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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1914326

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1914326

vendredi 29 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1914326
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantCAMUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés le 14 novembre 2019 et le 30 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Camus, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 mai 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'Office de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Montrouge lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ensemble la décision implicite rejetant son recours administratif ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et au versement de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter du mois de mai 2019, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de ses droits sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Camus d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser la même somme, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée;

- elle est entachée d'un vice de procédure, faute d'avoir été précédée d'un entretien préalable d'évaluation de sa vulnérabilité conformément aux dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance du respect du principe du contradictoire ;

- elle est dépourvue de base légale et d'une erreur de droit, les dispositions des articles L. 744-7 et D. 744-37-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, n'étant pas applicables à sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires enregistrés le 14 décembre 2021, le 15 décembre 2021 et le 13 juin 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- l'allocation pour demandeur d'asile dont il a été privé au cours des périodes durant lesquelles il était titulaire d'une attestation de demande d'asile, lui a été versée au mois de novembre 2020 et la somme de 48, 40 euros qui reste due, va être régularisée ;

- le requérant ne peut prétendre au versement de cette allocation au cours de période durant laquelle il n'était pas en possession d'une attestation de demande d'asile, soit du 18 juillet 2019 au 14 septembre 2020.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant érythréen né le 15 août 1969, a introduit une demande d'asile en France le 20 septembre 2018 et a bénéficié à ce titre des conditions matérielles d'accueil jusqu'au mois de mai 2019, période à laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a cessé le versement à son profit de l'allocation de demandeur d'asile. Par une décision du 10 mai 2019 dont M. B demande l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII de Montrouge a procédé au retrait de plein droit de ses conditions matérielles d'accueil.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le directeur général de l'OFII a rétabli M. B au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif et a procédé au versement des sommes dues au titre de l'allocation pour demandeur d'asile sur les périodes au cours desquelles il a été titulaire d'une attestation de demande d'asile, soit du 1er mai 2019 au 17 juillet 2019, puis à compter du 15 septembre 2020, ainsi qu'en attestent les pièces non contestées versées à l'instance. Par suite, la décision attaquée du 10 mai 2019 a été implicitement mais nécessairement retirée. En outre, l'intéressé a bénéficié desdites conditions jusqu'à la notification de la décision définitive prise sur sa demande d'asile et M. B ayant obtenu la qualité de réfugié le 9 décembre 2020. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile () sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile () Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre () ". En vertu de l'article D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Sont admis au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile : / 1° Les demandeurs d'asile qui ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 744-1 et qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile délivrée en application de l'article L. 741-1 () ".

4. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que M. B ne bénéficiait pas d'attestation de demandeur d'asile entre le 18 juillet 2019 et le 14 septembre 2020. Il ne se prévaut d'aucune démarche particulière permettant d'imputer cette situation à l'administration. Dans ces conditions, n'étant plus titulaire d'une attestation en cours de validité entre le 18 juillet 2019 et le 14 septembre 2020, les dispositions citées au point précédent font obstacle à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile pour la période en cause.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, Mme A et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

C. A

Le président,

signé

R. Féral

La greffière,

signé

M. E

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation

Le Greffier

N°1914326

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