LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2002649

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2002649

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2002649
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantBELYALETDINOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mars 2020, M. C D, représenté par Me Belyaletdinova, avocate, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision, en date du 27 décembre 2019, par laquelle le directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui rembourser les sommes illégalement impayées depuis la suspension des versements, dans un délai de quinze jours jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, de la somme de 1 800 euros, moyennant la renonciation de Me Belyaletdinova à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

M. D soutient que la décision contestée :

- a été signée par une autorité incompétente ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a jamais reçu le courrier en date du 27 février 2018 mentionné dans la décision attaquée et par lequel il aurait été invité à faire valoir ses observations ;

- méconnaît l'article 20 de la directive du 26 juin 2013 dite " Accueil " ;

- méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à sa situation ;

- méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a été mis en demeure le 7 octobre 2020.

Par une décision en date du 12 juillet 2021, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. D le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Kelfani, président, a été entendu, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, demandeur d'asile de nationalité pakistanaise, conteste la décision, en date du 27 décembre 2019, par laquelle le directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil. M. D doit également être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite de suspension de ses conditions matérielles d'accueil intervenue à compter du mois de mars 2018, dont l'existence est au demeurant révélée par l'attestation de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 20 juillet 2018 d'où il ressort que M. D a perçu l'allocation pour demandeur d'asile pour la dernière fois au mois de février 2018.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision implicite de suspension des conditions matérielles d'accueil intervenue à compter du mois de mars 2018 :

2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015 susvisée, applicable en l'espèce : " () La décision de suspension, de retrait ou de refus des conditions matérielles d'accueil est écrite et motivée () ".

3. Il n'est pas contesté par l'Office français de l'immigration de de l'intégration, qui n'a, en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 7 octobre 2020, produit aucune observation en défense, que la suspension des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. D à compter du mois de mars 2018 n'a pas revêtu la forme d'une décision écrite et motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées ci-dessus.

4. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite de suspension des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiaient M. D intervenue à compter du mois de mars 2018 doit être annulée.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 27 décembre 2019 :

5. La décision attaquée, qui a été prise au motif que M. D n'avait " pas respecté l'obligation (s') abstenant de (se) présenter aux autorités et/ou (n'avait) pas répondu aux demandes d'informations ", indique que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a notifié au requérant, par un courrier du 27 février 2018, son intention de suspendre les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait et l'a informé qu'il disposait d'un délai de quinze jours pour faire valoir ses observations. Le requérant fait valoir qu'il n'a jamais reçu cette correspondance. L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'ayant, ainsi qu'il a déjà été dit, produit aucune observation en défense, en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée, doit être regardé comme ayant acquiescé aux faits exposés par M. D et dont l'inexactitude ne ressort pas des pièces du dossier. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise sur une procédure irrégulière.

6. Il résulte de ce qui précède que la décision du directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 27 décembre 2019 doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".

8. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen des droits de M. D aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle l'intéressé a effectivement cessé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu de fixer à l'Office français de l'immigration et de l'intégration un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement pour procéder à cette opération.

9. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir l'injonction édictée ci-dessus d'une astreinte.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à l'avocate de M. D d'une somme de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Belyaletdinova renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D É C I D E :

Article 1er : La décision implicite de suspension des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. D intervenue à compter du mois de mars 2018 et la décision, en date du 27 décembre 2019, par laquelle le directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil de M. D, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de de procéder à un nouvel examen des droits de M. D aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle l'intéressé a effectivement cessé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous la réserve mentionnée au dernier point du présent jugement, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Belyaletdinova, avocate de M. D, la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme A et M. B, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.

Le rapporteur,

signé

K. KELFANI

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

C. ALa greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions