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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2006993

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2006993

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2006993
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP JOB-TREHOREL-BONZOM-BECHET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 juillet 2020 et 15 mars 2023, la société SEC Grand Paris , représentée par Me Angotti, demande au tribunal:

1°) d'annuler la décision du 19 mai 2020 par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté sa demande de certificats d'économies du 27 décembre 2019 ;

2°) d'enjoindre au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, d'une part, à titre principal, de délivrer les certificats d'économies d'énergies sollicités ou, d'autre part, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande de certificats d'économies d'énergies, l'un et l'autre dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en tant que le délai pour adresser au ministre en charge de l'énergie ses demandes de certificats d'économies d'énergie aurait dû être déterminé en application de l'article R. 221-15 du code de l'énergie ;

- la décision attaquée est fondée sur l'article 11 du décret 2018-401 du 29 mai 2018 qui est lui-même illégal en tant qu'il méconnaît l'article R. 221-15 du code de l'énergie ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par SEC Grand Paris ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- la loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017 ;

- le décret n° 2018-401 du 29 mai 2018 ;

- l'arrêté du 9 décembre 2019 modifiant l'arrêté du 4 septembre 2014 fixant la liste des éléments d'une demande de certificats d'économies d'énergie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ausseil,

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,

- et les observations de Me Angotti représentant la société SEC Grand Paris.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 27 décembre 2019, la société SEC Grand Paris a déposé un dossier n° 13759OBL/40407 de demande de certificats d'économies d'énergie auprès du pôle national des certificats d'économie d'énergie (PNCEE) du ministère de la transition écologique et solidaire. Par une décision du 19 mai 2020, le ministre a rejeté le dossier de demande de CEE de la société SEC Grand Paris au motif que, en application de l'article 11 du décret n° 2018-401 du 29 mai 2018, cette société n'était plus éligible à adresser une demande de CEE à la date du 27 décembre 2019. La société SEC Grand Paris demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'énergie dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2019 issue de loi n° 2017-1839 du 30 décembre 2017 : " Sont soumises à des obligations d'économies d'énergie : / 1° Les personnes morales qui mettent à la consommation des carburants automobiles ou du fioul domestique et dont les ventes annuelles sont supérieures à un seuil défini par décret en Conseil d'Etat. /2° Les personnes qui vendent de l'électricité, du gaz, de la chaleur ou du froid aux consommateurs finals et dont les ventes annuelles sont supérieures à un seuil défini par décret en Conseil d'Etat ", et, dans sa version antérieure : " Sont soumises à des obligations d'économies d'énergie : / 1° Les personnes morales qui mettent à la consommation des carburants automobiles ou du fioul domestique et dont les ventes annuelles sont supérieures à un seuil défini par décret en Conseil d'Etat. / 2° Les personnes qui vendent de l'électricité, du gaz, de la chaleur ou du froid aux consommateurs finals et dont les ventes annuelles sont supérieures à un seuil défini par décret en Conseil d'Etat () " . Par ailleurs, aux termes de l'article 11 du décret n°2018-401 du 29 mai 2018 relatif aux certificats d'économies d'énergie et aux obligations d'économies d'énergie : " Toute demande de certificats d'économies d'énergie d'une personne soumise à une obligation d'économies d'énergie en application du 1° de l'article R. 221-3 du code de l'énergie à l'exclusion de toute autre énergie ou d'un délégataire de l'une de ces personnes ne possédant aucune délégation pour une autre énergie est adressée au ministre chargé de l'énergie au plus tard le 31 décembre 2018 ". Enfin, aux termes de l'article R. 221-3 du code de l'énergie : " Pour chaque année civile des périodes mentionnées à l'article R. 221-1, sont soumises à des obligations d'économies d'énergie les personnes pour lesquelles au moins l'une des quantités définies à l'article R. 221-2 est supérieure, la même année, aux seuils suivants : / 1° Pour la quantité de fioul domestique : / a) 500 mètres cubes pour les années civiles 2015 à 2018 ; / b) 1 000 mètres cubes pour les années suivantes ".

3. Il résulte de ces dispositions combinées que les distributeurs de fioul domestique, n'étaient, à compter du 1er janvier 2019, plus soumis à des obligations d'économie d'énergie dans la mesure où cette obligation était mise à la charge des personnes morales qui mettent à consommation le fioul domestique. Afin de solder leurs obligations en cours de période d'économies d'énergie prévue à l'article R 221-1 du code de l'énergie, ces distributeurs devaient adresser au ministre chargé de l'énergie leurs demandes de certificats d'économie d'énergie au plus tard le 31 décembre 2018.

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de certificats d'économies d'énergie de la société requérante est parvenue aux services du ministre chargé de l'énergie le 31 décembre 2019, soit postérieurement au délai prévu par l'article 11 du décret n°2018-401 du 29 mai 2018. La circonstance que la demande de la société requérante serait parvenue à l'administration dans le délai prévu par l'article R. 221-15 du code de l'énergie est sans influence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il était loisible au pouvoir réglementaire de déroger à d'autres dispositions réglementaires pour régler, par des dispositions transitoires spéciales, la situation particulière des distributeurs de fioul pour lesquels les obligations d'économies d'énergie avaient pris fin de manière anticipée. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'exception d'illégalité doivent être écartés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société SEC Grand Paris doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la société SEC Grand Paris est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SEC Grand Paris et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

M. Ausseil, conseiller ;

Mme. L'Hermine, conseillère ;

assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

M. Ausseil

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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