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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2001543

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2001543

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2001543
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantAMBROSELLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 7 février 2020, 18 février et 17 mai 2021, l'association Val-d'Oise Environnement, l'association Environnement et cadre de vie, l'association Comité Jean Vilar, Mme G I, Mme E D, Mme A C et Mme H F, représentés par Me Ambroselli, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2019 par lequel le préfet du Val-d'Oise a autorisé la construction d'un pôle de culture, de loisirs, de commerces et de logements dénommé " pôle Héloïse " sur le territoire de la commune d'Argenteuil au bénéfice de la société Groupe Fiminco, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la société Groupe Fiminco la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- le dossier de demande d'autorisation environnementale est insuffisant :

o en l'absence de mention de la qualité du signataire de la demande d'autorisation environnementale, en méconnaissance des dispositions du 1° de l'article R. 181-13 du code de l'environnement ;

o en l'absence de document attestant que le pétitionnaire est le propriétaire du terrain ou qu'il dispose du droit d'y réaliser son projet, en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article R. 181-13 du code de l'environnement ;

o en l'absence de description de la nature et du volume de l'ouvrage ou les travaux envisagés, de ses modalités d'exécution et de fonctionnement, des procédés mis en œuvre, en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article R. 181-13 du code de l'environnement ;

o au regard des espaces et espèces faisant l'objet de mesures de protection auxquels le projet est susceptible de porter atteinte, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 181-15 du code de l'environnement ;

- l'étude d'impact est insuffisante au regard de la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard de l'estimation des types et des quantités de résidus et d'émissions attendus ainsi qu'au regard de la qualité de l'air, en méconnaissance du quatrième alinéa du 2° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard de la quantité de déchets produite, en méconnaissance du quatrième alinéa du 2° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard des risques d'inondation et de rejet de polluants, en cas de crues, en méconnaissance du quatrième alinéa du 2° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard des risques technologiques, en méconnaissance du d) du 5° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante eu égard aux alternatives possibles au projet, en méconnaissance du II de l'article R. 181-14 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard des effets cumulés du projet avec d'autres projets existants, en méconnaissance du e) du 5° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard de la compatibilité du projet avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, avec le plan de gestion des risques d'inondations ainsi qu'avec le plan de prévention des risques d'inondation ;

- elle est insuffisante au regard des aspects archéologiques et des paysages du projet, en méconnaissance du 4° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard de la biodiversité, en méconnaissance du 4° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard des mesures destinées à " éviter, réduire, compenser ", en méconnaissance du 8° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- elle est insuffisante au regard des espaces et des espèces faisant l'objet d'une mesure de protection, en méconnaissance du 8° du II de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il comporte des prescriptions insuffisantes au regard des intérêts protégés par l'article L. 211-1 du code de l'environnement ;

- il est incompatible avec le plan de gestion des risques d'inondation (PGRI) du bassin Seine-Normandie ;

- il est incompatible avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin de la Seine ;

- il méconnait le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) des communes d'Argenteuil et de Bezons ;

- il méconnait le plan climat-air-énergie territorial de l'établissement public territorial Boucle Nord de Seine.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 10 septembre 2020 et 16 avril 2021, la société Groupe Fiminco, représentée par Me Guillot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 7 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérantes, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce qu'elle concerne l'association Environnement et cadre de vie et Mmes I, D, C et F dès lors qu'elles ne justifient pas d'un intérêt pour agir conforme à l'article L. 211-1 du code de l'environnement ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 13 novembre 2020, 15 avril et 16 juin 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête ou, à défaut, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 181-18 du code de l'environnement.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérantes ne justifient pas d'un intérêt pour agir conforme à l'article R. 181-50 du code de l'environnement ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Garona, première conseillère ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- les observations de Me Ambroselli, pour l'association Val-d'Oise Environnement et autres ;

- les observations de Mme B, pour le préfet du Val-d'Oise ;

