mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1915733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | EL ABDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2019 et un mémoire enregistré le 17 juillet 2021, M. B, représenté par Me Kamila El Abdi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2019, notifié le 30 novembre suivant, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a délivré une contrainte en vue de recouvrer un indu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 2 346,80 euros ;
2°) de procéder au rééchelonnement de sa dette à hauteur de 97,78 euros par mois pendant 24 mois.
Il soutient que les difficultés financières qu'il rencontre, liées notamment à l'indisponibilité du véhicule nécessaire à son activité professionnelle alors que ses charges familiales sont importantes, ne lui permettent pas de faire face au remboursement de la somme réclamée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Par un courrier du 2 novembre 2022 les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de se fonder sur un moyen d'ordre public relevé d'office et tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de rééchelonnement de la dette.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Baude, rapporteur ;
Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de présenter ses conclusions en séance.
Considérant ce qui suit :
1.Monsieur B demande l'annulation de la contrainte que le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a notifié le 30 novembre 2019 en vue du recouvrement d'une somme de 2 346,80 € correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement.
Sur les conclusions d'annulation de la contrainte :
2.Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée et sans préjudice des articles L. 133-4 du présent code et L. 725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ".
3.En vertu de l'article L. 351-11 du code de la construction et de l'habitation, l'article L. 161-1-5 précité est applicable au recouvrement des sommes indûment versées au titre de l'aide personnalisée au logement.
4.Il ressort des pièces du dossier que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a mis en demeure le 8 mars 2016 M. B de rembourser un indu d'allocation personnalisée au logement correspondant à des versements réalisés de mars à juillet 2015 alors que sa famille avait quitté son domicile pour se rendre au Maroc. Cette mise en demeure a fait l'objet d'une demande de remise gracieuse du requérant rejetée le 28 octobre 2015 après avis de la commission des recours. Elle a donné lieu le 30 novembre à la notification de la contrainte dont le requérant demande l'annulation.
5.M. B ne conteste ni dans son principe ni dans son montant l'indu ayant donné lieu à la contrainte qui lui a été délivrée. Il soutient que l'entretien de sa famille et l'éducation de ses quatre enfants résidant au Maroc représentent pour lui une lourde charge financière, et qu'il rencontre par ailleurs des difficultés dans l'exercice de sa profession de chauffeur de taxi. Ces circonstances liées à ses capacités contributives sont toutefois étrangères au bien-fondé de la créance de la caisse d'allocations familiales. Dès lors le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
Sur les conclusions tendant au rééchelonnement de la dette :
6.Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article L. 351-11 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " le montant de l'indu peut être réduit ou remis en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclaration ".
7.Il résulte de ces dispositions qu'un indu d'allocation personnalisée au logement peut, au regard de la situation du débiteur, être réduit ou remis indépendamment du bien-fondé de la décision de récupération prise par l'organisme payeur. Toutefois, la saisine du tribunal administratif en vue d'apprécier si les conditions de l'article L. 351-11 précité sont réunies est subordonnée à l'examen préalable par cet organisme et à sa décision sur l'octroi d'une telle remise ou réduction, et que cette décision ne soit pas devenue définitive.
8.M. B demande au tribunal, à titre subsidiaire, de lui accorder un délai pour effectuer le remboursement des sommes restant encore dues. Il n'appartient toutefois pas aux tribunaux administratifs de se substituer à l'organisme payeur pour accorder au débiteur de celui-ci un aménagement du remboursement de la dette issu d'un indu d'une prestation d'aide sociale. La demande du requérant, présentée directement devant le tribunal sans être assortie de conclusions tendant à l'annulation d'une décision de la caisse d'allocation des Hauts-de-Seine refusant de lui accorder une remise gracieuse de sa dette, ne peut donc qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. D et M. A premiers conseillers
Assistés de M. Lux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-E. A Le président,
signé
P. Thierry
Le greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 19157332
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026