vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2006613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LUCCHINI JENNIFER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2020 et 3 novembre 2022, sous le n° 2006613, Mme G E, représentée par Me Lucchini, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 6 février 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Beauchamp a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune ainsi que la décision du maire de cette commune du 3 juin 2020 rejetant son recours gracieux ou, à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle crée un espace vert protégé sur la parcelle cadastrée AK 962 sise158 bis chaussée Jules César à Beauchamp ;
2°) d'enjoindre à la commune de Beauchamp d'engager la procédure adéquate afin de supprimer l'espace vert protégé sur sa parcelle et ce, dans le délai de deux mois, le cas échéant sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Beauchamp la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme dès lors que le contenu du rapport de présentation est insuffisant ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme dès lors que le contenu du plan d'aménagement et de développement durable est incomplet ;
- elle est entachée d'un vice de procédure puisque les conseillers municipaux n'ont pas été régulièrement convoqués et n'ont pas disposé d'une information suffisante sur le sens et la portée des dispositions du plan local d'urbanisme soumises à leur approbation en méconnaissance des articles L. 2121-10 et L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- elle a été rendue au terme d'une procédure irrégulière puisque la délibération du 28 juin 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme ne précise pas suffisamment les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation ainsi que le prévoit l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- le classement de la parcelle AK 962 en espace vert protégé au sens de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme n'est pas justifié par le projet d'aménagement et de développement durable et les orientations d'aménagement et de programmation, entraîne une limitation de la constructibilité sur la parcelle qui n'aurait pas dû être mise en place et est ainsi entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la réserve émise par le commissaire enquêteur visant à l'intégration d'une bande de constructibilité pour les secteurs concernés par un espace vert protégé n'a pas été respectée.
Par deux mémoires, enregistrés les 2 décembre 2020 et 9 décembre 2022, la commune de Beauchamp, représentée par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'instauration des espaces verts protégés repose sur l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme ainsi que cela ressort du rapport de présentation ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 janvier 2023.
Par un courrier en date du 7 février 2023, la commune de Beauchamp a été invitée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire tout élément permettant d'établir que les conseillers municipaux ont été régulièrement convoqués à la séance du conseil municipal du 6 février 2020 et qu'ils ont eu communication d'une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération au cours de cette séance.
En réponse, la commune de Beauchamp a transmis le 13 février 2023 une présentation de Fast Docaposte, prestataire auquel elle a recours pour l'envoi électronique des convocations aux séances du conseil municipal, et une attestation de ce prestataire certifiant de l'envoi par courriel de la convocation à la séance du 6 février 2020 à l'ensemble des membres du conseil municipal et de l'existence d'un lien, dans ce courriel, permettant le téléchargement de la note de synthèse relative à l'approbation du plan local d'urbanisme ; l'ensemble de ces pièces ont été communiquées.
Par un courrier en date du 17 mars 2023, la commune de Beauchamp a été invitée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire la note explicative de synthèse relative à l'approbation de la révision du plan local d'urbanisme soumise à délibération au cours de la séance du conseil municipal du 6 février 2020 ou tout élément permettant d'établir que les dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ont été respectées ainsi que le " tableau final de synthèse " détaillant les modifications apportées au plan local d'urbanisme à la suite de l'enquête publique, annexé à la délibération du 6 février 2020.
En réponse, la commune de Beauchamp a transmis le 17 mars 2023 la note de synthèse transmise aux conseillers municipaux en vue de l'adoption de la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme lors de la séance du conseil municipal du 28 juin 2018 et le tableau de synthèse des modifications apportées au plan local d'urbanisme annexé à la délibération du 6 février 2020 ; l'ensemble de ces pièces ont été communiquées.
Par un courrier en date du 22 mars 2023, la commune de Beauchamp a été invitée, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire la note explicative de synthèse relative à l'approbation de la révision du plan local d'urbanisme soumise à délibération au cours de la séance du conseil municipal du 6 février 2020 ou tout élément permettant d'établir que les dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales ont été respectées.
