jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2004243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 27 avril 2020 et 30 avril 2024, M. A C, représenté par Me Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la ministre des armées à lui verser la somme de 86 729,15 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 février 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la ministre des armées la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la ministre des armées, dont dépend l'HIA Percy, est engagée sur le fondement de l'article L. 1142-1 du Code de la santé publique dès lors que les opérations qu'il a subies le 20 janvier 2017 n'ont pas été réalisées conformément aux règles de l'art ;
- elle est également engagée sur le fondement de l'article L. 1111-2 du même code dès lors que l'équipe de l'HIA ne lui a pas signalé qu'un fragment de disque exclu pouvait ne pas être retrouvé ; elle a ainsi manqué à son obligation d'information ;
- quant à ses préjudices temporaires, l'assistance par tierce personne pourra être réparée par la somme de 300 euros, son préjudice de pertes de gains professionnels par la somme de 20 000 euros à parfaire, son déficit fonctionnel temporaire par la somme de 4 500 euros, son préjudice esthétique temporaire par la somme de 4 000 euros et les souffrances endurées par la somme de 8 200 euros ;
- quant à ses préjudices permanents, son déficit fonctionnel permanent pourra être réparé par la somme de 35 000 euros, son préjudice esthétique définitif par la somme de 4 000 euros et son préjudice d'agrément par la somme de 3 500 euros ;
- le préjudice résultant de son défaut d'information pourra être réparé par la somme de 5 000 euros ;
- l'Etat devra lui rembourser les frais dont il s'est acquitté dans le cadre de l'expertise réalisée par le docteur B, qui s'élèvent à la somme de 2 229,15 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2022, la ministre des armées conclut à la réduction des prétentions indemnitaires de M. C à de plus justes proportions.
Elle fait valoir que :
- elle ne conteste pas l'engagement de la responsabilité de l'Etat dès lors que le docteur B a estimé d'une part que l'équipe de l'HIA Percy avait manqué à son obligation d'information et d'autre part que les opérations du 20 janvier 2017 n'avaient pas été réalisées dans les règles de l'art ;
- hormis l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent, dont elle ne conteste pas le montant, les sommes demandées par M. C sont surévaluées et devront être ramenées à de plus justes proportions, en tenant compte notamment des préjudices qu'il aurait subis en tout état de cause, si les opérations avaient été réalisées de façon satisfaisante.
La procédure a été communiquée à la caisse nationale militaire de sécurité sociale qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- l'ordonnance n°1903376 du 5 décembre 2019 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur B à la somme de 2 229,15 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Par ordonnance du 28 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 avril suivant.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fléjou,
- et les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 6 novembre 1972, a été opéré d'une hernie discale sous ligamentaire située au niveau des vertèbres lombaires L4 et L5, au sein du service de neurochirurgie de l'hôpital d'instruction des armées (HIA) Percy de Clamart le 24 février 2000. En 2017, suite au port de charges lourdes, des douleurs lombaires sont réapparues et il a été hospitalisé en rhumatologie à l'hôpital Bégin de Vincennes, où une imagerie par résonnance médicale (IRM) réalisée le 16 janvier 2017 a mis en évidence une extrusion discale sous ligamentaire postéro-médiane des mêmes disques, conflictuelle avec les racines nerveuses au niveau du disque L5 et de la vertèbre S1. Il a été transféré dès le lendemain à l'HIA Percy, où, en raison de la lombosciatique hyperalgique droite et de la diminution du réflexe ostéo-tendineux que présentait l'intéressé, il a été décidé de l'opérer. M. C a ainsi subi une intervention de cure de hernie discale le 20 janvier 2017. Présentant au réveil un déficit complet des releveurs et une sciatique L5 droite accompagnée de paresthésies, il a bénéficié d'une nouvelle IRM qui a mis en évidence la persistance d'un volumineux fragment discal exclu, expliquant sa symptomatologie. Il a subi une reprise chirurgicale le jour même, sans que ce fragment ne soit retiré. Aucune amélioration du déficit neurologique lié à la compression de la racine nerveuse L5 n'a été constatée à son réveil. Il a subi une nouvelle opération le 25 janvier suivant, qui a finalement permis de retirer le fragment discal. Après cette intervention, M. C a constaté une nette amélioration de ses douleurs lombaires mais aucune amélioration de son déficit neurologique. Victime d'une nouvelle extrusion discale conflictuelle avec l'émergence radiculaire L5 droite au cours de l'été 2018, il a subi une opération à la clinique du Millénaire de Montpellier le 31 août 2018. En raison de la persistance de douleurs et d'une abolition du potentiel moteur du nerf sciatique poplité externe avec une paralysie du jambier antérieur droit, M. C a demandé au tribunal la désignation d'un expert médical. Par une ordonnance le 15 juillet 2019, la première vice-présidente a désigné le docteur B, expert en chirurgie osseuse et articulaire, aux fins de réaliser cette expertise. Dans son rapport, remis le 31 octobre 2019, ce médecin a estimé que l'HIA Percy avait commis des fautes dans la prise en charge de M. C au mois de janvier 2017. Par un courrier du 17 février 2020, reçu par la ministre des armées le 24 février suivant, ce dernier a demandé la réparation des préjudices résultant selon lui de ces fautes à l'Etat qui a gardé le silence sur cette demande. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 84 500 euros en indemnisation des préjudices résultant de ces fautes.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
S'agissant de la faute dans l'exécution du geste chirurgical :
2. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. "
3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 31 octobre 2019, que les deux interventions de cure de hernie discale subies par M. C le 20 janvier 2017 n'ont pas été menées dans les règles de l'art. Celles-ci n'ont en effet pas permis de retrouver et d'extraire un fragment de disque exclu, à l'origine d'une compression d'une racine nerveuse à hauteur du disque L5, qui n'a été extrait que lors de l'opération menée cinq jours plus tard. Sur ce point, l'expert relève que le chirurgien, qui ne " s'est pas étonné de ne pas trouver ce fragment et de constater que la racine L5 n'avait pas de mobilité normale ", aurait dû poursuivre la recherche de ce fragment ou faire appel à un chirurgien plus expérimenté afin de mener à bien la cure, et estime que cette " conduite thérapeutique [] n'était pas adaptée au cas de M. C ". Aux termes de son rapport, il a ainsi retenu que la compression de la racine nerveuse de ce dernier pendant cinq jours, du fait de cette faute, est à l'origine pour lui de lésions neurologiques irréversibles, caractérisées par une abolition du potentiel moteur du nerf sciatique poplité externe, source d'une paralysie du jambier antérieur droit, d'une boiterie, de douleurs et de fourmillements. De ce qui précède, il résulte que la faute dans l'exécution du geste chirurgical commise à l'HIA Percy est de nature à engager la responsabilité de l'Etat, ce que la ministre des armées ne conteste d'ailleurs pas.
S'agissant de l'obligation d'information :
4. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique dans sa version applicable du 28 janvier 2016 au 1er octobre 2020 : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. Elle est également informée de la possibilité de recevoir, lorsque son état de santé le permet, notamment lorsqu'elle relève de soins palliatifs au sens de l'article L. 1110-10, les soins sous forme ambulatoire ou à domicile. Il est tenu compte de la volonté de la personne de bénéficier de l'une de ces formes de prise en charge. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. Pour apprécier si l'absence d'information préalable d'un patient sur la possible survenance du syndrome dont il reste atteint méconnait cette obligation d'information, il y a lieu de rechercher si le risque en question ne pouvait advenir que par l'effet d'un geste chirurgical contraire aux bonnes pratiques médicales.
