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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2001602

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2001602

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2001602
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantJASPER AVOCATS

Texte intégral

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code des assurances ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 201- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goupillier, rapporteur,

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,

- et les observations de Me Dagonat, substituant Me Cariou, représentant la société AM Trust Underwriters Dac.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, née le 13 mai 1964, a été prise en charge, le 28 avril 2015, par le docteur A en raison de douleurs lombaires au sein du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne où elle a fait l'objet d'une infiltration sous scanner et de l'injection d'une ampoule d'hydrocortancyl en hyperpression pour traiter une discopathie L4-L5. Compte tenu de la persistance des douleurs, l'intéressée a par la suite été prise en charge à l'hôpital Beaujon où elle a fait l'objet, le 7 août 2015, d'un curetage et, le 13 août 2015, d'une ponction du site opératoire avec biopsie et hémoculture associées. Les résultats de ces prélèvements ont révélé la présence d'un staphylocoque doré sensible à la méticilline. Une antibiothérapie a été administrée à Mme C et son état s'est, par la suite, amélioré en dépit de la persistance d'une raideur de la jambe gauche due à un déficit des muscles releveurs du membre inférieur. Le 4 janvier 2017, Mme C a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Ile-de-France qui a ordonné la réalisation d'une expertise. Sur la base du rapport d'expertise remis le 9 janvier 2018, la CCI a estimé, dans un avis du 24 mai 2018, que Mme C avait contracté une infection nosocomiale lors de sa prise en charge au centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne le 28 avril 2015 et que, compte tenu de son état antérieur, la réparation des préjudices de l'intéressée incombait à cet établissement public de santé à hauteur de 50 %. Par courriers des 24 et 25 septembre 2018, le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne a informé la CCI, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et Mme C qu'il n'entendait pas indemniser cette dernière. Dans ces conditions, l'ONIAM, se substituant à la société AM Trust Underwriters Dac, assureur du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne, a conclu, le 2 octobre 2019, un premier protocole transactionnel avec Mme C en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et lui a versé la somme de 5 107,13 euros en réparation, à hauteur du pourcentage de 50 % imputable au centre hospitalier, de son déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, de son préjudice d'agrément et de son préjudice esthétique permanent. Le directeur de l'ONIAM a émis, le 14 novembre 2019, un titre exécutoire n° 2019-3080 à l'encontre de la société AM Trust Underwriters Dac en vue de recouvrer cette somme. Le 5 août 2020, l'ONIAM et Mme C ont conclu un second protocole transactionnel en vertu duquel l'office a versé la somme de 41 889,90 euros à l'intéressée en réparation, pour le même pourcentage de 50 %, de ses frais divers, de sa perte de gains professionnels actuels, de ses frais de logement et de véhicule adaptés, de son assistance par tierce personne et de son déficit fonctionnel permanent. Le 4 septembre 2020, le directeur de l'ONIAM a émis un titre exécutoire n° 2020-1021 à l'encontre de la société AM Trust Underwriters Dac en vue de recouvrer cette seconde somme. Par la requête enregistrée sous le numéro 2001602, la société AM Trust Underwriters Dac demande, à titre principal, l'annulation du titre exécutoire n° 2019-3080 et à être déchargée de l'obligation de payer la somme de 5 107,13 euros ou, à titre subsidiaire, la réalisation d'une nouvelle expertise. L'ONIAM, subrogé dans les droits de Mme C, sollicite, pour sa part, à titre reconventionnel, la condamnation de l'assureur à lui verser la somme litigieuse, avec intérêts et capitalisation des intérêts, une pénalité correspondant à 15 % du montant du titre exécutoire et le remboursement des frais de l'expertise réalisée par les docteurs Tadie et Denis. Par une seconde requête enregistrée sous le numéro 2010009, la société AM Trust Underwriters Dac demande, à titre principal, l'annulation du titre exécutoire n° 2020-1021 et la décharge de l'obligation de payer la somme de 41 889,90 euros ou, à titre subsidiaire, la réalisation d'une nouvelle expertise. L'ONIAM demande, quant à lui, à titre reconventionnel, la condamnation de l'assureur à lui verser la somme litigieuse, avec intérêts et capitalisation des intérêts, une pénalité correspondant à 15 % du montant du titre exécutoire ainsi que le remboursement des frais d'expertise.