- et les observations de Me Cuny, pour la société Groupe Fiminco.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 9 août 2019, le préfet du Val-d'Oise a autorisé la construction d'un pôle de culture, de loisirs, de commerces et de logements dénommé " pôle Héloïse " sur le territoire de la commune d'Argenteuil, au profit de la société Groupe Fiminco, sur le fondement des articles L. 181 et suivants du code de l'environnement. Le 9 octobre 2019, l'association Val-d'Oise Environnement, l'association Environnement et cadre de vie, l'association Comité Jean Vilar et Mmes I, D, C et F ont demandé au préfet du Val-d'Oise de procéder au retrait de cet arrêté. Ce recours gracieux ayant été implicitement rejeté, les requérantes demandent l'annulation de l'arrêté du 9 août 2019, ensemble le rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la compétence :

2. L'arrêté en litige a été signé par M. Maurice Barate, secrétaire général de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n°19-022 du 17 juin 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, en ce qui concerne toutes les décisions, arrêtés, circulaires, déférés, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département du Val-d'Oise. En outre, et alors qu'au demeurant, en vertu de l'article 45 du décret du 29 avril 2004, le secrétaire général exerce de plein droit, dans les cas de vacances, d'absence ou d'empêchement qu'il vise, l'ensemble des pouvoirs dévolus au préfet, l'arrêté n'avait pas à comporter une motivation propre quant aux conditions de la délégation ainsi accordée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne la composition du dossier de demande d'autorisation environnementale soumis à enquête publique :

3. Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet () ". Aux termes de l'article R. 181-13 du même code : " La demande d'autorisation environnementale comprend les éléments communs suivants : / 1° Lorsque le pétitionnaire est une personne physique, ses nom, prénoms, date de naissance et adresse et, s'il s'agit d'une personne morale, sa dénomination ou sa raison sociale, sa forme juridique, son numéro de SIRET, l'adresse de son siège social ainsi que la qualité du signataire de la demande ; / () / 3° Un document attestant que le pétitionnaire est le propriétaire du terrain ou qu'il dispose du droit d'y réaliser son projet ou qu'une procédure est en cours ayant pour effet de lui conférer ce droit ; / 4° Une description de la nature et du volume de l'activité, l'installation, l'ouvrage ou les travaux envisagés, de ses modalités d'exécution et de fonctionnement, des procédés mis en œuvre, ainsi que l'indication de la ou des rubriques des nomenclatures dont le projet relève. Elle inclut les moyens de suivi et de surveillance, les moyens d'intervention en cas d'incident ou d'accident ainsi que les conditions de remise en état du site après exploitation et, le cas échéant, la nature, l'origine et le volume des eaux utilisées ou affectées ; / 5° Soit, lorsque la demande se rapporte à un projet soumis à évaluation environnementale, l'étude d'impact réalisée en application des articles R. 122-2 et R. 122-3, s'il y a lieu actualisée dans les conditions prévues par le III de l'article L. 122-1-1, soit, dans les autres cas, l'étude d'incidence environnementale prévue par l'article R. 181-14 ; / () ".

4. Les obligations relatives à la composition du dossier de demande d'autorisation environnementale relèvent des règles de procédure. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant ce dossier ne sont susceptibles de vicier la procédure et ainsi d'entacher d'irrégularité l'autorisation que si elles ont eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

S'agissant de la qualité du signataire de la demande d'autorisation environnementale :

5. Si les requérantes soutiennent que le dossier de demande d'autorisation environnementale ne comportait pas la qualité de son signataire, il résulte de l'instruction que cette information apparait dans l'en-tête du cadre général de l'enquête publique. En tout état de cause, il ne résulte pas de cette même instruction que cette seule omission ait eu pour effet de nuire à l'information complète de la population ou ni ait été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

S'agissant du document attestant que le pétitionnaire dispose d'un droit de réaliser son projet :

6. Il résulte de l'instruction que le dossier de demande d'autorisation environnementale, qui concerne des parcelles appartenant au domaine public de la commune d'Argenteuil, comporte une attestation notariale selon laquelle la commune d'Argenteuil a consenti un protocole d'accord foncier destiné à se commuer en promesse synallagmatique de vente, après déclassement du domaine public ainsi que la délibération du 30 mars 2016 par laquelle le conseil municipal de la commune a approuvé le principe du déclassement des parcelles. Ainsi, la société Groupe Fiminco justifie qu'une procédure ayant pour effet de lui conférer le droit de réaliser son projet était en cours à la date de la décision attaquée conformément au 3° de l'article R. 181-13 du code de l'environnement.

