jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2000356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre (J.U.) |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 janvier 2020 et le 18 novembre 2021, Mme H, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 novembre 2019 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles lui a infligé la sanction de blâme ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de retirer de son dossier l'intégralité des pièces liées à sa sanction disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle repose sur des faits qui ne sont pas matériellement établis ;
- le seul grief avéré, à savoir l'insulte d'un collègue suivie d'excuses, est insusceptible à lui seul de justifier d'un blâme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de procédure civile ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Oriol, rapporteure ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- et les observations de Me Bourgeois, substituant Me Arvis, pour Mme H.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H est professeure certifiée de classe normale en lettres modernes et coordonnatrice de l'unité pédagogique pour les élèves allophones arrivants (UPE2A) du collège Edouard Vaillant de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Par la présente requête, elle demande au tribunal l'annulation de la décision du 12 novembre 2019 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles lui a infligé la sanction de blâme.
Sur le moyen tiré du vice d'incompétence :
2. Aux termes de l'article D. 222-20 du code de l'éducation, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le recteur est autorisé à déléguer sa signature au secrétaire général de l'académie et, en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci, à l'adjoint au secrétaire général d'académie () dans la limite de leurs attributions () / Les délégations mentionnées aux alinéas précédents fixent les actes pour lesquels elles ont été accordées. Elles entrent en vigueur le lendemain du jour de leur publication au recueil des actes administratifs de la préfecture de région, pour ce qui concerne les délégations consenties par le recteur () et peuvent être abrogées à tout moment. Elles prennent fin en même temps que les fonctions de celui qui les a données ou en même temps que les fonctions de celui qui les a reçues. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par Mme D F d'Incamps, secrétaire générale adjointe de l'académie de Versailles, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par arrêté de la rectrice en date du 15 avril 2019. Par suite, le moyen tiré de son incompétence, qui manque en fait, doit être écarté.
Sur la matérialité des faits :
4. Pour édicter la sanction de blâme en litige, la rectrice de l'académie de Versailles a reproché à Mme H d'avoir porté atteinte à l'intégrité morale d'une élève de 3ème, d'avoir insulté un collègue, d'avoir tenu des propos injurieux et irrespectueux à l'égard de sa cheffe d'établissement, d'avoir modifié l'emploi du temps d'une classe et décidé du maintien d'une élève en classe de 3ème sans accord de sa hiérarchie, dont elle n'a pas respecté le calendrier, d'avoir failli dans le suivi administratif des élèves de sa classe, de leur avoir communiqué des résultats d'examens sans accord hiérarchique, et, enfin, de ne pas avoir respecté les consignes de sa cheffe d'établissement quant au respect de ses obligations et au positionnement attendu d'elle.
5. En premier lieu, Mme H admet avoir insulté son collègue professeur de physique-chimie, M. E C, à l'occasion du conseil de classe qui s'est tenu le 18 mars 2019, en le traitant de " connard ". Quand bien même elle s'en serait excusée et que M. C aurait accepté ses excuses, le grief tiré de cette insulte est matériellement établi.
6. En deuxième lieu, si Mme H conteste avoir tenu des propos injurieux et irrespectueux à l'égard de sa cheffe d'établissement, Mme B, il ressort du témoignage versé à l'instance de Mme G, assistante de direction, qu'elle a croisé Mme H le 17 mai 2019, " remontée et révoltée contre la direction ", ajoutant que, le 16 mai 2019, l'intéressée a indiqué en vouloir à Mme B et l'a traitée de " merde ". Il ressort également de la synthèse des incidents concernant Mme H rédigée par Mme B que l'intéressée lui a reproché d'avoir mal organisé l'examen du diplôme en langue française qui s'est tenu au collège le 14 mai 2019, en ne prévoyant pas d'enveloppes et de trombones pour la mise en place des sujets, qu'elle lui a ensuite restitués au prétexte d'un cadeau avec un message dénonçant en creux les errements de l'administration. Il ressort de cette même synthèse que Mme H a indiqué à Mme B, le lendemain, qu'elle lui " cassait les pieds " et " l'avait flinguée ", avant de fondre en larmes et de reconnaître qu'elle " partait en vrille ", puis d'indiquer aller voir son médecin car, " depuis qu'elle est toute petite, elle est toujours comme cela ". Si Mme H soutient que ces faits doivent être relativisés dans la mesure où Mme B lui a fait subir un harcèlement moral, elle n'en justifie pas en se bornant à soutenir qu'elle a bénéficié de la protection fonctionnelle à titre provisoire. Enfin, Mme H ne conteste pas avoir adressé à Mme B un courriel du 7 octobre 2019, dans lequel elle a écrit : " il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Tout le monde ou presque est d'accord avec ça, donc on ne peut pas me coller un énième rapport pour cette phrase ", propos pouvant viser sa cheffe d'établissement, même si Mme H s'en défend devant le tribunal. Dès lors, le grief tiré des propos injurieux et irrespectueux à l'égard de la cheffe d'établissement de Mme H doit être considéré comme matériellement établi.
7. En troisième lieu, si Mme H soutient qu'elle n'a pas modifié l'emploi du temps de la classe de 3ème sans l'accord de sa cheffe d'établissement, il ressort des pièces du dossier qu'elle a adressé un courriel en date du 15 décembre 2018 en arguant d'un accord hiérarchique dont se défend la rectrice de l'académie de Versailles et qui ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier. Dès lors, le grief tiré de ce que Mme H a modifié l'emploi du temps d'une classe sans l'accord de sa hiérarchie doit être considéré comme étant matériellement établi.
8. Dans ces conditions, quand bien même les autres griefs dirigés contre Mme H, qui a manqué à ses devoirs d'obéissance et de dignité, ne seraient pas établis, elle n'est pas fondée à soutenir que la sanction qui lui a été infligée ne reposerait que sur des allégations non justifiées.
Sur le bien-fondé de la sanction :
9. Aux termes de l'article 29 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. / () ". Selon l'article 66 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / () Premier groupe : / () le blâme () ".
10. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
11. Au vu des manquements évoqués aux points 5 à 7 du présent jugement, Mme H a commis des fautes justifiant qu'un blâme lui fût infligé. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions à fin d'annulation de Mme H doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A H et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Versailles.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. ORIOL
La greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
La greffière
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026