lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1914213 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHE-BOUSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 novembre 2019, 4 janvier 2021 et 17 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Bousquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a maintenu son placement en disponibilité d'office pour une durée de dix-huit mois à compter du 15 juin 2018 ;
2°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le comité médical s'est prononcé en faveur de son maintien en disponibilité d'office alors que son état de santé rendait nécessaire son placement en congé de longue maladie ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article 19 du décret du 11 janvier 1986 dès lors qu'elle n'avait pas épuisé, à la date de l'arrêté attaqué, ses
droits à congé maladie ordinaire, longue maladie ou longue durée ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-57 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, rédactrice principale au sein du département des Hauts-de-Seine, a été placée en congé de maladie ordinaire à la suite d'un accident survenu le 14 décembre 2016. Le président du conseil départemental a, le 20 juillet 2017, refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de cet accident. Cette décision a été annulée par un jugement
n° 1710503 de ce tribunal en date du 9 novembre 2020, qui a été frappé d'appel. Par un courrier du 20 novembre 2017, Mme A a, à titre principal, de nouveau sollicité que son accident soit reconnu comme d'origine professionnelle ou, à défaut, demandé à bénéficier d'un congé de longue maladie. Par un arrêté en date du 19 février 2018, le président du conseil départemental a placé l'intéressée en disponibilité d'office pour raisons de santé pour une durée de six mois à compter du 15 décembre 2017.Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2019 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a maintenu son placement en disponibilité d'office pour une durée de dix-huit mois à compter du 15 juin 2018.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite () ". Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Il en va ainsi lorsqu'un suicide ou une tentative de suicide intervient sur le lieu et dans le temps du service, en l'absence de circonstances particulières le détachant du service. Il en va également ainsi, en dehors de ces hypothèses, si le suicide ou la tentative de suicide présente un lien direct avec le service. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel geste, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.
3. D'autre part, aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version en vigueur : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 () ". L'article 19 du décret du 13 janvier 1986 dispose, dans sa rédaction alors applicable, que : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984 () ". Il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire dont l'incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident de service bénéficie d'un congé de maladie rémunéré à plein traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il ne peut, dès lors, être placé en disponibilité d'office par son employeur pour raison médicale.
4. Il est constant que le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a, par un arrêté du 9 octobre 2019, maintenu Mme A en disponibilité d'office pour une durée de dix-mois au motif que celle-ci était en incapacité temporaire de travail et qu'elle avait épuisé ses droits à congé statutaire de maladie.
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment du courrier du 13 janvier 2017 versé aux débats par le département que Mme A, qui avait alerté ses collègues et sa hiérarchie qu'elle était dans une situation de grande souffrance au travail, a reçu le 14 décembre 2016 à 10 heures 36 un courrier électronique de la part du responsable de son pôle l'informant du rejet de sa demande tendant à bénéficier d'une autorisation d'absence d'une demi-journée pour préparer le concours d'attachée territoriale. Il ressort également des pièces du dossier qu'une collègue de Mme A est intervenue, aux alentours de 15 heures 30 le même jour, alors que cette dernière était en train d'ingurgiter des comprimés d'antidépresseurs faisant état d'une volonté de mettre fin à ses jours. Il n'est, par ailleurs, pas contesté que, dans la suite de l'après-midi du 14 décembre 2016, deux infirmières sont intervenues auprès de la requérante pour que celle-ci soit prise en charge par un médecin. En se bornant à produire un courrier du 6 février 2017 dans lequel le médecin du service de médecine professionnelle indique " ne pas avoir constaté de comportement suicidaire " chez l'intéressée, le département des Hauts-de-Seine ne remet pas sérieusement en cause la matérialité de ces faits. En outre, le département n'établit ni même n'allègue l'existence d'une faute personnelle ou d'une circonstance particulière de nature à détacher du service l'accident survenu le 14 décembre 2016. Mme A est dès lors fondée à soutenir que sa tentative de suicide du 14 décembre 2016 présente le caractère d'un accident de service. Dans ces conditions, et dès lors qu'il n'est pas contesté que les arrêts de travail dont la requérante a bénéficié à compter de la survenance de cet accident font suite au syndrome anxio-dépressif qu'elle a développé en lien avec ses conditions de travail et qui a été à l'origine de sa tentative de suicide, Mme A avait droit, en application du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, à un congé de maladie rémunéré à plein traitement jusqu'à ce qu'elle soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il s'ensuit que Mme A est fondée à soutenir que le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a commis une erreur de droit au regard des dispositions des articles 72 de la loi du 26 janvier 1984 et 19 du décret du 13 janvier 1986 en la plaçant, par l'arrêté attaqué, en disponibilité d'office.
6. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté du 9 octobre 2019 doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : L'arrêté du 9 octobre 2019 du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine est annulé.
Article 2 : Le département des Hauts-de-Seine versera une somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère
M. Goupillier, conseiller,
assistés de Mme Charleston, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
C. C La présidente,
signé
E. Coblence
La greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026