LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2007303

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2007303

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2007303
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDIANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juillet 2020, M. B C, représenté par Me Diani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté par lequel le ministre de l'intérieur a refusé de le titulariser et a procédé à son licenciement pour insuffisance professionnelle à compter du 30 juin 2020 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à sa réintégration en qualité d'inspecteur stagiaire du permis de conduire et de la sécurité routière pour lui permettre d'effectuer une nouvelle période de stage dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui accorder directement la qualification provisoire et de le mettre à même d'effectuer le stage de consolidation des compétences ou, à défaut, de le mettre à même d'effectuer le stage d'acquisition des compétences dans des conditions régulières ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de compétence ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation, puisqu'il s'agit d'un licenciement en cours de stage ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que, d'une part, il n'a pas été mis à même de consulter son dossier et de faire valoir ses observations et que, d'autre part, la commission administrative paritaire n'a pas été régulièrement consultée, ni les règles de quorum respectées lors de sa séance ;

- elle méconnaît l'arrêté du 2 août 2018 relatif à la formation initiale et à la formation continue des inspecteurs du permis de conduire dès lors qu'il ne pouvait être licencié alors qu'il avait reçu une note supérieure à la moyenne à l'issue du stage d'acquisition des compétences ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation, puisqu'il n'a pas pu bénéficier d'un stage dans des conditions régulières lui permettant de faire la preuve de sa compétence professionnelle et que la formation complémentaire n'a pas pallié ces insuffisances, qui s'est elle-même déroulée dans des conditions irrégulières ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa compétence professionnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en tant qu'elle est entrée en vigueur avant le 1er juillet 2020, date à laquelle la décision lui a été notifiée.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009 ;

- le décret n° 2013-422 du 22 mai 2013 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monteagle, rapporteure,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Lauréat en 2019 du concours externe d'accès au corps des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière (IPCSR), M. C a été nommé stagiaire dans ce corps le 1er septembre 2019 par un arrêté du ministre de l'intérieur du 14 août 2019. A l'issue de la formation théorique et du stage d'acquisition des compétences se déroulant au centre d'examen d'Antony, la qualification provisoire a été refusée à M. C et il a été contraint de suivre une formation complémentaire. A l'issue de cette dernière, il a à nouveau été ajourné à l'examen de qualification provisoire. Par arrêté du ministre de l'intérieur, il a été licencié pour insuffisance professionnelle à compter du 30 juin 2020. M. C demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'État et de ses établissements publics : " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage ". Aux termes du I de l'article 11 du décret du 11 novembre 2009 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique de l'État : " Les candidats reçus à l'un des concours mentionnés au 1° et au 2° du I et au II de l'article 4 sont nommés fonctionnaires stagiaires du corps concerné et accomplissent un stage d'une durée d'une année. Ils peuvent, pendant la durée du stage, être astreints à suivre une période de formation professionnelle ". Aux termes de l'article 1er du décret du 22 mai 2013 portant statut particulier des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière : " Le corps des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière, classé dans la catégorie B prévue à l'article 29 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, est régi par les dispositions du décret du 11 novembre 2009 susvisé et par celles du présent décret ". Aux termes du I de l'article 9 de ce même décret : " Les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière stagiaires reçoivent, dans un organisme agréé, une formation professionnelle d'une durée de six mois au moins ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été nommé IPCSR stagiaire à compter du 1er septembre 2019 et que son licenciement a pris effet le 30 juin 2020, de sorte qu'il doit être regardé comme ayant fait l'objet d'un licenciement en cours de stage, dont la durée normale était, en application des dispositions précitées, de douze mois.

5. Par ailleurs, en se bornant à viser les dispositions applicables ainsi que l'avis défavorable de la commission administrative paritaire, le ministre ne saurait être regardé comme ayant suffisamment motivé sa décision, qui, retirant une décision créatrice de droit, se devait de répondre aux prescriptions fixées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, citées au point 2.

6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.

7. En second lieu et au surplus, aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 2 août 2018 relatif à la formation initiale et à la formation continue des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière : " Le stage d'acquisition des compétences a une durée minimale de trois semaines. () / Durant ce stage, les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière stagiaires réalisent exclusivement des examens du permis de conduire de la catégorie B, sous l'autorité d'un tuteur chargé de leur accompagnement personnalisé. La fonction de tuteur est assurée par un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière affecté au sein du service où se déroule le stage ". Aux termes de l'article 12 de ce même arrêté : " Les inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière stagiaires n'ayant pas satisfait à la validation de leur qualification provisoire bénéficient d'une formation complémentaire et d'un tutorat d'une durée minimale de deux semaines. A l'issue de cette formation, ils font l'objet d'une nouvelle évaluation ".

8. Tout fonctionnaire stagiaire a le droit d'accomplir son stage dans des conditions lui permettant d'acquérir une expérience professionnelle et de faire la preuve de ses capacités pour les fonctions auxquelles il est destiné.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a effectué son stage d'acquisition des compétences sur une durée de quatre semaines au cours duquel sa tutrice a été absente plus de la moitié du temps, six autres intervenants se relayant pour assurer ponctuellement la fonction de tuteur, dont un n'avait pas la qualité d'IPCSR en méconnaissance des dispositions citées au point 7. Il ressort de ces mêmes pièces que, sur quatre de ces journées et en l'absence de sa tutrice, le requérant n'a pas été mis en situation de réaliser des examens, restant en position d'observation. Il en ressort également que son livret de formation, outil de suivi de son stage, a été égaré au cours de la formation par l'un des inspecteurs faisant office de tuteur, compliquant sa situation tant en terme de suivi qu'en terme d'évaluation.

10. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir échoué à la qualification provisoire, M. C a suivi la formation complémentaire prévue par les dispositions précitées de l'arrêté du 2 août 2018, mais que cette dernière, qui s'est déroulée entre le lundi 3 février et le mercredi 12 février 2020, n'a duré que dix jours en méconnaissance des dispositions précitées, et qu'il n'a pas bénéficié du tutorat d'un IPCSR pendant toute cette période.

11. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à soutenir que la décision le licenciant pour insuffisance professionnelle en cours de stage est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'a pas pu effectuer son stage dans les conditions normales, requises par la réglementation, lui permettant de faire la preuve de ses capacités.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision par laquelle le ministre a licencié M. C pour insuffisance professionnelle à compter du 30 juin 2020 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Eu égard aux motifs retenus par le présent jugement, il y a seulement lieu d'ordonner au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à la réintégration de M. C à la date du 30 juin 2020, date d'effet de son licenciement pour insuffisance professionnelle, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

Par ces motifs, le Tribunal décide :

Article 1er : L'arrêté du ministre de l'intérieur licenciant M. C à compter du 30 juin 2020 est annulé.

Article 2: Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à la réintégration de M. C à compter du 30 juin 2020, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3: L'État versera à M. C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

Mme Monteagle et M. A, premiers conseillers,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La rapporteure,

signé

M. Monteagle

La présidente,

signé

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions