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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2003241

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2003241

mardi 31 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2003241
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantBENARROUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 mars 2020, le 2 septembre 2020 et le 25 novembre 2020, M. B C, représenté par Me Benarrous, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2019 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande d'agrément de garde-pêche particulier sollicité par la fédération interdépartementale de pêche en sa faveur ainsi que la décision du 31 janvier 2020 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un agrément de garde pêche particulier dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens présentés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Weiswald, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Benarrous, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, né le 16 septembre 1978, dont l'aptitude technique en qualité de garde-pêche particulier a été reconnue par un arrêté du préfet de la Seine-et-Marne du 27 novembre 2013, est employé, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, par la fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne en qualité d'agent de développement, catégorie employé, non cadre, niveau III. Son contrat prévoit qu'il sera amené à exercer son activité dans les départements de Paris, de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine. Le 10 juillet 2019, le président de la fédération a présenté, en sa faveur, une demande d'agrément en qualité de garde pêche auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine. Après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, sa demande a été rejetée par le préfet des Hauts-de-Seine par un arrêté du 20 décembre 2019. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision du 31 janvier 2020 rejetant son recours gracieux contre cette décision.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. L'arrêté en litige, qui vise notamment les dispositions de l'article R. 437-3-1 du code de l'environnement ainsi que les articles 29 et 29-1 du code de procédure pénale, mentionne que, l'enquête diligentée en amont de la délivrance de l'agrément présentée par M. C fait apparaître que celui-ci est défavorablement connu des services de police et de gendarmerie pour contrefaçon falsification de chèque ou usage ou réception de chèque contrefait et recel de bien provenant d'un vol en 1999, pour port prohibé d'arme de munition ou de leurs éléments de catégorie 1 ou 4 en 2001, pour rébellion, refus par conducteur d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, outrage à personne dépositaire autorité publique le 6 mars 2003, pour troubles à la tranquillité d'autrui par agressions sonores en 2003 et 2004, pour acquisition non autorisée de stupéfiants à diverses reprises entre 2001 et 2016, pour emploi, détention, offre ou cession, transport non autorisés de stupéfiants et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit entre septembre et novembre 2016, pour concussion par charge de mission de service public perception indue de droit, impôt ou taxe le 30 mai 2018 et, enfin, pour extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien et violation de domicile par chargé de mission de service public et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D entre le 27 mai et 26 juillet 2018. Cet arrêté indique également qu'en conséquence, la moralité et le comportement de l'intéressé sont incompatibles avec l'exercice d'une activité de garde-pêche particulier. Ainsi, cet arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 437-3-1 du code de l'environnement : " Les gardes-pêche particuliers et les agents de développement des fédérations départementales ou interdépartementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique sont commissionnés, agréés, assermentés et exercent leurs fonctions dans les conditions fixées aux articles R. 15-33-24 à R. 15-33-29-2 du code de procédure pénale et en application de l'article L. 437-13 du présent code () ". Aux termes de l'article 29 du code de procédure pénale : " Les gardes particuliers assermentés constatent par procès-verbaux tous délits et contraventions portant atteinte aux propriétés dont ils ont la garde ". Enfin, aux termes de l'article 29-1 du même code : " Les gardes particuliers mentionnés à l'article 29 sont commissionnés par le propriétaire ou tout autre titulaire de droits sur la propriété qu'ils sont chargés de surveiller. Ils doivent être agréés par le préfet du département dans lequel se situe la propriété désignée dans la commission. / Ne peuvent être agréés comme gardes particuliers : / 1° Les personnes dont le comportement est incompatible avec l'exercice de ces fonctions, en particulier si elles ne remplissent pas les conditions de moralité et d'honorabilité requises, au vu notamment des mentions portées au bulletin n° 2 de leur casier judiciaire ou dans les traitements automatisés de données à caractère personnel mentionnés à l'article 230-6 () ".

5. En l'espèce s'il ressort des pièces du dossier que les actes reprochés à l'intéressé entre 1999 et 2004 sont anciens et qu'il n'a fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire pour les faits de concussion, d'extorsion et de violation de domicile dans lesquels il a été impliqué en 2018, le requérant ne conteste toutefois pas avoir acquis de manière non autorisée des stupéfiants à diverses reprises entre 2001 et 2016 et n'a fourni que des explications lacunaires au sujet des faits d'emploi, de détention, d'offre ou de cession ainsi que de transport non autorisés de stupéfiants qui lui sont également reprochés. En effet, il se borne à faire valoir que ces derniers faits ont été commis, à son insu, par l'un des associés du restaurant dont il était le gérant non salarié et ne produit aucun élément ou commencement de preuve permettant d'étayer ses allégations. Par suite, en dépit de la circonstance que M. C se soit récemment vu accorder des agréments de garde-pêche particulier dans d'autres départements et produise une attestation émanant du vice-président de la fédération interdépartementale de pêche louant ses qualités professionnelles, le préfet des Hauts-de-Seine a pu, au regard de ces seuls faits, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que l'intéressé ne remplissait pas les conditions de moralité et d'honorabilité requises pour se voir délivrer l'agrément nécessaire à l'exercice des fonctions de garde particulier.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 20 décembre 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. A et M. D, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.

Le rapporteur,

signé

J.-B. D

Le président,

signé

R. FéralLa greffière,

signé

M. E

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour ampliation

Le Greffier

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