S'agissant des éléments prévus par le 4° l'article R. 181-13 du code de l'environnement :

7. Il résulte de l'instruction que, contrairement aux allégations des requérantes, la demande d'autorisation comporte l'ensemble des éléments requis par le 4° l'article R. 181-13 du code de l'environnement. Par suite, le moyen doit être écarté.

S'agissant des espaces et espèces faisant l'objet de mesures de protection auxquels le projet est susceptible de porter atteinte :

8. Aux termes de l'article R. 181-15 du code de l'environnement : " Le dossier de demande d'autorisation environnementale est complété par les pièces, documents et informations propres aux activités, installations, ouvrages et travaux prévus par le projet pour lequel l'autorisation est sollicitée ainsi qu'aux espaces et espèces faisant l'objet de mesures de protection auxquels il est susceptible de porter atteinte ". Aux termes de l'article D. 181-15-5 du même code : " Lorsque l'autorisation environnementale tient lieu de dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2, le dossier de demande est complété par la description : / () / 5° S'il y a lieu, des mesures de réduction ou de compensation mises en œuvre, ayant des conséquences bénéfiques pour les espèces concernées ; / 6° De la qualification des personnes amenées à intervenir ; / 7° Du protocole des interventions : modalités techniques, modalités d'enregistrement des données obtenues ; / 8° Des modalités de compte rendu des interventions ".

9. Si les requérantes se prévalent de ce que le terrain d'assiette du projet constitue l'habitat de nombreuses espèces protégées, en particulier le grimpereau des jardins et le verdier d'Europe, il est constant que l'autorisation environnementale en litige n'a pas été sollicitée sur le fondement du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et ne tenait donc pas lieu de dérogation au titre de ces dispositions. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article D. 181-15-5 du code de l'environnement. En tout état de cause, les requérantes n'établissent, ni même n'allèguent que le projet contesté comporterait un risque suffisamment caractérisé pour des espèces protégées qui aurait justifié que la société pétitionnaire obtienne la dérogation. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'étude d'impact :

10. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / ( / 2° Une description du projet, y compris en particulier : / () / - une estimation des types et des quantités de résidus et d'émissions attendus, tels que la pollution de l'eau, de l'air, du sol et du sous-sol, le bruit, la vibration, la lumière, la chaleur, la radiation, et des types et des quantités de déchets produits durant les phases de construction et de fonctionnement. () ". Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une étude d'impact ne sont susceptibles de vicier la procédure et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

S'agissant de la méconnaissance de la directive 2011/92/UE :

11. Les requérantes se prévalent de la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement. Toutefois, en se bornant à soutenir que l'avis de l'autorité environnementale doit porter sur tous les éléments pertinents d'une étude d'impact et que les études complémentaires qui y sont apportées doivent lui être présentées lorsqu'elles portent sur des éléments substantiels, les requérantes n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, cette directive a fait l'objet d'une transposition en droit français, de sorte qu'elle ne saurait utilement être invoquée dans le présent litige.

S'agissant de l'estimation des types et quantités de résidus et d'émissions attendus et de la qualité de l'air :

12. D'une part, si les requérantes soutiennent que l'étude d'impact ne précise pas la nature des déblais, ni le niveau de pollution des terres excavées, il résulte de l'instruction que l'étude comporte en son chapitre 5.3.9, sous la forme d'un tableau, une estimation des types et des quantités de résidus et d'émissions attendus, à savoir les déblais excédentaires liés au terrassement du parc de stationnement constitués de remblais et des couches géologiques, les émissions atmosphériques, les rejets aqueux et autres effluents. En outre, l'étude d'impact contient, en son annexe 12, un plan de gestion des pollutions du sous-sol présentant à la fois un diagnostic, l'impact possible de la pollution et les mesures permettant de réduire celle-ci ainsi qu'un tableau d'analyse des sols composés de différents métaux comme le plomb et le mercure ainsi que d'hydrocarbures. L'étude comporte enfin un diagnostic ainsi que les éventuels effets du projet sur la santé.