2. Les deux requêtes susvisées présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions de la société AM Trust Underwriters Dac dans la requête n° 2001602 :

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire n° 2019-3080 :

S'agissant de la compétence du directeur de l'ONIAM pour émettre le titre exécutoire :

3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " Lorsque la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales estime qu'un dommage relevant du premier alinéa de l'article L. 1142-8 engage la responsabilité d'un professionnel de santé, d'un établissement de santé, d'un service de santé ou d'un organisme mentionné à l'article L. 1142-1 ou d'un producteur d'un produit de santé mentionné à l'article L. 1142-2, l'assureur qui garantit la responsabilité civile ou administrative de la personne considérée comme responsable par la commission adresse à la victime ou à ses ayants droit, dans un délai de quatre mois suivant la réception de l'avis, une offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis dans la limite des plafonds de garantie des contrats d'assurance ". L'article L. 1142-15 du code dispose que : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. () L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis ".

4. Le premier alinéa de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique dispose que : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ainsi que des indemnisations qui lui incombent, le cas échéant, en application des articles L. 1142-15, L. 1142-18, L. 1142-24-7 et L. 1142-24-16 ". Aux termes de l'article L. 1142-23 de ce code : " L'office est soumis à un régime administratif, budgétaire, financier et comptable défini par décret. () ". Aux termes de l'article R. 1142-53 de ce code, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales " est soumis aux dispositions des titres Ier et III du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ".

5. Aux termes de l'article 28 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, qui figure dans le titre Ier de ce décret : " L'ordre de recouvrer fonde l'action de recouvrement. Il a force exécutoire dans les conditions prévues par l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales. Le comptable public muni d'un titre exécutoire peut poursuivre l'exécution forcée de la créance correspondante auprès du redevable, dans les conditions propres à chaque mesure d'exécution. Le cas échéant, il peut également poursuivre l'exécution forcée de la créance sur la base de l'un ou l'autre des titres exécutoires énumérés par l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution ".

6. Il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points 3, 4 et 5 que l'ONIAM peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Les dispositions de l'article L. 1142-15 de ce code ne font pas obstacle à ce que l'ONIAM émette un tel titre à l'encontre de la personne responsable du dommage ou de son assureur, afin de recouvrer les sommes versées à la victime, aux droits de laquelle il est subrogé.

7. En l'espèce, le directeur de l'ONIAM a émis, le 14 novembre 2019, un titre exécutoire pour recouvrer la créance née de l'indemnisation par l'office du déficit fonctionnel temporaire, du préjudice d'agrément, du préjudice esthétique permanent et des souffrances endurées par Mme C trouvant son origine dans l'infection qu'elle a contractée dans le cadre de sa prise en charge au sein du centre hospitalier Simone Veil le 28 avril 2015 et pour laquelle ce dernier engage sa responsabilité quasi-délictuelle. La société requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que le directeur de l'ONIAM n'était pas compétent pour émettre un tel titre exécutoire.

S'agissant des moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de la méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 :

8. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses. / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. En cas d'erreur de liquidation, l'ordonnateur émet un ordre de recouvrer afin, selon les cas, d'augmenter ou de réduire le montant de la créance liquidée. Il indique les bases de la nouvelle liquidation. Pour les créances faisant l'objet d'une déclaration, une déclaration rectificative, indiquant les bases de la nouvelle liquidation, est souscrite. / L'ordre de recouvrer peut être établi périodiquement pour régulariser les recettes encaissées sur versement spontané des redevables ". Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.

9. En l'espèce, le titre exécutoire n° 2019-3080 précise que le recouvrement de la créance s'inscrit dans le cadre de la substitution de l'ONIAM dans les droits de Mme C en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et qu'il fait suite à la conclusion d'un protocole d'indemnisation transactionnelle entre les intéressés et à l'avis de la CCI du 24 mai 2018. Ce protocole, dont il est constant qu'il était annexé au titre exécutoire, indique qu'il a été conclu le 2 octobre 2019 en vue de la réparation, à hauteur de 50 %, du déficit fonctionnel temporaire, du préjudice d'agrément, du préjudice esthétique permanent et des souffrances endurées par Mme C. Dans ces conditions, les bases de liquidation de la créance en cause sont suffisamment détaillées et contrairement à ce que soutient la société requérante, l'ONIAM n'était pas tenu de préciser, dans le titre contesté, que l'évaluation de ces préjudices extrapatrimoniaux a été réalisée sur la base de son référentiel indicatif d'indemnisation. Il s'en suit que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation du titre exécutoire et de la méconnaissance par l'ONIAM de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire n° 2019-3080 :

10. Lorsque l'ONIAM émet un titre exécutoire en vue du recouvrement de la somme versée à la victime directe ou indirecte en application des dispositions précitées de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, le recours du débiteur tendant à la décharge de la somme ainsi mise à sa charge invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'office est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice.

