vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 mars 2020 et 30 août 2021, M. A B, représenté par Me Bodart, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2019 par lequel le maire de la commune d'Hédouville s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'il a déposée en vue de la pose d'une clôture en limite séparative sur un terrain situé 7, rue de l'ancien moulin à Hédouville ainsi que la décision implicite du préfet de la région d'Île-de-France, confirmant l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Hédouville de prendre un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable qu'il a déposée, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Hédouville la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été édicté au terme d'une procédure irrégulière, faute pour le maire de la commune d'Hédouville d'avoir procédé aux consultations nécessaires ;
- l'arrêté n'est pas motivé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de l'avis défavorable émis par l'architecte des Bâtiments de France le 28 aout 2019, qui n'est pas motivé, et de la décision du préfet de la région d'Île-de-France confirmant cet avis qui est entachée d'un vice de procédure puisque le préfet de la région d'Île-de-France n'a pas saisi de médiateur et n'a pas mis en œuvre de procédure contradictoire préalable ;
- l'avis du 28 août 2019 et la décision du préfet de la région d'Île-de-France confirmant cet avis sont entachés d'une erreur de droit puisqu'ils interdisent de manière générale les claustras en bois et autres pares-vues industriels alors qu'aucune disposition règlementaire n'interdit de tels éléments ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit puisqu'ils prennent en compte l'écrin bâti du monument historique alors que seule une éventuelle atteinte au monument historique est de nature à justifier un avis défavorable ;
- ils sont entachés d'une erreur d'appréciation puisque les travaux projetés ne sont pas susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur de l'église de la Sainte-Trinité.
Par un mémoire, enregistré le 19 juillet 2021, la commune d'Hédouville, représentée par Me Lalanne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 12 août 2021, le préfet de la région d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'avis défavorable émis par l'architecte des Bâtiments de France le 28 aout 2019 et la décision du préfet de la région d'Île-de-France confirmant cet avis ne constituent pas des décisions faisant grief, susceptibles de recours ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2022.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2019-617 du 21 juin 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère, ;
- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;
- et les observations Me Bodart, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 juin 2019, M. B a déposé une déclaration préalable de travaux en vue de la pose d'une clôture en limite séparative, sur un terrain situé 7, rue de l'ancien moulin à Hédouville. Par un arrêté du 9 septembre 2019, le maire de la commune d'Hédouville s'est, après l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France du 28 août 2019, opposé à cette déclaration préalable. M. B a saisi le préfet de la région d'Ile-de-France, le 26 novembre 2019, d'un recours contre l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France. Le préfet a implicitement confirmé l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 9 septembre 2019 et de la décision implicite du préfet de la région d'Ile-de-France confirmant l'avis de l'architecte des Bâtiments de France.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet du préfet de la région d'Île-de-France :
2. Aux termes de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus. () / Le délai à l'issue duquel le préfet de région est réputé avoir confirmé la décision de l'autorité compétente en cas de recours du demandeur est de deux mois à compter de la réception de ce recours. / Si le préfet de région infirme le refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, l'autorité compétente en matière d'autorisations d'urbanisme statue à nouveau dans le délai d'un mois suivant la réception de la décision du préfet de région ".
3. Il résulte de ces dispositions que la délivrance d'un permis de construire, ou comme en l'espèce, d'une décision de non-opposition, est subordonnée, lorsque les travaux envisagés sont situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, à l'avis conforme de l'architecte des Bâtiments de France ou, lorsque celui-ci a été saisi, du préfet de région. Toutefois, si l'avis de celui-ci se substitue alors à celui de l'architecte des Bâtiments de France, l'ouverture d'un tel recours administratif, qui est un préalable obligatoire à toute contestation de la position ainsi prise au regard de la protection d'un édifice classé ou inscrit, n'a ni pour objet ni pour effet de permettre l'exercice d'un recours contentieux contre cet avis. La régularité et le bien-fondé de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ou, le cas échéant, de la décision du préfet de région ne peuvent en effet être contestés qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de refus du permis de construire et présenté par une personne ayant un intérêt pour agir. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la région Île-de-France a implicitement rejeté le recours administratif formé contre l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de la commune d'Hédouville du 9 septembre 2019 :
En ce qui concerne la légalité externe :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France, qui a été consulté, a rendu un avis défavorable le 28 août 2019. Par ailleurs, le requérant n'indique pas quels autres services, commissions ou personnes auraient dû être consultés. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ". Aux termes de l'article A. 424-3 du même code : " L'arrêté indique, selon les cas : () / b) Si le permis est refusé ou si la déclaration préalable fait l'objet d'une opposition () ". Aux termes de l'article A. 424-4 du même code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'opposition contestée vise les textes dont le maire de la commune d'Hédouville a entendu faire l'application, notamment le code de l'urbanisme. Le maire y a également mentionné les éléments de fait sur lesquels il s'est fondé pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par M. B tenant à ce que les claustras en bois et autres pares-vues industriels sont des matériaux dont la sécheresse et la raideur sont de nature à modifier la perception du paysage urbain protégé que constitue l'écrin bâti de l'église de la Sainte-Trinité, classée au titre des monuments historiques. En conséquence, la décision d'opposition à la déclaration préalable déposée par M. B est suffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 424-3, A. 424-3 et A. 424-4 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne la légalité interne :
S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision du préfet de la région d'Île-de-France qui se substitue à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 28 août 2019 :
8. En premier lieu, si l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue du décret du 21 juin 2019 relatif aux abords de monuments historiques, aux sites patrimoniaux remarquables et à la dispense de recours à un architecte pour les coopératives d'utilisation de matériel agricole, prévoit que le demandeur peut préciser, lors de sa saisine du préfet de région d'un recours contre la décision d'opposition à une déclaration préalable à la suite d'un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, s'il souhaite faire appel à un médiateur que le préfet de région doit alors saisir, il résulte de la combinaison des articles 2 et 4 de ce décret que ces dispositions sont applicables aux déclarations préalables déposées à compter du lendemain de la publication du décret, qui est intervenue le 22 juin 2019 au Journal officiel de la République française.
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé sa déclaration préalable le 15 juin 2019, soit antérieurement à l'entrée en vigueur du décret du 21 juin 2019 qui a instauré une procédure de saisine d'un médiateur ci-dessus décrite. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision du préfet de la région d'Île-de-France aurait été rendue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine par ce préfet d'un médiateur alors qu'il avait précisé qu'il souhaitait y faire appel dans son recours. Le moyen, inopérant, sera écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
11. M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration pour contester la légalité de la décision du préfet de la région d'Île-de-France, qui statue sur sa demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. À ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours () ".
13. Il résulte de la combinaison des articles L. 621-30, L. 621-32, du I de
l'article L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, ou, comme en l'espèce, les décisions de non-opposition à déclaration préalable, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.
14. En l'espèce, le projet litigieux se situe à moins de 500 mètres de l'église de la Sainte-Trinité faisant l'objet d'une protection au titre des monuments historiques. Il ressort des pièces du dossier que les travaux projetés seront visibles depuis cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public et qu'ils sont dès lors soumis à l'accord préalable de l'architecte des Bâtiments de France au titre de la protection des abords d'un monument historique. Le préfet de la région d'Île-de-France a confirmé l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France, qui a estimé que : " le projet est de nature à modifier la perception du paysage urbain protégé qui constitue l'écrin bâti de l'église Saint-Trinité ". Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de la région d'Île-de-France pouvait, sans commettre d'erreur de droit, tenir compte de l'atteinte portée par les travaux projetés à la mise en valeur des abords de cette église et n'était pas tenu de se fonder, uniquement, sur l'atteinte portée par ces travaux au monument historique que constitue l'église Sainte-Trinité. Par suite, le moyen qui n'est pas fondé sera écarté.
15. En quatrième lieu, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 631-30, L. 631-32 et L 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme précitées que l'accord de l'architecte des Bâtiments de France au titre de la protection des abords d'un monument historique ne peut être donné qu'à la suite de l'examen des atteintes que la construction projetée est susceptible de porter aux édifices classés ou inscrits dans le champ de visibilité desquels elle est envisagée. Toutefois, l'architecte des Bâtiments de France peut délivrer un avis favorable en l'assortissant de prescriptions, relatives notamment aux couleurs, à la nature des matériaux ou à l'aménagement des lieux, afin de limiter, compenser ou supprimer les atteintes que la construction projetée serait susceptible d'apporter à l'édifice classé ou inscrit dans le champ de visibilité duquel elle est située. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le point de savoir si la construction projetée porte une atteinte au monument historique et à ses abords.
16. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la région d'Île-de-France a confirmé l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 28 août 2019 qui a estimé que la pose d'une clôture, en limite séparative des parcelles n° C550 et n° C459, en claustras de bois à lames disjointes et végétalisées d'une hauteur de 1,50 mètres sur une longueur de 9,30 mètres, portait atteinte à la mise en valeur des abords de l'église de la Sainte-Trinité en raison de la sécheresse et de la raideur de ce matériau. En se fondant sur la nature des matériaux utilisés pour apprécier si le projet était de nature à porter atteinte à la mise en valeur du monument historique ou de ses abords, le préfet de la région d'Île-de-France n'a pas commis d'erreur de droit. La circonstance qu'aucune disposition règlementaire locale n'interdit les claustras est, par ailleurs, sans incidence sur la légalité de l'avis. Le moyen qui n'est pas fondé sera écarté.
17. En cinquième lieu, eu égard aux caractéristiques des constructions des abords de l'église de la Sainte-Trinité constituées de pierres à assises horizontales et aux matériaux utilisés pour la clôture qui se distinguent ainsi de ceux utilisés pour les constructions aux abord de l'église, il apparaît que le projet tel qu'envisagé est de nature à porter atteinte à la mise en valeur du monument historique en cause ou de ses abords. Ainsi, le préfet de la région d'Île-de-France en confirmant l'avis de l'architecte des Bâtiments de France n'a pas entaché son avis d'une erreur d'appréciation. Le moyen doit être écarté.
S'agissant de l'exception d'illégalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 28 août 2019 :
18. Ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision prise par le préfet de la région d'Île-de-France sur recours préalable de M. B s'est substituée à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 28 août 2019. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet avis ainsi que les moyens énoncés aux points 14, 16 et 17 en tant qu'ils sont dirigés contre cet avis sont inopérants et doivent être écartés.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 9 septembre 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Hédouville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune d'Hédouville au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Hédouville présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la région d'Île-de-France et à la commune d'Hédouville.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président ;
Mme Garona, première conseillère ;
Mme L'Hermine, conseillère ;
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
La rapporteure,
signé
M. L'Hermine
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
M. Galan
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026