13. D'autre part, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact et notamment son annexe 10 intitulée " air et santé ", recense et quantifie les sources des émissions atmosphériques, ainsi que leur accroissement par les besoins de déplacements générés par le projet. Ainsi, l'étude qui précise que la qualité de l'air au sein même du projet peut être qualifiée de " moyenne " à " médiocre ", que les concentrations des polluants ne varieront pas de manière significative et qui en conclut que la hausse du trafic consécutive à l'aménagement du Pôle Héloïse ne va pas entrainer de dégradation de la qualité de l'air de la zone, comporte des éléments d'information suffisants au regard des exigences de l'article R. 122-5 du code de l'environnement.

S'agissant de la gestion des déchets :

14. Si les requérantes soutiennent que la quantité de déchets produite n'a été ni étudiée, ni précisée, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact mentionne le traitement de déchets en phase de chantier ou d'exploitation, en particulier au tableau n°54 joint à l'étude. La circonstance que l'étude ne mentionne pas la quantité des déchets prévisible n'a pas eu pour effet de nuire à l'information complète de la population et n'a pas été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative, dès lors qu'il ne résulte pas de cette même instruction que, comme l'a d'ailleurs relevé la Mission régionale d'autorité environnementale, la gestion des déchets constituerait un enjeu majeur du projet, alors, au demeurant, que l'article 11-1 de l'arrêté attaqué comporte des prescriptions imposant la réalisation d'un schéma d'organisation et de suivi des déchets en amont de la phase de travaux, ayant vocation à préciser les modes d'évacuation et de suivi des déchets.

S'agissant du risque d'inondation et de rejets de polluants en cas de crues :

15. Si les requérantes soutiennent qu'une partie du projet, notamment le parc de stationnement souterrain de 594 places, se trouve en zone inondable et que les eaux pluviales chargées en hydrocarbures seront rejetées dans la Seine, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact indique que si le projet aura pour effet de soustraire 10 300 m² de surface d'expansion des crues de la Seine, il prévoit aussi une compensation hydraulique par la réalisation d'un parc de stationnement souterrain revêtu d'un cuvelage étanche, d'une surface inondable de 18 000 m² et d'un volume de 49 157 m3 permettant le stockage des eaux. En outre, l'étude précise que le parc de stationnement sera équipé d'une pompe de vidange avec, en amont, un séparateur d'hydrocarbures, filtrant les eaux pluviales en cas de crue, avant leur rejet dans la Seine. Enfin, si les requérantes estiment que l'étude d'impact ne prévoit pas les modalités d'évacuation des véhicules garés dans le parc de stationnement souterrain, en cas d'épisode de crue, un tel document n'a pas pour objet de prévoir les modalités concrètes de gestion des crues mais uniquement d'identifier le risque et d'informer la population et l'administration sur les modalités possibles de gestion de ce risque, alors au demeurant que l'arrêté attaqué prévoit des prescriptions à ce sujet, en ses points 4.3 et 4.4.

S'agissant des risques technologiques :

16. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " () / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / () / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : / () / d) Des risques pour la santé humaine, pour le patrimoine culturel ou pour l'environnement ; () ".

17. D'une part, il résulte de l'instruction que, contrairement aux allégations des requérantes, l'étude d'impact indique que le périmètre du projet est situé dans la zone des effets accidentels de surpression du site Safran Aircraft Engines, à Colombes. L'étude comporte également une série de recommandations, notamment sur la capacité des futurs bâtiments à résister au phénomène accidentel de surpression.

18. D'autre part, il résulte de cette même instruction que l'étude d'impact prend en compte le risque technologique lié à la proximité d'une canalisation de gaz en se référant notamment à une analyse de compatibilité favorable émise par le transporteur de gaz.