6. En l'espèce, il est constant que M. C a bien été informé des risques d'une opération de cure de hernie discale. Si le requérant soutient, en s'appuyant sur les conclusions expertales, qu'il n'a pas été informé de l'éventualité qu'un fragment de disque exclu ne soit pas retrouvé, il résulte toutefois de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 3, que le dommage est dû intégralement à une faute dans l'exécution du geste chirurgical, ce qui exclut que M. C ait pu être informé, préalablement à l'intervention, d'un tel risque et de ses conséquences, les dispositions précitées de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique ne prévoyant pas une obligation d'information à cet égard, alors que ce risque a d'ailleurs été qualifié par le docteur B de " risque exceptionnel () lié à la technicité du chirurgien ". Ainsi, le manquement au devoir d'information doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de l'Etat doit être engagée sur le fondement du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et qu'il doit, à ce titre, être condamné à réparer l'intégralité du dommage de M. C.
En ce qui concerne les préjudices :
8. Il résulte du rapport d'expertise, qui n'est pas contredit sur ce point, que la date de consolidation de l'état de santé de M. C peut être fixée au 25 juillet 2018.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant à l'assistance par tierce personne temporaire :
9. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
10. En l'espèce, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que M. C a eu besoin de l'assistance par une tierce personne non spécialisée quatre heures par semaine pendant la période comprise entre le 3 mars 2017 et le 3 avril 2017 soit pendant 32 jours. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, l'indemnisation due au titre de ce chef de préjudice doit être calculée sur la base d'une année de 412 jours, soit un total 36,12 jours, correspondant à 5,16 semaines et, s'agissant d'une aide se limitant à accompagner les gestes de la vie quotidienne, en référence à un taux horaire moyen de 20 euros, tenant compte des cotisations dues par l'employeur et des majorations de rémunération pour travail du dimanche. Le montant d'assistance par tierce personne pour cette première période s'élève ainsi à la somme de 413 euros, que l'Etat sera condamné à verser à M. C.
Quant à l'assistance aux pertes de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle :
11. Il résulte de l'instruction que M. C a effectué une carrière militaire débutée en 1991 dans l'armée de terre. Au mois de janvier 2017, il occupait un poste de " mécanicien armement ". Il n'est par ailleurs pas contesté qu'il a repris le travail sur un poste adapté au cours du deuxième trimestre de l'année 2017. A cet égard, s'il résulte de l'instruction qu'il a été évalué " inapte au travail en atelier " par le médecin de 165ème antenne médicale le 7 mai 2019, il ne résulte pas de l'instruction que cette inaptitude partielle, reconnue plus de six mois après la date de consolidation du dommage résultant de la faute de l'HIA Percy, soit en lien direct et certain avec celle-ci. En tout état de cause, ce médecin, s'il a émis des restrictions d'emploi, l'a jugé apte au service, en particulier à la conduite de véhicule. Dans ces conditions, M. C ne rapporte pas la preuve qui lui incombe d'un lien de causalité direct et certain entre le préjudice allégué et la faute retenue dans le présent jugement. Enfin, s'il est par ailleurs constant qu'il a été radié des cadres le 30 novembre 2020, M. C ne justifie pas davantage de l'existence d'un lien de causalité entre cette radiation et le dommage résultant de la faute énoncée au point 3, et ainsi de pertes de gains professionnels liées à une minoration de pension de retraite. Dans ces conditions, M. C ne justifie d'aucune perte de gains professionnels futurs en lien avec la faute imputable à l'Etat.
12. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 20 juin 2018, la ministre des armées a agréé la candidature de M. C pour le recrutement dans un emploi de mécanicien monteur, en tant qu'ouvrier d'Etat de catégorie C dans la fonction publique au titre de l'article L. 4139-2 du code de la défense. Si M. C soutient que l'inaptitude partielle déclarée le 7 mai 2019 l'a privé de toute possibilité de concrétiser cette opportunité professionnelle, qu'il aurait très vraisemblablement obtenue compte tenu de la qualité de ses états de service et de l'agrément qu'il avait obtenu pour cette candidature, il n'établit pas l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre cette inaptitude et la faute retenue au point 3. Dans ces conditions, M. C ne saurait obtenir aucune somme au titre du préjudice d'incidence professionnelle.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
13. Il résulte de l'instruction que M. C a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire total du 17 janvier au 3 mars 2017 et d'un déficit fonctionnaire temporaire de 25 % du 4 mars 2017 au 25 juillet 2018. Toutefois, l'expert note que le requérant aurait subi, même en l'absence de faute, un déficit fonctionnel total jusqu'au 27 janvier 2017, un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 28 janvier au 28 février 2017, puis de 15 % du 1er au 31 mars 2017 et enfin de 10 % jusqu'au 31 juillet 2017. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 000 euros.
Quant aux souffrances endurées temporaires :
14. Il résulte du rapport d'expertise que M. C a enduré des souffrances évaluées à 4 sur une échelle de 1 à 7. L'expert a estimé à cet égard que la faute dans le geste chirurgical avait entrainé des souffrances psychiques et psychologiques liées aux interventions supplémentaires et à la durée et à la nature de la rééducation subie par M. C. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 8 600 euros.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
15. Il résulte du rapport d'expertise que M. C a souffert d'un préjudice esthétique qualifié par l'expert de " modéré " jusqu'à la date de consolidation de son état de santé et qu'il aurait souffert en tout état de cause d'un très léger préjudice esthétique dans les semaines suivant son opération. Il sera, dans ces conditions, fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 000 euros.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
16. Il résulte de l'instruction que M. C souffre de séquelles neurologiques en lien direct et certain avec la faute commise par l'HIA Percy, à l'origine d'une abolition du potentiel moteur du nerf sciatique poplité externe, source d'une paralysie du jambier antérieur droit. L'expert a estimé que son déficit fonctionnel permanent s'élevait au taux de 20 %. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, pour un homme âgé de quarante-cinq ans à la date de consolidation de son état de santé, en le fixant à la somme de 37 000 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
17. M. C soutient que le dommage résultant de la faute retenue au point 3 l'a empêché de reprendre les activités sportives qu'il pratiquait dans l'armée ainsi que sa pratique du vélo, de la course à pied, de l'équitation et de l'escalade. Toutefois, en dépit de la demande du tribunal, ce dernier n'a versé à l'instance aucun justificatif de sa pratique sportive antérieure à la faute. Par suite, la demande d'indemnisation présentée à ce titre doit être rejetée.
Quant au préjudice esthétique permanent :
18. Il résulte du rapport d'expertise que, si le requérant aurait souffert en tout état de cause d'un très léger préjudice esthétique permanent évalué par l'expert à 2 sur 7, il souffre d'un préjudice esthétique qualifié par l'expert de " léger à modéré " en lien direct et certain avec la faute de l'HIA Percy. Il sera, dans ces conditions, fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 000 euros.
19. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. C la somme totale de 55 013 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge fautive par l'HIA Percy.
Sur les intérêts :
20. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ".
21. M. C a droit au versement des intérêts au taux légal à compter du 24 février 2020, date de la réception de sa demande indemnitaire préalable par la ministre des armées.
Sur les frais liés à l'instance :
En ce qui concerne les dépens :
22. Les honoraires, frais et débours de l'expertise confiée au docteur B, d'un montant total de 2 229,15 euros, ont été liquidés, taxés et mis à la charge du requérant par une ordonnance n°1903376 du président de ce tribunal en date du 5 décembre 2019. Il y a lieu de les mettre à la charge définitive de l'Etat.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
23. Il convient, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros à M. C, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat versera à M. C une somme de 55 013 euros au titre de l'indemnisation de ses préjudices. Cette somme portera intérêts à compter 24 février 2020.
Article 2 : Le règlement de la somme définitive de 2 229,15 euros au titre des dépens est mis à la charge de l'Etat.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 2 000 euros à M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la caisse nationale militaire de sécurité sociale et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
V. Fléjou
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2004243
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026