En réponse, la commune de Beauchamp a transmis le 22 mars 2023 la note de synthèse transmise aux conseillers municipaux en vue de l'adoption de la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme lors de la séance du conseil municipal du 6 février 2020 ; l'ensemble de ces pièces ont été communiquées.
II. Par une requête et deux mémoires enregistrés les 22 juillet 2020, 5 février 2021, 9 avril 2021, sous le n° 2006926, Mme F C veuve A D, représentée par Me Ducrey-Bompard, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 6 février 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Beauchamp a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune ou, à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe les parcelles cadastrées section AI n° 220 et AI n° 221 en zone UB, qu'elle classe la construction de la parcelle cadastrée section AI n° 220 dans la liste des patrimoines bâtis protégés, qu'elle institue un alignement d'arbres protégés sur la parcelle cadastrée section AI n° 220 et un espace vert protégé sur une partie des parcelles cadastrées section AI n°s 220 et 221 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Beauchamp la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir ;
- son recours n'est pas tardif ;
- la délibération a été rendue au terme d'une procédure irrégulière puisque la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme du 28 juin 2018 n'a pas été notifiée à la chambre des métiers et de l'artisanat du Val-d'Oise, à la chambre d'agriculture d'Île-de de France et au maire de Franconville en méconnaissance des articles L. 132-7, L. 132-9, L. 132-11, L. 153-11 et L. 153-17 du code de l'urbanisme ;
- elle a été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière puisque le maire de Franconville n'a eu communication du projet de plan local d'urbanisme que le 23 octobre 2019, soit après le début de l'enquête publique, circonstance qui l'a empêché d'émettre un avis avant l'enquête publique et l'a conduit à seulement adresser des observations dans le cadre de l'enquête, observations qui auraient dû figurer parmi les avis des personnes publiques associées ;
- elle a été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière puisque l'enquête publique est elle-même irrégulière en raison de l'insuffisance de l'analyse des observations du public par le commissaire-enquêteur puisque ses observations ne figurent pas dans l'inventaire des observations en méconnaissance des articles L. 153-19 du code de l'urbanisme et R. 123-19 du code de l'environnement ;
- elle a été rendue au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le projet de plan local d'urbanisme soumis à l'approbation des conseillers municipaux a fait l'objet de modifications substantielles à la suite de l'enquête publique et aurait dû faire l'objet d'une nouvelle enquête publique ;
- elle méconnaît l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme puisque le rapport de présentation ne comprend aucune justification de la délimitation des zones urbaines et plus particulièrement de la zone UB ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison du classement des parcelles AI n° 220 et AI n° 221 en zone UB ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison du classement de la construction située sur la parcelle AI n° 220 dans la liste des patrimoines bâtis protégés ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en raison du classement en espace vert protégé d'une partie des parcelles AI n° 220 et AI n° 221 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une violation de la loi en raison de l'institution d'un alignement d'arbres protégés sur la parcelle AI n° 220 sur le fondement de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par trois mémoires, enregistrés les 1er décembre 2020, 10 mars 2021 et 30 avril 2021, la commune de Beauchamp, représentée par Me Lamorlette, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C, veuve A D, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'instauration des espaces verts protégés repose sur l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme ainsi que cela ressort du rapport de présentation ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mai 2021.
Par une décision du 15 mars 2021, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme E le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;
- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Douvreleur, avocat de la commune de Beauchamp.