S'agissant des solutions de substitution :

19. Aux termes de l'article R. 181-14 du code de l'environnement : " () / II. - Lorsque le projet est susceptible d'affecter des intérêts mentionnés à l'article L. 211-1, l'étude d'incidence environnementale porte sur la ressource en eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau et la qualité des eaux, y compris de ruissellement, en tenant compte des variations saisonnières et climatiques. Elle précise les raisons pour lesquelles le projet a été retenu parmi les alternatives au regard de ces enjeux. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue de présenter des solutions alternatives pour un projet susceptible d'avoir un impact sur l'environnement que dans le cas où plusieurs solutions, notamment d'implantation, ont été envisagées au stade de l'élaboration du projet.

20. Il résulte de l'instruction qu'aucune autre localisation n'a été envisagée par le maître d'ouvrage, pour des motifs liés à la politique publique de la ville, l'implantation du projet dans ce secteur étant identifiée dans les orientations d'aménagement et de programmation comme un des principaux lieux à conforter pour renforcer l'attractivité et l'identité de la commune d'Argenteuil, relier le centre-ville aux berges de Seine et accueillir une offre de loisirs et de commerces. Dans ces conditions, aucune description des solutions de substitution n'avait à être mentionnée dans l'étude d'impact.

S'agissant des effets cumulés du projet avec d'autres projets existants :

21. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " () / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / () / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : / () / e) Du cumul des incidences avec d'autres projets existants ou approuvés, en tenant compte le cas échéant des problèmes environnementaux relatifs à l'utilisation des ressources naturelles et des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement susceptibles d'être touchées. Ces projets sont ceux qui, lors du dépôt de l'étude d'impact : / - ont fait l'objet d'une étude d'incidence environnementale au titre de l'article R. 181-14 et d'une enquête publique ; / - ont fait l'objet d'une évaluation environnementale au titre du présent code et pour lesquels un avis de l'autorité environnementale a été rendu public ".

22. Il ne résulte pas de l'instruction que les projets " Les Ateliers ", " Argenteuil Littoral " ou encore " Porte Saint Germain - Berges de Seine " dont se prévalent les requérantes aient fait l'objet d'une étude d'incidence environnementale et d'une enquête publique ou d'une évaluation environnementale lors du dépôt de l'étude d'impact ainsi que les prévoient les dispositions précitées, alors, au demeurant, que l'étude d'impact comporte en son point 6.4.12 l'analyse des effets cumulés d'autres projets existants, notamment la ZAC de l'Arc sportif, avec le projet en litige.

S'agissant de la compatibilité du projet avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), avec le plan de gestion des risques d'inondations (PGRI), ni avec le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) :

23. D'une part, si les requérantes soutiennent que l'étude d'impact ne justifie pas de la compatibilité du projet avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), ni avec le plan de gestion des risques d'inondations (PGRI), ni de ce que cette étude démontre que le parc de stationnement souterrain remplirait l'intégralité des conditions fixées à l'article 3-2 du règlement relatif à la zone bleue du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), il est constant que les dispositions du 6° du II de l'article R. 122-5 dans leur rédaction antérieure à l'entrée en vigueur du décret n°2016-1110 du 11 août 2016, et qui prévoyaient que l'étude d'impact présente " les éléments permettant d'apprécier la compatibilité du projet avec les plans, schémas et programmes mentionnés à l'article R. 122-17 () ", ne sont pas applicables au litige dès lors qu'elles étaient abrogées à la date à laquelle la société Groupe Fiminco a obtenu sa demande d'autorisation, soit le 9 août 2019.

24. D'autre part, en tout état de cause, et contrairement à ce qui est soutenu par les requérantes, l'étude d'impact comporte, en son point 6.4.10, dans une partie précisément intitulée " Compatibilité du projet avec les documents de planification liés à la ressource en eau " une analyse de la compatibilité du projet notamment avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) 2016-2021 du bassin de la Seine et des cours d'eau côtiers normands ainsi que le plan de gestion des risques d'inondation (PGRI) du bassin Seine-Normandie. L'étude comporte également plusieurs tableaux décrivant les mesures prises afin d'assurer le respect par le projet des objectifs de ces documents.

S'agissant des aspects archéologiques et des paysages :

25. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " () / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / () / 4° Une description des facteurs mentionnés au III de l'article L. 122-1 susceptibles d'être affectés de manière notable par le projet : la population, la santé humaine, la biodiversité, les terres, le sol, l'eau, l'air, le climat, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris les aspects architecturaux et archéologiques, et le paysage ; / () ".

