mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1915552 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | TIENDA-JOUHET |
Vu la procédure suivante :
Le tribunal des pensions militaires de Nanterre a transmis la requête de M. A D enregistrée le 25 avril 2018, au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise laquelle a été enregistrée le 29 octobre 2019 sous le n°1915552.
Par cette requête, enregistrée initialement le 25 avril 2018, M. A D, représenté par Me De Tienda-Jouhet, demande au tribunal :
1°) de réformer la décision du 3 novembre 2017 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande du 8 juillet 2016 tendant à la révision de sa pension militaire d'invalidité ;
2°) de lui octroyer une révision de sa pension militaire d'invalidité en raison de l'aggravation de l'infirmité : " troubles sphinctériens rectaux : incontinence, constipation " et, en conséquence de réviser ses droits à pension en fixant le taux d'invalidité résultant de cette infirmité à 55% et de lui reconnaître un droit à pension à compter de sa demande au taux de 40 % d'invalidité concernant l'infirmité nouvelle : " paresthésies des membres supérieurs " et au taux de 15 % d'invalidité concernant l'infirmité nouvelle : " syndrome du canal carpien gauche " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens de l'instance.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2019, le ministre des armées conclut au rejet de la requête de M. D.
Il fait valoir que la demande d'aggravation de l'infirmité est irrecevable et que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, conseillère ;
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D est né le 18 janvier 1954 à Saint-Etienne. A la suite d'un accident survenu le 13 décembre 1972 à l'occasion d'un saut en parachute qu'il effectuait lors de son service militaire, M. D s'est vu octroyer le bénéfice d'une pension militaire d'invalidité pour dix-huit infirmités au taux global de 100%+ 81°. Le 8 juillet 2016, il a sollicité la révision de ses droits à pension afin que soient prises en compte deux nouvelles infirmités. Cette demande a été rejetée par une décision du ministre de la défense du 3 novembre 2017. M. D a contesté cette décision et a alors saisi le tribunal des pensions militaires de Nanterre le 25 avril 2018. Ce tribunal a transmis son dossier au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise et, par sa requête, M. D demande la réformation de la décision du ministre du 3 novembre 2017.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la ministre des armées :
2. Sont irrecevables les conclusions tendant à l'octroi d'une pension au titre d'une infirmité, présentées directement devant le tribunal sans qu'il en ait été fait état dans une demande et sur lesquelles, dès lors, ni la commission de réforme ni le ministre n'ont été appelés à se prononcer.
3. Il résulte de l'instruction que M. D a présenté une demande de révision de sa pension militaire d'invalidité le 30 juin 2016 en faisant uniquement état de deux infirmités nouvelles à savoir un syndrome du canal carpien gauche et une paresthésie des membres supérieurs mais sans faire référence à l'aggravation de l'infirmité " troubles sphinctériens rectaux : incontinence, constipation " pour laquelle il était déjà pensionné. Si M. D fait valoir que sa demande était accompagnée d'un certificat médical établi par le Dr C lequel faisait également état d'une sclérose sténosante du sphincter anorectal et qu'il soutient que l'administration aurait dû en tenir compte dans sa décision, il est constant que le requérant n'a présenté aucune demande tendant à la prise en compte de l'aggravation de cette infirmité devant l'administration. Par suite, les conclusions tendant à la révision de la pension militaire d'invalidité au titre de l'aggravation de l'infirmité : " troubles sphinctériens rectaux : incontinence, constipation " sont irrecevables et la fin de non-recevoir opposée par la ministre en ce sens doit être accueillie.
Sur les droits de l'intéressé à révision de sa pension :
4. Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre en vigueur à la date de la demande de révision de sa pension formulée par M. D : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite () d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service (). ". Aux termes des dispositions de l'article L. 4 du même code : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 %. Il est concédé une pension :1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % () ".