Deux notes en délibéré, présentées pour la commune de Beauchamp dans le dossier n° 2006613, ont été enregistrées le 11 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 juin 2018, le conseil municipal de la commune de Beauchamp a prescrit la révision du plan local d'urbanisme de cette commune. Une enquête publique s'est déroulée du 14 octobre au 28 novembre 2019, et le 6 février 2020, le conseil municipal de la commune de Beauchamp a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de cette commune. Par deux requêtes distinctes, Mme E et Mme C, veuve A D, demandent, à titre principal, l'annulation de cette délibération.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2006613 de Mme E et n°2006926 de Mme C, veuve A D, sont dirigées contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du 28 juin 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme, dans sa réaction applicable au litige : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : /1° L'élaboration ou la révision () du plan local d'urbanisme () " et aux termes de l'article L. 103-3 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : () / 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. () ". Aux termes de
l'article L. 153-32 du code de l'urbanisme : " La révision est prescrite par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal. ". Aux termes de l'article L. 153-33 du même code : " La révision est effectuée selon les modalités définies par la section 3 du présent chapitre relatif à l'élaboration du plan local d'urbanisme () ". L'article L. 153-11 de ce code dispose que : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3 () ". Enfin, aux termes de l'article L. 600-11 du même code : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'adoption ou la révision du plan local d'urbanisme doit être précédée d'une concertation associant les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées. L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public doit, avant que ne soit engagée la concertation, délibérer, d'une part, et au moins dans leurs grandes lignes, sur les objectifs poursuivis par la commune ou l'intercommunalité en projetant d'élaborer ou de réviser ce document d'urbanisme, et, d'autre part, sur les modalités de la concertation. Si cette délibération est susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir, son illégalité ne peut, en revanche, eu égard à son objet et à sa portée, être utÎlement invoquée contre la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Les irrégularités ayant affecté le déroulement de la concertation, au regard des modalités définies par la délibération prescrivant la révision du document d'urbanisme, demeurent par ailleurs invocables à l'occasion d'un recours contre le plan local d'urbanisme approuvé. Par suite, Mme E n'est pas fondée à se prévaloir de ce que les objectifs définis dans la délibération du 28 juin 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme auraient été insuffisamment précis.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L 132-9 ". Aux termes de l'article L. 132-7 de ce code : " L'État, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. / Il en est de même du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire ayant au moins un passage à niveau ouvert au public dans l'emprise du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme ".
Aux termes de l'article L. 132-9 du même code : " Pour l'élaboration des plans locaux d'urbanisme sont également associés, dans les mêmes conditions : / 1° Les syndicats d'agglomération nouvelle ; / 2° L'établissement public chargé de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation du schéma de cohérence territoriale lorsque le territoire objet du plan est situé dans le périmètre de ce schéma ; / 3° Les établissements publics chargés de l'élaboration, de la gestion et de l'approbation des schémas de cohérence territoriale limitrophes du territoire objet du plan lorsque ce territoire n'est pas couvert par un schéma de cohérence territoriale ".
6. D'une part, aucune disposition n'imposait à la commune de Beauchamp de notifier à la commune de Franconville, commune limitrophe, la délibération du 28 juin 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme.
7. D'autre part, si la délibération du 28 juin 2018 n'a pas été notifiée aux personnes publiques associées, la délibération du 13 décembre 2018 par laquelle le conseil municipal a défini les grandes orientations du programme d'aménagement et de développement durables a été notifiée à la chambre des métiers et de l'artisanat du Val-d'Oise ainsi qu'à la chambre d'agriculture d'Île-de de France. La notification de cette délibération mentionne l'existence de la délibération du 28 juin 2018. En outre, il ressort de la délibération du 13 juin 2019 que deux réunions ont été organisées les 19 février et 16 mai 2019 à destination des personnes publiques associées au cours desquelles elles ont présenté leurs observations. Par suite, le défaut de notification la délibération du 28 juin 2018 à la chambre des métiers et de l'artisanat du Val-d'Oise et à la chambre d'agriculture d'Île-de de France ne les a pas privées d'une garantie et est resté sans influence sur le sens de la décision qui a approuvé la révision du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne l'adoption de la délibération du 6 février 2020 :
8. En premier lieu, aux termes des de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ".
9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation émanant de " Fast Docaposte ", prestataire de services électroniques, que le maire a convoqué l'ensemble des élus du conseil municipal à la séance du 6 février 2020, au cours de laquelle la délibération litigieuse a été adoptée, par un courriel du 31 janvier 2020 mentionnant les questions abordées à l'ordre du jour. Les modalités de convocation prévues par les dispositions précitées, qui autorisent la transmission de la convocation par voie dématérialisée, ont été respectées. Mme E n'est donc pas fondée à soutenir que la délibération est illégale du fait de l'irrégularité de la convocation.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / () / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs () ".
11. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entachent d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
12. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le maire a joint à la convocation, envoyée par voie dématérialisée, un document intitulé " Note de synthèse sur les affaires soumises à délibération ", qui comportait, à propos de la délibération contestée, un exposé du contexte légal et réglementaire ainsi que les objectifs poursuivis par la révision du plan local d'urbanisme. Ces éléments ont ainsi permis aux conseillers municipaux d'appréhender le contexte ainsi que les motifs du projet de délibération. D'autre part, la convocation a bien été adressée dans le délai de cinq jours francs. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
En ce qui concerne l'enquête publique :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-17 du code de l'urbanisme : : " Le projet de plan arrêté est également soumis à leur demande : / 1° Aux communes limitrophes ; () ". Aux termes de l'article R. 153-8 du même code : " Le dossier soumis à l'enquête publique () comprend, en annexe, les différents avis recueillis dans le cadre de la procédure ".
14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de la commune de Franconville a sollicité la communication du projet de plan local d'urbanisme avant qu'il ne soit soumis à l'enquête publique. Au demeurant, le maire de cette commune a reçu notification, le 11 février 2019, de la délibération du 13 décembre 2018 par laquelle le conseil municipal de la commune de Beauchamp a défini les grandes orientations du projet d'aménagement et de développement durables soumises au débat et a été informé de l'existence de la délibération du 28 juin 2018 prescrivant la révision du PLU. Par suite, en l'absence de toute demande en ce sens, le projet de plan local d'urbanisme n'avait pas à lui être transmis. En outre, et contrairement à ce que soutient Mme C, veuve le D, si le maire de la commune de Franconville a présenté des observations au cours de l'enquête publique, ces observations n'avaient pas à figurer parmi les avis des personnes publiques associées annexés au dossier soumis à l'enquête publique. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la révision du plan local d'urbanisme aurait été adoptée au terme d'une procédure irrégulière.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code de l'environnement : " L'enquête publique a pour objet d'assurer l'information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l'élaboration des décisions susceptibles d'affecter l'environnement mentionnées à l'article L. 123-2. Les observations et propositions parvenues pendant le délai de l'enquête sont prises en considération par le maître d'ouvrage et par l'autorité compétente pour prendre la décision ". Aux termes de l'article L. 123-15 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête () Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage () ". Aux termes de l'article R. 123-19 de ce code : " Le commissaire enquêteur () établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur () consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet ". Ces dispositions, qui imposent au commissaire-enquêteur d'indiquer au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis, ne l'obligent pas à répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête, ses réponses pouvant revêtir une forme synthétique.
16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme C, veuve A D, a déposé des observations, le 26 novembre 2019, au cabinet du maire de la commune de Beauchamp. Si la synthèse des observations du public jointe au rapport d'enquête publique fait mention des observations de " M. et Mme A D ", il ressort de ces éléments, qui portent sur les parcelles situées au 23-25, rue Sémard qui appartiennent à la requérante, que, nonobstant l'existence d'une erreur de plume dans la mention de son nom, il s'agit de l'analyse du courrier de l'intéressée, déposé le 26 novembre 2019.
17. D'autre part, Mme C, veuve A D, soutient que le commissaire-enquêteur ne procède pas à une analyse personnelle de chacune des observations émises au cours de l'enquête et se borne pour certaines d'entre elles à renvoyer aux éléments de réponses apportés par la commune de Beauchamp. Il ressort toutefois du rapport du commissaire enquêteur, qui n'était d'ailleurs pas tenu de répondre à l'ensemble des observations, qu'après avoir, notamment, rappelé les conditions dans lesquelles l'enquête s'est déroulée et mentionné les éléments du projet de plan local d'urbanisme ayant suscité le plus grand nombre d'observations du public, le commissaire-enquêteur a indiqué qu'il était favorable au projet de révision du plan local d'urbanisme, en assortissant son avis de diverses recommandations tenant compte des critiques exprimées. Par ailleurs, la circonstance que, dans ses conclusions, le commissaire-enquêteur se soit approprié certaines observations produites par l'autorité administrative n'est pas de nature à entacher son avis d'un défaut de motivation ou d'un manquement à son obligation d'impartialité, dès lors qu'il ressort du dossier qu'il a formulé un avis personnel et circonstancié.
18. Par suite, Mme C, veuve A D, n'est pas fondée à soutenir que l'enquête publique était irrégulière.
19. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 153-43 du code de l'urbanisme : " À l'issue de l'enquête publique, ce projet, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du conseil municipal ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
20. Il ressort des pièces du dossier que le commissaire-enquêteur a émis un favorable sur le projet de PLU, sous réserve de " la confirmation de la levée de suppression de zone NL sur l'îlot Pontalis ". Sur le fondement de cette réserve, la collectivité a, postérieurement à l'enquête publique, supprimé le zonage UI de cet îlot et rétabli le zonage N. Dans ces conditions, eu égard à la surface globale de l'îlot à l'échelle de la commune de Beauchamp, qui demeure limitée, la modification litigieuse ne remet pas en cause l'économie générale du projet du plan local d'urbanisme. En outre, si Mme C, veuve A D, soutient que les modifications, qui portent notamment sur le zonage, les règles de constructibilité, le périmètre de certaines espaces verts protégés, ne procèdent pas de l'enquête publique et sont substantielles, elle ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de ce que les modifications du plan local d'urbanisme réalisées à la suite de l'enquête publique auraient dû faire l'objet d'une enquête publique ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le rapport de présentation :
21. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de
présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de
développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le
règlement. () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : () / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 () ".
22. D'une part, Mme E soutient que le rapport de présentation ne comprend pas l'inventaire des capacités de stationnement des véhicules hybrides et électriques et des vélos, des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités et ne comporte pas davantage d'explications claires et détaillées des choix retenus pour établir les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation détaille l'inventaire des places de stationnement pour les vélos et les véhicules, au point 3 " Stationnement " du chapitre 5 " Déplacements et mobilités " de la partie " Diagnostic et État initial de l'environnement ". En outre, dans sa partie " Explications des choix retenus et justification du zonage et des règles d'urbanisme ", le rapport rappelle et détaille, dans un premier temps, les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables et, dans un deuxième temps, les motifs de ces choix. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation ne peut qu'être écarté.
23. D'autre part, si Mme C, veuve A D, soutient que le rapport de présentation ne comprend aucune justification de la délimitation des zones urbaines, et plus particulièrement de la zone UB, il ressort des pièces versées au débat que ce rapport détaille, d'abord, les caractéristiques de chaque zone et relève pour la zone UB qu'il s'agit de quartiers résidentiels à caractère pavillonnaire. Le rapport de présentation mentionne, ensuite, l'objectif poursuivi par chaque zonage et indique que, pour la zone UB, " l'objectif est de pérenniser cette vocation avec des règles permettant un accompagnement d'espaces verts autour d'habitations pavillonnaires ou maisons de villes ". Dans ces conditions, le rapport de présentation du plan local d'urbanisme de Beauchamp doit être regardé comme exposant de manière suffisante les justifications de la délimitation des zones urbaines. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le projet d'aménagement et de développement durables :
24. Aux termes de l'article L. 151-5 dans sa rédaction applicable au litige : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune.
Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain () ".
25. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables définit les orientations générales concernant l'habitat et le développement des communications numériques dans une partie 2 intitulée " Accompagner le développement urbain, en cohérence avec les capacités d'évolution des équipements et des infrastructures ".
Les orientations générales concernant les transports et les déplacements sont précisées dans une partie 3 dénommée " Affirmer et organiser la mixité des fonctions urbaines ainsi que le développement et la requalification du centre-ville et des zones d'activités ". Les orientations générales concernant l'équipement commercial et le développement économique et les loisirs sont, quant à elles, précisées dans les parties 2 et 3 ci-dessus mentionnées. En outre, contrairement à ce que soutient Mme E, l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme n'impose pas que le projet d'aménagement et de développement durables comprenne une description des équipements et du stationnement ou des objectifs de développement durable. Enfin, si le projet d'aménagement et de développement durables ne comprend pas d'objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain, il ressort du rapport de présentation que la révision du plan local d'urbanisme n'emporte aucune extension urbaine qui justifierait la fixation d'objectifs de modération de la consommation de l'espace. Dans ces conditions, le projet d'aménagement et de développement durables n'avait pas à fixer d'objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. Mme E n'est dès lors pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme auraient été méconnues.
