jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | WA NSANGA ALLEGRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2020, Mme B A, représentée par Me Wa Nsanga Allegret, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à l'indemniser de son préjudice fonctionnel permanent lié à l'accident de service qu'elle a subi le 3 février 2010, en lui remboursant ses frais de prestation d'aide-ménagère à compter du 9 octobre 2015 jusqu'à la date du jugement à intervenir ;
2°) de condamner l'État à prendre à sa charge la réparation de ce même préjudice à compter de la date de lecture du présent jugement par le versement de la somme capitalisée de 50 784 euros ou par le versement annuel de la somme 2 208 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du CJA.
Elle soutient que :
- elle a subi un accident de service le 3 février 2010 ayant résulté de la faute de l'État, en raison du défaut d'entretien normal du portail automatique de son lieu de travail, le présent tribunal ayant reconnu l'existence de cette faute par sa décision n° 1501177 du 7 novembre 2017 ;
- elle a subi un préjudice autre que ceux déjà indemnisés par cette décision juridictionnelle, en raison des frais d'aide-ménagère qu'elle a dû engager depuis le 9 octobre 2015, dès lors qu'elle est atteinte d'un déficit fonctionnel permanent invalidant;
- il convient de réparer ce préjudice, en condamnant l'État, d'une part, à lui verser la somme qu'elle a déboursée pour le financement de cette prestation entre le 9 octobre 2015 et la date de lecture du jugement, et d'autre part, à lui verser la somme totale de 50 784 euros ou à lui verser annuellement la somme de 2 208 euros s'agissant de la réparation de ce préjudice après la date de lecture du jugement.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive, la réclamation préalable indemnitaire de Mme A ayant été implicitement rejetée le 10 février 2018 ;
- la requête est mal dirigée, dès lors que la faute est uniquement, sinon principalement imputable au préfet des Hauts-de-Seine sur le fondement de sa responsabilité en matière d'entretien des ouvrages publics, sans lien avec la responsabilité sans faute au titre des risques professionnels ;
- les préjudices ne sont pas établis et, en tout de cause, doivent être ramenés à de plus justes proportions.
Un mémoire de Mme A a été enregistré le 23 janvier 2023 après que la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ancienne adjointe administrative de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, affectée à la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine, a été blessée sur son lieu de travail, le 3 février 2010, à l'occasion de la fermeture inopinée d'un portique de sécurité lors de son passage. Cet accident, reconnu imputable au service a été pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service. La date de consolidation de son état de santé a été fixée au 28 janvier 2013, avec un taux d'incapacité permanente partielle de 20 %. A sa demande, l'intéressée a été admise à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er juillet 2013. Par un courrier du 25 juillet 2014, Mme A a demandé au recteur de l'académie de Versailles de l'indemniser des conséquences de cet accident de service, demande qui a été rejetée par une décision du 24 septembre 2014. Par un jugement n° 1501177 du 9 novembre 2017, le présent tribunal a reconnu que l'accident de service avait été causé par une faute de l'État en raison du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public et était la cause des blessures de Mme A. Il a condamné l'État à verser à la requérante la somme de 18 561 euros en réparation du préjudice patrimonial qu'elle a subi, ainsi qu'en raison des souffrances physiques, morales et esthétiques qui en ont résulté. Par une nouvelle réclamation préalable reçue le 10 décembre 2018 par le recteur de l'académie de Versailles, Mme A a demandé à être indemnisée de ce même fait générateur en raison du déficit fonctionnel permanent dont elle est atteinte depuis cet accident la contraignant à recourir à une aide-ménagère. Sa demande ayant été implicitement rejetée, Mme A doit être regardée comme demandant la condamnation de l'État à l'indemniser de ce préjudice, en raison du coût de l'aide-ménagère à laquelle elle doit avoir recours depuis le 9 octobre 2015.
2. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative dans sa version applicable au litige : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet ".
3. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur. Il en va ainsi quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. La victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. Si, une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur.
4. Il n'est fait exception à ces règles que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus. Dans ce même cas, la victime peut également, si le juge administratif est déjà saisi par elle du litige indemnitaire né du refus opposé à sa réclamation, ne pas saisir l'administration d'une nouvelle réclamation et invoquer directement l'existence de ces nouveaux éléments devant le juge administratif saisi du litige en premier ressort afin que, sous réserve le cas échéant des règles qui gouvernent la recevabilité des demandes fondées sur une cause juridique nouvelle, il y statue par la même décision.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration a déjà rejeté le 24 septembre 2014 la réclamation de Mme A tendant à la réparation des conséquences dommageables de l'accident de service qu'elle a subi le 3 février 2010, liant le contentieux indemnitaire pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, le présent tribunal s'étant déjà prononcé par sa décision n° 1501177 du 9 novembre 2017 sur la réparation de ces dommages. La circonstance qu'une nouvelle décision de rejet soit intervenue à la suite d'une nouvelle réclamation de Mme A formée le 10 décembre 2018 et portant sur les conséquences de ce même fait générateur n'est pas de nature à rouvrir à cette dernière le délai de recours de deux mois, prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-2 du code de justice administrative.
6. D'autre part, il résulte de l'instruction que le préjudice fonctionnel permanent dont se prévaut la requérante a été identifié de manière certaine et directe par le docteur E le 17 avril 2014, soit antérieurement à la décision du 24 septembre 2014 par laquelle l'administration a rejeté sa première réclamation préalable indemnitaire. Par suite, Mme A ne saurait être regardée comme demandant réparation d'un dommage qui, tout en étant causé par le même fait générateur, serait né, ou se serait aggravé, ou aurait été révélé dans toute son ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation, justifiant qu'elle puisse à nouveau se prévaloir de ce fait générateur devant le présent tribunal.
7. Enfin et à supposer que Mme A entende se prévaloir d'un préjudice financier qui serait né après le 24 septembre 2014, il résulte de l'instruction que ce préjudice résulte de la souscription d'un contrat en vue d'une intervention d'une aide-ménagère à raison de deux heures par semaine pour une propriété située à La Guerinière en Vendée, alors que Mme A déclare comme résidence principale une adresse à Bezons dans le Val-d'Oise. La requérante ne produit en outre aucune pièce permettant d'établir que la nécessité de l'intervention d'une aide-ménagère à raison de deux heures par semaine, prestation de service à caractère très générique, soit la conséquence directe et certaine de son état de santé dégradé à la suite de l'accident de service.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le Tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au recteur de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
Mme C et M. D, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La rapporteure,
signé
M. C
La présidente,
signé
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2001623
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026