jeudi 11 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2005078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MASSIN-TRACHEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 10 juin 2020, 23 juillet 2020 et 17 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Massin-Trachez, avocate, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision, en date du 20 mai 2020, par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif à compter de la date effective de suspension de ses droits, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, de la somme de 1 200 euros.
M. B soutient, dans le dernier état de ses écritures, que la décision contestée :
- a été prise sans qu'il ait été procédé à une quelconque évaluation de sa vulnérabilité ou qu'il ait été convoqué à un quelconque entretien personnel ;
- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a jamais reçu le courrier en date du 14 janvier 2019 mentionné dans la décision attaquée et par lequel il aurait été invité à faire valoir ses observations dans un délai de quinze jours ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il n'a jamais obtenu de protection en Italie ;
- méconnaît l'article 20 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- méconnaît l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête
L'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir que les moyens invoqués par le requérant et tirés de l'insuffisante motivation de la décision attaquée, du défaut d'évaluation préalable de sa vulnérabilité, de l'erreur de fait et de la méconnaissance de l'article 20 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ne sont pas fondés et demande, en tant que de besoin, une substitution de base légale, l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se substituant à l'article L. 744-7 du même code.
Par une décision en date du 14 décembre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Kelfani, président ;
- et les observations de Me Massin-Trachez.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, demandeur d'asile de nationalité afghane, conteste la décision, en date du 20 mai 2020, par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. La décision indique que M. B a été informé " par courrier " de l'intention de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de " suspendre les conditions matérielles d'accueil " dont il bénéficiait et qu'il avait " disposé d'un délai de quinze jours pour faire valoir (ses) observations ". Toutefois, le requérant conteste avoir été invité à présenter ses observations avant l'intervention de la décision dont il demande l'annulation. Si l'Office français de l'immigration de l'intégration produit la copie d'une lettre de notification d'intention de " retrait des conditions matérielles d'accueil " en date du 14 janvier 2019 destinée au requérant, il n'établit pas, en l'absence au dossier d'accusé de réception postal ou de reçu, que ce document aurait été communiqué par voie postale à M. B ou qu'il lui aurait été remis en main propre. En outre, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas, dans son mémoire en défense, répondu au moyen invoqué par M. B. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise sur une procédure irrégulière.
3. Il résulte de ce qui précède que la décision de la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 20 mai 2020 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen des droits de M. B aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle l'intéressé a effectivement cessé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu de fixer à l'Office français de l'immigration et de l'intégration un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement pour procéder à cette opération.
6. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir l'injonction édictée ci-dessus d'une astreinte.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :
7. L'État n'étant pas partie à l'instance, les conclusions de la requête de M. B tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision, en date du 20 mai 2020, par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la suspension de des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à un nouvel examen des droits de M. B aux conditions matérielles d'accueil, s'agissant notamment de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la date à laquelle l'intéressé a effectivement cessé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. C et M. D, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 août 2022.
Le rapporteur,
Signé
K. KELFANI
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
Signé
F.-X. CLa greffière,
Signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La Greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026