mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1915665 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | QUÉRÉ |
Vu la procédure suivante :
Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Nanterre a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise le dossier de l'instance introduite par Mme C A B, enregistré au greffe du tribunal de grande Instance de Nanterre le 14 mai 2019.
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 14 mai 2019, 15 avril 2024 et 5 juin 2024, Mme C A B, représentée par Me Quéré, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2018 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité ;
2°) d'ordonner l'exécution de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que d'une part, elle dispose des pièces nécessaires pour établir l'imputabilité au service de sa pathologie, laquelle lui ouvre droit à une pension militaire d'invalidité au taux de 30% et d'autre part, qu'elle bénéficie d'un congé de longue durée reconnu imputable au service ;
- elle déclare renoncer à ses conclusions à fin d'indemnisation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 août 2020, 13 mai 2024 et 21 juin 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir dans le dernier état de ses écritures que :
- les pièces jointes produites dans le mémoire en réponse du 14 avril 2024 doivent être écartées du débat dès lors qu'elles ne respectent pas les prescriptions de l'article R. 414-5 du code de justice administrative ;
- il prend acte de ce que la requérante a indiqué renoncer à ses conclusions indemnitaires, - les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 avril 2016, Mme A B, caporal-chef à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, a sollicité l'attribution d'une pension militaire d'invalidité en raison d'un " burn-out " diagnostiqué le 31 janvier 2012. Par une décision du 15 novembre 2018, le ministre des armées a rejeté sa demande. Par sa requête, Mme A B demande l'annulation de cette décision
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 151-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, qui reprend les dispositions de l'ancien article L. 6 de ce même code : " La pension militaire d'invalidité prévue par le présent code est attribuée sur demande de l'intéressé. L'entrée en jouissance est fixée à la date du dépôt de la demande (). " Aux termes de l'article L.2 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ". Aux termes de l'article L.4 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les pensions sont établies d'après le degré d'invalidité. Sont prises en considération les infirmités entraînant une invalidité égale ou supérieure à 10 %. Il est concédé une pension : 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % ; 2° Au titre d'infirmités résultant de maladies associées à des infirmités résultant de blessures, si le degré total d'invalidité atteint ou dépasse 30 % ; 3° Au titre d'infirmité résultant exclusivement de maladie, si le degré d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse : 30 % en cas d'infirmité unique ; 40 % en cas d'infirmités multiples. En cas d'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'une infirmité étrangère à celui-ci, cette aggravation seule est prise en considération, dans les conditions définies aux alinéas précédents. Toutefois, si le pourcentage total de l'infirmité aggravée est égal ou supérieur à 60 %, la pension est établie sur ce pourcentage ".
2. En vertu de l'article L. 25 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, lorsque le demandeur de pension ne peut bénéficier de la présomption légale d'imputabilité et que cette imputabilité est niée par l'administration, la décision juridictionnelle lui attribuant pension doit faire ressortir les faits et documents ou les raisons d'ordre médical établissant que l'infirmité provient d'une blessure reçue, d'un accident subi ou d'une maladie contractée par le fait ou à l'occasion du service. Cette preuve ne saurait résulter de la seule circonstance que l'infirmité est apparue durant le service, ni d'une probabilité même forte, d'une vraisemblance ou d'une simple hypothèse médicale. Si ces principes n'interdisent pas aux juges du fond, faisant usage de leur pouvoir souverain d'appréciation, de puiser dans l'ensemble des renseignements contenus au dossier une force probante suffisante pour former leur conviction et décider en conséquence que la preuve de l'imputabilité doit être regardée comme établie, c'est à la condition de motiver expressément leur décision sur ce point en mentionnant les éléments qui leur semblent justifier en l'espèce une dérogation à ces principes.
3. Pour refuser de concéder la pension militaire d'invalidité sollicitée par la requérante au titre d'un " burn-out " depuis 2012, le ministre des armées a considéré que le lien avec le service n'est pas établi et que la présomption d'imputabilité ne s'applique pas. D'une part, s'il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport circonstancié rédigé le 4 avril 2019 et des diverses attestations émises par des psychothérapeutes que Mme A B souffre de symptômes d'épuisement professionnel depuis 2012, elle ne produit aucun élément probant permettant d'établir que sa pathologie aurait été causée par des conditions de travail qui excédaient les conditions générales de service auxquelles étaient soumis les autres agents du service. D'autre part, contrairement à ce qu'elle fait valoir, la circonstance selon laquelle elle a été placée en congé de maladie imputable au service depuis le 16 octobre 2017, soit postérieurement à la date à laquelle elle a formulé sa demande de pension militaire d'invalidité, ne permet pas non plus d'établir que le " burn-out " dont elle a souffert à compter de 2012 serait imputable au service, ni qu'il serait en lien avec les arrêts maladies dont elle entend se prévaloir. Dans ces conditions, c'est à bon droit et sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le ministre des armées a refusé de lui octroyer la pension sollicitée.
4. Il résulte de tout de ce qui précède, et sans qu'il n'y ait lieu d'écarter les pièces du débat, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que la somme réclamée par Mme A B soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
T. Debourg
La présidente,
Signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°1915665
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026