26. D'une part, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact relève que le site se situe dans le périmètre d'une zone de sensibilité archéologique de la commune et prévoit la réalisation d'un diagnostic archéologique après l'obtention du permis de construire, à la suite de l'acquisition de la maitrise foncière des terrains et alors que les dispositions précitées n'impliquaient aucunement la réalisation de ce diagnostic préalablement à la délivrance de l'autorisation environnementale.

27. D'autre part, si les requérantes se prévalent de ce que l'étude d'impact ne permet pas de mesurer l'incidence du projet sur le paysage, il résulte de cette même instruction que l'étude comporte en son annexe 14 une notice paysagère, permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, complétée par un reportage photographique illustrant les paysages alentours et décrivant la morphologie urbaine. Dans ces conditions, le contenu de l'étude d'impact peut être regardé comme décrivant de manière suffisante les aspects archéologiques et les paysages concernés par le projet en litige.

S'agissant de la biodiversité :

28. Si les requérantes se prévalent de l'objectif du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) de la région Ile-de-France et soutiennent que l'étude d'impact est insuffisante au regard des continuités écologiques constituant l'habitat de la biodiversité, il résulte toutefois de l'instruction que l'étude indique que, si le projet est proche de deux corridors écologiques, son périmètre ne se situe sur aucun réservoir de biodiversité identifié au SRCE et ne constitue pas une zone refuge pour la faune. En outre, il résulte de cette même instruction que le projet est concerné par le corridor alluvial de la Seine, mais en est isolé par la route départementale RD 311, bloquant la circulation des espèces depuis les berges de la Seine. Dans ces conditions, l'étude d'impact peut être regardée comme satisfaisante dans sa description des conséquences du projet sur la biodiversité.

S'agissant des mesures " Eviter, Réduire, Compenser " (ERC) :

29. Aux termes de l'article R. 122-5 du code de l'environnement : " () / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : / () / 8° Les mesures prévues par le maître de l'ouvrage pour : / - éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine et réduire les effets n'ayant pu être évités ; / - compenser, lorsque cela est possible, les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits. S'il n'est pas possible de compenser ces effets, le maître d'ouvrage justifie cette impossibilité. / () ".

30. D'une part, si les requérantes font valoir que l'étude d'impact ne comprend aucune mesure permettant d'éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine, dès lors notamment que le site " Porte de Saint-Germain - Berges de Seine ", situé en zone non inondable n'a pas été envisagé, il est constant que, comme il a été dit au point 19, l'autorité administrative n'était pas tenue de rechercher des solutions alternatives, et notamment d'autres lieux d'implantation, au stade de l'élaboration du projet. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de mention de mesures d'évitement en ce qu'il concerne le choix d'implantation du projet doit être écarté.

31. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'étude d'impact qui recense notamment douze espèces d'oiseaux, relève que le projet n'entraine pas de destruction d'habitats écologiques et prévoit, au titre des mesures " éviter, réduire, compenser ", que la réalisation des travaux, impliquant des coupes d'arbres et des défrichements, aura lieu aux mois de septembre et octobre, soit en dehors de la période de reproduction des oiseaux et qu'en outre, en phase d'exploitation, l'espace sera végétalisé permettant aux espèces de retrouver un habitat favorable à leur nidification. Par ailleurs, les requérantes ne justifient pas en quoi les mesures envisagées quant aux conséquences dommageables du projet sur la faune seraient insuffisantes.

32. Il résulte de ce qui précède que l'étude d'impact, nonobstant certaines imprécisions imputables aux incertitudes subsistant à la date à laquelle elle a été réalisée, identifie suffisamment les principaux impacts environnementaux du projet conformément aux exigences législatives et réglementaires. Les moyens tirés de ce que cette étude serait entachée d'inexactitudes, d'omissions ou d'insuffisances ayant eu pour effet de nuire à l'information complète du public ou de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative, doivent être écartés.