S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne :

11. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens de ces dispositions une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante. L'article L. 1142-22 du même code prévoit que l'ONIAM est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies à l'article L. 1142-1-1, des dommages occasionnés par la survenue d'une infection nosocomiale. Il résulte de ces dispositions que les dommages consécutifs à des infections nosocomiales et correspondant à un déficit fonctionnel permanent d'un taux supérieur à 25 %, ouvrent droit à réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale. Lorsque le taux de déficit fonctionnel permanent est au plus égal à 25 %, ces dommages engagent la responsabilité de l'établissement de soins, sauf si celui-ci rapporte la preuve d'une cause étrangère.

12. D'autre part, aux termes de l'article L. 6154-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors applicable : " Dès lors que l'exercice des missions de service public définies à l'article L. 6112-1 dans les conditions prévues à l'article L. 6112-3 n'y fait pas obstacle, les praticiens statutaires exerçant à temps plein dans les établissements publics de santé sont autorisés à exercer une activité libérale dans les conditions définies au présent chapitre ". Les rapports qui s'établissent entre les malades admis à l'hôpital et les médecins, chirurgiens et spécialistes à temps plein auxquels ils font appel dans les conditions prévues par les dispositions précitées relèvent du droit privé. Si l'hôpital peut être rendu responsable des dommages subis par de tels malades lorsqu'ils ont pour cause un mauvais fonctionnement résultant soit d'une mauvaise installation des locaux, soit d'un matériel défectueux, soit d'une faute commise par un membre du personnel auxiliaire de l'hôpital mis à la disposition des médecins, chirurgiens et spécialistes, ceux-ci doivent répondre des dommages causés par leurs propres manquements dans les conditions du droit privé. Il en résulte que, sauf s'il rapporte l'existence d'une cause étrangère, la survenue d'une infection nosocomiale au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient dans les locaux d'un hôpital public engage de plein droit la responsabilité de cet établissement, alors même que les soins auraient été dispensés par un praticien dans le cadre de son activité libérale.

13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme C, qui souffrait depuis plusieurs années de lombalgies, a été prise en charge, le 28 avril 2015, par le docteur A au centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne pour traiter une discopathie L4-L5. En raison de la persistance des douleurs, l'intéressée a par la suite été admise à l'hôpital Beaujon où des prélèvements ont mis en évidence la présence d'un staphylocoque doré sensible à la méticilline. Dans leur rapport, les experts n'ont relevé aucun manquement dans la prise en charge de Mme C mais ont estimé que celle-ci avait contracté cette infection lors de la ponction et l'infiltration réalisées le 28 avril 2015 par le docteur A au centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que cette infection était présente ou en incubation au début de sa prise en charge et qu'il n'est pas établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge, cette infection doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial. Les experts ont cependant estimé, d'une part, que le dommage de Mme C résultait à la fois de l'évolution de son état antérieur et de la contraction par celle-ci d'une pondylodiscite infectieuse et, d'autre part, que le taux de déficit fonctionnel permanent, assis sur le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique (AIPP), de Mme C était de 10 % dont seulement la moitié était en lien avec l'infection nosocomiale. Sur cette base, la CCI a considéré que le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne était tenu d'indemniser Mme C à hauteur de 50 % de ses préjudices. Si la société AM Trust Underwriters Dac fait valoir que le rapport d'expertise et l'avis de la CCI ne lui sont pas opposables dès lors que le centre hospitalier d'Eaubonne n'aurait pas été partie aux opérations d'expertise, il résulte de l'instruction que le centre hospitalier a bien été informé de la saisine de la CCI par Mme C par un courrier du 26 juillet 2017 et qu'il a été convoqué par l'expert le 13 novembre 2017 à la réunion d'expertise qui s'est tenue le 12 décembre 2017. La société AM Trust Underwriters Dac ne peut ainsi utilement soutenir que le rapport d'expertise et l'avis de la CCI doivent être écartés des débats au motif que le centre hospitalier d'Eaubonne n'a pas participé à la réunion du 12 décembre 2017. En outre, en application des dispositions et principes mentionnés au point 12, la seule circonstance, à la supposer établie, que le docteur A qui a opéré Mme C le 28 avril 2015 a pratiqué l'intervention dans le cadre de son activité libérale ne peut être utilement invoquée par la requérante comme cause exonératoire de sa responsabilité. Enfin, contrairement à ce que soutient la société requérante, les experts et la CCI se sont interrogés sur la responsabilité du docteur A et n'ont retenu aucun manquement le concernant. Dans ces conditions, et dès lors que la société AM Trust Underwriters Dac ne rapporte pas la preuve de l'existence d'une cause étrangère, l'ONIAM est fondé à soutenir que le centre hospitalier d'Eaubonne est tenu de réparer, à hauteur de 50 %, les préjudices de Mme C.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur de droit tenant au caractère certain, liquide et exigible de la créance :

