vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DELCROIX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2001132 du 5 mars 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête de Mme B D.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 janvier 2020 et 22 novembre 2021, Mme B D, représentée par Me Delcroix, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2019 par laquelle la ministre de la transition écologique et solidaire lui aurait refusé l'octroi du titre de paysagiste concepteur ;
2°) de constater qu'elle s'est vue accorder le droit d'user du titre de paysagiste concepteur ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de réponse de la ministre sous quatre mois à sa demande ;
- elle fait à tort application des critères prévus à l'article 9 du décret du 28 avril 2017 relatif à l'utilisation du titre de paysagiste concepteur, alors que seule la procédure prévue à l'article 4 de ce même décret lui était applicable ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à ses qualifications professionnelles.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 et 25 novembre 2021, la ministre de la transition écologique conclut à ce qu'il n'y ait pas lieu de statuer.
Elle soutient que l'intéressée s'étant vue délivrer le 4 novembre 2021 l'autorisation individuelle sollicitée, la requête a perdu son objet.
Par une ordonnance du 22 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 décembre 2021.
Par un courrier du 16 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, d'une part, des conclusions tendant à l'annulation du courriel du 30 septembre 2019 portant à la connaissance de l'intéressée l'avis de la commission consultative chargée d'émettre un avis sur l'utilisation du titre de paysagiste concepteur, lequel ne fait pas grief, et, d'autre part, des conclusions tendant à constater que l'intéressée s'est vue accorder le droit d'user du titre de paysagiste concepteur, dont il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 ;
- le décret n° 2017-673 du 28 avril 2017 ;
- l'arrêté du 28 août 2017 fixant les conditions de demande et de délivrance de l'autorisation d'utiliser le titre de paysagiste concepteur des personnes mentionnées au décret n° 2017-673 du 28 avril 2017 relatif à l'utilisation du titre de paysagiste concepteur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D a sollicité auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire la délivrance du titre de paysagiste concepteur. Le 25 septembre 2019, la commission consultative pour le titre de paysagiste concepteur a émis un avis défavorable à cette demande. Par un courriel du 30 septembre 2019, dont l'intéressée demande l'annulation, les services de la direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages du ministère de la transition écologique et solidaire ont porté à connaissance de l'intéressé cet avis défavorable. Par la présente requête, l'intéressée demande l'annulation du courriel du 30 septembre 2019. Par une décision expresse du 4 novembre 2021, la ministre de la transition écologique a délivré à Mme D le titre sollicité.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Aux termes de l'article 174 de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages : " Seuls peuvent utiliser le titre paysagistes concepteurs, dans le cadre de leur exercice professionnel, les personnes titulaires d'un diplôme, délivré par un établissement de formation agréé dans des conditions fixées par voie réglementaire, sanctionnant une formation spécifique de caractère culturel, scientifique et technique à la conception paysagère. / Pour bénéficier de ce titre, les praticiens en exercice à la date de publication de la présente loi doivent satisfaire à des conditions de formation ou d'expérience professionnelle analogues à celles des titulaires du diplôme mentionné au premier alinéa ".
3. Aux termes de l'article 2 du décret du 28 avril 2017 susvisé, relatif à l'utilisation du titre de paysagiste concepteur : " La demande d'autorisation d'utilisation du titre de paysagiste concepteur est présentée auprès du ministre chargé de la politique du paysage, accompagnée des pièces justificatives dont la liste est précisée par arrêté conjoint des ministres chargés de la politique du paysage, de l'enseignement supérieur, de l'agriculture et de la culture. / Le ministre chargé de la politique du paysage en accuse réception dans le délai d'un mois à compter de sa réception et indique au demandeur, le cas échéant, les documents manquants. / Pour les personnes mentionnées aux articles 4 et 9 du présent décret, le ministre chargé de la politique du paysage sollicite l'avis de la commission consultative pour l'utilisation du titre de paysagiste concepteur prévue à l'article 3. Dans ce cas, le silence gardé par le ministre chargé de la politique du paysage à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la réception du dossier complet vaut décision d'acceptation de la demande. / Le ministre chargé de la politique du paysage établit et publie la liste des personnes autorisées à utiliser le titre de paysagiste concepteur ". L'article 3 du même décret prévoit la création d'une commission consultative chargée d'émettre un avis sur l'utilisation, par les personnes mentionnées aux articles 4 et 9 de ce décret, du titre de paysagiste concepteur, compte tenu de leur formation ou de leur expérience professionnelle. Enfin, aux termes de l'article 9 du même décret : " Les personnes qui, à la date de publication de
la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 susvisée, exerçaient une activité de conception paysagère sans remplir les conditions prévues à l'article 1er peuvent, pendant une période de trois ans à compter de l'entrée en vigueur du présent décret, demander à être autorisées à utiliser le titre de paysagiste concepteur lorsqu'elles possèdent un diplôme sanctionnant une formation spécifique de caractère culturel, scientifique et technique à la conception paysagère autre que celui prévu à l'article 1er ou lorsqu'elles justifient d'une expérience professionnelle minimale d'un an dans le domaine de la conception paysagère. / La demande est présentée, dans les conditions prévues aux articles 2 et 3, au ministre chargé de la politique du paysage, qui statue après avis de la commission consultative pour l'utilisation du titre de paysagiste concepteur () ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande de Mme D ressortissait de l'article 9 du décret du 28 avril 2017. La ministre de la transition écologique et solidaire était donc tenue de solliciter préalablement l'avis de la commission consultative prévue à l'article 3 du même décret. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le dossier présenté par l'intéressée aurait été incomplet. Dès lors, en vertu des dispositions précitées du troisième alinéa de l'article 2 de ce décret, le silence gardé par la ministre sur la demande de la requérante, qui n'a pas été rompu par le courriel du 30 septembre 2019 en litige, lequel se bornait à informer l'intéressée de l'avis de la commission consultative compétente, a fait naître au terme d'une période de quatre mois une décision implicite d'acceptation de la ministre de la transition écologique. Il s'ensuit que la décision subséquente du 4 novembre 2021 par laquelle la ministre a fait expressément droit à la demande de Mme D se borne à réitérer la décision implicite antérieure d'acceptation de sa demande. Une telle décision n'a donc pu avoir ni pour objet, ni pour effet d'abroger ou de retirer le courriel du 30 septembre 2019, qui n'avait d'ailleurs pas un objet identique. Par suite, il y a lieu de statuer.
Sur la recevabilité de la requête :
5. D'une part, un avis émanant d'une commission consultative ne constituant pas une décision faisant grief, il en va nécessairement de même du courriel par lequel l'administration en charge de l'instruction d'une demande se borne à porter cet avis à la connaissance d'un administré. Par suite, le courriel du 30 septembre 2019 par lequel les services du ministère de la transition écologique et solidaire ont porté à la connaissance de Mme D l'avis de la commission consultative pour l'utilisation du titre de paysagiste concepteur en date du 25 septembre 2019 ne faisait pas grief à l'intéressée.
6. D'autre part, il n'appartient pas à la juridiction administrative de constater les droits d'un administré. Par suite, les conclusions de l'intéressée tendant à constater qu'elle s'est vue accorder le droit d'user du titre de paysagiste concepteur, qui sont irrecevables, doivent être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
8. Par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme L'Hermine, conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
L. C Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2003049
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026