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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-1915317

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-1915317

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-1915317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPE MERY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 1922207 du 29 novembre 2019, la présidente du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en application des articles R. 312-14 et R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête de la société les Mutuelles du Mans Assurances (MMA IARD) et de M. A B, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 15 octobre 2019.

Par cette requête, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 30 juin 2022, 23 décembre 2022, 25 mars et 3 avril 2024, la société MMA IARD et M. A B, représentés par Me Mery, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à M. B la somme de 6 700 euros en réparation du préjudice résultant de l'incendie de sa véranda par Nicholas Koskas après que celui-ci ait échappé à la surveillance de ses ambulanciers au cours de son transport sanitaire de l'hôpital Béclère à Clamart (92) au centre Hospitalier Henri Ey à Bonneval (28), assortie des intérêts au taux légal à partir du 25 juillet 2019 ;

2°) de condamner l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à la société MMA IARD la somme de 44 533,93 euros en réparation de ses préjudices résultant des mêmes faits, assortie des intérêts au taux légal à partir du 25 juillet 2019 ;

3°) de condamner l'AP-HP aux entiers dépens ;

4°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros à verser à M. B et cette même somme à verser à la société MMA IARD en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'AP-HP a commis plusieurs fautes dans l'organisation du transport de Nicholas Koskas entre l'hôpital Béclère et le centre hospitalier Henri Ey dans la nuit du 11 au 12 mai 2016 en omettant de donner des consignes particulières en lien avec l'état de santé de Nicholas Koskas à son transporteur, la société Les ambulances de Sainte-Marie et de mettre un accompagnant à sa disposition alors même que la feuille de route du transfert le prévoyait ;

- ces fautes sont de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP sur le fondement du défaut d'organisation du service et du défaut de surveillance dans la survenance du dommage constitué par les dégâts matériels que Nicholas Koskas a causé au domicile de M. B à Montboissier (28) le 12 mai 2016 après avoir échappé à la surveillance de son transporteur et fui du véhicule sanitaire ;

- ce dommage a été à l'origine :

. pour M. B, de préjudices évalués par le tribunal judiciaire à une somme totale de 12 043 euros comprenant un préjudice financier de 6 043 euros et un préjudice matériel de 6 000 euros, qui ont fait l'objet d'une indemnisation partielle par Nicholas Koskas avant son décès à hauteur de 5 043 euros ;

. pour la société MMA IARD d'un préjudice financier d'un montant de 44 533,93 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 septembre 2021, le 30 août 2022 et le 16 janvier 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 21 mars 2024, l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la société à responsabilité limitée Fides, qui vient aux droits de la société Les ambulances de Sainte-Marie, la garantisse à hauteur de 80 % des condamnation prononcées à son encontre.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les demandes indemnitaires de M. B et de la société MMA IARD doivent être rejetées dès lors que :

. s'agissant de M. B, les préjudices dont il se prévaut ont déjà été indemnisés en exécution d'une condamnation de Nicholas Koskas par le tribunal judiciaire de Chartres ; il n'établit en outre pas la réalité de ses préjudices ni ne justifie de leur montant ;

. s'agissant de la société MMA IARD, elle n'établit pas la réalité de ses préjudices ni ne justifie de leur montant ;

- la juridiction administrative est compétente pour statuer sur son appel en garantie dès lors qu'elle a conclu en 2014 avec la société Les ambulances de Sainte-Marie un acte d'engagement lui confiant un marché public de transport sanitaire ;

- la société Les ambulances de Sainte-Marie a commis plusieurs fautes lors du transport de Nicholas Koskas en manquant d'avertir l'AP-HP et les forces de l'ordre après sa fuite, dont les circonstances restent inconnues ;

- ces fautes sont de nature à engager la responsabilité de la société Les ambulances de Sainte-Marie dans la survenance du dommage à hauteur de 80 % ;

- la solidarité des co-auteurs du dommage ne peut être retenue dans ces circonstances ;

- aucune autorité de la chose jugée ne saurait être reconnue au jugement rendu par le tribunal judiciaire de Chartres en date du 15 décembre 2022 et écartant la responsabilité de la société Les ambulances de Sainte-Marie dans la survenance du dommage dès lors que l'AP-HP n'était pas partie à l'instance et qu'aucune identité de parties, d'objet et de cause ne peut par conséquent être reconnue entre cette instance et le présent litige.

La requête a été communiquée à la société Fides, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par ordonnance du 5 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure ;

- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Dans la nuit du 11 au 12 mai 2016, Nicholas Koskas, patient hospitalisé sans son consentement pour péril imminent à l'hôpital Béclère à Clamart (92), établissement de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), a fait l'objet d'un transfert au centre hospitalier Henri Ey à Bonneval (28), établissement psychiatrique, par un transporteur de la société Les ambulances de Sainte-Marie. Lors de ce transfert, il a échappé à la surveillance de ses transporteurs, sans qu'aucune alerte ne soit donnée, par ceux-ci, aux secours et a été retrouvé le 12 mai 2016 dans la maison de M. B à Montboissier (28), à cinq kilomètres de son point supposé d'arrivée, à laquelle il a causé des dégâts matériels en en incendiant la véranda. M. B et son assureur, la société Les Mutuelles du Mans Assurances (MMA IARD), subrogée dans ses droits, estiment que ce dommage engage la responsabilité de l'AP-HP en raison de fautes commises dans la surveillance de Nicholas Koskas lors de l'organisation de son transport.

2. Par un courrier du 25 juillet 2019, M. B et la société MMA IARD ont adressé à l'AP-HP une demande indemnitaire, reçue le 26 juillet 2019, qui a été rejetée. Par la présente requête, M. B et son assureur demandent la condamnation de l'AP-HP à les indemniser de leurs préjudices résultant de l'incendie causé à la maison de M. B le 12 mai 2016, en leur versant les sommes respectives de 6 700 euros et de 44 533,93 euros. L'AP-HP appelle en garantie la société Les ambulances de Sainte-Marie, aux droits de laquelle vient son liquidateur judiciaire la société Fides, à hauteur de 80 %, de la condamnation éventuellement prononcée à son encontre.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute". Pour établir l'existence d'une faute dans l'organisation du service hospitalier au titre du défaut de surveillance d'un patient atteint d'une pathologie psychiatrique, le juge doit notamment tenir compte, lorsque l'état de santé de ce patient fait courir le risque qu'il commette un acte agressif à son égard ou à l'égard d'autrui, non seulement de la pathologie en cause et du caractère effectivement prévisible d'un tel passage à l'acte, mais également du régime d'hospitalisation, libre ou sous contrainte, ainsi que des mesures que devait prendre le service, compte tenu de ses caractéristiques et des moyens dont il disposait.

4. Aux termes du I de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique : " Une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :/ () 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement () / 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1". Selon les dispositions du 1° du II de cet article, le directeur d'établissement peut prononcer cette décision sur demande d'un tiers et, selon celles du 2°, lorsque cela s'avère impossible et qu'il existe un péril imminent pour la santé de la personne constaté par un certificat médical.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Nicholas Koskas a été admis en soins psychiatriques pour péril imminent à l'hôpital Béclère sur le fondement du 2°) du II de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique le 11 mai 2016. Un certificat médical établi le 11 mai 2016 à 21 heures 10 indique qu'il présente des " croyances erronées et inadaptées à la réalité ", notamment est " persuadé que son amie fait partie d'une organisation terroriste, qu'elle cherche à le torturer et à tuer ses deux filles ", et relève en outre qu'il existe un risque de passage à l'acte hétéro-agressif. Il résulte en outre de l'instruction, et n'est pas sérieusement contesté par l'AP-HP, que le personnel de l'hôpital Béclère n'a donné aucune consigne au transporteur pour le transfert du patient dès lors que la feuille de route de transport sanitaire transmise à la société d'ambulance, qui a été versée à l'instance, indiquait seulement une heure de départ de l'hôpital Béclère à 23 heures 45 et une heure d'arrivée prévue à l'hôpital Henri Ey à 1 heure 19 le lendemain, ainsi que la nécessité de la présence d'un accompagnant, tandis que la rubrique " consignes à observer " de ce formulaire avait été laissée vierge et qu'aucun personnel n'avait, en dépit de cette mention, été mis à disposition. Dans ces conditions, il est établi que l'hôpital Béclère n'a pas pris les précautions requises, compte tenu de l'état de santé de Nicholas Koskas, qui était suffisamment préoccupant pour que soit décidée son hospitalisation pour péril imminent, pour organiser son transport, ce qui a rendu possible son évasion du véhicule sanitaire, dans des circonstances qui demeurent inconnues faute de défense de l'entreprise de transports. Cette carence doit être regardée comme constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP, qui présente avec l'incendie de la maison de M. B, et donc avec les préjudices en résultant, un lien direct et certain.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de M. B :

6. M. B évalue ses préjudices à la somme totale de 12 043 euros et réclame dans la présente instance la somme de 6 700 euros.

7. L'indemnité qui peut être allouée à M. B ne doit compenser que le préjudice effectivement subi qui n'a pas été déjà réparé. Dès lors, il y a lieu de tenir compte des sommes déjà versées à M. B, au titre de ses préjudices personnels en exécution du jugement en date du 16 mai 2019 devenu définitif du tribunal judiciaire de Chartres qui a condamné Nicholas Koskas à verser à M. B la somme totale de 12 043 euros au titre de la réparation de ses préjudices. Il résulte de l'instruction que Nicholas Koskas a versé à M. B la somme de 5 343 euros en exécution de ce jugement avant de décéder, le 24 décembre 2019. Néanmoins, il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas établi par M. B, qui ne verse aucune pièce à l'instance en dépit d'une mesure d'instruction réitérée en ce sens, que le décès de Nicholas Koskas aurait fait échec à ce que la somme 6 700 euros qu'il restait à lui verser en exécution du jugement du 16 mai 2019 puisse être recouvrée auprès de la succession du défunt et qu'il n'aurait pas été indemnisé de l'intégralité de ses préjudices. En tout état de cause, M. B, qui a été indemnisé par son assureur au titre des dégâts causés à son habitation, n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices résiduels dont il se prévaut, en dépit, là encore, de mesures d'instruction en ce sens. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les préjudices de la société MMA IARD :

8. Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur. () ".