En ce qui concerne les prescriptions de l'arrêté du 9 août 2019 relatives aux risques d'inondation :

33. Aux termes de l'article L. 181-3 du code de l'environnement : " I. L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 du code de l'environnement () ". Aux termes de l'article L. 211-1 de ce code : " I. Les dispositions des chapitres Ier à VII du présent titre ont pour objet une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ; cette gestion prend en compte les adaptations nécessaires au changement climatique et vise à assurer : / 1° La prévention des inondations () ; / 2° La protection des eaux et la lutte contre toute pollution par déversements, écoulements, rejets, dépôts directs ou indirects de matières de toute nature et plus généralement par tout fait susceptible de provoquer ou d'accroître la dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques, qu'il s'agisse des eaux superficielles, souterraines ou des eaux de la mer dans la limite des eaux territoriales ; () / II. - La gestion équilibrée doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population. Elle doit également permettre de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, les exigences : / () 2° De la conservation et du libre écoulement des eaux et de la protection contre les inondations ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 181-12 du code de l'environnement : " L'autorisation environnementale fixe les prescriptions nécessaires au respect des dispositions des articles L. 181-3 () / Ces prescriptions portent, (), sur les mesures et moyens à mettre en œuvre lors de la réalisation du projet, au cours de son exploitation, au moment de sa cessation et après celle-ci, notamment les mesures d'évitement, de réduction et de compensation des effets négatifs notables sur l'environnement et la santé. () ".

34. D'une part, si les requérantes soutiennent que l'arrêté ne comporte pas les prescriptions suffisantes pour assurer la compatibilité du projet avec le risque d'inondation, il résulte de l'instruction que ces prescriptions prévoient, notamment, que le parc de stationnement permet la compensation hydraulique dès lors qu'il dispose d'une surface inondable de 18 000 m². En outre, l'article 4 de l'arrêté attaqué prévoit que le premier plancher utile des constructions est situé à une cote de 20 cm au-dessus des plus hautes eaux connues (PHEC), soit à une cote de 29 NGF et que les fondations, les revêtements, les matériaux des constructions et les différents réseaux situés sous la cote de 50 cm au-dessus des PHEC sont résistants à l'eau. Enfin, sont également prévues des dispositions liées au risque d'inondation, à savoir l'existence d'un cuvelage étanche sous le parc de stationnement souterrain, l'aménagement de ses entrées et des façades participant à la compensation, la signalétique et le cahier de gestion du risque d'inondation ainsi que des dispositions en cas d'inondation et en particulier l'évacuation sans délai des véhicules, un dispositif d'avertissement et un séparateur d'hydrocarbures.

35. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'arrêté en litige comporte une prescription imposant à la société pétitionnaire d'établir un cahier de gestion de crise en cas de crue majeure, validé par les services en charge de la police de l'eau. La circonstance que cette prescription comporte une obligation, nécessairement précisée ou complétée ultérieurement, n'est pas de nature, par elle-même, à entacher la décision attaquée d'illégalité.

36. Enfin, eu égard à la nature et à la situation du projet, le choix de son site d'implantation n'est pas, par lui-même, entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la compatibilité de l'autorisation environnementale avec les objectifs du plan de gestion des risques d'inondation (PGRI) du bassin Seine-Normandie :

37. Aux termes de l'article L. 566-7 du code de l'environnement : " () Les programmes et les décisions administratives dans le domaine de l'eau doivent être compatibles ou rendus compatibles avec les dispositions des plans de gestion des risques d'inondation ". En vertu de ces dispositions, les décisions administratives prises dans le domaine de l'eau sont soumises à une obligation de compatibilité avec les dispositions du PGRI. Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert, si l'autorisation ne contrarie pas les objectifs qu'impose le plan, des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation de l'autorisation au regard chaque disposition ou objectif particulier.

38. D'une part, si les requérantes se prévalent des deux objectifs du PGRI " 2.C - Protéger les zones d'expansion des crues " et " 3 E1 - Maitriser l'urbanisation en zone inondable ", elles se bornent à soutenir sans autre précision permettant d'apprécier le bien-fondé de leurs allégations, que l'arrêté attaqué rend impossible l'atteinte de ces objectifs en renforçant massivement l'urbanisation de la zone d'expansion des crues de la Seine.

