jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1915088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BALME LEYGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 novembre 2019 et le 11 septembre 2020, M. B, représenté par Me Balme Leygues, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions des 24 octobre 2019 et 18 novembre 2019 par lesquelles la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, d'une part, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi le 17 juillet 2019 et décidé que les arrêts de travail consécutifs relevaient du régime du congé de maladie ordinaire, et, d'autre part, a prononcé son passage à demi-traitement pour la période comprise entre le 7 et le 30 novembre 2019 ;
2°) d'enjoindre à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, d'une part, de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi le 17 juillet 2019 ou, à défaut, de statuer à nouveau sur cette demande, et, d'autre part, de rétablir son plein traitement à compter du 7 novembre 2019, dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la décision du 24 octobre 2019 a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'elle a été édictée avant que la commission de réforme émette son avis, en méconnaissance de l'article 47-6 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, que l'absence d'indication des modalités de vote de cet avis par les membres de la commission de réforme ne lui permet pas d'en vérifier la conformité aux dispositions de l'article 19 de ce même décret, qu'il n'a pas disposé d'un délai de consultation suffisant de son dossier administratif, en méconnaissance de ce même article, et que celui-ci était incomplet, en méconnaissance de l'article 18 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que la présomption d'imputabilité au service est irréfragable lorsque l'accident a été subi sur le lieu de travail, pendant les horaires de service, en raison du comportement d'un supérieur hiérarchique et à propos d'un sujet professionnel ;
- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il n'a pas refusé de sortir du bureau de son supérieur hiérarchique et qu'il n'a pas tenu de propos fautifs ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les faits subis sont constitutifs d'un accident imputable au service et qu'il n'a, en tout état de cause, pas commis de faute de nature à détacher l'accident du service ;
- la décision du 18 novembre 2019 est illégale par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère,
- les conclusions de M. Camguilhem, rapporteur public,
- les observations de Me Balme Leygues, représentant M. B,
- et les observations de M. D, représentant le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, titularisé au grade d'inspecteur des finances publiques le 1er septembre 2002, est affecté à la mission départementale risques-audit (MDRA) auprès de la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise depuis le 1er septembre 2013. Il déclare avoir subi une agression physique de la part de son supérieur hiérarchique sur son lieu de travail, le 17 juillet 2019, raison pour laquelle il a été placé en arrêt de travail pour les périodes ayant couru du 18 au 26 juillet 2019, puis du 26 août au 31 décembre 2019. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions des 24 octobre 2019 et 18 novembre 2019 par lesquelles la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, d'une part, a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 17 juillet 2019 et décidé que les arrêts de travail consécutifs relevaient du régime du congé de maladie ordinaire, et, d'autre part, a prononcé son passage à demi-traitement pour la période comprise entre le 7 et le 30 novembre 2019. M. B demande également au tribunal d'enjoindre à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, d'une part, de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi le 17 juillet 2019 ou, à défaut, de statuer à nouveau sur cette demande, et, d'autre part, de rétablir son plein traitement à compter du 7 novembre 2019, dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service.
4. Il ressort des pièces du dossier que le 17 juillet 2019, M. B a eu une altercation sur son lieu de travail pendant ses horaires de service avec son supérieur hiérarchique, M. C, qui admet l'avoir poussé et ainsi provoqué un choc avec un meuble. Le médecin du centre hospitalier " René Dubos " de Cergy (Val-d'Oise) qui a examiné M. B le jour-même a indiqué que l'intéressé " () a une griffure dans le dos. Il est choqué psychologiquement, avait des tremblements au décours immédiat. ". L'intéressé a été placé en congé de maladie ordinaire pour les périodes comprises ayant couru du 18 au 26 juillet 2019, puis du 26 août au 31 décembre 2019. Quand bien même M. B aurait refusé de sortir du bureau de son supérieur hiérarchique, aurait tenu des propos inappropriés dont la vraisemblance est corroborée par son attitude antérieure, et aurait déclenché le conflit verbal l'opposant à son supérieur, il n'est pas contesté que seul ce dernier est à l'origine de l'agression physique subie par l'intéressé. Ainsi, et nonobstant l'avis défavorable émis par la commission de réforme le 17 octobre 2019, la faute personnelle de M. B n'est pas de nature à détacher l'accident subi du service. Par conséquent, M. B est fondé à soutenir que la décision du 24 octobre 2019, par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident, est entachée d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 24 octobre 2019 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi le 17 juillet 2019 et a décidé que les arrêts de travail consécutifs relevaient du régime du congé de maladie ordinaire. Il en va de même, par voie de conséquence, de la décision du 18 novembre 2019 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé son passage à demi-traitement pour la période comprise entre les 7 et 30 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de M. B, il y a lieu d'enjoindre à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'il a subi le 17 juillet 2019 et de régulariser sa situation administrative et financière en conséquence. A ce stade, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les décisions du 24 octobre 2019 et du 18 novembre 2019 de la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par M. B le 17 juillet 2019 et, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, de régulariser sa situation administrative et financière en conséquence.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de M. B sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente,
Mmes E et Gay-Heuzey, conseillères,
Assistées de Mme Ricaud, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
N°1915088
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026