mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2001936 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 et 21 février 2020, Mme C B, représentée par la S.E.L.A.F.A. Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2019 par lequel le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis fin, à compter du 1er janvier 2020, au versement de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) de quinze points majorés dont elle bénéficiait ;
2°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de lui octroyer le bénéfice de la NBI rétroactivement à compter du 1er janvier 2020, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il méconnait les dispositions de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 dès lors que :
. elle exerce ses fonctions en périphérie du quartier E et notamment auprès de populations issues de ce quartier prioritaire ;
. elle a bénéficié de la NBI jusqu'à la date de l'arrêté en litige et que, le périmètre de ses fonctions s'étant élargi, elle devrait continuer à en bénéficier ;
- à supposer même qu'elle ne remplisse plus les conditions pour bénéficier de la NBI sur le fondement du décret n°2006-780 du 3 juillet 2006, les fonctions d'accueil qu'elle exerce à titre principal lui ouvrent droit au bénéfice de la NBI sur le fondement du décret n°2006-779 du même jour.
Par un mémoire en défense, enregistrés les 29 septembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n°2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n°2006-780 du 3 juillet 2006 ;
- le décret n°2014-1750 du 30 décembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
20 octobre 2022.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fléjou,
- les conclusions de M. Goupillier, rapporteur public,
- et les observations de Mme D, représentant le département des Hauts-de-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en qualité d'adjointe administrative territoriale par le département des Hauts-de-Seine à compter du 1er février 2006 et affectée sur un poste de " secrétaire d'équipe " au Service territorial de l'Aide sociale à l'enfance du Pôle solidarités d'Antony. Par un arrêté du 2 mars 2006, elle s'est vue attribuer le bénéfice de dix points majorés de nouvelle bonification indiciaire (NBI) " au titre de ses fonctions d'accueil du public ". Cet arrêté a été abrogé par un arrêté du 10 mars 2008, lui attribuant le bénéfice de quinze points majorés de NBI rétroactivement à compter du 1er août 2006, " au titre de ses fonctions d'assistance dans le secteur sanitaire et social et en matière d'administration générale exercée en zone urbaine sensible ". Par une décision du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine du
11 décembre 2019, Mme B a été affectée sur un poste de " secrétaire médico-sociale " au service de solidarité territoriale (SST) 13 en qualité de rédacteure territoriale titulaire à compter du 1er janvier 2020. Par un arrêté du même jour, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis fin, à compter du 1er janvier 2020, au versement de la NBI de quinze points majorés dont elle bénéficiait. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté et à ce qu'il soit enjoint au département des Hauts-de-Seine de rétablir son droit au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er janvier 2020.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé, pour le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, par M. A, alors directeur général adjoint, responsable du pôle des ressources humaines et financières, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation consentie par l'arrêté n°2019-DAJA-03 du président du conseil départemental en date du 4 février 2019, régulièrement publié le 4 avril suivant au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. () / IV. - Les dispositions qui précèdent sont étendues dans des conditions analogues, par décret en Conseil d'Etat, aux fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. " Aux termes de l'article 1er du décret n°2006-780 du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale exerçant dans des zones à caractère sensible : " Les fonctionnaires territoriaux exerçant à titre principal les fonctions mentionnées en annexe au présent décret dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville dont la liste est fixée par le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains () ". Les fonctions d'" Assistance ou encadrement intermédiaire dans le secteur sanitaire et social et en matière d'administration générale " figurent au point 18 de cette annexe et correspondent à quinze points de NBI. Aux termes du décret du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains, la commune d'Antony comporte le quartier prioritaire de la politique de la ville E ".
4. Il résulte des dispositions précitées qu'ont droit à une nouvelle bonification indiciaire les fonctionnaires territoriaux qui exercent leurs fonctions à titre principal au sein d'un quartier prioritaire de la politique de la ville ou dans un service situé en périphérie d'une telle zone, sous réserve, dans ce second cas, que l'exercice des fonctions assurées par l'agent concerné le place de manière significative en relation directe avec des usagers résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville voisin.
5. D'une part, il est constant que Mme B exerce les fonctions de secrétaire médico-sociale au sein de l'unité accueil, relation du public et appui du SST 13, sise 2/4 rue de Bône à Antony, qui ne se situe pas dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. D'autre part, Mme B ne peut être regardée comme exerçant ses fonctions à titre principal dans un service situé en périphérie d'un quartier prioritaire de la politique de la ville, dès lors que son lieu d'affectation est situé à plus d'un kilomètre du quartier prioritaire le plus proche dit E ". Elle ne peut davantage être regardée, en tout état de cause, comme exerçant ses fonctions en relation directe avec la population de ces quartiers dès lors qu'elle se borne à cet égard à soutenir qu'elle travaille avec l'ensemble des populations " antoniennes concernées et notamment celle du quartier E ", sans établir qu'elle travaillerait majoritairement avec des usagers résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, alors que le département des Hauts-de-Seine soutient en défense que moins de 5 % de l'activité du SST 13 est consacrée aux usagers issus de tels quartiers. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 11 décembre 2019 par lequel le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis fin, à compter du 1er janvier 2020, au versement de la NBI de quinze points majorés dont elle bénéficiait, méconnait les dispositions précitées de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006. Enfin, la circonstance que Mme B a bénéficié de points de NBI du 1er août 2006 au 31 décembre 2019 est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret n°2006-779 du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale : " Une nouvelle bonification indiciaire, prise en compte pour le calcul de la retraite, est versée mensuellement aux fonctionnaires territoriaux exerçant une des fonctions figurant en annexe () au présent décret. ". En vertu du paragraphe n° 33 de l'annexe de ce décret, une nouvelle bonification indiciaire de dix points est accordée pour les agents qui exercent " des fonctions d'accueil " " à titre principal ", dans les " communes de plus de 5 000 habitants () ".
7. Ces dispositions doivent être interprétées comme réservant le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire aux agents dont l'emploi implique qu'ils consacrent plus de la moitié de leur temps de travail total à des fonctions d'accueil du public. Pour l'application de cette règle, il convient de prendre en compte les heures d'ouverture au public du service, si l'agent y est affecté dans des fonctions d'accueil du public, ainsi que, le cas échéant, le temps passé par l'agent au contact du public en dehors de ces périodes, notamment à l'occasion de rendez-vous avec les administrés.
8. En l'espèce, il est constant que la fiche du poste occupé par Mme B à compter du 1er janvier 2020 précise qu'elle est affectée sur un poste de secrétaire médico-sociale et qu'une de ses six missions est d'" organiser des rendez-vous avec les personnes et leur famille, au service, à domicile ou hors les murs ". Toutefois, il ressort de cette même fiche de poste que cette mission, à supposer même qu'elle relève de l'accueil du public, n'arrive qu'en quatrième position sur six par ordre d'importance, ses autres missions consistant à " 1. gérer des alertes et suivre les délais de traitement ", " 2. constituer gérer et suivre les dossiers administratifs (complétude des dossiers, saisie Solis, archivage) ", " 3. recevoir les IP et les saisines de partenaires concernant des situations de vulnérabilité ", " 5. informer les interlocuteurs sur le dossier le cas échéant afin de coordonner les actions administratives " et " 6. élaborer des courriers pour transmission aux différents interlocuteurs internes et externes ". Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B exerce à titre principal des fonctions d'accueil au sens des dispositions précitées, justifiant que lui soit attribuée une NBI de dix points majorés.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction ainsi que de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au département des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère,
assistées de Mme Charleston, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
La rapporteure,
signé
V. Fléjou
La présidente,
signé
E. Coblence
La greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2001936
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026