lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1915233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2019 et 9 juin 2021, M. A B, représenté par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 juillet 2019 par laquelle le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a refusé la prise en charge de son arrêt de travail du 2 juillet au 1er novembre 2019 tant au titre de l'accident de service qu'au titre de la maladie ordinaire et l'a placé en situation d'absence irrégulière à compter du 2 juillet 2019, ensemble la décision du 3 octobre 2019 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 31 juillet 2019 est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'aucune contre-visite médicale n'a été diligentée par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris en application de l'article 15 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à son état de santé sur la période concernée ;
- elle procède au retrait illégal de la décision du 7 mars 2006 reconnaissant l'accident du 26 janvier 2006 comme imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2021, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juin 2021 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bellity, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Riedinger, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, aide-soignant titulaire à l'hôpital Louis Mourier de Colombes, a été victime d'un accident de trajet le 26 janvier 2006. Il a été placé en congé de maladie imputable au service du 26 janvier 2006 au 1er avril 2012 puis du 10 avril 2012 au 1er juillet 2019 pour une maladie psychologique reconnue imputable à l'accident précité. A l'occasion de la visite médicale de reprise auprès du médecin du travail de l'établissement en date du 20 juin 2019, ce dernier a estimé qu'il était apte à une reprise de son activité à mi-temps thérapeutique à compter du 2 juillet 2019 sur un poste au service des archives. M. B ne s'est pas présenté à son poste et s'est vu prescrire un arrêt de travail de prolongation pour la période du 2 juillet au 1er novembre 2019. Par une décision en date du 31 juillet 2019, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a refusé la prise en charge de l'arrêt de travail de prolongation de M. B tant au titre de l'accident de service qu'au titre de la maladie ordinaire et l'a placé en situation d'absence irrégulière à compter du 2 juillet 2019. Le recours gracieux de M. B contre cette décision a fait l'objet d'une décision de rejet le 3 octobre 2019. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions des 31 juillet et 3 octobre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 14 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière : " Sous réserve des dispositions de l'article 15 ci-dessous, en cas de maladie dûment constatée le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, le fonctionnaire hospitalier est de droit en congé de maladie ". Aux termes de l'article 15 de ce décret dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. / () / Les fonctionnaires bénéficiaires d'un congé de maladie doivent se soumettre au contrôle exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Cette dernière peut faire procéder à tout moment à la contre-visite de l'intéressé par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption de sa rémunération, à cette contre-visite. / Le comité médical compétent peut être saisi par l'administration ou par l'intéressé des conclusions du médecin agréé. ".
3. D'une part, en vertu des dispositions de l'article 15, dans leur rédaction précitées, du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitudes physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, les fonctionnaires bénéficiaires d'un congé de maladie doivent se soumettre au contrôle exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Cette dernière peut faire procéder à tout moment à la contre-visite de l'intéressé par un médecin agréé. Le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption de sa rémunération, à cette contre-visite.
4. D'autre part, il résulte de ces mêmes dispositions que la mise en œuvre d'une contre-visite médicale n'est soumise au respect d'aucun formalisme particulier. Dès lors, il appartient à l'administration qui entend soumettre un agent, placé en congé de maladie pour une période déterminée, à une telle contre-visite, de recourir aux modalités qui s'imposent pour permettre de donner un effet utile au contrôle qu'elle entend effectuer.
5. En l'espèce, il est constant que M. B, placé en congé de maladie imputable au service du 26 janvier 2006 au 1er avril 2012 puis du 10 avril 2012 au 1er juillet 2019, a été examiné le 20 juin 2019 par le médecin du travail de l'hôpital Louis Mourier dans le cadre de sa visite médicale de reprise et que ce dernier a estimé que l'intéressé était apte à une reprise de son activité à mi-temps thérapeutique à compter du 2 juillet 2019 sur un poste au service des archives qui lui a été proposé dans le cadre de la procédure de reclassement. Il est également constant que M. B a adressé à son employeur un avis d'arrêt de travail, établi le 2 juillet 2019, pour la période du 2 juillet au 1er novembre 2019. Si l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris fait valoir que cet arrêt de travail n'était pas médicalement justifié en se fondant sur l'avis réalisé sur pièce le 23 juillet 2019 par un médecin agréé, il n'est pas contesté qu'elle n'a pas procédé à une contre-visite médicale, telle que prévue par les dispositions précitées de l'article 15 du décret du 19 avril 1988, avant de prendre la décision en litige. Dans ces conditions, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris ne pouvait pas légalement, par la décision contestée du 31 juillet 2019, placer M. B en situation d'absence irrégulière à compter du 2 juillet 2019. Par suite, ce dernier est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de cette décision, à en demander l'annulation, ainsi que par voie de conséquence celle de la décision de rejet du 3 octobre 2019 opposée à son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 31 juillet 2019 par laquelle le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a refusé la prise en charge de l'arrêt de travail de M. B du 2 juillet au 1er novembre 2019 tant au titre de l'accident de service qu'au titre de la maladie ordinaire et l'a placé en situation d'absence irrégulière à compter du 2 juillet 2019, ensemble la décision du 3 octobre 2019 rejetant le recours gracieux de l'intéressé, sont annulées.
Article 2 : L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, président,
M. Lebdiri, premier conseiller,
M. Bellity, premier conseiller,
assistés de Mme Bonfanti, greffier.
Rendu public par une mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
C. BELLITY
La présidente,
Signé
H. LE GRIEL
La greffière,
signé
D. BONFANTI
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
POUR AMPLIATION, LE GREFFIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026