bateau double est interdit). / Si le terrain est bordé par plusieurs rues, il peut être admis un accès automobile par rue ". Le glossaire du plan local d'urbanisme précise que : " L'accès est constitué par la limite entre le terrain et la voie qui le dessert. La largeur de l'accès est mesurée normalement à celui-ci ".

18. Ces dispositions ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan d'occupation des sols que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

19. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire prévoit la création de quatre places de stationnement contiguës et accessibles depuis la rue de la Butte aux merles. Les dispositions de l'article UF 3 du plan local d'urbanisme ne définissent pas la largeur maximale d'un accès de telle sorte que l'accès à ces quatre places de stationnement constitue un unique accès. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire méconnaît le nombre d'accès autorisés par l'article UF 3 du plan local d'urbanisme.

20. D'autre part, les requérants font valoir que les accès automobiles présentent un danger pour la sécurité des personnes en raison de l'augmentation du trafic routier lié aux activités du centre socio-culturel, de la circonstance que le terrain d'assiette du projet se trouve à l'angle de deux rues dont l'une est à double sens, de la présence d'un passage piétons au droit du projet au niveau de la rue de la Butte aux merles et de trois écoles dans la rue Alexopoulos. Toutefois, s'il est constant que le terrain d'assiette du projet se situe à l'angle de la rue de la Butte aux merles et de la rue Alexopoulos qui accueille trois écoles, il ressort des pièces du dossier que de nombreux aménagements ont été réalisés pour garantir la sécurité des personnes. Il ressort, ainsi, des mêmes pièces qu'au niveau du croisement de ces deux rues, les automobilistes circulant dans la rue de la Butte aux merles, qui est à double sens, ont l'obligation de marquer l'arrêt en raison de la présence d'un panneau stop et ne peuvent emprunter la portion, à sens unique, de la rue Alexopoulos, où se situent les trois écoles, laquelle est, en outre, fermée à la circulation de 11 heures à 14 heures puis de 16 heures à 17 heures afin d'assurer la sécurité des élèves. Par suite, le maire a pu sans erreur d'appréciation estimer que le permis de construire ne méconnaissait pas les dispositions de l'article UF 3 du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 11 du plan local d'urbanisme :

21. Aux termes de l'article UF 11 du plan local d'urbanisme : " () Les façades / Les différents murs des bâtiments doivent présenter un aspect et une couleur en harmonie avec les constructions avoisinantes. / Les façades latérales et postérieures des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales. / Les matériaux destinés à être recouverts d'un parement ou d'un enduit ne peuvent être laissés apparents sur les façades des constructions ".

22. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune.

23. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.

24. Il ressort des pièces du dossier et notamment des plans et photographies produits que le projet est implanté dans un secteur accueillant des pavillons individuels qui ont des dimensions et des formes variées et dont les formes et les couleurs de leurs façades et de leurs toits sont hétérogènes. Si les pavillons d'habitation avoisinants ont des façades recouvertes d'enduit de ton clair, cette seule circonstance ne saurait conduire à regarder les lieux avoisinants comme présentant un caractère ou un intérêt particulier. Ainsi, en l'absence de qualité particulière du site, le maire n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article UF 11 du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 12 du plan local d'urbanisme :

25. Aux termes de l'article UF 12 du plan local d'urbanisme : " Lors de toute opération de construction, d'extension, de surélévation ou de changement de destination de locaux, des aires de stationnement doivent être réalisées afin d'assurer en dehors des voies publiques le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions. Les normes sont définies en fonction de la nature de la construction. Le nombre total de places de stationnement est arrondi au chiffre entier supérieur. () / Il est exigé au moins : () / Pour les constructions et installation nécessaires aux équipements publics ou d'intérêt collectif : / Le nombre de places de stationnement à réaliser doit être adapté à la nature de l'équipement, à son mode de fonctionnement, à sa localisation sur le territoire communal (proximité des transports en commun, existence de parcs publics de stationnement à proximité, etc.) et au nombre et au type d'utilisateurs concernés ".