En ce qui concerne le règlement :
S'agissant de la prise en compte des réserves émises par le commissaire-enquêteur :
26. En premier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au conseil municipal de se conformer aux conclusions du commissaire-enquêteur chargé de l'enquête publique. Toutefois, si l'intéressé indique qu'il subordonne son avis favorable à la réalisation de certaines conditions, l'absence de réalisation de l'une au moins de ces conditions conduit à regarder l'avis du commissaire-enquêteur comme défavorable.
27. En l'espèce, la seule circonstance que la commune n'a pas levé l'ensemble des réserves émises par le commissaire-enquêteur dans ses conclusions, qu'elle n'était pas tenue de suivre, n'entache pas d'illégalité le plan local d'urbanisme par la suite adopté. Au demeurant, il ressort du document intitulé " synthèse des évolutions du dossier de PLU depuis son arrêt en conseil municipal du 13 juin 2019, et en vue de sa présentation au conseil municipal du 6 février 2020 pour approbation ", que la collectivité a tenu compte des réserves émises par le commissaire enquêteur et a modifié en conséquence le plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance des conclusions du commissaire-enquêteur est inopérant et ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'identification d'éléments à protéger au sens des articles L. 151-19 et L. 151-23 du code de l'urbanisme :
28. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres ".
Selon l'article L. 151-23 du même code : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ". Aux termes de l'article R. 151-41 de ce code : " Afin d'assurer l'insertion de la construction dans ses abords, la qualité et la diversité architecturale, urbaine et paysagère des constructions ainsi que la conservation et la mise en valeur du patrimoine, le règlement peut : () / 3° Identifier et localiser le patrimoine bâti et paysager à protéger, à conserver, à restaurer, à mettre en valeur ou à requalifier mentionné à l'article L. 151-19 () ".
29. Les articles L. 151-19 et L. 151-23 du code de l'urbanisme, issus de l'ancien article L. 123-1-5 du code de l'urbanisme, permettent au règlement d'un plan local d'urbanisme d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions, le cas échéant, définies, qui ne sauraient avoir de portée au-delà du territoire couvert par le plan, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché. Une interdiction de toute construction ne peut être imposée que s'il s'agit du seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi.
30. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme que le plan local d'urbanisme peut identifier des éléments de paysage à protéger pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural. Par suite, comme le soutient Mme C, veuve A D, l'identification, sur la parcelle AI 220, d'un alignement d'arbres à protéger pour leur rôle dans les paysages urbains et pour leur contribution à la biodiversité urbaine, ainsi que le prévoit le règlement du plan local d'urbanisme, ne pouvait trouver son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme.
31. Toutefois, il est possible à l'administration, lorsqu'elle a pris une décision sur un fondement juridique erroné, de demander une substitution de base légale. Dans ce cas, le juge peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée, en vertu du même pouvoir d'appréciation.
32. En l'espèce, ainsi que le fait valoir la commune de Beauchamp dans ses écritures, l'instauration d'un alignement à protéger, motivée par des motifs d'ordre écologique, trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 151-19 du même code dès lors, d'une part, que l'alignement d'arbres situé sur la parcelle présentait des caractéristiques particulières pouvant justifier qu'en application de l'article L. 151-23, la collectivité instaure une protection les concernant, d'autre part, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et, enfin, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
33. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur de droit de la collectivité qui s'est fondée sur l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme pour instaurer une protection de l'alignement d'arbres situés sur la parcelle AI 220 ne peut être accueilli.
34. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 32, l'instauration d'espaces verts à protéger, motivée par des motifs d'ordre écologique tenant au maintien des équilibres écologiques et à la qualité végétale ou arboricole de ces espaces, ainsi que cela ressort du lexique du règlement du plan local d'urbanisme, trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, comme le fait valoir la commune, qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 151-19 du même code.
35. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la quasi-totalité de la parcelle AK 962, qui appartient à Mme E, est classée en zone urbaine et a été identifiée comme un espace vert protégé. Le lexique du plan local d'urbanisme précise que les espaces verts à protéger " désignent un ensemble paysager existant à dominante plantée ou engazonnée sur un ou plusieurs terrains, (). Il s'agit d'espaces verts le plus souvent plantés d'arbres, où la construction de bâtiments n'est pas autorisée, pour protéger leur rôle important dans les paysages de la ville, le fonctionnement de la faune/flore locales et la gestion des eaux pluviales (espaces de pleine terre). Outre les plantations, seuls des aménagements légers et démontables y sont autorisés (kiosques, mobilier léger démontable, sans fondation () ". Si l'objectif de cet espace vert protégé, qui interdit toute construction sur des parcelles situées dans une zone urbaine de la commune, est de préserver les secteurs concernés pour leur " rôle dans le maintien des équilibres écologiques et pour [leur] qualité végétale ou arboricole ", la commune ne justifie pas que la parcelle AK 962 concernée ne pourrait faire l'objet de restrictions moindres au droit de construire. Il résulte de ce qui précède que la commune de Beauchamp n'établit pas, compte tenu des caractéristiques et de la situation de ce terrain, que l'interdiction de toute construction qui s'attache à l'instauration d'un espace vert protégé sur la quasi-totalité de la parcelle serait le seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi. Par suite, Mme E est fondée à soutenir que cet espace vert protégé a été créé en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme.
36. D'autre part, si Mme C, veuve A D, soutient que l'identification d'un espace vert protégé sur une partie des parcelles AI n° 220 et n° 221 méconnaît l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme dès lors que ces parcelles ne sont constituées que d'un jardin privatif, sans intérêt biologique, environnemental ou écologique et en mauvais état, il ressort toutefois des pièces du dossier que les fonds de ces parcelles peuvent être regardés comme un jardin arboré. Dans ces conditions, eu égard à l'objectif, poursuivi par les auteurs du plan local d'urbanisme, de renforcer la qualité paysagère de la ville, l'instauration d'un espace vert protégé sur une partie des parcelles AI n° 220 et n° 221 ne méconnaît pas l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme.
37. En troisième lieu, les dispositions précitées de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme autorisent le classement en bâti à protéger tous les bâtiments qui, pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural, nécessitent d'être protégés ou conservés, mis en valeur ou requalifiés. Il ressort du projet de règlement du plan local d'urbanisme, éclairé par le rapport de présentation, que les bâtiments remarquables protégés sont notamment des villas anciennes et des maisons de maître comportant notamment des murs construits en pierre meulière, des toits à la Mansart et des ornements architecturaux. Il ressort des pièces du dossier que la maison de Mme C, veuve A D, présente un aspect architectural correspondant à cette catégorie. Il ressort, en outre, des photographies annexées au règlement qui recensent l'ensemble des immeubles protégés de la commune que de nombreux bâtiments présentant des caractéristiques similaires à celles de la maison appartenant à Mme C, veuve A D, ont également fait l'objet d'un classement au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme précité. Par suite, Mme C, veuve A D, n'est pas fondée à soutenir qu'en décidant le classement de la maison située sur la parcelle AI n° 221 en bâti à protéger au titre des dispositions précitées, les auteurs de la délibération attaquée ont méconnu les dispositions de
l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme.
S'agissant de la cohérence entre le règlement et les orientation d'aménagement et de programmation et le projet d'aménagement et de développement durables :
38. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat () retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune () ". Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles () ". Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".
39. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
40. En l'espèce, l'axe n° 1 du projet d'aménagement et de développement durables, intitulé " Améliorer la qualité de vie, préserver les patrimoines naturels et bâtis, affirmer l'identité des paysages ", a pour objectif de conforter les éléments de la trame verte et de renforcer la qualité paysagère. En outre, la parcelle AK 962 n'est pas comprise dans le périmètre de l'orientation d'aménagement et de programmation " Centre-Ville ". Dans ces conditions, le classement de la parcelle AK 962 en espace vert à protéger au sens de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme n'est pas de nature à établir une absence de cohérence entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables et l'orientation d'aménagement et de programmation. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant du classement des parcelles AI n° 220 et AI n° 221 en zone UB :
41. Aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. /
Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire ". Aux termes de l'article R. 151-18 du même code : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ".
42. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
43. Mme C, veuve A D, soutient que le classement des parcelles AI n° 220 et AI n° 221, antérieurement classées en zone UAb qui correspondait au centre-ville, en zone UB qui caractérise les quartiers résidentiels à dominante pavillonnaire où les règles de constructions sont plus strictes est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation puisque ces parcelles se situent à 150 mètres de la rue principale, à 400 mètres de la gare de Montigny-Beauchamp, que certaines rues de l'ensemble pavillonnaire sont classées en zone UA et qu'un centre médical se situe en face de ces deux parcelles. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses se trouvent dans un quartier résidentiel composé de pavillons, correspondant à un classement en zone UB et ce, alors même qu'un centre médical y est implanté et que certaines parcelles, plus proches du centre-ville, sont classées en zone UA. Enfin, le classement antérieur de ces parcelles en zone UA, qui correspond au centre-ville, ne lie pas la collectivité dans la détermination du nouveau zonage. Dans ces conditions, le classement des parcelles cadastrées AI n° 220 et AI n° 221 n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne le détournement de pouvoir :
44. Si Mme C, veuve A D, soutient que la délibération du 6 février 2020 est entachée d'un détournement de pouvoir, tiré de ce que l'instauration sur les parcelles AI 220 et AI 221 d'un espace vert protégé, d'un alignement d'arbres à protéger, du classement en bâti à protéger de sa maison d'habitation et des parcelles en zone UB a pour objet de faire obstacle à l'opération immobilière qu'elle projetait, un tel détournement n'est pas établi.
Sur l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme :
45. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un schéma de cohérence territoriale, un plan local d'urbanisme ou une carte communale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : / 1° En cas d'illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité est susceptible d'être régularisée par une procédure de modification prévue à la section 6 du chapitre III du titre IV du livre Ier et à la section 6 du chapitre III du titre V du livre Ier ; / 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. / Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce ".
46. Le vice relevé au point 35 relatif à l'instauration d'un espace vert protégé sur la parcelle AK 962 est de nature à entraîner l'annulation de la délibération du 6 février 2020 approuvant le plan local d'urbanisme et de la décision du 3 juin 2020 par laquelle le maire de cette commune a rejeté le recours de Mme E en tant qu'elles concernent cette parcelle conformément aux dispositions précitées du dernier alinéa de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
47. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1, aucun des autres moyens de des requêtes ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à entraîner l'annulation de la délibération litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
48. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ". Aux termes de l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme : " En cas d'annulation partielle par voie juridictionnelle d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente élabore sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation ".
49. L'annulation partielle, par le présent jugement, de la délibération du 6 février 2020, par laquelle la commune de Beauchamp a approuvé son plan local d'urbanisme, implique qu'il soit enjoint à cette commune d'élaborer de nouvelles dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la parcelle AK 962 en tenant compte des motifs du point 35 du jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'un délai.
Sur les frais liés au litige :
50. Concernant la requête n° 2006613, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme E, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Beauchamp demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Beauchamp une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens.
51. Concernant la requête n° 2006926, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Beauchamp, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C, veuve A D, demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C, veuve A D, la somme que demande la commune de Beauchamp sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de la commune de Beauchamp du 6 février 2020 et la décision du 3 juin 2020 par laquelle le maire de cette commune a rejeté le recours de Mme E sont annulées en tant qu'elles instituent un espace vert protégé sur la parcelle AK 962.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Beauchamp d'élaborer de nouvelles dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la parcelle AK 962 dans les conditions fixées au point 49 du jugement.
Article 3 : La commune de Beauchamp versera à Mme E la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2006613 présentée par Mme E est rejeté.
Article 5 : La requête n° 2006926 présentée par Mme C, veuve A D, est rejetée.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Beauchamp présentées, dans les instances n° 2006613 et n° 2006926, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E, à Mme F C, veuve A D, et à la commune de Beauchamp.
Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président ;
Mme Garona, première conseillère ;
Mme L'Hermine, conseillère ;
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La rapporteure,
signé
M. L'Hermine
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
M. B
.
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2006613, 2006926
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026