14. En l'espèce, les experts ont estimé dans leur rapport que Mme C, dont l'état de santé a été consolidé le 12 décembre 2017, avait notamment subi un préjudice esthétique permanent évalué à 2 sur 7, des souffrances temporaires de 3 sur 7, un préjudice d'agrément ainsi qu'un déficit fonctionnel temporaire compte tenu de la gêne subie par la victime dans ses activités habituelles, en tenant compte de ses hospitalisations. La CCI, dans son avis du 24 mai 2018, a quant à elle estimé que le centre hospitalier devait indemniser, pour moitié, les souffrances endurées temporairement par l'intéressée, ses préjudices esthétique permanent et d'agrément ainsi que son déficit temporaire total entre le 10 août 2015 et le 2 décembre 2015, son déficit fonctionnel de 25 % du 3 décembre 2015 au 19 février 2016 et son déficit fonctionnel de 10 % du 20 février 2016 au 12 décembre 2017. L'ONIAM justifie avoir versé à Mme C les sommes de 1 850 euros au titre des souffrances endurées, 800 euros au titre du préjudice d'agrément, 950 euros au titre du préjudice esthétique permanent et 1 507,13 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire selon les périodes et pourcentages retenus par l'avis de la CCI du 24 mai 2018, et ce, en tenant compte de l'abattement de 50 % mentionné au point 13. Dans ces conditions, la société AM Trust Underwriters Dac n'est pas fondée à soutenir que le titre exécutoire porte sur une créance dont le caractère certain, liquide et exigible n'est pas établi. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'elle invoque ne peut qu'être écarté.

S'agissant du moyen tiré du détournement de pouvoir et de procédure :

15. Contrairement à ce que soutient la société AM Trust Underwriters Dac, et eu égard à ce qui a été dit ci-dessus aux points 6 à 14, il ne résulte pas de l'instruction que le titre exécutoire en litige est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure. Le moyen doit dès lors être écarté.

16. Il s'en suit, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire-droit la réalisation d'une nouvelle expertise, que les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation du titre exécutoire n° 2019-3080 ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins de décharge doivent être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM dans la requête n° 2001602 :

En ce qui concerne la demande de l'ONIAM tendant à la condamnation de la société AM Trust Underwriters Dac à lui verser la somme de 5 017,13 euros majorée des intérêts et de leur capitalisation :

17. En premier lieu, lorsqu'il cherche à recouvrer les sommes versées aux victimes en application de la transaction conclue avec ces dernières, l'ONIAM peut soit émettre un titre exécutoire à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances, soit saisir la juridiction compétente d'une requête à cette fin. Toutefois, l'office n'est pas recevable à saisir le juge d'une requête tendant à la condamnation du débiteur au remboursement de l'indemnité versée à la victime lorsqu'il a, préalablement à cette saisine, émis un titre exécutoire en vue de recouvrer la somme en litige.

18. En l'espèce, l'ONIAM a choisi d'émettre un titre exécutoire pour recouvrer la somme de 5 017,13 euros qu'il a versée à Mme C au titre de son déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, de son préjudice d'agrément et de son préjudice esthétique permanent. Par conséquent, l'office n'est pas recevable à demander au tribunal de condamner la société AM Trust Underwriters Dac à lui verser cette somme. Les conclusions présentées en ce sens doivent dès lors être rejetées.

19. En second lieu, les débiteurs d'un titre exécutoire peuvent introduire contre celui-ci, devant la juridiction compétente, un recours qui présente un caractère suspensif en application d'un principe général du droit auquel le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ne saurait avoir dérogé et qui invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'ONIAM est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice. Le recours contentieux formé par la compagnie d'assurance AM Trust Underwriters Dac contre le titre exécutoire n° 2019-3080 en litige a ainsi suspendu son recouvrement. Le présent jugement mettant fin à ces sursis de paiement, il rétablit la compagnie d'assurance AM Trust Underwriters Dac dans son obligation de payer la somme de 5 017,13 euros. Il s'ensuit que les intérêts moratoires sur cette somme sont dus de plein droit à compter de la date de lecture du présent jugement et pourront être directement recouvrés par le comptable public, l'ONIAM n'étant en tout état de cause pas recevable à les demander directement au juge. La demande de l'ONIAM tendant à la condamnation de la compagnie d'assurance AM Trust Underwriters Dac au paiement d'intérêts moratoires et à la capitalisation de ceux-ci ne peut dès lors qu'être rejetée.

En ce qui concerne la demande de l'ONIAM tendant au versement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique :

20. Aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue ". Lorsque le débiteur a formé une opposition contre le titre exécutoire devant la juridiction compétente, l'ONIAM peut poursuivre le recouvrement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique en présentant une demande reconventionnelle devant la juridiction saisie de cette opposition.

21. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par deux courriers des 24 et 25 septembre 2018, le conseil du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne et de la société AM Trust Underwriters Dac a informé l'ONIAM et la CCI qu'il contestait les conclusions du rapport d'expertise du 9 janvier 2018 et l'avis de la CCI du 24 mai 2018 et qu'aucune offre d'indemnisation ne serait formulée auprès de Mme C. Le caractère nosocomial de l'infection contractée par Mme C et la responsabilité du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne n'étant pas sérieusement contestés, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société requérante, en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, à verser à l'ONIAM la somme de 752,57 euros correspondant à 15 % de la somme de 5 017,13 euros.

Sur les conclusions de la société AM Trust Underwriters Dac dans la requête n° 2010009 :

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire n° 2020-1021 :

S'agissant de la compétence du directeur de l'ONIAM pour émettre le titre exécutoire :

22. Pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 3 à 6, le moyen ne peut qu'être écarté s'agissant de ce titre exécutoire émis le 4 septembre 2020 par l'ONIAM pour recouvrer la créance née de l'indemnisation, par cet office, des frais divers (assistance tierce personne avant consolidation), de la perte de gains professionnels actuels, des frais de logement et de véhicule adaptés, de l'assistance par tierce personne après la consolidation et du déficit fonctionnel permanent de Mme C.

S'agissant des moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de la méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 :

23. En l'espèce, le titre exécutoire n° 2020-1021 précise que le recouvrement de la créance s'inscrit dans le cadre de la substitution de l'ONIAM dans les droits de Mme C en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et qu'il fait suite à l'avis de la CCI du 24 mai 2018 et à la conclusion d'un protocole d'indemnisation transactionnelle entre les intéressés. Ce protocole, dont il est constant qu'il était annexé au titre exécutoire, indique qu'il a été conclu le 5 août 2020 en vue de la réparation, à hauteur de 50 %, des frais divers (assistance tierce personne avant consolidation), de la perte de gains professionnels actuels, des frais de logement et de véhicule adaptés, de l'assistance par tierce personne après la consolidation et du déficit fonctionnel permanent de Mme C. Dans ces conditions, les bases de liquidation de la créance en cause sont suffisamment détaillées. Il s'en suit que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation du titre exécutoire et de la méconnaissance par l'ONIAM de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire n° 2020-1021 :

S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne :

24. Il résulte de ce qui a été dit au point 13 que la responsabilité du centre hospitalier est engagée à raison de l'infection nosocomiale contractée par Mme C et que cet établissement est tenu de réparer, à hauteur de 50 %, les préjudices de l'intéressée.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur de droit tenant au caractère certain, liquide et exigible :

25. Les docteurs Tadie et Denis ont estimé, dans leur rapport d'expertise, que Mme C avait notamment subi des pertes de gains professionnels avant la consolidation de son état de santé au 12 décembre 2017, qu'elle souffrait d'un déficit fonctionnel permanent de 10 % dont la moitié était imputable à l'infection nosocomiale mentionnée au point 13 et qu'elle avait besoin, compte tenu de son état de santé, d'un véhicule avec boite de vitesse automatique et de l'assistance non spécialisée par une tierce personne à hauteur de trois heures par semaine. La CCI, dans son avis du 24 mai 2018, a quant à elle estimé que le centre hospitalier Simone Veil d'Eaubonne devait indemniser, pour moitié et sur justificatifs, les pertes de gains professionnels de Mme C, les frais d'adaptation de son logement et de son véhicule ainsi que le recours à une tierce personne non spécialisée à raison de trois heures par semaine avant et après la consolidation de son état de santé. L'ONIAM justifie avoir versé à Mme C les sommes de 2 330,02 euros au titre de l'assistance par une tierce personne avant consolidation, de 29 672,36 euros au titre de l'assistance par une tierce personne post consolidation, de 180 euros de frais de logement adapté, de 3 638,02 euros de frais de véhicule adapté ainsi que de 6 069,50 euros au titre du déficit fonctionnel permanent de l'intéressée, et ce, en tenant compte de l'abattement de 50 % mentionné au point 13. L'ONIAM verse par ailleurs aux débats les justificatifs produits par Mme C ayant permis d'évaluer le montant des préjudices de celle-ci. Dans ces conditions, la société AM Trust Underwriters Dac n'est pas fondée à soutenir que la créance de 41 889,90 euros dont se prévaut l'ONIAM est dépourvue de caractère certain, liquide et exigible. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'elle invoque ne peut qu'être écarté.

S'agissant du moyen tiré du détournement de pouvoir et de procédure :

26. Il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que soutient la société requérante, que le titre exécutoire en litige est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure. Le moyen doit dès lors être écarté.

27. Il s'en suit, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire-droit la réalisation d'une nouvelle expertise, que les conclusions de la société AM Trust Underwriters Dac tendant à l'annulation du titre exécutoire n° 2020-1021 ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins de décharge doivent être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM dans la requête n° 2010009 :

En ce qui concerne la demande de l'ONIAM tendant à la condamnation de la société AM Trust Underwriters Dac à lui verser la somme de 41 889,90 euros majorée des intérêts et de leur capitalisation :

28. Pour les mêmes motifs que ceux développés aux points 17 et 19, les demandes ne peuvent qu'être rejetées s'agissant du titre exécutoire n° 2020-1021.

En ce qui concerne la demande de l'ONIAM tendant au versement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique :

29. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 21, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société requérante à verser à l'ONIAM, en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, la somme de 6 283,48 euros correspondant à 15 % de la somme de 41 889,90 euros.

Sur les frais d'expertise :

30. Aux termes de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise ". Aucune disposition ne réserve au juge la prérogative d'ordonner que les frais de l'expertise devant la CCI soient remboursés à l'ONIAM. Il appartient dès lors à l'office de recouvrer la créance correspondant à ces frais par l'émission d'un titre exécutoire. Par suite, les conclusions de l'office tendant à ce que la société requérante soit condamnée à rembourser lesdits frais sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.

Sur la mise en cause des tiers payeurs :

31. Lorsqu'il a versé une indemnité à la victime en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, il appartient à l'ONIAM, s'il a connaissance du versement à cette victime de prestations mentionnées à l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la 'circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, d'informer les tiers payeurs concernés afin de leur permettre de faire valoir leurs droits auprès du tiers responsable, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. Il incombe également à l'office d'informer les tiers payeurs, le cas échéant, de l'émission d'un titre exécutoire à l'encontre du débiteur de l'indemnité ainsi que des décisions de justice rendues sur le recours formé par le débiteur contre ce titre.

32. En revanche, il ne résulte ni de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que les tiers payeurs ayant servi des prestations à la victime en raison de l'accident devraient être appelés en la cause lorsque le débiteur saisit le juge administratif d'une opposition au titre exécutoire. Par suite, les conclusions de l'ONIAM tendant à ce que la CPAM du Val-d'Oise soit appelée en déclaration de jugement commun, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

33. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

34. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la société AM Trust Underwriters Dac et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette société une somme de 2 000 euros à verser à l'ONIAM au titre de ces mêmes dispositions.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Les requêtes n° 2001602 et 2010009 sont rejetées.

Article 2 : La société AM Trust Underwriters Dac est condamnée à verser à l'ONIAM la somme de 7 036,05 euros au titre de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.

Article 3 : Il est mis à la charge de la société AM Trust Underwriters Dac une somme de 2 000 euros à verser à l'ONIAM au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de l'ONIAM est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société AM Trust Underwriters Dac et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Copie en sera adressée pour information à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère,

et M. Goupillier, conseiller,

assistés de Mme Ricaud, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.

Le rapporteur,

signé

C. GoupillierLa présidente,

signé

E. Coblence

La greffière,

signé

V. Ricaud

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2 et 2010009

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