En ce qui concerne l'infirmité nouvelle " paresthésies des membres supérieurs " :
5. Il résulte de l'instruction que le requérant souffre de paresthésies des membres supérieurs à un taux d'invalidité évalué par l'expert qui a examiné M. D à 40%. Toutefois, le ministre a estimé, dans sa décision du 3 novembre 2017, que la preuve de l'imputabilité au service de cette infirmité n'est pas rapportée et qu'elle est sans relation médicale directe et déterminante avec les infirmités indemnisées. Il résulte, en particulier, du rapport d'expertise du 24 avril 2017 du Dr B, médecin généraliste agréé, que si le compte-rendu de l'IRM du 7 décembre 2015 du rachis cervical fait état d'un rétrécissement canalaire en C4-C5 et à un moindre degré en C3-C4 et C5-C6, cette paresthésie est provoquée par la lésion médullaire cervicale sur discopathie arthrosique sténosante localisée de C3 à C6 mais le médecin en conclut qu'il n'y a pas de relation directe et déterminante entre les paresthésies des membres supérieurs et la syringomyélie localisée à la fracture sur la vertèbre thoracique T9. Il résulte par ailleurs de l'instruction que le dossier de M. D a également été examiné par le Dr E, médecin chargé des PMI du centre d'expertise médicale et de commissions de réforme sur le droit à pension d'invalidité, lequel a également conclu que cette infirmité est non imputable au service pour défaut de preuve et de présomption et sans relation médicale directe et déterminante avec une autre infirmité imputable. Si M. D fait valoir que le rétrécissement canalaire sur discopathie arthrosique sténosante localisée sur les cervicales C3 à C6 présente un lien direct avec la lésion médullaire à l'origine de ses infirmités, il se borne à faire référence au certificat médical du Dr C établi le 17 février 2014, qu'il a joint à sa demande de révision de pension, mais dont il ressort seulement que celui-ci a relevé que l'IRM du médullaire du 16 septembre 2013 avait mis en avant une " cavité syringomyélique d'allure kystique séquellaire au niveau de T9 " et une " réduction du canal cervical sur discopathie étagée de C3 à C6 " sans toutefois établir de lien entre ces deux constatations. Dans ces conditions, dès lors que M. D n'établit pas que l'infirmité dont il souffre est imputable au service ni qu'elle présente un lien avec les infirmités pour lesquelles il est déjà pensionné, il n'est pas fondé à demander la révision de sa pension pour tenir compte de cette nouvelle infirmité.
En ce qui concerne l'infirmité nouvelle " syndrome du canal carpien gauche " :
6. Il résulte de l'instruction que le requérant souffre d'un syndrome du canal carpien gauche se manifestant par des douleurs à l'occasion des transferts entre son fauteuil roulant et son lit. Il ressort des termes de la décision contestée que le taux d'invalidité de cette infirmité a été estimé comme étant inférieur au minimum indemnisable de 10%. Pour remettre en cause l'évaluation de ce taux, fixé par le Dr B dans son expertise du 24 avril 2017 et confirmé par le médecin chargé des PMI du centre d'expertise médicale et de commissions de réforme sur le droit à pension d'invalidité, le Dr E lequel a relevé que " les séquelles fonctionnelles expertales se limitaient à des douleurs lors des transferts lit-fauteuil ", le requérant se borne à invoquer la persistance de douleurs en dépit de l'opération qu'il a subie en 2011. Il renvoie également au certificat médical précité établi par le Dr C dont il ressort seulement, dans sa version produite par la ministre des armées, que ce syndrome est " dû très probablement aux efforts répétés pour le maniement de la roue du fauteuil roulant " sans toutefois que celui-ci fasse apparaître un taux d'invalidité égal ou supérieur à 10%. Dans ces conditions, M. D n'est pas davantage fondé à demander la révision de sa pension pour tenir compte de cette nouvelle infirmité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la réformation de la décision du 3 novembre 2017 par laquelle la ministre des armées à rejeter sa demande tendant à la révision de sa pension militaire d'invalidité.
Sur les dépens :
8. Aucun dépens n'ayant été exposés au titre de la présente instance, les conclusions présentées à ce titre sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, sans objet, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Jacquelin, premier conseiller,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024
La rapporteure,
signé
L. FabasLa présidente,
signé
H. Le GrielLa greffière,
signéH. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°191555
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026