9. Il résulte de l'instruction, et notamment de la quittance de règlement de sinistre à concurrence de 44 533,93 euros, en lien avec un sinistre du 12 mai 2016, que la société MMA IARD a réglé à M. B la somme de 44 533,93 euros au titre des désordres nés de l'incendie ayant affecté sa maison le 12 mai 2016.

10. Dans ces conditions, la société MMA IARD est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à l'indemniser de la somme de 44 533,93 euros au titre du dommage causé à l'habitation de M. B.

Sur l'appel en garantie formé par l'AP-HP à l'encontre la société Les ambulances de Sainte-Marie :

11. L'AP-HP doit être regardée comme appelant en garantie l'entreprise Les ambulances de Sainte-Marie, qui a transporté Nicholas Koskas pendant la nuit du 11 au 12 mai 2016, aux droits de laquelle vient la société Fides, sur le fondement de sa responsabilité contractuelle et comme soutenant que cette société d'ambulances a commis des manquements fautifs dans l'exécution du contrat par lequel lui sont confiées des prestations de transport de nuit.

12. En premier lieu, l'autorité de la chose jugée par une décision rendue dans un litige de plein contentieux est subordonnée à la triple identité de parties, d'objet et de cause.

13. Il résulte de l'instruction que la responsabilité de la société Les ambulances de Sainte-Marie dans la survenance du dommage, dont la société MMA IARD demandait l'engagement à son égard, avait été écartée par le tribunal judiciaire de Chartres par un jugement du 22 décembre 2014 devenu définitif. Néanmoins, cette responsabilité n'ayant pas été examinée au regard des obligations contractuelles de cette société dans le cadre de l'exécution du contrat de droit public la liant à l'AP-HP, et à l'égard de cette dernière, dont le juge judiciaire n'aurait, en tout état de cause, pas été compétent pour connaître, cette décision a été rendue dans un litige dans lequel était examinée une cause juridique différente de celle du présent litige. Dès lors, la société MMA IARD n'est pas fondée à soutenir que l'autorité de la chose jugée doit être opposée aux conclusions à fin d'appel en garantie formulées par l'AP-HP à l'encontre des ambulances Sainte-Marie.

14. En second lieu, l'AP-HP, qui verse à l'instance le contrat l'ayant liée à la société Les ambulances de Sainte-Marie, fait valoir qu'il est " surprenant " que Nicholas Koskas ait pu échapper à la surveillance de son transporteur au cours de son acheminement et que la société d'ambulances aurait commis une faute en omettant de lui signaler la fuite de Nicholas Koskas et d'en alerter les forces de l'ordre. Néanmoins, eu égard aux documents contractuels versés à l'instance, aucune méconnaissance des stipulations contractuelles, qui ne comportent aucune clause au titre d'obligation de signalement, ne peut être imputée à la société de transport. Il n'est en outre pas contesté que la feuille de route transmise par l'AP-HP à la société de transport ne comportait aucune consigne particulière pour le transfert de Nicholas Koskas et que cette même feuille prévoyait un accompagnant, qui n'a pourtant pas été mis à la disposition du transporteur par l'AP-HP.

15. Dans ces conditions, l'AP-HP n'est pas fondée à soutenir que la société Les ambulances de Sainte-Marie, aux droits de laquelle vient la société Fides, a manqué à ses obligations contractuelles dans l'exécution de la prestation de transport de Nicholas Koskas. Les conclusions à fin d'appel en garantie formulées par l'AP-HP à l'encontre de la société Fides ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

16. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343 2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

17. La société MMA IARD demande que les indemnités allouées par le présent jugement soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 juillet 2019, date de notification à l'AP-HP de sa demande indemnitaire préalable.

Sur les frais du litige :

18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent la contribution pour l'aide juridique prévue à l'article 1635 bis Q du code général des impôts, ainsi que les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Si les requérants demandent que les dépens soient mis à la charge de l'AP-HP, ils ne justifient d'aucun frais à ce titre. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

19. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme globale de 2 000 euros à verser à la société MMA IARD et à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1 : L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris versera à la société MMA IARD la somme de 44 533,93 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 juillet 2019, en réparation des préjudices subis.

Article 2 : L'AP-HP versera à la société MMA IARD et à M. B une somme globale de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté

Article 4 :

Le présent jugement sera notifié à la société Les Mutuelles du Mans Assurances, à M. A B, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la société Fides.

Délibéré après l'audience du 14 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Drevon-Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère, et Mme Moinecourt, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.

La rapporteure,

signé

L. Moinecourt

La présidente,

signé

E. Drevon-CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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