lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-1916437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | PERSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2019, Mme A C, représentée par Me Persa, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 30 septembre 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Montrouge a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Elle soutient que l'OFII doit lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dès lors que sa demande d'asile a été enregistrée en procédure normale et qu'elle vit sans aucune ressource.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par un courrier en date du 31 août 2022, une demande de maintien de la requête a été adressée à Mme C en application de l'article R. 612-5-1 du code de justcie administrative.
Par un mémoire, enregistré le 7 septembre 2022 et non communiqué, Mme C, représentée par Me Persa, a maintenu sa requête et indiqué qu'elle n'entendait pas présenter d'observations en réponse au mémoire en défense produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Féral, Président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante angolaise née le 27 juillet 1980, est entrée irrégulièrement en France le 26 mai 2017. Sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite " Dublin " le 10 août 2017 et l'intéressée a accepté, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par arrêté du 28 février 2018, le préfet des Yvelines a décidé de son transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile et par courrier du 22 mars 2018, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Cette suspension a été prononcée par décision du 21 avril 2018. Après l'expiration du délai de transfert, l'intéressée s'est présentée auprès des services de la préfecture des Yvelines et sa demande d'asile a été enregistrée en procédure normale le 30 septembre 2019. Par décision du même jour, dont Mme C demande l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII de Montrouge a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; / () Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
3. Mme C ayant été initialement admise au bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 10 août 2017, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, il résulte de ce qui est énoncé au point précédent que sa situation doit être appréciée au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction en vigueur avant le 1er janvier 2019.
4. Les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'OFII après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'OFII de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
5. En l'espèce, la cicronstance que la demande d'asile de Mme C a été enregistrée en procédure normale le 30 septembre 2019 n'imposait pas à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil péralablement suspendue. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'elle est célibataire, sans enfant et âgée de trentre-neuf ans à la date de la décision attaquée et ne présente aucun élément de nature à attester d'une vulnérabilité particulière ou de besoins spécifiques en matière d'accueil. Par ailleurs, la requérante ne conteste pas ne pas s'être conformée à la décision de transfert prise à son encontre. En outre, comme le fait valoir l'OFII, elle ne justifie pas des raisons pour lesquelles elle est restée sans attestation de demandeur d'asile valide entre le 17 mai 2018 et le 30 septembre 2019. Or, en vertu des dispositions alors codifiées à l'article D. 744-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration. Par ailleurs, Mme C ne fournit aucune précision sur sa situation et ses conditions de vie entre la date de suspension de ses conditions matérielles d'accueil, le 21 avril 2018, décision qu'elle n'a d'ailleurs pas contestée, et celle de l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et sur les raisons pour lesquelles elle ne s'est pas manifestée auprès des autorités pendant cette période de près de dix-huit mois. Par suite, le moyen tiré de ce que l'OFII était tenue de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être écarté. Elle n'est pas davantage fondée à soutenir, à supposer même que le moyen soit invoqué, que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation de vulnérabilité.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 30 septembre 2019.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
M. B et M. D, premiers conseillers,
assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
R. Féral
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
S. B
La greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
Le Greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026