mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2003977 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY- AVOCATS ASSOCIÉS - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 avril 2020 et 8 février 2023, Mme B C, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2019 par laquelle le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a refusé de faire droit à sa demande d'autorisation de cumul d'activité, ainsi que la décision du 7 février 2020 de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de lui accorder l'autorisation de cumul d'activités demandée ou, à tout le moins, de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 30 septembre 2019 attaquée est entachée de l'incompétence de son signataire ;
- les décisions des 30 septembre 2019 et 7 février 2020 sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 28 du décret du 30 juillet 1987.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 février 2021 et 20 février 2023, la commune de Boulogne-Billancourt, représentée par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2017-105 du 27 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 10 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fléjou,
- et les conclusions de M. Goupillier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, bibliothécaire territoriale titulaire, a été recrutée par la commune de Boulogne-Billancourt le 1er septembre 2002. L'intéressée, qui a développé à partir du 15 novembre 2017 des troubles anxio-dépressifs, a été placée en congé de longue maladie par arrêté du 17 septembre 2019. Par un formulaire reçu par la commune le 29 septembre 2019, Mme C a demandé l'autorisation d'exercer une activité accessoire, ce que la commune lui a refusé par une décision du 30 septembre 2019. La requérante a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté par la commune de Boulogne-Billancourt par un courrier du 7 février 2020. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de ces deux décisions et qu'il soit enjoint à la commune de faire droit à sa demande d'exercice d'une activité accessoire pendant la durée de son congé de longue maladie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 30 septembre 2019 :
2. La décision attaquée est signée par Mme D A, maire adjointe, chargée des affaires relatives aux ressources humaines, à la vie associative et à la politique de la ville, qui bénéficiait d'une délégation consentie par l'arrêté n°AR5323 du 7 mai 2014, régulièrement publié, pour signer notamment les décisions concernant " les ressources humaines ", " plus particulièrement la carrière ", et " tous courriers concernant la situation des agents de la ville ". Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été signée par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions des 30 septembre 2019 et 7 février 2020 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision du 30 septembre 2019 comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent à l'intéressée d'en contester utilement le bien-fondé. En particulier, elle vise l'article 28 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 et précise les raisons du refus de la commune de Boulogne-Billancourt, tenant notamment selon elle au caractère lucratif des activités que Mme C a sollicité l'autorisation d'exercer.
5. En second lieu, la requérante ne saurait utilement se prévaloir des vices propres de la décision du 7 février 2020 dès lors que celle-ci est une décision de rejet de son recours gracieux.
6. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 et 28 du décret du 30 juillet 1987 :
7. Aux termes de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 dans sa rédaction applicable du 22 avril 2016 au 1er mars 2022 : " I.-Le fonctionnaire consacre l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées. Il ne peut exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit, sous réserve des II à V du présent article. () / IV.- Le fonctionnaire peut être autorisé par l'autorité hiérarchique dont il relève à exercer à titre accessoire une activité, lucrative ou non, auprès d'une personne ou d'un organisme public ou privé dès lors que cette activité est compatible avec les fonctions qui lui sont confiées et n'affecte pas leur exercice () ".
8. Aux termes de l'article 6 du décret du 27 janvier 2017 relatif à l'exercice d'activités privées par des agents publics et certains agents contractuels de droit privé ayant cessé leurs fonctions, aux cumuls d'activités et à la commission de déontologie de la fonction publique : " Les activités exercées à titre accessoire susceptibles d'être autorisées sont les suivantes :/ () c) Activité à caractère sportif ou culturel, y compris encadrement et animation dans les domaines sportif, culturel, ou de l'éducation populaire () b) Vente de biens fabriqués personnellement par l'agent. ".
9. Aux termes de l'article 28 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux dans sa rédaction applicable du 1er août 1987 au 13 mars 2022 : " Le bénéficiaire d'un congé de longue maladie ou de longue durée doit cesser tout travail rémunéré, sauf les activités ordonnées et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation () ".
10. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le fonctionnaire placé en congé de longue maladie, qui demeure en position d'activité, peut être autorisé à exercer " à titre accessoire " des activités au sens de l'article 25 septies précité de la loi du 13 juillet 1983 dans la seule mesure où celles-ci ont été " ordonnées et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation ", ainsi que le prévoit l'article 28 du décret du 30 juillet 1987, dans le but notamment d'éviter un risque de désinsertion professionnelle. Eu égard à cette restriction, ces activités doivent nécessairement être de faible importance et ne peuvent donner lieu qu'à une rémunération minime.
11. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, qui était alors en congé de longue maladie, soit en position d'activité, a demandé à son employeur, la commune de Boulogne-Billancourt, l'autorisation d'exercer des activités accessoires. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, en particulier des termes du recours gracieux formé par Mme C contre la décision du 30 septembre 2019, que celle-ci, qui souhaitait s'adonner à sa passion de l'illustration et de la confection de bijoux, comptait, d'une part, vendre les accessoires et les dessins réalisés artisanalement par ses soins et, d'autre part, animer des ateliers de dessins de type " manga ". Il est constant que ces activités entrent bien dans celles " à caractère sportif ou culturel, y compris encadrement et animation dans les domaines sportif, culturel, ou de l'éducation populaire " et de " Vente de biens fabriqués personnellement par l'agent ", dont l'exercice peut être autorisé au fonctionnaire en activité en application des dispositions, citées aux points 7 et 8, de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 6 du décret du 27 janvier 2017. Toutefois, il est également constant qu'à la date de sa demande, du fait de son placement en congé de longue maladie, Mme C était également soumise aux dispositions citées au point 9 de l'article 28 du décret du 30 juillet 1987, qui posent le principe de l'interdiction d'exercice d'une activité rémunérée par l'agent bénéficiaire d'un tel congé, à l'exception des " activités ordonnées et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation ". Au regard, notamment, de leur nature, de leur variété et de leur ampleur attendue, les activités que Mme C a demandé l'autorisation d'exercer, à supposer même qu'elles puissent être regardées comme ayant été " ordonnées et contrôlées médicalement " au sens de l'article 28 du décret du 30 juillet 1987 par le certificat du Dr M. en date du 19 juillet 2019, ne visent pas essentiellement à éviter un risque de désinsertion professionnelle mais constituent de véritables activités artistiques et d'animation, à visée lucrative. Elles ne peuvent, dès lors, être regardées comme de faible importance et de nature à générer seulement une rémunération minime. Dans ces conditions, la commune de Boulogne-Billancourt était fondée à refuser de faire droit à la demande de la requérante au motif qu'elle portait sur des activités excédant par leur importance celles dont l'exercice est autorisé, par exception, aux agents placés en congé de longue maladie. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions combinées des articles 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 et 28 du décret du 30 juillet 1987 doivent être écartés.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 30 septembre 2019 et 7 février 2020 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de commune de Boulogne-Billancourt, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par la commune de Boulogne-Billancourt doivent, dans les circonstances de l'espèce, être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Boulogne-Billancourt au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la commune de Boulogne-Billancourt.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère,
assistées de Mme Charleston, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
V. Fléjou
La présidente,
signé
E. Coblence
La greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026