39. D'autre part, si les requérantes soutiennent que l'objectif général du PGRI intitulé " 1.D - Eviter, réduire et compenser l'impact des projets sur l'écoulement des crues " est méconnu en raison de la soustraction de 10 300 m² au lit de la Seine, il résulte toutefois de l'instruction que, si le PGRI prévoit que les aménagements dans le lit majeur des cours ne doivent pas compromettre les capacités d'expansion des crues, ce plan permet également que certains projets d'aménagement fassent l'objet de mesures compensatoires de nature à garantir la transparence hydraulique du projet, assurée par restitution soit des volumes, soit des volumes et surfaces soustraits à la crue par le projet. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que le projet, qui prévoit notamment des mesures compensatoires décrites au point 34, contrarie les objectifs qu'impose le PGRI du bassin Seine-Normandie.

En ce qui concerne la compatibilité de l'autorisation environnementale avec le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Seine-Normandie :

40. Il résulte de l'instruction que l'arrêté du 1er décembre 2015 du préfet de la région Ile-de-France, préfet coordonnateur de bassin, approuvant le SDAGE Seine-Normandie au titre de la période 2016-2021, invoqué par les requérantes, a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Paris du 26 décembre 2018, devenu définitif à la suite du rejet, par la cour administrative d'appel de Paris, du recours introduit contre ce jugement par le ministre de la transition écologique, statuant par un arrêt n°19PA00805 du 9 décembre 2021, devenu définitif. Dès lors, les dispositions invoquées du SDAGE Seine-Normandie 2016-2021 ne sont plus en vigueur. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité du projet litigieux avec le SDAGE Seine-Normandie ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) de la Seine :

41. Si les requérantes se prévalent de dispositions du PPRI de la Seine applicables sur le territoire des communes d'Argenteuil et de Bezons, elles n'invoquent la méconnaissance d'aucune disposition précise alors qu'au demeurant, il résulte de l'instruction que le projet se situe pour environ deux tiers de sa superficie en zone bleue, définie comme une zone urbanisée, assez peu touchée par les inondations et que le PPRI autorise les parcs de stationnement souterrains sous réserve de répondre à des prescriptions, lesquelles ont été reprises par l'article 4 de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, le moyen ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance du plan climat-air-énergie territorial de l'établissement public territorial Boucle Nord de Seine :

42. Aux termes de l'article L. 229-26 du code de l'environnement, " VI - [Le plan climat-air-énergie territorial] est compatible avec le schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie défini à l'article L 222-1 du présent code. Il prend en compte, le cas échéant, le schéma de cohérence territoriale. / Lorsque tout ou partie du territoire qui fait l'objet du plan climat-air-énergie territorial est inclus dans un plan de protection de l'atmosphère défini à l'article L. 222-4, le plan climat-air-énergie est compatible avec les objectifs fixés par le plan de protection de l'atmosphère ".

43. Il ne résulte pas des dispositions précitées que le plan climat-air-énergie territorial puisse être opposé à une décision d'autorisation environnementale. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

44. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérantes ne sont pas fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 9 août 2019 par lequel le préfet du Val-d'Oise a autorisé la construction du pôle Héloïse sur le territoire de la commune d'Argenteuil, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

45. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat et la société Groupe Fiminco, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent aux requérantes, une somme au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérantes une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Groupe Fiminco et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par l'association Val-d'Oise Environnement, l'association Environnement et cadre de vie, l'association Comité Jean Vilar, Mme I, Mme D, Mme C et Mme F est rejetée.

Article 2 : Les requérantes verseront à la société Groupe Fiminco une somme globale de 1 000 euros au titre des frais de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Val-d'Oise Environnement, à l'association Environnement et cadre de vie, à l'association Comité Jean Vilar, à Mme G I, à Mme E D, à Mme A C, à Mme H F, à la société Groupe Fiminco et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Buisson, président ;

- Mme Garona, première conseillère ;

- M. Ausseil, conseiller ;

assistés par Mme Duroux, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

La rapporteure,

signé

E. GaronaLe président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

C. Duroux

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2001543

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