26. Les requérants font valoir que la création de quatre places de stationnement est insuffisante au regard des quatre-vingt-neuf adhérents que sept à dix associations ont vocation à accueillir dans les locaux du centre socio-culturel. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du planning d'occupation, que les locaux du centre socio-culturel ne sont pas occupés de manière concomitante par ces différentes associations. En outre, il ressort de ces mêmes pièces qu'un parking public se trouve à deux cents mètres du centre socio-culturel et comprend une quarantaine de places auxquelles s'ajoutent les places de stationnement situées le long de la rue Albert Alline. Enfin, il ressort de ce même dossier que la gare de Franconville-Plessis-Bouchard se trouve à 1,1 km du centre socio-culturel, avec un temps de trajet de quatorze minutes à pied ou de onze minutes en bus. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 12 ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UF 13 du plan local d'urbanisme :

27. Aux termes de l'article UF 13 du plan local d'urbanisme : " Les projets de constructions doivent être étudiés en tenant compte d'une analyse paysagère du site (le terrain et son environnement) en respectant le principe de la conservation au maximum des éléments paysagers et plantations d'intérêt, en particulier les arbres. / Les arbres ne nécessitant pas d'être abattus pour la réalisation de la construction et de sa desserte doivent être préservés sauf impossibilité technique ou si leur suppression est rendue nécessaire pour la sécurité des personnes et des biens. En outre, tout arbre abattu doit être remplacé par un arbre de même espèce ou d'une espèce susceptible de redonner une valeur paysagère équivalente ".

28. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que les arbres constituent des éléments devant être au maximum conservés, et, d'autre part, que si cette obligation de conservation ne constitue qu'une obligation de moyens, il appartient à la commune pétitionnaire de démontrer devant le juge administratif que le projet de construction contesté a été étudié dans le sens d'une conservation maximum des éléments paysagers et plantations d'intérêt, et notamment des arbres préexistants sur le terrain.

29. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet autorisé accueille six arbres de hautes tiges. Il est en outre constant que le projet prévoit l'abattage de trois érables et d'un saule pleureur qui seront remplacés ainsi que le prévoit le permis modificatif par quatre érables. La commune du Plessis-Bouchard, pétitionnaire, n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il serait impossible de réaliser un projet équivalent, à celui retenu, sans abattre ces quatre arbres présents sur le terrain, dont la valeur paysagère ne sera au demeurant pas compensée par les sujets de substitution envisagés. Dans ces circonstances, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire en litige n'a pas été conçu en fonction d'une analyse paysagère du site et dans le sens d'une conservation maximum des arbres préexistants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UF 13 du plan d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard doit être accueilli.

Sur le moyen propre au permis modificatif :

30. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis ".

31. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.

32. Si les requérants font valoir que le maire de la commune du Plessis-Bouchard n'avait pas qualité pour déposer la demande de permis de construire puisque la délibération du 26 septembre 2019 par laquelle le conseil municipal de ladite commune l'y a autorisé méconnaît l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales et a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière faute pour les conseillers municipaux d'avoir eu communication d'une note de synthèse ainsi que le prévoit l'article L. 2121-12 du même code, il ressort des pièces du dossier que la commune du Plessis-Bouchard a fourni, lors du dépôt de sa demande de permis de construire modificatif, le 9 octobre 2019, l'attestation prévue par l'article R. 431-5 précité du code de l'urbanisme signée par son maire. Dans ces conditions, en l'absence de tout élément de nature à établir le caractère frauduleux de cette attestation ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le maire, signataire de la demande, ne disposait d'aucun droit à la déposer, et alors qu'au demeurant celui-ci avait été habilité par le conseil municipal à signer la demande par la délibération susmentionnée en date du 26 septembre 2019, la commune doit être regardée comme ayant déposé la demande conformément aux conditions posées aux articles R. 423-1 et R. 431-5 du même code. Le moyen tiré du défaut de qualité du pétitionnaire pour déposer la demande de permis de construire modificatif en litige doit par conséquent être écarté.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

33. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

34. Le vice relevé au point 29 est susceptible d'être régularisé sans que cela implique d'apporter au projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, dans ces conditions, d'annuler l'arrêté du 18 juin 2019 tel que modifié par l'arrêté du 21 novembre 2019 et la décision rejetant le recours gracieux des requérants en tant seulement qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article UF 13 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard.

35. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.

Sur les frais liés au litige :

36. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D et autres, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune du Plessis-Bouchard demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune du Plessis-Bouchard une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme D et autres et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'intervention de Mme A est admise.

Article 2 : L'arrêté du 18 juin 2019 du maire du Plessis-Bouchard accordant un permis de construire à cette commune tel que modifié par l'arrêté du 21 novembre 2019 ainsi que la décision rejetant le recours gracieux des requérants sont annulés en tant qu'ils méconnaissent les dispositions de l'article UF 13 du plan local d'urbanisme de la commune du Plessis-Bouchard.

Article 3 : La commune du Plessis-Bouchard versera à Mme D et autres une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune du Plessis-Bouchard présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme O D, M. I D, Mme N K, M. F E, la commune du Plessis-Bouchard et à Mme M A.

Copie en sera adressée au procureur de la république près le tribunal judiciaire de Pontoise.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

M. Probert, premier conseiller ;

Mme L'Hermine, conseillère ;

Assistés de Mme Galan, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

M. L'Hermine

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

M. B

.

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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