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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2007014

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2007014

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2007014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantMARCOIN-CHASSANG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juillet 2020 et 10 février 2021, la société par actions simplifiée (SAS) BGC, représentée par Me Marcoin-Chassang, demande au tribunal :

1°) la décharge, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2014 et 2015 et des droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) la décharge de l'obligation de payer la somme de 37 681 euros résultat de la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur émise le 9 octobre 2020 par le comptable public en vue du recouvrement des impositions en litige, ainsi que de droits supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er au 31 décembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les frais d'instance non compris dans les dépens au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que le délai de vérification sur place de la comptabilité de 3 mois n'a pas été respecté ;

- la saisie administrative à tiers détenteur du 9 octobre 2020 est irrégulière dès lors qu'une demande de sursis à paiement était mentionnée dans la réclamation du 14 février 2020 et dans la requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2020, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) BGC a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification du 10 juillet 2017, le service lui a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2014 et 2015 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période correspondante. La réclamation préalable de la société requérante a été rejetée par une décision du 23 avril 2020. Par la présente requête, la SAS BGC demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales : " I. - Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : / 1o Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les seuils prévus aux 1o et 2o de l'article L. 162-4 du code des impositions sur les biens et services ; () / II. - Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : () 4o En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois () ".

3. La SAS BGC fait valoir que la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet s'est déroulée du 10 mars 2017 au 3 juillet 2017, ainsi que cela est mentionné dans la proposition de rectification en date du 10 décembre 2017 qui lui a été adressée, soit au-delà de la durée de trois mois prévue par les dispositions précitées de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales. Elle se prévaut également de ce que sa comptabilité n'est pas entachée d'irrégularités suffisantes pour lui retirer toute valeur probante dès lors qu'elle est soumise au régime simplifié d'imposition. Toutefois, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a constaté au cours de la période vérifiée que le relevé bancaire du mois de décembre 2015 n'a pas été enregistré en comptabilité, les produits de l'exercice ont été globalisés et enregistrés en comptabilité et correspondent aux encaissements des clients et non aux prestations facturées au cours de l'exercice, le solde de taxe sur la valeur ajoutée à régulariser a été soldé par le compte courant d'associé du gérant de la société, certaines dépenses ont été comptabilisées deux fois et d'autres, privées et personnelles, ont été inscrites en comptabilité. Dans ces conditions, compte tenu de ces graves irrégularités entachant la comptabilité de la société requérante, l'application du régime simplifié d'imposition n'ayant pas d'incidence sur leur gravité, l'administration fiscale a pu à bon droit considérer que la comptabilité de la SAS BGC était privée de toute valeur probante. Dès lors, l'administration fiscale était en droit de prolonger, en application des dispositions précitées du 4° du II de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales, la durée de la vérification de comptabilité au-delà de trois mois, dans une limite, respectée par le service, de trois mois supplémentaires. Par suite, l'administration fiscale n'a pas méconnu les délais de durée de la vérification de comptabilité tels qu'ils sont prévus par les dispositions précitées de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales. Ainsi, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition à raison de la durée excessive des opérations de vérification de comptabilité doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. ". Il résulte de ces dispositions que la demande de sursis de paiement produite à l'appui d'une réclamation contentieuse régulière suspend l'exigibilité de l'impôt et, par suite, la prescription de l'action en recouvrement, à compter de sa réception par l'administration.

5. En l'espèce, si la réclamation contentieuse du 14 février 2000 est assortie d'une demande de sursis de paiement, elle n'est pas régulière en la forme au motif qu'elle est signée par le seul comptable de la SAS BGC et n'est pas accompagnée du mandat correspondant. Par suite, le moyen tiré de ce que les impositions en litige n'étaient plus exigibles à la date de la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur le 9 octobre 2020 ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles, au demeurant non chiffrées, présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS BGC est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS BGC et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.

La rapporteure,

signé

S. Cuisinier-HeisslerLe président,

signé

T. BertonciniLa greffière,

signé

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2007014

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